mardi 19 avril 2022

JEAN-MICHEL SANANES....Extrait

Hé l'oiseau, où vas-tu ? Et toi mon rire, où te caches-tu dans cette cohue ? Tant de chats, tant d'amours dont je cherche les noms, tant de jours à remettre dans l'ordre, j'ai vu un tableau si profond que je m'y suis perdu. Manque de perspective ? Depuis que je m'habite, à trop être en moi je m'égare, est-ce l'âge ? Tout devient aussi grand que le vide, j'y perds des mots, des jours, et l'heure file. . En rang les mots ! En ordre les jours ! Vite, mon calendrier s'effrite, trop de bruit dans ma tête, ça fait désordre,... [Lire la suite]

dimanche 6 mars 2022

ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES ...Extrait

Que reste-t-ilQue nous restera-t-il enfinNotre corps nous fuitVieux pull-over demailléC'est jusqu'à notre visage que le temps défaitEt puis, nous l'avions pressenti dès l'enfanceNos parents nous abandonnentNos amis... aussiL'arbre perd ses feuillesPertes blanchesPertes rougesPertes noiresUn jour, c'est arrivé, le chêne de toujoursLe voici tombé, déracinéEmportée la mémoireLa maison n'est plus la maisonPourtant elle revient nous hanterC'est elle qui frappe à notre porteMais nous sommes trop petitsDepuis notre château de sableNous... [Lire la suite]
jeudi 3 mars 2022

LE BOIS D'EPAVE

Il y a des lieux qui nous mènent ailleurs, un arrêt sur image, une page arrachée, une tache blême sur un mur où il y avait un cadre, le sillage d’un bateau, les murs d’un village, une ornière de boue, le sourire d’une plage, la fadeur d’une fadaise, la hauteur d’une falaise, un mot d’auteur. Mon chant est trop petit pour les oreilles du monde. Mes pieds boitent comme un verbe éclopé qui se conjugue mal. Le même paysage accroche les regards. Chacun le voit à sa façon. Je n’ai rien demandé, mais le malheur rôde autour de moi. J’ai pris... [Lire la suite]
samedi 19 février 2022

LA FEMME SANS PAROLES...Extrait

De métamorphose en métamorphosel’eau conduit son propre deuilSe quitte à chaque vagueerrant de la terre au ciel, du ciel à la terredu nuageux au solideIgnore qu’elle irriguajusqu’aux larmes aux baisers de la parolece corps dont tu lui prêtas la voixles lèvres et les yeuxavant qu’elle ne s’en retireun jour d’intense soifComme le caillou ignorequ’il aurait pu t’écraser quand il était rocet ne pourra te meurtrirbroyé en poussièreTu chevauches le tempsqui les chevauche, transparent cavalierMais ta mémoire, toutes les mémoiresne... [Lire la suite]
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vendredi 4 février 2022

LE JOUR VENU...Extraits

" Ils ne sont plus là pour me protéger de mourir, pour porter sur leurs épaules le fardeau du temps. … Ils ne sont plus là pour me protéger de moi-même.    Il ne s’agit d’abord que d’accepter cela : ne plus jamais être aimé par quelqu’un comme on l’avait été par une mère. Cette sorte d’amour qui fut le premier, le plus nécessaire, n’existe plus ; on ne peut plus l’attendre ; il ne pourra jamais revenir.  ... J’aurai laissé derrière moi des couronnes de coquelicots aux pétales fragiles posées sur des têtes... [Lire la suite]
dimanche 23 janvier 2022

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Soeur de silence, aux quatre chemins les traces -- effacent : Visages encrés de sang noir, Visages pendus à l'arbre de la nuit, Visages d'orage aux yeux de chats-huants ; Soeurs de rage, dans la fange des heures ensevelies debout. Soeurs d'eau vive qui va son cours obscur ensanglanté de mots à naître. Douleur froide penchée sur le nid du ventre -- muette : Soeur de sans. . . . . . . ANNE MARGUERITE MILLELIRI . . . . Oeuvre Alexandre Calame  

dimanche 23 janvier 2022

LA RETRAITE SENTIMENTALE...Extrait

« Très jeune... non, je ne suis plus très jeune. J'ai gardé ma taille, ma liberté de mouvements, j'ai toujours mon vêtement de chair étroite qui m'habille sans un pli... j'ai changé tout de même. Je me connais si bien ! Mes cheveux couleur de châtaigne étoffent toujours, nombreux, pressés en boucles rondes, l'angle un peu trop aigu d'un menton qu'on s'accorde à trouver spirituel. La bouche a perdu de sa gaîté et, au-dessous de l'orbite plus voluptueuse mais aussi plus creusée, la joue s'effile, longue, moins veloutée, moins remplie... [Lire la suite]
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samedi 8 janvier 2022

TRACE DE QUI DE QUOI ?

Trace cherchant, désespérée, celui ou celle qui l'a laissée. Mais toi qu'es-tu sinon la trace de ce qui n'est jamais passé : nuage oublié dans un coin d'une Bohème d'outre-ciel, nuage, jamais dépensé, qu'un ciel a gardé dans sa poche. N'aie donc que léger pour bagage, et que le bleu à raconter. Que ton seul verbe soit partir, ta seule fable les oiseaux qui n'ont que le vent pour biographe. . . "A celles qu’a laissées l’Histoire j’avoue préférer d’autres traces, celle de mes oiseaux d’enfance : ... [Lire la suite]
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dimanche 2 janvier 2022

AU FOND DU VISAGE, POEMES POUR UN AUTRE TEXTE

Ce n’est pas en une fois Que je saurai ton visage Ce n’est pas en sept fois Ni en cent ni en mille Ce ne sont pas tes erreurs Ce ne sont pas tes triomphes Ce ne sont pas tes années Tes entailles ou ta joie Ni en ce corps à corps Que je saurai ton corps . Ce ne sont pas nos rencontres Même pas nos désaveux Qui élucident ton être Plus vaste que ses miroirs C’est tout cela ensemble C’est tout cela mêlé C’est tout ce qui m’échappe C’est tout ce qui te fuit . Tout ce qui te délivre Du poids des origines Des... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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samedi 1 janvier 2022

LE LAMENTO DE LA VIEILLE ETOILE

            Je me souviens du monde d’avant le silence des cœurs, d’avant le large silence. Je me souviens du temps où seuls existaient les continents de la pensée. Quand le magma des énergies immobiles contemplait les nuances et les frissons irisés du néant, quand le rêve inventait le bleu. Quand le Tout méditait, ciselait le prisme de la conscience. Quand n’existait que la musique du Cœur, bien avant que l’on écartèle le vide, bien avant que l’on en extirpe l’eau, le vent et les premiers... [Lire la suite]