jeudi 5 septembre 2019

L'INOUBLIABLE...Extrait

Nous avons grand désir De regarder le Jour, Un jour vertical, joyeux, Qui nous ramène à la source. Mais nul ne peut sans ailes Arriver tout droit à ce qui est Tout proche et le saisir Et venir sur l'autre versant. Orienté vers l'origine, attiré Par la fraîcheur des ombrages, Au sein de forêts mythiques.  Le poète voulait là-haut Fonder ce qui demeure, En beauté. Là où il pourrait Parler seul avec Dieu, Et ne recevoir d'autre écho.  Mais... [Lire la suite]
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mercredi 26 septembre 2018

NOUS AVONS DES MOTS, VOUS AVEZ DES BOMBES

  Le long de vos rampes de lancementII fait déjà si froidsous les saules blancs… mais on entend toujoursau concert des mésangesce grand avertissement :monté du fond des âges :« au faîte de la démocratiepend l’enseigne de l’armurier »et dans le sein des dieuxpèsent les larmes sur le soleil couchant Qui croyait en ce mondequ’à dépeindre vos libertés ensanglantéesles mots eux-mêmes seraient rougis Contre le jeu de vos armesnous avons celui des motsjusqu’à la quintessence du poèmeguetté par la descenteautant que la danse du... [Lire la suite]
lundi 30 juillet 2018

PUISSANCE DE LA DOUCEUR...Extrait

Merci à Elham Bussière   La douceur a fait pacte avec la vérité ; elle est une éthique redoutable.Elle ne peut se trahir, sauf à être falsifiée. La menace de mort même ne peut la contrer. La douceur est politique. Elle ne plie pas, n'accorde aucun délai, aucune excuse. Elle est un verbe : on fait acte de douceur. Elle s'accorde au présent et inquiète toutes les possibilités de l'humain. De l'animalité, elle garde l'instinct, de l'enfance l'énigme, de la prière l'apaisement, de la nature, l'imprévisibilité, de la... [Lire la suite]
jeudi 21 juin 2018

JOURNAL DES ARBRES

Prends-moi dans tes bras comme si nous étions le sentiment des vierges tout en haut de cette colline du pardon. Où nous allions dans la vérité simple de l’amour consenti. Le dos contre l’arbre, échangeons un baiser dans cette langue native. Je comprends ton dialecte de femme. L’attente est subtile. Il ne faut rien brusquer. Si tu le veux, je vais explorer la nuance et les creux. Si tu le désires je serai ce jeune homme florentin avec la timidité de celui qui débute dans cette grande maison moirée du sentiment et des aveux. Et si... [Lire la suite]
mercredi 4 octobre 2017

EDMOND JABES

" Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’interrogent, et accompagne les mots qui l’accompagnent. Le chemin qui reste est donc celui des mots, le sable de tous les livres. Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme."   .   EDMOND JABES   . Oeuvre François Knopf
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vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]

mardi 16 mai 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

Pourquoi crier à l’impossible quand le possible est déjà là, prêt à entrer, qui n’attend plus que vous pour s’accomplir en vous accomplissant ? Il n’y a pas un homme qui puisse vivre heureusement de ses instincts bestiaux, enfermé dans son corps, incarcéré dans son opacité muette, rivé stupidement sur son nombril. On y suffoque, on s’y étouffe, on s’y éteint – et la haine enragée gravite, comme un soleil mort, autour de cette viande inhabitée. Réapprenez à lire et sauvez-vous de là ! Laissez parler en vous la langue qui... [Lire la suite]
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jeudi 20 avril 2017

LEXIQUE

Je ne trouve pas le verbe Correspondant à dérision Juste l’adjectif, dérisoire, je triture Dérisoire des rasoirs désiroir Invente des désirs à tiroirs rasoirs Tranchants comme des lèvres qui se pincent Où se coupent les mots Est-ce que la dérision C’est le rire Quand il finit Ou l’inverse de Désirions   .     ALEXO XENIDIS   . Photographie Chris Maher
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samedi 8 avril 2017

RETENUE

Ce qui est bien à toi d’étrange, de paradoxal, particulier, marquant la résonance de ton verbe, tu ne l’as pas en poche, ni au cœur, mais dans le sang à la fluidité et au rythme si variables. La poésie peut-elle constituer l’horizon, et partant, le désir de t’en approcher, être un havre quand le sang de victimes répandu sur les jardins, coule partout, quelquefois près de nous dans l’hexagone ? Quelle unité formeront ces fragments de désarroi que par réflexe l’on continue à nommer poèmes ? Ils sont conscients de n’être que vide... [Lire la suite]
samedi 25 mars 2017

HIMOUD BRAHIMI

Si j'avais à choisir parmi les étoiles, pour comparer, le soleil lui-même ne saurait éclipser la lumière du verbe que tu caches aucun lieu sacré, ni aucune capitale ne saurait réunir ce que chaque matin le lever du jour t'offre comme guirlande. Là où le poète dit ce que le coeur enfin fait savoir tout alentour. Là où le poème, comme une miche de pain caresse la faim de l'intelligence. Là où la confession à tendance à se dépasser pour le bien du prochain. Là où la musique enchante le vent et fait danser les vagues et les... [Lire la suite]