mercredi 15 août 2018

PREFACE

  La poésie contemporaine ne chante plus ... Elle rampe Elle a cependant le privilège de la distinction... elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignoreOn ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex. Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou... [Lire la suite]

mercredi 18 juillet 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI

Il y a ce ravageque la raison écarteun temps ; il y ace grésil craché du ciel, et l'aile alourdie de cendre est sang sec ; les eaux mêlées du fleuve viese figent dans les veines. La vérité est blanche ou noire ;solarisée, la vérité crève les yeux :dans le réduit cubique de la question,la lumière blanche ensanglante les murs,la tache noire au fond de l'oeilabsorbe le cri,le lisse, le lyse,le silence-on-tue ; le silence honteuxdéchette. Ici naît l'homme-guenilled'âme sans mémoire.Sur la terre piétinée pousse l'herbe... [Lire la suite]
samedi 7 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Nous portons nos enfances jusqu’aux bords ruisselants de nos frontières. Des bouts de fils et de laine blanche tricotent ensemble des longs cordages extravagants. Nos candeurs exhalées dévisagent le monde et tirent la langue aux passants incongrus. Nous portons nos enfances comme le charretier conduit son attelage, se frayant un chemin parmi les ombres et les ravins. Nous détenons dans le regard toute la source de nos magnificences et c’est de ce reflux d’images, tantôt normales, tantôt subliminales, que nous extirpons des vagues... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

ENCRUCIJADA / CARREFOUR

¡ Oh, qué dolor el tenerversos en la lejaníade la pasión, y el cerebrotodo manchado de tinta !¡ Oh, qué dolor no tenerla fantástica camisadel hombre feliz : la piel,alfombra de sol, curtida !(Alrededor de mis ojosbandadas de letras giran.)¡ Oh, qué dolor el dolorantiguo de la poesía,este dolor pegajosotan lejos del agua limpia !¡ Oh dolor de lamentarsepor sorber la vena lírica !¡ Oh dolor de fuenteciega y molino sin harina !¡ Oh, qué dolor no tenerdolor y pasar la vidasobre la hierba incolorade la vereda indecisa !¡ Oh el más profundo... [Lire la suite]
lundi 28 mai 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Fichtre de vie tout de même ! L’amour qui devient une plaie n’est qu’infamie. En soi, l’attribut de la vérité fait office de boussole, mais le Nord est ailleurs. Redescendre visiter ses caves intimes nous élève souvent au firmament. Souffrir pour souffrir est la panacée des âmes enclavées aux serments des consentis. Il n’y plus de réel opérant sans la notion du temps qui le fait vivre. C’est parce que rien n’est éternel que nous nous appliquons à faire durer la fragilité de l’instant. Un bonheur ruiné est le spectacle de la faillite... [Lire la suite]
mardi 30 janvier 2018

LES TRAVAUX ET LES NUITS...Extrait

Si tu oses surprendrela vérité de ce vieux muret ses fissures, ses larmes,formant des visages, des sphinx,des mains, des clepsydres,sûrement viendra une présencepour ta soif,probablement repartiracette absence qui te boit.   .     ALEJANDRA PIZARNIK     .    

vendredi 26 janvier 2018

QUE LA VERITE SOIT NUE

Ne pas attendre.Ne pas s'étendre.Ne pas se méprendreMais prendre d'assautLes remparts de l'impossibleet du doute quotidienNe plus croire tout court.Mais croire en long en largeet en l'homme de demainNe plus murmurer.Ne plus penser tout bas.Mais mettre bas. Mais hurler.Mais prouver.Mais faire en sorte que vérité soit nue   .     SALAH GUEMRICHE     .   Photographie Hengki Koentjoro
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mardi 14 novembre 2017

NOTA BENE

Je peinsUn tableau noir, très noir,Profond,Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,Pour qu’on y voie mieuxLe contrasteEt je laisse pendue au bout d’une ficelleUne craie blanche pour écrireBonjour ! Ou bien Va t’en !Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,Que vous êtes naïfs à me croire mélancoliqueUne pensive statue plongée dans le regretRésignée qui s’afflige,Si je penche la tête et si je serre mes bras c’estPour serrer plus étroit ce feu que je préserveEt même s’il me dévoreJ’attends, dans ce désordre, une seule parole... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

MEDITATION

Merci Umar... . . L'être n'est pas en quête de vérité mais d'une consolation. Il croit désirer la vérité mais, inscrit dans la subjectivité de sa chair, il ne peut y accéder. Ce n'est pas pour autant que la vérité absolue n'existe pas, que tout relève d'une opinion, mais qu'on ne peut la cerner. Sinon sous une forme mystique, dans la plénitude de la lumière du divin, mais le partage de l'ineffable, s'il existe seulement, est impossible. La consolation est cette ivresse qui nous permet d'oublier notre destin commun,... [Lire la suite]