samedi 2 juin 2018

JEAN EMMANUEL DUCOIN

 Quand nous tombons enfin les masques de l'éphémère, il nous arrive de découvrir la source même de nos désirs les plus enfouis, de ceux qui donnent sens et existence à la littérature majuscule, par la grâce d'un texte qui nous hantera aussi longtemps que durera la vie, puisqu'il nous semble, à perdre raison, que nous l'avions toujours connu et aimé, ce texte, lu et relu tant il naît en nous à l'évidence de ce qu'il y a peut-être de plus sacré dans l'écriture : la singularité, l'unicité absolue, l'absence totale de... [Lire la suite]

mardi 29 août 2017

LES MANUSCRITS DE QANA...Extrait

Il était une fois, une seule, où l’homme à l’amour de la femme répondit avec honneur. Il a été une fois, une seule, où la femme eu égard de l’homme qui l’aimait. Il a été cette fois, unique, où la femme et l’homme se comprirent dans l’instant du monde où la plume s’envole, portée par la brise. Cette unique fois où un homme et une femme portèrent aux yeux du monde le fruit de leur passion fût saluée par une grande fête. L’unique étoile du nord brilla seule dans l’infini cosmos pour saluer la naissance de l’enfant prodigue, un certain... [Lire la suite]
jeudi 8 septembre 2016

CINQ MEDITATIONS SUR LA MORT - AUTREMENT DIT SUR LA VIE...Extrait

Puisque tout ce qui est de vieSe relie,Nous nous soumettronsÀ, la marée qui emporte la lune,A la lune qui ramène la marée,Aux disparus sans qui nous ne serions pas,Aux survivants sans qui nous ne serions pas,Aux sourds appels qui diminuent,Aux cris muets qui continuent,Aux regards pétrifiés par les frayeursAu bout desquelles un chant d'enfant revientA ce qui revient et ne s'en va plus,A ce qui revient et se fond dans le noir,A chaque étoile perdue dans la nuit,A chaque larme séchée dans la nuit,A chaque nuit d'une vie,À chaque... [Lire la suite]
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vendredi 2 septembre 2016

CINQ MEDITATIONS SUR LA MORT, AUTREMENT DIT SUR LA VIE...Extrait

La mort n'est point notre issue,Car plus grand que nousEst notre désir, lequel rejointCelui du Commencement,Désir de Vie.La mort n'est point notre issue,Mais elle rend unique tout d'ici :Ces rosées qui ouvrent les fleurs du jour,Ce coup de soleil qui sublime le paysage,Cette fulgurance d'un regard croisé,      et la flamboyance d'un automne tardif,Ce parfum qui assaille et qui passe insaisi,Ces murmures qui ressuscitent les mots natifs,Ces heures irradiées de vivats, d'alléluias,Ces heures envahies de silence,... [Lire la suite]
dimanche 24 juillet 2016

LE CAHIER ROUGE ...Extrait

« Car la poésie ne se fractionne pas en poètes ni entre poètes, elle est présente et unique, dans toutes ses manifestations - chez chacun, toujours plus, toujours totale, de même qu'en réalité il n'existe pas des poètes, mais un seul et même poète depuis le commencement et jusqu'à la fin du monde, une force se parant de la couleur des temps, des peuples, des pays, des parlers, des personnes, qui traversent cette force, qui la portent, tout comme un fleuve reflète l'une ou l'autre de ces rives, l'un ou l'autre de ces cieux, l'un ou... [Lire la suite]
samedi 21 mai 2016

D'INFINIS PAYSAGES...Extrait

Oui, voici la colline et la vallée, Voici le lac et le reflet des nuages. La lumière les dévoile aube et soir ; Et le printemps revient à tire-d’aile ! Terre habitable, humain séjour provisoire : Il n’est vrai paysage que de nos mémoires… Ô pays ! ô âge ! Transplantés ici, Nos désirs et paroles nous unissent A tous les lointains, au grand iambe Du prime matin du monde. Ecoutons donc Le chant des âmes errantes, de leurs élans Inachevés, chant fondu dans les sources Et la brise, chant nôtre ! L’infini n’est autre Que nos énigmatiques... [Lire la suite]

samedi 30 avril 2016

JACQUES DERRIDA

Ainsi se lève en toi le rêve d’apprendre par cœur. De te laisser traverser le cœur par la dictée. D’un seul trait, et c’est l’impossible et c’est l’expérience poématique. Tu ne savais pas encore le cœur, tu l’apprends ainsi. De cette expérience et de cette expression. J’appelle poème cela même qui apprend le cœur, ce qui invente le cœur, enfin ce que le mot de cœur semble vouloir dire et que dans ma langue je discerne mal du mot cœur. Cœur, dans le poème «apprendre par cœur» (à apprendre par cœur), ne nomme plus seulement la pure... [Lire la suite]
mercredi 11 novembre 2015

JOSEPH DELTEIL

Aucune partie du monde ne me semble médiocre, aucune cellule animale ou végétale ne me semble indigne de l’art. Au point de vue vital, une fleur qui fleurit, c’est aussi beau et mystérieux qu’un Bergson qui pense. La matière est une, et je tâche de trouver les harmonies nécessaires, les justes correspondances, entre un grain de sable et un cœur de femme. .   JOSEPH DELTEIL . Oeuvre Nathalie Magrez
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dimanche 24 mai 2015

CANTIQUE DE LA CONNAISSANCE

L’enseignement de l’heure ensoleillée des nuits du Divin. À ceux, qui, ayant demandé, ont reçu et savent déjà. À ceux que la prière a conduits à la méditation sur l’origine du langage. Les autres, les voleurs de douleur et de joie, de science et d’amour, n’entendront rien à ces choses. Pour les entendre, il est nécessaire de connaître les objets désignés par certains mots essentiels Tels que pain, sel, sang, soleil, terre, eau, lumière, ténèbres, ainsi que par tous les noms de métaux. Car ces noms ne sont ni les frères, ni les fils,... [Lire la suite]
dimanche 23 décembre 2012

SOUVENIR

Et tu attends, et tu attends l’unique, qui amplifie à l’infini ta vie ; La puissante, l’extrême, le réveil des pierres, profondeurs, qui t’appartiennent. S’assombrissent dans les bibliothèques les volumes en or et brun ; et tu songes en ces pays traversés, à des tableaux, aux robes de femmes à nouveaux perdues.   Et alors tu sais enfin : c’était bien cela. tu te redresses, et devant toi se tient une année écoulée peur et figure et prière.     RAINER MARIA RILKE     Vitrail Marc... [Lire la suite]
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