mardi 23 juin 2020

ROBERT CUFFI...Extrait

Je n’entrerai jamais au fond de cette cage. Le merle gris parle du vent, et je cherche ton reflet dans ce jardin ou dans la ville. L’olivier est mouillé de cette fin d’automne, j’écris mon livre lent, désolé, comme un feu qui s’éteint. Je me suis accordé sur une note basse, en oubliant mes torches et mes rages. La guitare va s’engorger, en épongeant l’hiver.Je retarde des mots, je me plaindrai plus tard, j’aurai toujours raison.Je vais distribuer les cartes, une nuit Caraïbe, un pont de pierres dans les Alpes, un citron vert d’Espagne... [Lire la suite]
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lundi 22 juin 2020

LES ILLUSIONS D'OPTIQUE - POST SCRIPTUM

Vivre est traverser les pièces d’un musée des choses hétéroclites. On se retourne sur des galeries où les tableaux sont alignés en désordre, les souvenirs accrochés aux cimaises comme des silhouettes, les vivants devenus des portraits et le temps qui a passé, un catalogue d’images fixes et les tableaux d’une exposition, sans compter les cadres vides. Pourquoi les humains s’attardent-ils au passé, c’est à dire au temps ou ce qui leur en est resté ? Pourquoi nous penchons-nous sur les images ? La réponse est unique : Le Regret. Le... [Lire la suite]
dimanche 21 juin 2020

INFINIMENT BLEU

La mer        le temps  longuement ondoient  allant  l'amble des figements de la terre métamorphique Les rochers pensent  en fabulant Rodin    J'en perçois lointainement  la scansion  comme l'être aux mondes  les palpitations        les envolées  d'un vaste poème  au Grand Bleu   J'aurai confié   mon âme  aux champs des baleines un jour  l'espace d'un éclair depuis tant  d'années lumières  ... [Lire la suite]
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samedi 30 mai 2020

LA POESIE ECLOT SOUS LA PEAU DIAPHANE DES MOTS

... Il n’y a d’ailleurs que dans le bruissement de l’eau qui court entre les pierres, le feulement du vent sur la plaine, l’alarme, le frémissement soudain des arbres, le fouet de l’été qui cingle le maquis ébloui à la verticale d’un cri… et plus tard au couchant, un murmure : la lumière radieuse, douce et franche qui redessine l’horizon et semble abolir à jamais la peur ancestrale des abîmes. ... Midi : le chant des cigales enflamme les collines, l’énigme du monde s’époumone. ... Ecriture tremblée, approche... [Lire la suite]
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vendredi 29 mai 2020

LES JOURS S'EGRENENT

Ce matin gris ciel, je sens la couleur métallique jusque dans ma chair. Pas un souffle dehors . Les fleurs de balcon ne souffrent de rien , elles sont là,  c 'est tout. Au mur , un pêle-mêle de dessins accroche le regard . Des citrons roses et verts, des santons, des moutons, une ruine qui sert à un arbre pour prendre racine et dont le feuillage chapeaute l'ensemble, un village perché, un vol de flamands au dessus des salins , une rose trémière grimpe une falaise et encore du lierre qui s'attache ou il va mourir . On voyage en... [Lire la suite]
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mercredi 29 avril 2020

LE CREPUSCULE DES VIEUX

  Des fois, j'ai hâte d'être un vieux.Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sontbiens. Ils ont personne qui les force à travailler; on veut pasqu'ils se fatiguent.Même que la pluspart du temps, on les laisse pas finirleur ouvrage.On les stoppe, on les interruptionne, on les retraitefermée. On leur donne leur appréhension de vieillesse et ils sonten vacances.... Ah! Ils sont bien les vieux! Et puis, comme ils ont fini de grandir,ils ont pas besoin de manger tant tellement beaucoup. Ils ont personne qui les... [Lire la suite]
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samedi 25 avril 2020

LA VIE COURANTE...Extrait

 "Comment ne pas trop patauger dans cette flaque des habitudes ? Comment ne pas laisser échapper la saveur des instants ? Trouver encore des mots pour ce qui est unique ? S'étonner un peu plus chaque jour ? Comme je ne tiens plus à m'expliquer tout ce qui se passe, je me contente d'accompagner, le plus loin possible, ce qui ne fait que couler.Malgré tout, je suis parvenu à me faire à l'idée d'être moi-même, à ne plus m'irriter d'occuper cette place singulière : ma peau, les points cardinaux de mon corps, jeté en ce coin du monde,... [Lire la suite]
mercredi 22 avril 2020

LA CONFIRMATION

  A peine le murmure, l’ombre ancienne des mots l’année d’avant où tu disais qu’il te faudrait deux vies la vie d’avant d’une fois aveugle ? la foi aveugle, mienne de mon pays perdu de la rive exilée éparpillée dans la tourmente de vivre. et je chantais les mots d’un autre temps des haies pleines d’oiseaux que le printemps obsède printemps, temps de passage endeuillé par l’hiver qu’enchante le soleil.   alors vint d’une fable la trace ancienne et animale le passage du doute où nous vivions de l’ignorance où... [Lire la suite]
dimanche 19 avril 2020

LE RÉCIT DU RESTE DE NOTRE VIE

  Rien ne sera pareilQuand tout sera redevenu comme avantNous porterons sur les arbres les nuagesLes vieux murs de nos chagrinsLes chevaux les prairiesUn regard de nouveau-néÉtonné de voir le monde venir à luiDans la splendeur des premiers jours Chaque instant sera printempsNoce et chants d'oiseauxNous remonterons sans hâte les courantsVers les eaux de nos enfancesConfiants avec le ventAccordés à nous-mêmesCapables du plus simpleSaisis d'une marche silencieuseAux sources du vivant Nous nous tiendrons deboutDans l'insolente... [Lire la suite]
vendredi 10 avril 2020

LE PASSE, C'EST UN SECOND COEUR QUI BAT EN NOUS....

Le passé, c’est un second coeur qui bat en nous…on l’entend, dans nos chairs, rythmer à petits coups,sa cadence, pareille à l’autre coeur, -plus loin,l’espace est imprécis où ce coeur a sa place,mais on l’entend, comme un grand écho, néanmoins,alimenter le fond de l’être et sa surface.Il bat. Quand le silence en nous se fait plus fortcette pulsation mystérieuse est làqui continue… Et quand on rêve il bat encor,et quand on souffre il bat, et quand on aime il bat…Toujours ! C’est un prolongement de notre vie…Mais si vous recherchez,... [Lire la suite]
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