lundi 25 juillet 2022

BALLADE DU SILENCE CRAINTIF

Ici, quand le vent meurt, les mots défaillent. Et le moulin ne parle plus. Et les arbres ne parlent plus. Et les chevaux ne parlent plus. Et les brebis ne parlent plus. Se tait le fleuve. Se tait le ciel. Se tait l’oiseau. Et se tait le perroquet vert. Et, là-haut, se tait le soleil. Se tait la grive. Se tapit le caïman. Se tait l’iguane. Et se tait le serpent. Et, en bas, se tait l’ombre. Se tait tout le marais. Se tait tout le vallon. Et se tait même la colombe qui au... [Lire la suite]

lundi 6 juin 2022

CARNET DU 23 AOÛT 2O21

Alors que j’approchais du sanctuaire Je me suis reposé au pied d’un arbre Il était bien plus grand poète que moi Sa poésie lue par le vent et les libellules Moi je cherche simplement un lieu Où je pourrais me reposer sans crainte J’ai traversé l’amitié des êtres profonds J’ai nommé les uns - j’ai inventé des noms J’ai serré dans mes bras la meilleure part Des humains – J’ai pleuré de joie et de chagrin Mais l’arbre est bien plus grand poète que moi Je dois aux sources l’humilité et la diction Car je... [Lire la suite]
jeudi 2 juin 2022

VERSETS D'AFRIQUE

  Il y eut ce qui transpire,ce qui prieet succombe. Il y eut ce qui appelle,ce qui affoleet incrimine. Pierriers du ventà l’haleine tranchante,dunes en cavaleoù le regard ricoche. Dans le brasier du jourse fendent les lèvres,s’ébrèchent les paroles.   La nudité d’être,au milieu de ce rien,au milieu de ce tout,seule à tournersur son orbite de chair,astre bédouinqui ne veut pas s’éteindre. L’Africaine débordede ses étoffes bleues,du ciel qui ne l’étouffe plus. ... [Lire la suite]
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jeudi 2 juin 2022

BERNARD PERROY...Extrait

Si je le pouvais, j'entrerais dans le vent lui-même qui danse et met en mouvement chaque feuille, j'entrerais dans la lumière elle-même avec ses jeux de couleurs qu'elle fait varier d'heure en heure à l'infini, j'entrerais dans la patience elle-même de tout ce qui se laisse faire et ne se voit pas dont le secret nous reste si longtemps voilé à force d'évidence... . . . . . BERNARD PERROY . . . . Oeuvre Fata Bahmad
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jeudi 2 juin 2022

CORINNE GRANDEMANGE ...Extrait

La volupté éclôt sur le grain du sensible quand, allongée parmi vous, herbes folles de l’imaginaire, la peau frissonne de cet éphémère fragile. Il suffit de fermer les yeux pour laisser glisser le souffle tiède du vent sur les paupières, et s’emplir des parfums mêlés de vos subtiles fragrances.Monte alors lentement du dedans la chaleur sensuelle de l’infiniment petit à être là au présent, dans ce grand tout qui un jour, le plus tard possible, chacun espère, recevra nos poussières de néant et les éparpillera au gré des courants... [Lire la suite]
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lundi 23 mai 2022

EXTRAITS DU LARGE...Extrait

Écrire, dis-tu,face à la mer, et s’il y a du ventà la place des mots, une main tenduepour toute syntaxe, une quête, un murmureà la place du style, c’est que tu donnes rendez-vousà l’inconnu du large qui bat son rythme profond,ses lames de fond à l’intérieurde toi. . . . . . BERNARD PERROY . . . .    

samedi 12 février 2022

PAYSAGES ET PORTRAITS...Extrait

" Le vent est venu s’étendre à mes côtés, sur le lit de plein jour. Il me lave de toute la bêtise collée à ma peau depuis des semaines. Je l’attendais, ce vent robuste et sage, compagnon d’un soleil sans compromission. Il est ma musique, mon paysage. J’entends l’écho des montagnes là-bas, la plainte des forêts où j’ai couru autrefois, la volonté de ce village ramassé sur lui-même comme un coup de poing donné dans le gras de la colline, le murmure de l’abandon le long des murs de galets. J’aime le vent venu de loin, des plateaux... [Lire la suite]
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samedi 12 décembre 2020

CHANT ENSEMENCE - MAINTENANT QUE LE TEMPS M"EST COMPTE

Maintenant que le temps m'est compté - On ne le sait qu'après que ce jour s’apprivoise - Je vois la libellule en sa jeunesse bleue, Je l'éprouve intensément en tous ses éclats d'ailes. Je goûte à l'instant des nuages, Je marche dans mon repos, Je m'y sens accordé. J'arpente en passeur immobile Des rives infinies Mais sans jamais presser le pas Car tout écart m'est familier. . Je sais ce qu'il me reste à perdre, À libérer et à donner : Chaque ruisseau m'est indice, Chaque buisson serment noué. Je... [Lire la suite]
vendredi 2 octobre 2020

JARDIN

  Nuages à la dérive, continents somnambules, pays sans substance ni poids, géographies dessinées par le soleil, effacées par le vent. Quatre murs de terre. Bougainvilliers : dans leurs flammes pacifiques mes yeux se baignent. Passe l’air entre des murmures de feuillages et d’herbes à genoux. L’héliotrope aux pas violets croise enveloppé de son parfum. Il y a un prophète : le frêne — et un méditant : le pin. Le jardin est petit, le ciel immense. Verdeur qui survit dans mes débris : dans mes yeux... [Lire la suite]
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mardi 14 juillet 2020

DELPHINE BURNOD

Je suis sœur d'étoilefée farandoleamie des pensées, des pivoines, des cerfsje vole parfois au-dessus des corollesj'ai mille noms mais un seul me sertje suis sans arrière, à mi-cheminparfois sous terre et cela me va bienle ciel a tous les droits dans mon antre du rêvequelquefois j'aperçois sa bouche qui se lève ses yeux comme des tonneaux versent des cris d'oiseauxdes lance-flammes muets, des hourras, des bravosdans ses cachettes vides, j'y jette mes soleilsses dernières lueurs avant qu'ils ne s'éveillent je ne sais pas pourquoi... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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