jeudi 2 décembre 2010

COMMUNIO

C’était dehors et c’était à l’intérieur.La même brise soufflaitentre l’heure matinale et l’heure du soir.Le dénouement des liserons au soleil et aux tiges là, dehors,se répétait en gémissant dans les vrilles des doigtsqui cherchaient le soleil là, à l’intérieur,tandis que les campanules blanches se renversaientd’un bonheur trop grand de la lumière.C’était le mois de mai et ça grondait de l’approche de la Pentecôte.Les nuages lourds de pluie craquaient aux coutures des éclairs.Les forêts fumaient et les pivoines se dépêchaientde... [Lire la suite]

samedi 27 novembre 2010

VICTOR SEGALEN

Suis-je ici vraiment ? Suis-je parvenu si haut ? Paix grande et naïve et splendeur avant-dernière, Touchant au chaos où le Ciel qui plus n'espère Se referme et bat comme une ronde paupière. Comme le noyé affleurant l'autre surface Mon front nouveau-né vogue sur les horizons. Je pénètre et vois. Je participe aux raisons. Je tiens l'empyrée, et j'ai le Ciel pour maisons. Je jouis à plein bord. De tous mes esprits. J'irrite Mes sens élargis au-delà des sens, plus vite Que l'esprit, que l'air. Je me répands sans limites, ... [Lire la suite]
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jeudi 4 novembre 2010

LA PAROLE

Rien n’est éphémère, ni la douleur ni le plaisir.Nous courrons d’une porte à un arbre solitaire,d’un pont à une grotte gardienne du temps.Chaque regard est une découverte achevée.La pluie est le soleil que dissimulent certains nuages.Notre parole est un cri irrévocable dans le néant.Nous écrivons un nom, celui de quelqu’un que nous ne connaissons pas.Nous prions dans le temple déserté de l’oubli,et rêvons de Dieu enchaîné à sa douleur.Nous sommes des pèlerins sans foi au milieu du désertet nous nous endormons sur le sable blanc en... [Lire la suite]
jeudi 21 octobre 2010

MON SABLIER

Tout le temps, le temps nous dément.     À l'attente, à l'oubli     À la mémoire     Il nous rend plus vivants.     Ses grâces sont     Fécondes contrariétés     Le temps est notre allié     Le nom de ce qui encore     Nous préfère à la mort.     Le temps octroie     Plus qu'il ne donne en passant     Il n'est pas l'éternité     Mais outre abondante en tout temps     De déguisements et de... [Lire la suite]
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samedi 16 octobre 2010

CAHIER SEIZE..Extrait

Depuis tant d'années je lave mon regarddans une fenêtre où ciel et merdepuis toujours sont sans s'interrompreoù leurs vies sont un, sont innombrablessont une fois encore dans mon âmeun champ magnétique d'épousaillesune goutte de lumière-oiseau.Depuis tant d'années je lave mon regardà la première couleur si fraîchesur les lèvres humides de nuitd'être la peau et d'être la pierreoù mes doigts rencontrent le secret,ce savoir qu'ils sont et celui qui estdes tonnes infinies de lumière.Du plus pâle au tranchant du plus sombresans... [Lire la suite]
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jeudi 14 octobre 2010

LES RADIS BLEUS...Extrait

Rien n'est plus simple que le linge qui sèche sur le fil tendu entre le cerisier et l'acacia. La mésange qui se pose, légère, à côté des serviettes à carreaux rouges et bleus a tout compris. Et la voilà qui s'envole avec le vent faisant un instant vraiment bouger la vie. Le front contre la vitre, l'œil loin au-delà, on prend ainsi l'exacte mesure du temps. Toute gesticulation devient vite dérisoire quand on sait le discret travail de l'arbre, l'infinie persévérance des hautes herbes, l'ombre qu'il faut encore au jour pour lentement... [Lire la suite]
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lundi 11 octobre 2010

LE CHANT

  La seule pierre, peut-être,Sur laquelleJ'ai posé mes lèvresPour un baiserA travers le temps Car c'était de cette pierreQue j'attendais le chantQui me permettrait De supporterLa beauté du soir Et l'espoir d'autres baisersQui viendraient. . EUGENE GUILLEVIC .      
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mardi 5 octobre 2010

COULEUR BRAISE

                            à Yves Perrine,                         à Claude Cailleau,    Sur les bords du temps ou bien tout au-dedans, les mots tremblent, se taisent même peut-être, devenus inutiles ou simples braises dont le rougeoiement nous permet de rester immobiles, de ne plus rien attendre et de sourire aux perles rares d'un instant… . ... [Lire la suite]
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dimanche 3 octobre 2010

MES POEMES NE CHANGERONT PAS LE MONDE...Extrait

Même quand il semble que la journéea passé comme une aile d’hirondelle,comme une poignée de poussièrejetée et qu’il n’est pas possiblede ramasser et que la descriptionle récit ne trouvent nécessiténi écoute, il y a toujours un motun petit mot pour direqu’il n’y a rien à dire..PATRIZIA CAVALLI.
dimanche 3 octobre 2010

LE SILENCE...Extrait

Le silence, ce n'est pas la cessation du bruit; le silence, ce n'est pas l'arrêt du vacarme incessant de l'esprit et du cœur : ce n'est pas le produit ni le résultat du désir, pas plus qu'un effet de la volonté. La conscience, dans sa globalité, est un mouvement incessant et bruyant, évoluant dans des limites qu'elle s'impose elle-même. Dans ce cadre-là, tout silence ou immobilité est la cessation momentanée du bavardage, mais c'est un silence touché par le temps. Le temps, c'est la mémoire, et pour cette dernière, le silence est de... [Lire la suite]
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