jeudi 7 février 2019

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

Sur la plage où l'ombre de la baie s'allongeIl est couché tel une vigne en son clos,Solitaire et tourné du côté des vagues.Son visage est empreint d'une grâce grave,Le vent de midi à ses traits se caresse,Il est plus beau que branche de grenadierGorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taillePlus souple que l'ondulation d'un lézard.J'écoute la rumeur basse de la merQui surgit de la vague et se répercute,Masquée par un agave antique, j'épieSa gorge qui se change en une mouettePour s'envoler avec un gémissementVers l'or des nuages. Et de... [Lire la suite]

dimanche 14 octobre 2018

LA VAGABONDE...Extrait

Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l’eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle… Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d’un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l’oiseau, la voile, le vent et la vague. Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le... [Lire la suite]
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mercredi 10 octobre 2018

ALFONSINA ET LA MER / ALFONSINA Y EL MAR

  Sur la sable doux que caresse la merSes traces sont sans retour,Un chemin solitaire de peine et de silenceEst arrivé jusqu’à l´eau,Un chemin solitaire de peine silencieuseEst arrivé jusqu’à l´écume des vagues.Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,Quelle longue souffrance ta voix a tué,Pour que, bercée, elle se réfugieDans le chant des coquillages,La chanson que chantent au fond de la merLes coquillages. Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,Une voix lointaine de vent et de selA... [Lire la suite]
dimanche 30 septembre 2018

LE DESIR ET LA POUSSIERE...Extrait

Les ombres des morts sortent de la poussière et s’envolent dans le vent   je crois en une seule terre en un seul ciel je crois en la résurrection des pierres et l’immortalité des vagues   je crois au murmure des graines dans la terre je crois au silence des lacs de forêt   les nuages descendent quand je les appelle les continents engloutis surgissent de la mer et l’arc-en-ciel se casse en deux les églises se renient les unes les autres avant que le coq ne chante pour la troisième fois les déserts... [Lire la suite]
vendredi 21 septembre 2018

VENTS...Extrait

« Ce serait un jour de grand vent. Oh ! de vent à trousser toutes les robes aux arbres de la terre. Et la mer serait folle à tordre ses vagues comme de la dentelle brassée par des mains de femme. Les graines des fruits cliquetteraient au fond de leurs gousses. Il y aurait des râles d'eau, des plaintes d'arbres, des roulements de pierres. Il y aurait des moiteurs dans l'air, des senteurs de vanille et de sel, du rose de luxure aux joues du ciel. Vous seriez là, assis au milieu de tout cela et vous entendriez tonner la voix du... [Lire la suite]
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vendredi 14 septembre 2018

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Le chant des vagues est l’ivresse raffinée des flots quand ils symphonisent le silence des océans pour le confier en murmure à la chronique du temps qui passe. C’est une œuvre d’inspiration tendre dans laquelle la mélopée se lie indissolublement aux paroles de l'évasion où l’amour tient une part plus large que l’éloignement, la séparation, l’exil, la tristesse et la nostalgie. Une œuvre qui, dans le rideau du soir, livre par déclamation libre et notée les secrets de pérennité.    .   DJAFFAR  BENMESBAH   ... [Lire la suite]

mercredi 30 mai 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

J'ai arpenté une fois encore les couloirs infinisDe cet immense vaisseau adossé au grand large.J'ai soupesé un à un tous les sacs de douleur,La plainte silencieuse des marins en partance.J'ai porté sur chacun un regard de confiance,Et nous avons dit oui,Et nous nous sommes compris.Je connaissais le moindre bruit,Et les signes têtus et les gestes d’amourEt l'odeur des varechs, la courbe de la rade,Le sillage ébahi des navires en partance. J'ai laissé nos voies de mer aux mouettes et aux vagues,Abandonné au ciel le fil de nos... [Lire la suite]
dimanche 18 mars 2018

ARCHIVES DU SABLE ...Extrait

Au bout de mes doigtsces blancs oiseaux cunéiformesmon souffle mon amourmon désir voyageurces oiseaux effilant le loinfortuits et brefs entre l'incessantcombat du feu et de la merces moments d'ailes donnant cielà mes mots les voici insoucieux de moidésormais si lointainscomme les vagues et le ventet miens oh rythmiquement miens   .   RAYMOND FARINA   .  
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mercredi 6 décembre 2017

AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,Tomber, c’est renaîtreHors de la solitude, dans la mer –La mère des âmes égarées, des voyageurs perdusEt des exilés du ciel. Le souvenir de la terre est comme un poidsDe vagues et d’îles ; dans mon sang et mes osLa pesanteur de mon incarnation,Plus forte que ma volonté d’être singulier,Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu. Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,Des cellules de la vie transparentes mais murées,Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joieDans la tombe... [Lire la suite]
mercredi 7 juin 2017

NUAGES ET PIERRES...Extrait

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina Rien, sous le ciel, n’est plus proche de la littérature que l’eau. Elle part soudain tout droit ou soudain change de cours. Elle couvre et découvre le ciel ; en un instant, une sombre nuée s’étend à l’infini.... Ténue, c’est un voile de soie ; en tourbillon, c’est l’œil d’un tigre ; en cascade c’et un rayon céleste ; dressée, c’et un mont de jade ; déployée, c’est un dragon ; éparpillée, c’est la brume ; inspirée c’est le vent ; irritée, c’est le tonnerre. Rapide ou lente, nonchalante ou... [Lire la suite]