jeudi 16 janvier 2020

LA TERRE ARRETEE...Extrait

Peut-êtreChaque geste est coupable de briser une enfance.L'enfant livre de sable avec bâtonnets noirs comme chat pour servir de repère. Une horloge du temps qui s'habille est amour. Longs petits moines avec des poings ronds et utiles, avec des cernes autour de tes yeux vides. Tu penses en couleur au portrait d'un oiseau, à la fleur qui se vide.Le ciel au bout du jardin tendu vers toi.Viens le chercher.Enfant, tu retiens la genèse.Le cordon qui relie l'enfant à la matière inépuisée n'est pas vraiment tranché.La magie vient tout... [Lire la suite]

jeudi 16 janvier 2020

JUIN ET LES MECREANTES ...Extrait II

J'ai retenu la viePour que dure l'instant sous le poids des mémoiresj'ai retenu la nuitplus doucement qu'une main de femmeplus longuement sans oubliercontre des murs vivantssur un étroit chemin utile comme un arbrePour que le don de Mort recouvre les eaux sûresJ’ai retenu la merloin des cathédrales dont elle se glorifieloin de ces araignées qui tissent encore des vagues pour attirer la plageet des rochers tordus où s’en ira la viej'ai retenu la viej'ai retenu la merPour que reste le cri des oiseaux de l'orageceux qui n'ont plus rien... [Lire la suite]
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vendredi 10 janvier 2020

GASTON BACHELARD...Extrait

Si notre cœur était assez largepour aimer la vie dans son détailnous verrions que tous les instantssont à la fois donateurs et spoliateurset qu'une nouveauté jeune ou tragiquetoujours soudainene cesse d'illustrerla discontinuité essentielle du temps   .     GASTON BACHELARD     .     Oeuvre Kyffin Williams
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mercredi 8 janvier 2020

CORINNE GRANDEMANGE...Extrait

Quand il faudrait suspendre le souffle devant le magique éphémère - quand il serait urgent de sursoir pour rassembler les cœurs figés - quand le feu et la glace marchent ensemble la tête à l’envers - quand les oiseaux chantent en janvier tant l’air est doux - quand les fleurs givrent sur place en une nuit de glace - quand nous savons les yeux ouverts brutalement happés ailleurs - quand juste le parfum de la main bouleverse la caresse de l’étreinte - quand le sensuel s’émerveille aux velours de pétales sur la peau - et quand les peaux... [Lire la suite]
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jeudi 2 janvier 2020

MOTS DE SILENCE

Il existe des mots par toujours sages Qui vertigent sur le rebord du monde Des mots qui ne sont pas encore des mots Mots de douleur et mots de douceur Mots de silence Pour mieux traverser l’incendie de la nuit     Il existe des mots  Qui n’ont jamais été prononcés Des mots qui attendent la bouche Des mots qui attendent le souffle Des mots qui peut-être Ne verront jamais le jour…     Il existe des mots de passage Des mots qui donnent la vie Et les mots qui donnent la mort Sans oublier Les... [Lire la suite]
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jeudi 2 janvier 2020

LAPIDAIRE...Extrait

Tu gardes en toile sceau des fougères et des prêles,le calque des écorces, étantpaume ouverte du tempsmémoire des ruches de la vieoù bourdonne encore en nos doigtsl'enfance des reptiles.       JACQUES LACARRIERE          
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dimanche 8 décembre 2019

JULES SUPERVIELLE...Extrait

J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières...vivant en même temps la source et l'océan...sans pouvoir me fixer même un mince moment...entre le mont, la plaine et les plages dernières...Suis-je ici? Suis-je là bas? Mes rives coutumières changent de part et d'autre et me laissent errant...Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur derrière ? Ou serai-je plutôt sans même le savoir celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource de chercher l'océan du côté de la source puisqu'est derrière lui le meilleur de l'espoir ???     ... [Lire la suite]
mardi 19 novembre 2019

UNE TRES LEGERE OSCILLATION, JOURNAL 2014-2017...Extrait

"Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s'éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d'individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer - à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance... [Lire la suite]
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samedi 16 novembre 2019

BRUNO RUIZ...Extrait

Il y a ce qui naît et ce qui meurt. Ce qui circule dans les veines et ce qui s’arrête. Une aurore qui parle et le soir qui descend vers le silence. Il y a cette sève qui cherche une cime et le sauvage velours du coquelicot. Mais je n’explique pas le monde. Je me fatigue à tant d’absence. Tout savoir n’est qu’une très longue attente. L’espérance d’un possible. Le désespoir d’un impossible. Qui sait où nous sommes au fond de ce vieux rêve ? Je ne creuse que pour planter. Je me déleste de vieilles larmes. M’illumine et m’engloutis.... [Lire la suite]
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samedi 9 novembre 2019

J'ECRIS POUR TROUVER CE QUE JE PENSE

"Il est possible que nous soyons, chacun de nous, psychiquement, spirituellement, comme des terrains toujours en danger d'inondation : inondations de mots, de traumas, inondation de savoirs inutiles, d'images aveuglantes et que c'est dans la rareté ou dans le peu, que l'immense à la chance de revenir, de resurgir." "Ce qui compte, à mon avis, c'est d'essayer d'être vivant, et pour être vivant, il faut parler et pour parler vraiment, il faut amener le silence dans sa parole, et amener le secret de sa vie dans cette parole sans le... [Lire la suite]