dimanche 11 juin 2017

VIE EN VRAC

Les dieux sont sans paroles, le temps n'a ni entrée ni sortie, l'histoire pas de porte. Mais la lumière trouve en toi son origine, et tu brilles Dans les pierres ensevelies, dans les cendres des nations mortes, dans les mots perdus, la patience des saisons.   .    LIONEL RAY " Comme un château défait "     . Oeuvre Bernard Buffet
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jeudi 8 juin 2017

LA FENÊTRE OUVERTE

à LR . Dehors Battements d’ailes et friselis des feuillages Dedans Un merle ponctue la voix sereine Monde d’ascensions, d’espoirs et de larmes Modelé par un christ-oiseau Souffert par l’enfant volé envolé Le fils de l’homme et le fils de l’autre Raviver la parole et l’image Pétrir l’écho et le reflet en pâte de lumière Qu’ainsi la présence froisse l’air Présence Légère et fidèle comme les printemps Souveraine comme cette fillette sous un pommier Bravant jadis la guerre dans son abri de fleurs Aux confins du cœur ... [Lire la suite]
lundi 5 juin 2017

LA VIE N'EST PAS UN RÊVE...Extrait

Tu disais : mort, silence, solitude : comme amour, vie. Mots de nos images passagères. Et le vent s’est levé léger chaque matin et le temps couleur de pluie et de fer a passé sur les pierres, sur notre bourdonnement reclus de maudits. La vérité est encore loin. Et dis-moi, homme brisé sur la croix, et toi, dont les mains sont grosses de sang, que vais-je répondre à ceux qui demandent ? Aujourd’hui, aujourd’hui : avant qu’un autre silence nous pénètre les yeux, avant qu’un autre vent se lève, qu’une rouille nouvelle fleurisse. . ... [Lire la suite]
samedi 3 juin 2017

L'ARIDE DESIR DE SIGNIFICATION

Une demeure se construit une autre s'use les livres tombent en poussière tout se mélange dans le discours du bavard négligent temps-sable coule fêtes vendanges anniversaires le silence épaissit la lumière ciel amplifié temps nul qui tisonne sa braise dans la pupille du veilleur il est toujours possible de chiffrer le désastre ou l'échange arithmétique chaque langue tas de pierres et tas de mots chaque temple ignorons à jamais ce qui entrave car le vent souffle éternel sur l'aride désir de signification   .     ... [Lire la suite]
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samedi 3 juin 2017

LE CERCLE DE L'AURORE

Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers. Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée. Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la... [Lire la suite]
vendredi 2 juin 2017

PIERRE NOIRE, SANGUINE ET PASTEL

Je t'ai tutoyée, tout de suite. Depuis notre brève rencontre, il y a trois semaines au musée des Beaux-Arts de Besançon, je ne te quitte plus.     On ne devine qu'un fragment de ton épaule, dépassant d'un carré d'étoffe. Tu sembles si pudique, si jeune encore. Cependant ton visage, bien que détourné, s'offre sans réserve. Donné à son intériorité. Et le peintre à son tour a voulu rendre ce miracle de transparence.     Je te rencontre quatre siècles plus tard.   M'aideras-tu à comprendre le passage... [Lire la suite]

vendredi 2 juin 2017

JUDITH CHAVANNE

Pourtant, il y a de la douceur, la façon comme un sourire en avril que le prunus et le cerisier ont d’éclore ; à des carrefours, la marche suspendue le temps qu’on hésite, et le corps qui prend avec grâce une pause inconnue ; le rythme plus lent sur lequel se prononce une amie, comme pour nous laisser le temps de nous installer dans une parole partagée ; et cette place qu’on s’accorde aussi en aimant en secret, destinant des pensées que l’on sait pouvoir être reçues. Il ne suffit pas que l’âme soit effleurée mais on peut sans... [Lire la suite]
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jeudi 1 juin 2017

SOLOGNITUDE

S’est accroché aux arbres ce drap bleu, clair, presque blanc Fait pour un lit d’enfant, sa naïveté de ciel pur, On y pressent Des nuages de soie et des poupées Le monde, juste en dessous, Ne fait aucun effort mélange des vacarmes et des murmures Le zinzillement des tondeuses le klaxon des voitures Un peu de folies d’hommes des aboiements Regarde Passer la vie Avec les yeux Et n’y touche pas   .   ALEXO XENIDIS   .    
mercredi 31 mai 2017

A THIERRY METZ

J’habite un rêve sans finune maison ouverte aux vents de passageun espace sans cesse menacéj’habite un temps ennuagéune saison hasardeuseun temps voilé de silenceles routes ne conduisent plusn’innervent plus la vie en bouleta voix me saisit…   .   AGNES SCHNELL   . Thierry Metz
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dimanche 28 mai 2017

LE PLUS BEAU TEMPS DU MONDE

 L’été respire au bout de ce récif de toits, L’été de ton amour plein de mélancolie, L’été qu’on voit mourir un peu dans chaque jour Qui roule jusqu’ici ses falaises de suie. Églogue fatiguée, l’on entend la chanson Très pure d’un oiseau au milieu du silence. Regarde s’enfuir le plus beau temps de la vie, Le plus beau temps du cœur, la mortelle saison De la jeunesse aux noirs poisons. Voici la route, Ce saut de feu dans le délire des cigales Et de bons parapets pour reposer tes bras. Dans le ciel campagnard meurt le... [Lire la suite]