mardi 17 septembre 2019

LA VIE BUISSONNIERE...Extrait

« Quand je regagne la chambre, j’entends grincer le vieil escalier de l’enfance, celui qui me fit tout comprendre, sans ajouter le moindre mot, la moindre phrase, m’ouvrant d’un seul coup à la vie immense, celle qui naît ici, à partir du point le plus minuscule : une ruelle, un visage, une façade, un oubli, un souvenir, quelques lignes, une phrase, des voix, oui, surtout des voix dont ma vie fut d’écrire un chapitre façonné par le lointain et le proche, l’aventure de l’inconnu. Je ne saurai jamais tout ce que ces voix m’ont... [Lire la suite]
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samedi 26 janvier 2019

LE PASSE...Extrait

« Une mémoire infaillible ne guide mon souvenir qu’à travers le jardin embrouillé de mon enfance. Demandez-moi de vous dire la forme et la couleur d’une seule feuille de ces giroflées marron, que la gelée et la neige confisaient, chaque hiver, dans le jardin, et qui ressemblaient, cuites de froid sur la terre blanche, à de pauvres salades ébouillantées… Demandez-moi si la glycine, vieille de deux siècles, fleurissait deux fois chaque année, et si le parfum de sa seconde floraison, exhalé de maigres grappes, semblait le souvenir... [Lire la suite]
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mardi 2 octobre 2018

LA RETRAITE SENTIMENTALE...Extrait

"Une tombe, ce n’est rien qu’un coffre vide. Celui que j’aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j’écoute un long instant, la tête penchée… Il est dans un court billet tendre dont l’écriture pâlira, dans un livre usé que flattèrent ses yeux, et sa forme est assise à jamais, pour moi, mais pour moi seule – sur ce banc d’où il regardait, pensif, bleuir dans le crépuscule la Montagne aux Cailles… "     .     ... [Lire la suite]
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lundi 10 septembre 2018

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

Que ce soit le chant d´une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t´environne — toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n´a sa place que de temps à autre. Savoir à quel moment c´est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude : tout comme l’art du vrai commerce c´est : de la hauteur des mots se laisser choir dans la mélodie une et commune.     Nous sommes en avant tout à fait comme cela. De... [Lire la suite]
mercredi 29 août 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Les trésors oubliés du souveniret les ombres fantômes aux noirs placards scellésdans la maisonl'enfance une maison dessinée sur le sableune pensée-imagefugace le premier mot prononcé comme cette "maman" sortie tout entière de ta bouche étonnée avec le mot ce premier silence advenucette ombre blanche du mot comme une fleur éclose aux lèvres muettespétales essaimant d'un blanc à l'autre toute blancheur contaminée le silence advient dans un depuis toujours à jamais saturé de sons qui... [Lire la suite]
samedi 14 juillet 2018

LA LUMIERE LA MÊME...Extrait

Chaque jour emporte un bout de vie un éclat de lucidité chaque jour apporte plus de souffrance plus de silence et de résignation La vague avance et recule elle arrache au rivage un peu de sable une plume une feuille elle apporte sur le rivage des brindilles et une écume jaunie. Et pourtant tout recommence l'eau s’est refermée sur le caillou lancé par l’enfant le souvenir tombe dans l’oubli Dans l’invention du rêve Parfois un geste s’ébauche une phrase se forme on voudrait... [Lire la suite]
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mardi 10 juillet 2018

MON CORPS ET MOI...Extrait

 Je ne recollerai pas les morceaux du souvenir. Le ciel craquelé des puzzles ne ressuscite point la féerie. Ce que je me suis rappelé ne m'a jamais donné l'impression de vie que par de nouveaux regrets suscités. Aussi, de tous les hommes, les plus tristes et les plus malheureux m'apparaissent ceux qui naquirent doués des meilleures mémoires. Ils ne triomphent point de la mort mais, par la plus inexorable fatalité, chaque transsubstantiation qu'ils essaient, au lieu de prolonger leur passé, tue leur présent. Victimes de leur... [Lire la suite]
vendredi 30 mars 2018

STEFANO VILARDO...Extrait

Le vent tisse les chants des grillons et porte le bruit du ressac.L'air déjà plus tendrebrille dans les zones d'ombre au jeu alterné des luciolesla mémoire harcèle et se dilatedans le lacis profond du souvenir. .   . .   STEFANO VILARDO .   . .     Oeuvre Christian Arjonilla  
dimanche 25 mars 2018

J'AI TOUJOURS....

J’ai toujours ton cœur avec moiJe le garde dans mon cœurSans lui, jamais je ne suisLà où je vais, tu vas ma chèreEt tout ce que je fais par moi-même,Est ton fait, ma chérie.Je ne crains pas le destinCar tu es à jamais le mien, ma douce.Je ne veux pas d’autre mondeCar, ma magnifique,Tu es mon monde, en vrai.C’est le secret profond que nul ne connaît.C’est la racine de la racine,Le bourgeon du bourgeonEt le ciel du ciel d’un arbre appelé VieQui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérerOu l’esprit le cacher.C’est la merveille qui... [Lire la suite]
jeudi 4 mai 2017

ENTRE ROCHEBONNE ET DINARD

Tout est si permanent Tout semble volubile C’est à peine si l’on pressent Sur le Sillon évanescent L’oisellement bleu de la ville Ô que personne ne gémisse Ô que nulle âme ne périsse À moins de mille années d’ici Que sur le front de marée glisse À la manière d’un calice Un fier haleur aux yeux d’oubli Voici le ferry de Portsmouth Qui s’éloigne sur ses feutrines Avec son front d’amareyeur Et son giron de popeline Voici le ferry de Portsmouth Tel un mirage aux yeux de bruine Ô que personne ne flétrisse Ô que... [Lire la suite]