vendredi 24 février 2017

PENDANT QU'IL EST ENCORE TEMPS, MA ROSE / HENÜZ VAKIT VARKEN, GÜLÜM

Pendant qu’il est encore temps, avant que Paris ne soit brûlé et détruit, pendant qu’il est encore temps ma rose, Pendant que mon coeur est encore sur sa branche. Me voici, par une de ces nuits de mai, t’appuyant contre un mur du quai Voltaire, il me faut t’embrasser sur la bouche. Et puis, tournant vers Notre-Dame nos visages, il nous faut contempler la rosace. Soudain tu devras te serrer contre moi ma rose, de peur, de surprise, de joie, et tu devras pleurer silencieusement. Les étoiles bruineront, très fines, se mêlant aux lignes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 22 février 2017

L'EMERAUDE PROMISE

On naît à chaque seconde de l’enfant que nous avons été, du miracle du temps qui ne nous efface, du chant qui s’ouvre comme une écluse délivrée, des eaux descendues d’une vieille mémoire, des mots enfin possible pour nommer le sens de ce que nous croyions dérives et qui n’avait en somme que la forme du chemin. Car il y a une parole pour chaque chose de ce monde, pour chaque acte de nos corps au milieu des fleurs qui poussent et des arbres qui tombent. On naît à chaque heure parce que la mort ne sera jamais que l’affaire des vivants... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,
mardi 21 février 2017

UGARITICA

Au bout de mes doigts je détiens ces blancs oiseaux cunéiformes mon souffle mon amour mon désir voyageur ces oiseaux effilant le loin fortuits & brefs dans l'incessant combat du feu & de la mer ces moments d'ailes donnant ciel à mes mots insoucieux de moi lointains déjà comme les vagues & le vent & miens oh rythmiquement miens   Dans la cendre & le sable à ce delta du temps Alasia Samara appelant de leur nuit la source que nous serons peut-être   Creusant ameublissant le sens trembler de ne sauver... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

SYMPHONIE INACHEVEE....Extrait

C’était il y a très longtemps – écoute, amer amour de l’autre monde — C’était très loin, très loin – écoute bien, ma sœur d’ici — Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.   Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes, Loin de nos montagnes heureuses. — Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume, Je me souviens,   Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue, La maison de l’enfance,... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

ON N'ECRIT PAS AVEC LES LARMES

Est-ce la pluie sur ma joue ou la sueur amère des jours passés à boire? Je ne suis ni gai ni triste, tout simplement poète. On n'écrit pas avec des larmes. On a beau faire les durs, le cœur saigne sous la carapace. Que deviendra l'enfance dans cet enfer moderne? Trop de barreaux remplacent la ligne d'horizon. Le matin vient trop tard pour réveiller le soleil. Les ombres sont partout et snipent l'infini. Je me sers des mots pour saluer la mer, la duvet des palombes et le vent dans les branches. Il faut bien que les mots dépassent le... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

LA POSSIBILITE D'UNE ÎLE...Extrait

... Et la mort qui avance A petits cris plaintifs, Dansant sa drôle de danse Sur mon centre émotif Qui grimpe dans le lit, Soulève les couvertures ; Mon amour aboli, Pourquoi tout est si dur ?   Au bout de quelques mois (Ou de quelques semaines) Tu t’es lassée de moi, Toi que j’avais fait reine. Je connaissais le risque, En mortel éprouvé ; Le soleil, comme un disque, Luit sur ma vie crevée.   Il n’y a pas d’amour (Pas vraiment, pas assez) Nous vivons sans secours, Nous mourons délaissés. ... [Lire la suite]

mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]
dimanche 12 février 2017

UN CAHIER DANS MA POCHE

Il neige comme un lait renversé. Un cahier dans ma poche me sert de fenêtre. Quand je le sors et l'ouvre, je vois la mer et les oiseaux, le bleu du ciel qui surnage, des pages pleines de cerfs-volants. Ça sent la résine entre les mots, le sapinage entre les lignes, l'espoir en bout de page. J'y ramasse avec les yeux la terre des forêts. Les mots d'amour ne sont jamais perdus. Ils rejoignent ce fleuve qui nous maintient en vie. C'est par les yeux que j'entre dans le monde, par les mots que j'en sors. Quand on perd son enfance, adulte,... [Lire la suite]
samedi 11 février 2017

L'IMPROBABLE...Extrait

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.   .   YVES BONNEFOY  ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
vendredi 10 février 2017

L'EFFARANT INTERIEUR DES OMBRES...Extrait II

Je sais tant la fugacité des choses tant les gestes labiles Et je m'étonne encore pourtant de ce long ricochet rayé Des vagues quand elle apprivoisent le sable Je ne suis Qu'un écho infiniment relayé de ceux dont les vieux os Poudroient sous la terre dont les cheveux les ongles oui Vous savez cette histoire infinie comment ne pas croire Un instant que la mer cette si vieille frissonnante avoue Elle aussi elle en a cherché des cailloux blancs ou bleus Pour envelopper les rochers des épaules ces îles et celle Qu'on voulait... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,