mercredi 14 mars 2018

NAD IAM...Extraits

Aujourd'hui, avec Lucie, j'ai chassé un chat terrifiant qui n'existait pas, paraît-il. Je revenais de fumer une cigarette, au pied de l'hôpital, sous une pluie battante. Je suis passée devant la chambre de Lucie, qui à ce moment là ne s'appelait pas comme ça, c'était juste la vieille dame très maigre que j'avais déjà croisée lors de ma visite de la veille et qui se tenait droite sur son lit et avait déjà dit à l'infirmière qu'il y avait un horrible chat sur le lit, quand j'étais descendue. Elle me l'a dit de nouveau, sur le... [Lire la suite]
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samedi 3 mars 2018

CHRISTIAN ARJONILLA...Extraits

Dans la caresse de l'ombre et de la lumièreau secretle cœur retrouve la mémoireautrerythmele rythmeautre mémoireCe fantôme parle aux maisonsaux paysages du hasardle désastre lui répond ... Perdre piedsrépondre au videconfondre le cadavre exposé sur nos épaulesretrouver l'apesanteuroù se dévisagent des mots qui nous ressemblent ... Toujours l'entremonde happe et envahitIl y a longtemps que je n'ai plus de nompas d'unité de lieu ni de tempsLe trouble ne saurait me troublerla fascination me fascinerJe parle à l'invisible   . ... [Lire la suite]
dimanche 25 février 2018

BRUNO ODILE...Extrait

A mon tour, si je savais pleinement déverrouiller mes lèvres, il me faudrait plonger plus loin que mes cris condamnés à l’exil. Peut-être, arriverais-je ainsi à ciseler tous les sourires anciens qui remontent comme des rots chargés de rouille fiévreuse. Je sais à présent qu’il n’y a pas d’heure et qu’il n’est pas de temps exact pour que les mains déliées ne se replient sur la poitrine du jour. Chaque mot se recroqueville sur les commissures desséchées de l’espoir. Il n’existe pas de temps pour mourir ivre de nostalgie, il n’y a... [Lire la suite]
vendredi 29 décembre 2017

LA VOIX DE PERSONNE...Extrait

J'écoute la rumeur qui monte des choses. La pensée vide, j'entre en résonance. La parole peut jaillir d'une simple motte de terre ou d'un reflet dans la vitre. Ce ne seraient d'abord que des murmures épars, des chuchotements qui lentement se rassembleraient et finiraient par former un début de phrase encore balbutiante. Puis, de ruisseau, la petite voix deviendrait rivière et fleuve. Chargée d'alluvions, peut-être de pépites, la phrase prendrait de l'ampleur, se laisserait porter par le courant jusqu'à la haute mer. Dans les... [Lire la suite]
vendredi 24 novembre 2017

L'OUVERTURE DU MIROIR ET AUTRES...Extrait

Le désespoir même s’est lassé désormais de rejouer la partie que je perds toujours où il m’attend sans surprise embusqué au bord du chemin pour m’offrir un moment sa compagnie glacée et s’éloigne laissant entre nous la distance de son ombre qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide dans l’abîme des rêves sans lumière que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube tremblant au fond du chemin.   .   DELPHINE POPOVIC   .   Photographie Bernard Liégeois
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samedi 11 novembre 2017

A CE POINT DU SOIR

à ce point du soir c’est là, vois-tu que le verbe devrait se saisir des corps épars des âmes concassées les étreindre au plus vide de leur manque bercer leur moelle et écrire tendrement à même leurs veines le mythe jamais écrit de la consolation   .     FLORENCE NOËL     .        

mardi 7 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Longtemps après le silence le silence demeure à l'embrasure des lèvres sur la persienne grise un filet blanc de lune une porte rechigne au vent froid un tiroir sans clef... Se souvenir est un choix dans l'opaque des étoiles se cachent -- à dix tu ouvres les yeux et il te semble entendre des rires d'enfants arracher vie aux pièces vides.     .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .   Photographie Anton Ostlund    
samedi 8 juillet 2017

ICARE OU LA CHUTE...Extrait

Les ailes pèsent sur ses veines.Debout le corps tendu de désiril se détache du stablese projette vers le vide.Muscles os souffles'allongent jusqu'à la douleur.Il s'arracherejette les entravesemporte l'aride de ses désertssa haute solitude aussi.Long cri d'oiseaucoléreux impatient.Long cri d'avidité de terreur.Bras étendushappé par l'invisibleil rythme battements et souffle.Le poids inerte des ailes- si pesant puisqu'il est étranger -le poids le freine un peu.Lente montéetrop lente pour l'exalté,ce n'est pas l'ivresse attenduemais des... [Lire la suite]
dimanche 25 juin 2017

JEAN LAVOUE

J’ai cru que le jour était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que la nuit était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que le cœur était videJe l’ai pris dans mes mainsJe l’ai vu s’éclairer et brûler peu à peuAlors j’ai cru que l’homme un jour enfin vivraitNon par quelque miracle venu du bout des cieuxMais par cette chaleur qui tremble dans ses mainsAlors j’ai fait ce rêve d’une terre habitéeOù l’arche et la colombe enfin seraient sauvéesJ’ai cru que chaque oiseau promettrait le soleilJ’ai cru que chaque enfant annonçait le matin   .... [Lire la suite]
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jeudi 4 mai 2017

FRENCH DREAM...Extrait

 « Je ne sais pas enfin, quand je relis le mot destin qui s’est glissé sur la page un peu plus haut sans que je le pense réellement, si je dois fondre en sanglots ou rire aux éclats, sautantsottement en cognant ma tête contre le mur le mieux serait d’alterner rires et larmes engrimaçant ,tant ce mot est dans mon esprit associé à la grandeur, la gloire, l’immortalité. Il est inapproprié en fait de nommer destin une chienne de vie menée sans laisse au jour le jour,dont une grande partie est consumée dans des bars sordides « trous à... [Lire la suite]