lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]

lundi 11 juin 2018

PUISQUE TU PARS...

Puisque l'ombre gagnePuisqu'il n'est pas de montagneAu-delà des vents plus haute que les marches de l'oubliPuisqu'il faut apprendreÀ défaut de le comprendreÀ rêver nos désirs et vivre des "Ainsi-soit-il"Et puisque tu pensesComme une intime évidenceQue parfois même tout donner n'est pas forcément suffirePuisque c'est ailleursQu'ira mieux battre ton cœurEt puisque nous t'aimons trop pour te retenirPuisque tu pars Que les vents te mènent où d'autres âmes plus bellesSauront t'aimer mieux que nousPuisque l'on ne peut... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

NICOLAS MATHIEU

"Ecoute-moi. Demain, nous serons vieux et lents. Il y aura tes enfants et tes dossiers, tes lessives et les gens au bout du fil, des lois et des embouteillages, le brouhaha du diner et le trop plein de tes journées. Demain, tu seras loin et chacun dans notre coin, nous devrons faire bonne figure. Demain, il faudra à nouveau respirer, gagner de l'argent et remplir le frigo, aller chercher les petits à l'école et lire des journaux, rire encore et vieillir aussi, peu à peu, inévitablement. Ce métier de vivre, nous le ferons du mieux... [Lire la suite]
jeudi 7 juin 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

À l'heure blanche d'heuresles nuages s'abolissentdans un ciel démâtéS'endérivent échevelés aux doigts du vent fileursans limitesTon coeur gîte en pleine meroù l'horizon s'égare dans l'oeil fixe des mauves --Seul amerce regardpeuplé d'ailes.   .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .          
mardi 29 mai 2018

CARNETS DE MARCHE...Extraits

  Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couchesencore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre. Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine. Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le... [Lire la suite]
lundi 28 mai 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Fichtre de vie tout de même ! L’amour qui devient une plaie n’est qu’infamie. En soi, l’attribut de la vérité fait office de boussole, mais le Nord est ailleurs. Redescendre visiter ses caves intimes nous élève souvent au firmament. Souffrir pour souffrir est la panacée des âmes enclavées aux serments des consentis. Il n’y plus de réel opérant sans la notion du temps qui le fait vivre. C’est parce que rien n’est éternel que nous nous appliquons à faire durer la fragilité de l’instant. Un bonheur ruiné est le spectacle de la faillite... [Lire la suite]

mercredi 23 mai 2018

ODES RETROUVEES...Extrait

  " Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;Si je pense, si je ressens, j'ignoreQui est celui qui pense, qui ressent.Je suis seulement le lieuOù l'on pense, où l'on ressent. "   .   " Nous habitons la vie en hôtes, nous usonsPour un temps de son cours,D'un amour douteux, d'un bref sommeil, et d'un jourEn mal de tous les jours. "     .     RICARDO REIS Héteronyme de Fernando Pessoa  Traduction du portugais par Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel ... [Lire la suite]
lundi 21 mai 2018

LE PASSANT D'ARGILE...Extrait

Je ne sais pas devenir. Je ne sais pas réussir. Je suis depuis toujours cette même question posée à la vie et ce que le poème répond.Je cherche au travers du bruit froissé des mots le chemin d'un silence. Mais je ne suis pas écrivain, ni bavard, je suis inquiet. Je suis de l'inquiétude des pauvres gens, de leurs cités et pour sûr maintenant Je ne serai plus jamais poli J'ai tant de temps d'enfance à rattraper. Je ne sais pas devenir, je suis des passants Et nous arpentons le même décor grotesque et... [Lire la suite]
vendredi 18 mai 2018

PATMOS ET AUTRES POEMES

... le blé des corps dans la meule des ans farines que mélangent les lois éternelles pour d'autres pains et d'autres dents la nuit tu tâtes soudain sans comprendre la peur qui fouille au ventre des images cherchant à clore sur soi le mouvement et ces eaux nues de l'ardeur d'aller encore et encore plus loin dans l'ouvert? (et même et surtout quand la nuit se referme) ...   .     LORAND GASPAR     .
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mardi 15 mai 2018

SOUS LE FEU LA CENDRE ...Extrait

L’heure vient peu à peuParmi les heures toutes pareillesL’heure unique, l’instantLe Pont imperceptible entre le Temps et l'ÉternitéParmi les Sœurs qui passent devant toiSi transparentes, pareillement silencieuse A quoi la reconnaîtras-tu,Quel signe dans ses yeux vers tes yeux dirigé… Quand ton enfant sera devenu lui-mêmeTu ne reconnaîtras pas ton enfant Quand mon poème sera devenu lui- mêmeTu ne reconnaîtras pas mon poème Tu chercheras dans ses yeux étrangerstous les regards que tu avais semés,dans ses larmes celles que tu... [Lire la suite]