samedi 12 décembre 2020

CHANT ENSEMENCE - MAINTENANT QUE LE TEMPS M"EST COMPTE

Maintenant que le temps m'est compté - On ne le sait qu'après que ce jour s’apprivoise - Je vois la libellule en sa jeunesse bleue, Je l'éprouve intensément en tous ses éclats d'ailes. Je goûte à l'instant des nuages, Je marche dans mon repos, Je m'y sens accordé. J'arpente en passeur immobile Des rives infinies Mais sans jamais presser le pas Car tout écart m'est familier. . Je sais ce qu'il me reste à perdre, À libérer et à donner : Chaque ruisseau m'est indice, Chaque buisson serment noué. Je... [Lire la suite]

vendredi 2 octobre 2020

JARDIN

  Nuages à la dérive, continents somnambules, pays sans substance ni poids, géographies dessinées par le soleil, effacées par le vent. Quatre murs de terre. Bougainvilliers : dans leurs flammes pacifiques mes yeux se baignent. Passe l’air entre des murmures de feuillages et d’herbes à genoux. L’héliotrope aux pas violets croise enveloppé de son parfum. Il y a un prophète : le frêne — et un méditant : le pin. Le jardin est petit, le ciel immense. Verdeur qui survit dans mes débris : dans mes yeux... [Lire la suite]
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mardi 14 juillet 2020

DELPHINE BURNOD

Je suis sœur d'étoilefée farandoleamie des pensées, des pivoines, des cerfsje vole parfois au-dessus des corollesj'ai mille noms mais un seul me sertje suis sans arrière, à mi-cheminparfois sous terre et cela me va bienle ciel a tous les droits dans mon antre du rêvequelquefois j'aperçois sa bouche qui se lève ses yeux comme des tonneaux versent des cris d'oiseauxdes lance-flammes muets, des hourras, des bravosdans ses cachettes vides, j'y jette mes soleilsses dernières lueurs avant qu'ils ne s'éveillent je ne sais pas pourquoi... [Lire la suite]
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lundi 6 juillet 2020

LES BRÛLURES DE L'ÉTÉ

Attendre. Combien de fils tirés des nuages, combien d’écorchures sur les rochers dans la lumière blanche pour que l’amour rentre encore sous la peau, comme une évidence. Pour que tous les mots prennent chair dans la jupe des coquelicots, dans le vacarme d’un galop, quand ça tangue, dans la paume des cieux, le regard à l envers. Tous les poissons volants lancés au clair de la lune, disparu, un à un, d’une main, d’un revers. Une petite pointe d’acier dans la mémoire du goût de la pluie, pour que les champs soient encore verts. Je... [Lire la suite]
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mardi 26 mai 2020

TU COURS

J’ai épousseté les perles du rire trois larmes bleues dans le cristal des mers tu cours carnassière des aubes rouges dégaine tes dents d’ocre bleue je sais l’odeur du miel mon amour et l’aube futile qui t’emporte dans sa course l’accident du rire et le cri qui meurt et la joie qui part toi tu cours d’un horizon de bleu au sable émietté du futur tes larmes le vent l’oubli par trois fois, le chagrin m’a tué.     .     JEAN-MICHEL SANANESchevalfou.over-blog.net/     .
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mardi 26 mai 2020

ÎLES...Extrait

Soleil aux aplombs vertsces contrées étaient tiennes par toutes les racinesdes muscles et des pierrespar les nefs et le ventpar les tapis bengale des roches usagées où l’oraison des merss’achevait en exilspar la paupière close et tapissée de foudresces sentes et ces plagesces vains cheminements sur des pas retournésÀ toi ces pistes d’ombre au thorax des forêtsces meurtresces blessuresl’égorgement des lianesce massacre de fleursla noire purulence d’anciens pourrissements d’écorcesÀ toi ces peuples lents à toi par le daim mûr des peaux... [Lire la suite]
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jeudi 7 mai 2020

POEMES A SAMUEL WOOD....Extrait

Ecoutez-le qui grignote à petit bruit, admirez sa patienceIl cherche, cherche à tâtons, mais cherche.Saura-t-il du moins mettre en ordre,Débarrasser, décrasser, les coins et les recoinsDe cette tête encombrée qui est la sienneOù il tourne en rond sans trouver sa voix,Sinon quand le vent souffle à travers bois,Que la mer roule fort, couvre d'écume les digues,Quand la nature met la langue à sa rude écoleEt lui enseigne des harmonies sauvages,Suaves aussi parfois comme la flûte d'un oiseau,Qu'elles viennent de cet oiseau même ou du... [Lire la suite]
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mercredi 15 avril 2020

L'OR DES MINUTES...Extrait

" Les mâts geignent sous les voiles,Doucement, Et bercent dans le gréementLes étoiles. Et le roulis est si doux, Si tranquille, Que le pont semble immobileDevant nous, Et qu'à travers le ciel libre,Au vent frais Où l'écheveau des agrèsTremble et vibre, On dirait que, dans l'air bleu,Oscillante,C'est toute la nuit qui, lente,Roule un peu... A peine si la mer grondeAux bords sourdsD'un récif que bat toujoursL'eau profonde. L'humble odeur des foins fauchésDu rivageGlisse avec l'odeur sauvageDes roches. L'ombre est orageuse et... [Lire la suite]
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dimanche 5 avril 2020

TECTONIQUE DE LA FEMME...Extrait

Tu me caches quelque chose… Quelque chose de bien plus bas que la terre, une entrée dans tes pieds, une autre dans ta gorge. Tes pieds, ta gorge s’ouvrent, mais jamais par ces entrées qui mènent au flamenco… Quand bien même te couperais les pieds, te trancherais la gorge, ne trouverais ce chemin que ton dieu seul connaît… Tu me caches quelque chose… Quelque chose de bien plus bas que la mer… J’y enfonce mes genoux, mon poitrail et ma tête à la suite et tu m’as bâillonné pour que je ne crie pas… je voudrais te rejoindre... [Lire la suite]
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dimanche 22 mars 2020

JUDITH CHAVANNE...Extrait

Chutent les pétales du cerisier, ailleurs, un enfant naît ; de légers pétales dans le vent, une déflagration pour la femme de douleur, douceur infinie comme doit l’être le velours des fleurs. Le cerisier naît peu à peu à son été, l’enfant à la vie, soudainement ; c’est l’événement d’un jardin un instant et de qui le regarde, l’évènement d’un âge, de toute une vie durant. Mais la femme est présente au pétale comme à l’enfant. Avec le temps, s’approfondit l’espace de résonance ; il n’y a peut-être pas de moindre ni... [Lire la suite]
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