mardi 12 septembre 2017

TIENS BON POETE

Tiens-bon poète Tiens-bon Ils ont pourri la Terre Jusqu’à l’os des rivières Et tout s’en va en pourriture Je porte leur pourriture d’argent Aux banques du désespoir Je porte leur pourriture de chômage Au bureau du désespoir Tiens-bon poète Tiens bon La vie disparaît Déserte l’air L’eau La terre et même le feu Tout est empoisonné Même l’amour Même l’amour Les gonds du monde grincent Pathétiques violences sans remords qui nous assiègent La bonté est vaincue Tiens bon poète Tiens bon Les guerres se donnent la main Emportent tout l’homme... [Lire la suite]

vendredi 18 août 2017

SANCTUAIRE ...Extrait

Tu sors, un matin Tu sors, un matin du vieil août, Dans la brume, fraîcheur d'automne : Un soleil jaune sourd rayonne, enseveli, D'un amas de nuées : troupeaux, troupeaux d'orages Qu’un grand souffle harcèle ! Passant d'un horizon Où fument des nuages Au pis marbré d'éclairs, Tout hérissé d’une pensée impatiente, Je descends vers une saison De mélancolie dont s’éloignent Les oiseaux anxieux, Où reviennent déjà les pluies du bout du monde ... L'été majeur emporte au loin ses ailes pourpres ! Et meurent les midis vertigineux d'or... [Lire la suite]
samedi 15 juillet 2017

TOI MOI

Par l'univers-planète univers à toute bride Par l'univers-bourdon dans chaque cellule du corps Par les mots qui s'engendrent Par cette parole étranglée Par l'avant-scène du présent Par vents d'éternité Par cette naissance qui nous décerne le monde Par cette mort qui l'escamote Par cette vie Plus bruissante que tout l'imaginé TOI Qui que tu sois! Je te suis bien plus proche qu'étranger.   .     ANDREE CHEDID     .       Oeuvre Montserrat Gudiol  
dimanche 11 juin 2017

DE L'AVANTAGE D'ÊTRE EN VIE...

À écouter les esprits chagrins, tout serait insignifiant, l’amour une erreur réciproque, la noblesse une imposture, la volupté un fastidieux moment de charcuterie, l’avenir du passé en pire. Selon eux, l’existence devrait débuter avec ressentiment et se terminer dans les regrets. Rien ne leur paraît plus incommodant que l’illuminé qui affirme aimer la vie, qui affirme la vie même. « Pour qui se prend-il celui-là ? » Tandis que le démoralisé délayant les inconvénients d’être né sera perçu comme un être émouvant de sensibilité... [Lire la suite]
vendredi 10 février 2017

POEME

Il est des pensées que fait jaillir la nuit,épaves de pirogues qui ne peuvent se dégager des flots ;il est des pensées qui n’arrivent pas à se hausserjusqu’aux lèvres et qui ne sont qu’intérieures. Épaves de pirogues perdues loin des bancs de sable,qui se charrient simplement près du golfe.Devant, l’on voit une terre désertique,et derrière, l’océan infini. Ô mes pensées, quand naît la lune,et que tout ce qui se voit paraît boire les étoiles !Ô mes pensées, liées, enlacées,épaves d’une pirogue aventureuse qui n’a pas... [Lire la suite]
dimanche 15 janvier 2017

POEME INEDIT ADONIS

Un dieu sumérien m'écoutaiten se lavant les piedsdans les vagues qui relientle Tigre à l'Euphrate.O Dieu ami, est-ce vrai que tu asune fois chuchoté à ton épouse :«dans ce monde, il m'estdifficile d'être Dieu ».Soudain une foule d'angess'abat sur nous et se metà lapider la langue :Si la parole était de feule silence ne seraitqu'un début d'enfer.En vérité, c'est au ciel que poussentles racines de la catastrophe.En vérité, à Bagdad, les pierrespourraient se fendre de honte.À Paris, dans une triste chambre,j'ai voulu asseoir mon payssur... [Lire la suite]

jeudi 29 décembre 2016

LA LUMIERE DANS LES ARBRES...Extrait

Nous avons négligé le simple pour l'insignifiant, nous avons choisi l'or qui tache les mains au lieu de l'amour qui est sans prix. Nous avons choisi la haine, la rancœur, l'amertume et nous ne sommes plus que de maigres feux éteints dans la lande. Oui, je vois des incendies, des désastres partout et quelques pauvres gens qui osent encore, osent encore dire Non mais l'on n'entend même plus leurs voix perdues dans notre nuit commune. Ils viennent de très loin, éparpillés dans l'univers, ils viennent des massacres, des misères, des... [Lire la suite]
dimanche 18 décembre 2016

LA FEUILLE

De toutes les feuilles que j’ai frôlées dans les taillis avant que le vent nomade ne les entraînât sur les routes,Je n’en veux retenir qu’une seule, la plus commune, mais qui les réunit toutesParmi les alertées, les craintives, les soleilleuses, la celle-làQui, dans le temps où elle appartenait encore à la branche, timidement bruissait entre les mots que j’écris là,Une feuille, pour que l’été sauvé ait son visage !Le peintre est plus heureux que le poète, qui sur sa toile assemble les couleurs et les paysages Rouges de sang, verts... [Lire la suite]
mercredi 7 décembre 2016

ATTENDEZ...

Attendez, je n’ai pas dit mon dernier mot ni déchiré tous mes livres, il me reste un cœur fugitif qui chevauche une langue inespérée, un verbe escaladé au petit jour, des secousses d’images dans ma nuit végétale. Attendez, je n’ai pas salué tous les hiboux silencieux de mes forêts, ni bu le sang bleui de mes vampires, l’or de ma mémoire scintillant sur la lande endormie. Non je n’ai pas épuisé toutes mes barques du désir ni bu l’alcool de chaque vigne, je n’ai pas exploré toute l’exactitude des heures ni relevé tous les axes du... [Lire la suite]
lundi 21 novembre 2016

ANNICK DE SOUZENELLE

Merci ma Nedjma   " Pénétrer la pulpe, au-delà de la coque, atteindre au cœur des choses, en ouvrir le noyau pour en libérer l'énergie, cela ne peut se faire par seule voie extérieure si ce n'est en reconduisant le geste dont fait part le mythe de l'exil (appelé “chute” dans le langage religieux), alors que la voie intérieure dont seul dans la création l'Homme est capable, le conduit au cœur de lui-même et le fait alors entrer en résonance avec le cœur de l'univers. C'est ce chemin-là que nous avons perdu."     ... [Lire la suite]