lundi 20 juin 2016

CHAOS

Il n'y a personne pour nous dans le monde tant l’incandescence emporte tout passage ardent, amour fervent, j’ai cru à la rédemption des sillons de feu du poème j’ai cru à la tourmente des ailes de papillon dans la lumière j’ai cru à la nostalgie de l’enfant du vieil homme et la mer s’est levée la tempête, le bateau de l’amour s’est heurté au réel des torches brûlantes ont incendié les habitudes et nul n’a su dompter les mots de l’horreur Pour vous les brulées vives D’avoir résisté au viol Pour vous les égorgés, D’avoir osé votre... [Lire la suite]

samedi 18 juin 2016

ESPACE TEMPS...

« Le temps et l'espace vivent et prospèrent aux dépens l'un de l'autre. Quand le premier s'accroît, le second diminue et réciproquement. Tout corps se prolonge dans le temps aussi bien que dans l'espace ; sa tête baigne dans la durée, ses pieds plongent dans l'étendue. L'espace est du présent visible. Le temps est de l'espace qui s'ébranle et devient avenir ou passé. L'espace, c'est du temps étendu, du temps horizontal ; le temps, c'est de l'espace à pic, de l'espace vertical. L'espace c'est du temps qui dure ; le temps, de l'espace... [Lire la suite]
mardi 14 juin 2016

DERISOIRE

Voici que déjà mon noms’effaceet rompt avec la partitionque j’avais déroulée.Je l’ai jouée à m’y perdrea cappellaà l’envers sans répit.Les mots retournent aux lettreset les lettres aux signesréseaux hâtivement bâtisentrelacs de lignes coléreusesde points évasifs ou mourants.Voici que déjà s’amenuisel’espace tel un feuque l’on couvre brusquement,des pattes d’oiseauxsur l’humidité du sable,le fantôme d’un arbreoù le vent reste prisonnier.Que c’est étrange !Alice aux cheveux blanchis,on cherchait un lieud’écriture lenteoù déposer nos... [Lire la suite]
mardi 14 juin 2016

AGNES SCHNELL

Les jours ont perduparfums et couleursjusqu'à leur nom.Le vent se traînesur l'ombre rougiele souffle cherche les voileset la carène,toi tu refuses de lâcher prise.Voici la sente nueoù tu scandais par ton pasun bout de poème,l'harmonique lentede quelques vers impérieux.Derrière la brume,le quotidiendont tu t'ébrouaisavec insolence.Derrière la brume,tes songes rocailleuxtes mots tendresque tu t'efforçais de nouerà mains nues.Mais qui retient le vent ? .     AGNES SCHNELL   .     Oeuvre Montserrat... [Lire la suite]
jeudi 9 juin 2016

FERNANDO PESSOA

Moment imperceptible, à quoi ressembles-tu, car il y a en moi maintenant quelque chose qui ne finira jamais. Je sais que les années passant, de cela je me souviendrai sans savoir alors de quoi il s'agit, car maintenant déjà je ne le sais pas. Même si un tel moment n'était rien, il en reste quelque chose qui me sera doux encore quand je ne me le rappellerai plus. . . . . FERNANDO PESSOA . . .
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mercredi 8 juin 2016

MON AMOUR...

Mon amour, le désespoir est une discipline du soir de ce moment soudain léger où les poids semblent envolés de ce moment perfide dont j'essaye d'écrire la couleur Mon amour, l'ivresse des choses uniques installe sa dentelle La vie soudain exaltée est sublime et dérisoire Tu entres dans l'inconstance du temps, les solides se liquéfient, l'air est sensible au geste   ...   Mon amour, j'ai parcouru toutes les pages en vain mais sans regret, étais-tu là, tapi dans la pénombre des lettres usées, dans... [Lire la suite]

mercredi 1 juin 2016

EXIL

Les mains plus nues qu'à ma naissance et la lèvre plus libre, l'oreille à ces coraux où gît la plainte d'un autre âge, Me voici restitué à ma rive natale… Il n'est d'histoire que de l'âme, il n'est d'aisance que de l'âme. Avec l'achaine, l'anophèle, avec les chaumes et les sables, avec les choses les plus frêles, avec les choses les plus vaines, la simple chose, la simple chose d'être là, dans l'écoulement du jour… Sur des squelettes d'oiseaux nains s'en va l'enfance de ce jour, en vêtement des îles, et plus légère que l'enfance sur... [Lire la suite]
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mardi 31 mai 2016

HERBES HERBES

herbes herbes à quels vents ployées coupées sur quel autel en longue mémoire de nos moissons la faux nos vies usées pierres mortes que plus un sel n’avive je regarde devant le futur libre de nous la route si étrange maintenant qui conduit nos paupières en ailleurs pays sauvage que nous aimions les ronces les étangs les bruyères abstraites le sablier je tremble et le seul néant entre nous rameute sa chiennerie on m’attend la porte est lourde la pousser m’illumine   .   FRANCIS ROYO   .   ... [Lire la suite]
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mardi 31 mai 2016

NOTES INTIMES

"En ce temps-là, j'étais jeune et j'avais soif: il m'a donné à boire. J'étais jeune et j'étais laide: il m'a fait croire que j'étais belle. J'étais sage et j'avais froid, j'avais peur et je tremblais, je craignais Dieu, je craignais les gens, je craignais mon père et ma mère, je me cachais en moi, je me cachais dans l'ombre, je me cachais en Dieu pour n'être pas trouvée: il m'a prise et ramenée sur la terre en plein soleil. J'avais dans le cœur une grâce, une fleur serrée, qui n'osait pas s'ouvrir: il l'a fait épanouir sur le pas de... [Lire la suite]
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lundi 30 mai 2016

CHANSON POUR UNE AMOUREUSE SECRETE

II y avait dans les feuilles une femme qui riait si petite qu’on pouvait en faire une ardoise pour les toits. Une femme pour chaque rire si rose pour couvrir tous les toits. Je pouvais dans la douleur la clouer comme un ciel au sang, au vent ou à l’ombre de l’arbre ou encore à ses ailes. Mais l’amour me surprit dans ma haute nuit de haine avec un oiseau mort dans les bras. Jusqu’où chercherais-je à m’oublier ? Il y avait une femme au milieu de la terre, si rongée de mystère qu’on la prenait pour un fruit pourri. Et les hommes la... [Lire la suite]