jeudi 24 janvier 2019

EDWIN MUIR...Extrait

C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps  T'a fait, mon amour, comme si je t'avais  Imposé l'usure du soleil sans-repos Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.   Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné  Par pure grâce et l'abandonner  A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer  Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre   Sinon le vieux dicton surgi du cœur : « Le Temps épargne l’amour » Mais nous, l’aimée et l’amant,... [Lire la suite]

mercredi 28 novembre 2018

ACCUEILS...Extrait

Tant de choses pèsent rongent nous meurtrissentTant de choses me fatiguent me maculentTant de choses usent ma ferveurEndeuillent mon amour des êtres et de la vieMais si avant au long des stagnantes annéesCes coups morsures déceptionsMe maintenaient dans la souffranceParfois dans l’accablementUn insurmontable désespoirJe dois reconnaître que maintenantDepuis que j’ai traversé la nuitIls n’ont plus le pouvoir de me corroderMe vouer à la détresseMe contraindre au refusTout au contraireSoumis à une alchimie qui les transmuteIls ne cessent... [Lire la suite]
samedi 29 septembre 2018

BRUNO RUIZ

Ce peu de temps qui resteA ce corps qui s’enliseJe le veux souverainSous la lune compliceJe le veux dans ta mainPlus léger qu’une abeilleComme un coussin d’étéLa flèche d’un hiverJe le veux sans compterLes ruines de nos routesEt savourer à deuxL’instant qui s’éternise. Voici le temps des bilans de l’usureAux feux croisés de nos forges intimesJe veux l’amour absolu jusqu’au boutFace à la verte et dernière beautéMaintenant     .     BRUNO RUIZ     .   Oeuvre Susan Hall  
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mercredi 2 mai 2018

EDEN

  C’est d’un autre temps  que j’écrisd’un jardin de mots qui n’existe plus.   J’écris le bleu multiple de l’orage le désordre où se fourvoient les insectesque nous sommes.    Chaos des images soudaines j’écris un ailleurs distrait eau azurée des lessives anciennes odeur du savon mou trottoirs gras briqués à la semaineraclement des balais en coco  promenades obligées du dimanche et joies imposées. Il est loin ce passé  pas si simpletel un théâtre démodé.    La nuit de... [Lire la suite]
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mercredi 1 novembre 2017

BRUNO RUIZ...Extrait

 Ce peu de temps qui resteA ce corps qui s’enliseJe le veux souverainSous la lune compliceJe le veux dans ta mainPlus léger qu’une abeilleComme un coussin d’étéLa flèche d’un hiverJe le veux sans compterLes ruines de nos routesEt savourer à deuxL’instant qui s’éternise. ...    Voici le temps des bilans de l’usureAux feux croisés de nos forges intimesJe veux l’amour absolu jusqu’au boutFace à la verte et dernière beautéMaintenant . BRUNO RUIZ   .     Photographie Bernard Liegeois  
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mardi 22 août 2017

VENIR A TOI

Nos enfances communes coulent dans cette fosse creusée par le temps, dans ce tiroir de poussières où demeure une vie entassée, étouffée par tout ce qu'elle retient. Dans la saignée trempent les images coloriées de la souche affectée par nos sangs et nos candeurs.   Le souvenir ressemble parfois à un délabrement, à un paysage immobile dans lequel sont restées prisonnières nos candides évolutions et nos naïves révolutions. Tu avais construit dans tes rêves l’imaginaire de ma réalité. Ou le contraire, peut-être. Et, je... [Lire la suite]
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samedi 3 juin 2017

L'ARIDE DESIR DE SIGNIFICATION

Une demeure se construit une autre s'use les livres tombent en poussière tout se mélange dans le discours du bavard négligent temps-sable coule fêtes vendanges anniversaires le silence épaissit la lumière ciel amplifié temps nul qui tisonne sa braise dans la pupille du veilleur il est toujours possible de chiffrer le désastre ou l'échange arithmétique chaque langue tas de pierres et tas de mots chaque temple ignorons à jamais ce qui entrave car le vent souffle éternel sur l'aride désir de signification   .     ... [Lire la suite]
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jeudi 18 mai 2017

UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE... Extrait

Beauté, ce grand espace tout noirOù l’homme s’avance les yeux fermésUn bouquet de coquelicots jeté sur l’épauleCe mauvais air qu’on souffle sur les âmesLe bruit des songes qui épouvante le mondeJamais ne me feront oublier, Beauté,Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.La terre me retient d’une main tremblanteCar la mort est un dur voyage pour l’homme seulQuand Dieu se fait vieuxEt n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.Déjà le radeau de la chance se soulèveLe vent de la chance tourneL’abîme me prend par le bras,... [Lire la suite]
mercredi 9 novembre 2016

REGAIN DU SANG...Extrait

Midi muet sous l'ombre familière d'un noyerChardons jachères en fleursRien n'est étranger à l'absenceEt rien ne garde sa mesureLa faim est lente l'envol long à venirNous ne savons pas dire l'usure des mains amiesMidi muet sous l'ombre familière d'un frêne .   EMMANUEL  DAMON   .      
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vendredi 3 juin 2016

BOUTHAÏNA AZAMI

Monde de certitudes. Inconciliables. Où la censure prend d’insoupçonnables visages. Plus hideux les uns que les autres. Je n'en ai pas pour autant perdu mon âme d'enfant. J'irai en semer la rosée en terre autre, avant que ne m'use cette solitude que je braque, plus que jamais, vain bouclier contre une indécence grandiloquente qui, chaque jour, me saute au visage. L'innocence n'est jamais qu'un défi. Que je ne perdrai pas.   .   BOUTHAÏNA AZAMI   .   Photographie Claire Gothié