vendredi 10 novembre 2017

AU PRINCE / AL PRINCIPE

Si le soleil revient, si le soir descendsi la nuit a un goût de nuits à venir,si un après-midi pluvieux semble revenird’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;je ne sens plus, devant moi, la vie entière…Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;des heures et des heures de solitude sont la seulefaçon pour que quelque chose se forme, force,abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mortqui approche, au... [Lire la suite]

mercredi 1 novembre 2017

BRUNO RUIZ...Extrait

 Ce peu de temps qui resteA ce corps qui s’enliseJe le veux souverainSous la lune compliceJe le veux dans ta mainPlus léger qu’une abeilleComme un coussin d’étéLa flèche d’un hiverJe le veux sans compterLes ruines de nos routesEt savourer à deuxL’instant qui s’éternise. ...    Voici le temps des bilans de l’usureAux feux croisés de nos forges intimesJe veux l’amour absolu jusqu’au boutFace à la verte et dernière beautéMaintenant . BRUNO RUIZ   .     Photographie Bernard Liegeois  
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lundi 30 octobre 2017

EN SONGEANT A UN ART POÉTIQUE

    Merci à Marie-Paule et Raymond Farina . La poésie vient chez moi d’un rêve toujours latent. Ce rêve j’aime à le diriger, sauf les jours d’inspiration où j’ai l’impression qu’il se dirige tout seul. Je n’aime pas le rêve qui s’en va à la dérive (j’allais dire à la dérêve). Je cherche à en faire un rêve consistant, une sorte de figure de proue qui après avoir traversé les espaces et les temps intérieurs affronte les espaces et les temps du dehors – et pour lui le dehors, c’est la page blanche. Rêver, c’est... [Lire la suite]
lundi 30 octobre 2017

MA VIE GRAPILLE DE CI DE LA

Au bout de l’heure tragique, j’ai perdu le contrôle de ma vitesse intérieure. Je me suis abandonné à l’hégémonie du souffle et il m’a percuté de sa lame tranchante.  La différence n’est pas toujours là où on le croit. Etonnant ce corps qui vieilli et dont on conserve la sensation d’avoir toujours vingt ans. Sans doute, pour tous ceux qui ont connu l’handicap dès la première heure, la notion de différence n’égale pas celle de la comparaison. Le déchirement de nos pensées et de l’estime que l’on se porte peut nous être fatal.... [Lire la suite]
jeudi 26 octobre 2017

LE TEMPS DE...

Le temps de... tant de rivières de rides de rifts Le temps de... tant de brisures de cicatrices de cris étouffés Le temps de... tant de battements de coeur de pas d'empreintes d'effacements Le temps de... tant de lettres serpentantes de mots errants de ratures à relire Le temps de... tant de souvenirs d'oublis en mémoire de silence sur le bout de la langue Le temps de... Tant de ... manque.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .  
jeudi 26 octobre 2017

ALEXO XENIDIS...Extrait

Il faudra que je perde le Nord Pour voir enfin l’Orient où le soleil naît Entre les cuisses ouvertes de l’horizon Salies de sang vie lumineuse Les noires frondaisons s’éclairent Je regarde L’enfantement d’une journée Personne ne compte ses doigts Ni ne l’enveloppe d’un drap chaud Ni ne lave sa bouche des péchés de la veille Comme nous naissons Chaque matin Aux vies nouvelles, abandonnés   .   ALEXO XENIDIS     .   Photographie Bernard Liégeois          
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lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
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lundi 23 octobre 2017

L'HOMME, LA PAIX ET LES LARMES...Extrait

N’oublions pas que les premiers poètes et les premiers imagiers ont été d’instinct les chantres des sources, des gerbes, des faucilles, des charrues et des poteries. Ce n’est point que l’abstraction manquât de leur temps. Non, les richesses inscrites et comme fumantes dans le spectacle des choses leur semblaient suffire à tout emportement de plus haute essence. Aussi ce ne sont ni les peintres ni les poètes qui ont rompu toutes relations avec les simples, mais les ministres, mais ceux qui croient que la conception, les spirales de la... [Lire la suite]
dimanche 22 octobre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

Nous sommes laissés à l’abandon par l’espérance déçue et la réalité frontale des pierres. La pluie partage la rumeur du vallon en deux. Et contre la mousse des troncs sont adossées les chimères et les amours parfaites. Ce sont des eaux anciennes qui dictent la mémoire troublée de la source. Ainsi, c’était hier, nous étions heureux d’échanger et d’échanger encore, de changer, d’échanger le mystère de notre différence. Quel est ce nuage porteur des hivers précoces. Qui est celui qui rit dans la coulisse, qui se moque du silence... [Lire la suite]
jeudi 19 octobre 2017

DESERT

" On ne sort jamais indemne d'un séjour au désert. On a vécu dans l'invivable et côtoyé la négation de soi. On a connu le plus extrême, le miroir de sable qui brûle les reflets, les éclairs, les ombres, le rien du dehors, les mirages du dedans. On a levé le voile qui retenait le cœur, qui déguisait le néant. La moindre parole parle d'impossible rosée. La poussière se pare d'un halo d'épopée. Il y a des rapts, des cavaliers, des blessures, des baisers qui dansent dans la lumière et sombrent au ras du sol. Un seul pas suffit à brouiller... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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