dimanche 25 février 2018

BONJOUR VIEILLESSE

J'aurais pu dire: Vieillir, c'est désolant, c'est insupportable,C'est douloureux, c'est horrible,C'est déprimant, c'est mortel.Mais j'ai préféré «chiant»Parce que c'est un adjectif vigoureuxQui ne fait pas triste.Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance.On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable.La vie devant soi. Même à... [Lire la suite]
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dimanche 25 février 2018

BRUNO ODILE...Extrait

A mon tour, si je savais pleinement déverrouiller mes lèvres, il me faudrait plonger plus loin que mes cris condamnés à l’exil. Peut-être, arriverais-je ainsi à ciseler tous les sourires anciens qui remontent comme des rots chargés de rouille fiévreuse. Je sais à présent qu’il n’y a pas d’heure et qu’il n’est pas de temps exact pour que les mains déliées ne se replient sur la poitrine du jour. Chaque mot se recroqueville sur les commissures desséchées de l’espoir. Il n’existe pas de temps pour mourir ivre de nostalgie, il n’y a... [Lire la suite]
dimanche 18 février 2018

DERIVE DU VOYAGEUR

... frère des pommes sures,des fous rires, des algarades,par quel chas d'aiguillepassais-tu pour m'entendre ? Noël suivait dans les fermestabliers gris, paille vivante,Noël se faisait papier d'or,oranges fraîches, papillotes. Toujours à l'orée de mes yeux,tu recomptes mots crus,cœurs gros, histoires anciennes. Tu loges dans des remous, tu n'étouffes personne,et moi, je m'endors en toi.     .   RICHARD ROGNET    .  .            
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samedi 17 février 2018

SYBILLE PERSE...Extrait

  O villes d'Orient, Ninive aux jardins suspendus, Babylone drapée de pourpre, Ecbatane superbe, Persépolis éblouissante de marbres, toutes je vous connus quand j'errais dans la plaine entre les deux fleuves, voyant les péchés de vos rois et lisant dans le ciel le châtiment qui devait s'ensuivre . Mais ce ciel était si cristallin qu'en le contemplant, en dépit de tant de signes à l'évidence néfastes, je ne me sentais pas inquiète . L'avenir me paraissait déjà comme un lointain passé, une douleur fanée... [Lire la suite]
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jeudi 15 février 2018

L'HERITAGE

Il est temps d’additionner les merveilles de nos vies, l’or de nos oreilles et les eaux profondes de nos rêves les plus légers. Temps de tracer quelques rares instants sur nos neiges éternelles, de réconcilier nos barques aux vieilles marées des songes. A nous de planter des fleurs que nous ne verrons jamais éclore. Planter des forêts inespérées dans les déserts de nos enfants. A nous de briser les digues, distribuer les livres que nous avons aimés, boire à la coupe fraternelle des alcools. Soyons les héritiers de nos langues les plus... [Lire la suite]
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mardi 13 février 2018

LA TERRE VAINE ET AUTRE POEMES...Extrait

Le temps présent et le temps passésont tous deux présents peut-être dans le temps futuret le temps futur contenu dans le temps passé.Si tout temps est éternellement présenttout temps est irrémissible.Ce qui aurait pu être est une abstractionqui ne demeure un perpétuel possibleque dans un monde de spéculation.Ce qui aurait pu être et ce qui a ététendent vers une seule fin, qui est toujours présente.Des pas résonnent en écho dans la mémoirele long du corridor que nous n’avons pas prisvers la porte que nous n’avons jamais ouvertesur le... [Lire la suite]

mardi 13 février 2018

AU TEMPS DU POEME

II y eut autrefois des choses sans musiquedes pays qui fondaient comme un fruit dans la bouchedes étés haletantsdes silences plus frais que neigedes êtres qui entraient en nous et qui sortaientsans qu'on s'en rendît compte,nourritures, paresses savantes, jus d'oiseauxidiomes heureux, échanges,de sorte qu'on était ce qui entrait en nousparfois un cil, parfois un angeparfois un baobab où la hache faisaitdes blessures délicieuseset quand, souvent, des femmes ou des sangsues rosesse collaient à nos corpson éprouvait soudain la joie d'être... [Lire la suite]
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vendredi 2 février 2018

MYSTIQUE SYNTHESE

Par le chemin qu'il obombrel'arbre se rappelle en la caressant à l'histoire de la rivière D'entre la canopéeles plus hautes futaies la solitude des mornes plaineset le vergerla frondaison renaît à son chant plurielau comble du cantiquecomme il élèvesolennel les racines au ciel Jamais muet jamais figé qui n'enténèbre ni le jour ni la halte et rafraîchit pour un temps précieux le pèlerin le repos du ramierAuprès de lui mélope un filet de sourceclaire un faune prélude ... [Lire la suite]
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vendredi 2 février 2018

LES MOTS

Les mots vont en silence dans notre cœur Ils ont besoin de nous pour éclore Ils s’alignent derrière une émotion L’émerveillement Le chagrin L’insolite Et ils prennent leur envol d’oiseaux migrateurs Et dessinent au fond d’un autre cœur Un pays d’accueil Une terre d’asile Un banc de sable Jamais une prison Jamais une frontière Parfois une simple fleur qui renverse un mur Il y a chez moi une plante qu’on appelle chance Et qui nous donne la chance de la regarder La chance d’espérer Il y a une feuille qui pousse dans les... [Lire la suite]
jeudi 1 février 2018

LA PETITE FILLE

  C’est moi qui frappe aux portes,Aux portes, l’une après l’autre.Je suis invisible à vos yeux.Les morts sont invisibles. Morte à HiroshimaIl y a plus de dix ans,Je suis une petite fille de sept ans.Les enfants morts ne grandissent pas. Mes cheveux tout d’abord ont pris feu,Mes yeux ont brûlé, se sont calcinés.Soudain je fus réduite en une poignée de cendres,Mes cendres se sont éparpillées au vent. Pour ce qui est de moi,Je ne vous demande rien :Il ne saurait manger, même des bonbons,L’enfant qui comme du papier a brûlé. ... [Lire la suite]
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