samedi 16 juin 2012

A PRIX D'OMBRE

Loin des autres, il se trouble. La solitude l'effraie, elle lui apprend qu'un homme n'est jamais seul. Il se salit dans un duel sans adversaire dont la fatigue corrompt les traits qu'on lui voit. Sueur et souillures, il a le goût du mal qu'il fait et n'a même pas le mal dans le sang. On l'a rencontré nu-tête, couvert de sciures et de salives, il courait en hésitant, les yeux vides. Personne ne reconnaît les chemins où il s'est perdu. Il veut être partout à la fois comme pour y devancer quelque espérance. Vêtu à tâtons dans sa hâte de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 27 mai 2012

POEME POUR MOI

Si jamais un de ces matinston âme est traversée par une aube tristene crains rienTu étireras tes pas lentscomme la plainte de l'enfance C'est toujours le tourment de l'ombre du palmierqui pousse dans l'argile rouge de l'EuphrateIl donne aux troupeaux d'hommesun mal de vivrequi accroît leur attente Ici les hommes n'ont plus le souvenir du parfum de la lavandeni celui de la cire enracinée dans la flamme Alors extirpe la prison de ta têteécorche ton corps à partir du miroirparfume ton regardet de la frange de lumière qui resteembrase... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 16 mai 2012

PRIERE

Qu'on me laisse partir à présent Je pèserais si peu sur les eaux J'emporterais si peu de chose Quelques visages le ciel d'été Une rose ouverte La rivière est si fraîche La plaie si brûlante Qu'on me laisse partir à l'heure incandescente Quand les bêtes furtives Gagnent l'ombre des granges Quand la quenouille Du jour se fait lente Je m'étendrais doucement sur les eaux J'écouterais tomber au fond Ma tristesse comme une pierre Tandis que le vent dans les saules Suspendrait mon chant Passants ne me retenez pas Plaignez-moi Car la terre... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 19 février 2012

OURAL,OURALOU

C'est dans l'aube chère à Verlaine Que tu courais notre domaine Humant l'air des quatre saisons Odeurs de thym et de bruyère Sous tes pattes fraîches légères S'élevaient comme une oraison Berger des landes familières Tu vivais digne et solitaire Animal doué de raison J'écris ce jour anniversaire Où tu reposes sous la terre A deux pas de notre maison Hourrah oural ouralou Oural ouralou Hourrah oural ouralou Oural ouralou On voit souvent des souveraines A la place des rois qui règnent Rien qu'en posant leurs yeux dessus Il faut se... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 8 février 2012

ÂME ABSENTE

Ni le taureau ni le figuier ne te connaissent, ni les chevaux ni les fourmis de ta maison. Ni l’enfant ni le soir ne te connaît parce que tu es mort pour toujours. Ni l’arrête de la pierre ne te connaît, ni le satin noir où tu te défais, ni ton souvenir muet ne te connaît parce que tu es mort pour toujours. L’automne viendra avec ses conques, raisins de nuages et cimes regroupées, Mais nul ne voudra regarder dans tes yeux parce que tu es mort pour toujours. Parce que tu es mort pour toujours, comme tous les morts de la Terre, comme... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 20 décembre 2011

GEORGES DRANO

à Gilles Fournel Claude Vaillant Michel Velmants     Frères mes taciturnes aux visages d’épis sous la faux Qui dira vos rires comme une volée de coups de poings dans les portes Et le blé de vos visages Vous marchez sur les solives de la nuit Ou dans le soleil comme un carosse Et chacun de vos gestes remet le ciel à sa place Entre le mur et les collines     Frères mes taciturnes aux visages tristes de lierre Qui dira vos gestes d’arbres qui s’éloignent le long des trains Et vos mains qui froissent... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 17 juin 2011

LA NUIT AVANT LE RÊVE...Extrait

 Le monde disparaît lentement. Ils regardent tous le temps trompeur sur le mur : ô allons ! Les frontières dans lesquelles nous vivons ne sont pas les frontières dans lesquelles nous mourons. Nuit âpre au corps mort, mort est le coeur mais les profondeurs restent. Cette nuit l’eau elle-même voudrait se boire jusqu’à la lie et reposer.Voyage tant qu’il y a encore monde et savoir : tu seras beau de poussière, tu connaîtras la cendre et l’éclat. Rends-toi aveugle en allant ton chemin, mais sache : faux est le soleil,... [Lire la suite]
samedi 5 février 2011

DE LA JOIE ET DE LA TRISTESSE

Une femme dit alors:         "Parle-nous de la Joie et de la Tristesse."         Il répondit:         Votre joie est votre tristesse sans masque.         Et le même puits d'où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.         Comment en serait-il autrement ?         Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 19 septembre 2010

LA VOIX NOMADE...Extrait

« La seule tristesseC’est de savoir que les jours s’ouvrirontComme des lys au fond du tempsQue l’amour dans le cœur de l’hommeContinuera de déployerSes roseraiesQue la beauté comme naguèreEmbaumera les pas du voyageurEt que sous tant de fleursJ’aurai les yeux remplis de terre ».ANNE  PERRIER.
Posté par emmila à 21:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 25 avril 2010

HERITAGE DE LA TRISTESSE

        Il est triste et pêle-mêle dans les étoiles tombées         livide, muet, nulle part et effaré, vaste fantôme         il est ce pays seul avec lui-même et neiges et rocs         un pays que jamais ne rejoint le soleil natal         en lui beau corps s'enfouit un sommeil désaltérant         pareil à l’ eau dans la soif vacante des graviers         je le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,