mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]

samedi 15 avril 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

« Le poète, je vous l’ai dit, n’a pas la vie facile dans ce monde et ses besoins, pour exister, n’ont rien d’épisodique ou de professionnel. Il est voué à l’essentiel. Donc à la pauvreté matérielle. Une existence entière à préserver dans tous ses lieux, ouverte à ses passions, conquérant son intégrité. L’ampleur indispensable de l’espace et du temps, la solitude, le silence et la continuité. Les questions à poser vraiment ; la réponse à attendre de tout. Un travail où l’on entre une fois pour toutes pour ne plus le... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...Extrait

J'aurais beaucoup à dire Ce qui remonte de la nuit Ce que le jour te jette à la figure, les traînées rouges du ciel entre les branches Et toi, n'osant bouger pour ne pas déranger cette splendeur fugace J'ai quelquefois si mal de toutes ces ferveurs Que faire de l'absence, qui grandit, qui déploie ses ailes miroitantes imprègne le langage Je pourrais dire la fascination de l'inutile, l'aimantation du vide Je pourrais même dire le besoin de parler, comme on crache, comme on urine et l'âpre nécessité de se taire parce que rien,... [Lire la suite]
lundi 23 janvier 2017

A MOTS OUVERTS

 à André Chenet et Tristan Cabral . Une pluie folle arrache la chemise des arbres. Les feuilles volent au vent comme des boutons qui pètent. Je vois les mots sortir des choses. Je les attrape au vol. Je ne joue pas aux mots comme on joue au soldat. J’en fais des parapluies, des bottines, et quelques fois des vers. Pour qu’une phrase se tienne, il faut placer les mots à la bonne place. Un semblant d’équilibre met la phrase en mouvement. La phrase n’est qu’un fil traversant le néant. Un mot mal placé suffit pour que... [Lire la suite]
vendredi 2 décembre 2016

ANDRE LAUDE... Extrait

Jetons d'absence Olga Katz, ma mère, juive polonaise, morte à Auschwitz. Parfois les sombres vents venus de Pologne, me ramènent l'odeur maternelle. Une odeur de peaux, de dents, de crânes, de tibias, d'omoplates carbonisés. Alors je pleure comme un enfant dans le noir. Absent à moi-même, je descends et monte les rues sans identité. Rue Pelleport, rue Etienne-Marcel, rue des Abbesses, rue François 1er ... Quand un flic m'arrête brutalement, c'est, forcément, qu'il m'a pris pour un autre. Un autre que j'ignore, et qui... [Lire la suite]
mercredi 13 juillet 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

Au réveilil faudra tout reprendreremettre ses pas dans l’éphémèresans se tromperau réveil il faut reprendrela trame uséeet inventer de nouveaux pointsdes motifs fougueuxdes mesures impétueusesdes silences surtoutdu blanc du videdans le chant entre les mots…   . AGNES SCHNELL   .   Oeuvre Isabelle Diffre http://www.diffre.com/  
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mardi 12 juillet 2016

PAS A PAS

Oui d’ici            d’un seul pas                    nous rejoindrons tout  Le tout nous rejoindrons            d’un seul pas                    ou de dix-mille  Pas à... [Lire la suite]
jeudi 23 juin 2016

L'ARBRE DE VIE DU VIDE...Extrait

Quand le silence devient-il effectif,charnellement présent?Dans l’érotisme, l’oeuvre d’art et la mort :confondus d’un seul tenantdans leur propre silence.Seul le silence de l’amour peut comblerde lumièreles bouches d’ombres de nos pensées.Le silence fermé sur soi du monde minéralne s’ouvre qu’aux racinesde l’arbre de vie du vide.Ressourcer la parole dans le silence, certes,mais par moments l’oublier,s’oublier dans le silence.Car si la quintessence de l’hommeest aussi illimitée que le silence,la parole a les mêmes limites que... [Lire la suite]
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jeudi 16 juin 2016

CE QUI SE MEURT PARLE PLUS FORT

" L’abandon se cambre de lui-même. Il nous offre sa face tactile et nous sommes rongés d’une corrida de gestes immobiles. Tout ce qui rompt avec la possession et le sentiment d’appartenance nous dépite. C’est la grande cascade de la mort qui ne se voit pas. L’engagement se débride et nous sommes contraints de nous en retourner seuls tout au fond de nos âmes. L’estocade trempe sa lame dans la nuit d’encre et t’écrire devient un râle, un entre-deux dans le creux de la fracture que je remplis de mots. Tu vois, il nous faut remplir, puis... [Lire la suite]
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vendredi 29 avril 2016

LE LIVRE A VENIR...Extrait

«Le désert, ce n'est encore ni le temps, ni l'espace, mais un espace sans lieu et un temps sans engendrement. Là, on peut seulement errer, et le temps qui passe ne laisse rien derrière soi, est un temps sans passé, sans présent, temps d'une promesse qui n'est réelle que dans le vide du ciel et la stérilité d'une terre nue où l'homme n'est jamais là, mais toujours au-dehors. Le désert, c'est ce dehors, où l'on ne peut demeurer, puisque y être c'est être toujours déjà au-dehors»   .   MAURICE BLANCHOT   .   ... [Lire la suite]
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