vendredi 24 novembre 2017

L'OUVERTURE DU MIROIR ET AUTRES...Extrait

Le désespoir même s’est lassé désormais de rejouer la partie que je perds toujours où il m’attend sans surprise embusqué au bord du chemin pour m’offrir un moment sa compagnie glacée et s’éloigne laissant entre nous la distance de son ombre qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide dans l’abîme des rêves sans lumière que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube tremblant au fond du chemin.   .   DELPHINE POPOVIC   .   Photographie Bernard Liégeois
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samedi 11 novembre 2017

A CE POINT DU SOIR

à ce point du soir c’est là, vois-tu que le verbe devrait se saisir des corps épars des âmes concassées les étreindre au plus vide de leur manque bercer leur moelle et écrire tendrement à même leurs veines le mythe jamais écrit de la consolation   .     FLORENCE NOËL     .        
mardi 7 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Longtemps après le silence le silence demeure à l'embrasure des lèvres sur la persienne grise un filet blanc de lune une porte rechigne au vent froid un tiroir sans clef... Se souvenir est un choix dans l'opaque des étoiles se cachent -- à dix tu ouvres les yeux et il te semble entendre des rires d'enfants arracher vie aux pièces vides.     .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .   Photographie Anton Ostlund    
samedi 8 juillet 2017

ICARE OU LA CHUTE...Extrait

Les ailes pèsent sur ses veines.Debout le corps tendu de désiril se détache du stablese projette vers le vide.Muscles os souffles'allongent jusqu'à la douleur.Il s'arracherejette les entravesemporte l'aride de ses désertssa haute solitude aussi.Long cri d'oiseaucoléreux impatient.Long cri d'avidité de terreur.Bras étendushappé par l'invisibleil rythme battements et souffle.Le poids inerte des ailes- si pesant puisqu'il est étranger -le poids le freine un peu.Lente montéetrop lente pour l'exalté,ce n'est pas l'ivresse attenduemais des... [Lire la suite]
dimanche 25 juin 2017

JEAN LAVOUE

J’ai cru que le jour était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que la nuit était videJ’ai demandé pourquoiJ’ai cru que le cœur était videJe l’ai pris dans mes mainsJe l’ai vu s’éclairer et brûler peu à peuAlors j’ai cru que l’homme un jour enfin vivraitNon par quelque miracle venu du bout des cieuxMais par cette chaleur qui tremble dans ses mainsAlors j’ai fait ce rêve d’une terre habitéeOù l’arche et la colombe enfin seraient sauvéesJ’ai cru que chaque oiseau promettrait le soleilJ’ai cru que chaque enfant annonçait le matin   .... [Lire la suite]
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jeudi 4 mai 2017

FRENCH DREAM...Extrait

 « Je ne sais pas enfin, quand je relis le mot destin qui s’est glissé sur la page un peu plus haut sans que je le pense réellement, si je dois fondre en sanglots ou rire aux éclats, sautantsottement en cognant ma tête contre le mur le mieux serait d’alterner rires et larmes engrimaçant ,tant ce mot est dans mon esprit associé à la grandeur, la gloire, l’immortalité. Il est inapproprié en fait de nommer destin une chienne de vie menée sans laisse au jour le jour,dont une grande partie est consumée dans des bars sordides « trous à... [Lire la suite]

mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]
samedi 15 avril 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

« Le poète, je vous l’ai dit, n’a pas la vie facile dans ce monde et ses besoins, pour exister, n’ont rien d’épisodique ou de professionnel. Il est voué à l’essentiel. Donc à la pauvreté matérielle. Une existence entière à préserver dans tous ses lieux, ouverte à ses passions, conquérant son intégrité. L’ampleur indispensable de l’espace et du temps, la solitude, le silence et la continuité. Les questions à poser vraiment ; la réponse à attendre de tout. Un travail où l’on entre une fois pour toutes pour ne plus le... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]
lundi 23 janvier 2017

A MOTS OUVERTS

 à André Chenet et Tristan Cabral . Une pluie folle arrache la chemise des arbres. Les feuilles volent au vent comme des boutons qui pètent. Je vois les mots sortir des choses. Je les attrape au vol. Je ne joue pas aux mots comme on joue au soldat. J’en fais des parapluies, des bottines, et quelques fois des vers. Pour qu’une phrase se tienne, il faut placer les mots à la bonne place. Un semblant d’équilibre met la phrase en mouvement. La phrase n’est qu’un fil traversant le néant. Un mot mal placé suffit pour que... [Lire la suite]