jeudi 19 avril 2018

PIERRE GABRIEL...Extrait

Je dis : Chaque aube tient promesse,Elle te rend ce que la nuitAvait effacé pour toujours,Les fleurs, l’espoir, le goût du ventSur les plages bleues du matin. Je ne dis pas : Les sources sont taries.Je dis que rien jamais n’est perdu,C’est à toi de creuser plus profondPour que l’eau pure à nouveau jaillisse.   .   PIERRE GABRIEL   .   Photographie Emmila
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dimanche 15 avril 2018

JEAN MALRIEU...Extrait

Nous ne dormirons plus parce que nous avons ouvert les yeux. Peut-il y avoir encore une maison et un amour ?Ma voix se couvre de feuilles.Dans ma mémoire ont respiré tant de soleilsQue j'ai salué ma table et mon fauteuilcomme des étrangers venus par la route des années-lumière.Je ne sais plus qui j'ai aimé mais c'était toi. J'ai le délire dans la main.Nous ne sommes plus seuls. Le temps est venu parmi nous.Entends-le aux fissures de l'horloge,Il parle de soleils et de destins. Nous le saluerons avec des pierres et des brins... [Lire la suite]
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dimanche 15 avril 2018

RESONNANCES

Il faut revenir exalter la peau mûrie de longues pensées inachevées. Il faut reconstruire la halte dans laquelle on a tout abandonné : l’épreuve et ses ruisseaux de peine, l’échec et ses tourbillons aiguisés comme les bords tranchants d’une falaise. L’innocence ne connaît pas le malaise des jours meurtris. Désarmer, on l’était déjà bien avant l’existence. Une vie entière à écouter en soi les oracles lointains, les troubadours de l’excellence et, si peu de murmures revenus de là-bas. Nulle part l’écho fragile d’un cœur solitaire. Nulle... [Lire la suite]
jeudi 12 avril 2018

LE PASSEUR DE SILENCE...Extrait

... Quand un enfant blessé se prend pour un navireet regarde la mer de son lit de poussièrequand le filin des jours vous glisse entre les doigtsquand le vent tient ouverts même les yeux des mortsquand les pierres se détachent de nos années perduesquand la douleur ressemble à quelqu’un qui approchealors on aimerait bien pour mourir l’un à l’autretrouver une maison où l’on oserait vieillir   .   TRISTAN CABRAL     . Oeuvre Claude Monet
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vendredi 6 avril 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

Le livre que j’ouvre à présent Est celui de l’arbre et du vent,Des saisons et du ciel infini,Des moissons du silenceDont toutes mes racines ont soif. Si je marche en claudiquant Sans me hâter vers la ligne des grèvesCe n’est pas pour comprendreMais pour laisser aller : Creuser mon ignoranceNe m’est plus nécessaire. Portées par l’aile de l’instant Des pages détachées volent dans ma mémoire ;Je me fie à leur errance.Aucun traité ne me donnera plus le goûtDe ces paraboles incendiées. Des visages me... [Lire la suite]
lundi 2 avril 2018

HENRI GOUGAUD...Extrait

Car il n’est pas besoin de longtemps fréquenter la mémoire des sens pour trouver à l’étroit sur cette ligne, notre histoire, tracée entre deux gouffres. Que notre vie soit beaucoup plus vaste, plus belle, plus riche que ce bric-à-brac d'événements accumulés entre la naissance et la mort n’est pas seulement un pressentiment de conteur libertaire, c’est une vérité d’expérience. Je suis, nous sommes infiniment plus foisonnants que ne saurait le dire la plus minutieuse des biographies. Nous sommes plus vivants que nous ne saurions... [Lire la suite]
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dimanche 1 avril 2018

LA PIERRE ETERNELLE DES RUINES / LA PIEDRA ETERNA DE LAS RUINAS

Retourner sur mes pasAimer sous les frondaisons vert d’eauSentir la douce brise de la forêtles feuilles qui se frôlent odeur de boue fraîchede jeune plantede mousse anciennel’arôme des iris qui pendent des grands gaïacsla broussaille qui enterreles trésors des mayasle vent qui gardela mémoire d’autres annéesqui semblent revenir du passétandis que le fleuve descendposémentcomme l’image du Dieu mayasur la pierre éternelle des ruines.   .     MARISA TREJO SIRVENT Poésie du Chiapas ... [Lire la suite]
samedi 31 mars 2018

LA VOIE NOMADE

  O rompre les amarres Partir partir Je ne suis pas de ceux qui restent La maison le jardin tant aimés Ne sont jamais derrière mais devant Dans la splendide brume Inconnue Est-ce la terre qui s'éloigne Ou l'horizon qui se rapproche On ne saurait jamais dans ces grandes distances Tenir la mesure De ce qu'on perd ou ce qu'on gagne Pour aller jusqu'au bout du temps Quelles chaussures quelles sandales d'air Non rien O tendre jour qu'un mince fil d'été Autour de la cheville Mais le cercle d'argent Au poignet... [Lire la suite]
jeudi 29 mars 2018

POURQUOI LES BÊTES MEURENT-ELLES ?

Pourquoi les bêtes meurent-elles comme les enfants ? Pourquoi mourons-nous en elles ? Est-ce par la loi d’un dieu, sous le poids de son pas sur les choses ? Pourquoi ne distinguons-nous pas les mots ? Pourquoi cette pitié ou cette loi ne sauvent-elles pas ? Pourquoi mourons-nous dans les fleurs dans la lumière du jour nécessaire ? C’est ainsi que je sors dans la lumière pour me soustraire aux ombres où j’écris. tels seront la reddition, le temps : la destruction de tout style la lumière frontale qui nous brûlera tous. ... [Lire la suite]
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dimanche 25 mars 2018

AURORE INHUMABLE

Parfois grâce plus lente un pan de vie soufferte est là tremblant que tu ne rejoins plus. Dans ce relâchement du ciel désert le temps désespérant et pur explose à travers feux et pierres. Une mélancolie travaille en pourrissement le silence à l’aurore inhumable. Et toi ma très proche pensée de blancheur en ton parfum de lait durci au jour d’été poudre de chaux coquille concassée dans cette gorge quelle fatigue de quel amour m’es-tu ? Rien que seul et me taisant me dis-je Dieu jamais ne me retrouvera. Plus de terribles ferveurs et... [Lire la suite]