jeudi 1 novembre 2018

LE CORPS DU DELIT

Je veux traîner le monde derrière mes yeux, toucher avec ses mains le corps du délit. On ne comprend pas le désert sans manger la poussière. On ne sait pas l’assiette sans façonner l’argile. Mon chemin passe par les jardins, le silence, l’odeur de terre. Il rejoint par le vent le sillage des oiseaux. Il dort quelque fois à l’auberge des brouillards. Il s’éveille entre les lignes d’un poème. Il fait fondre la neige avec sa main de feu. Il court avec la biche sans écraser les mûres. Il traverse les murs. Il repère les portes. Il emporte... [Lire la suite]

dimanche 28 octobre 2018

NULLE PART

Nous n'habitons nulle part nous ne brisons de nos mainsrouges de ressentiment que des squelettes de ventnous tournoyons dans un désert d'images diffusées par lesinvisibles ingénieurs du monde de la séparation permanenteretranchés dans les organismes planétaires planificateursinfatigables du spectaclenous ne sommes rien nous ne sommes qu'absenceune brûlure qui ne cesse pas nous n'embrassons nulle bouchevraie nous parlons une langue de cendres nous touchonsune réalité d'opérettenous n'avons jamais rendez-vous avec nous-mêmesnous nous... [Lire la suite]
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dimanche 28 octobre 2018

ON

À courir plusieurs lièvres à la fois, on loupe sa vie et tout le reste. On s'encombre d'illusions que l'on érige en rêves. On triche sur le fond, on joue avec la forme. On installe le mensonge en gardien  d'artifices. On cueille la marguerite jusqu'à la fin du champ. On fait pleurer Margot dans la chaumière du cœur. On invente des histoires, des excuses, et parfois on y croit. On piétine, trépigne, rapine. Le temps d'une entourloupe, on justifie les stratagèmes. A petit feu on éteint la lumière. On trahit je et nous. On, on,... [Lire la suite]
dimanche 21 octobre 2018

LE JOUR, NI L'HEURE...Extrait

L’oiseau de Braque d’un cri raye l’espacede la fenêtreje voisj’écrisj’essaie de figer dans le tremblement des mots le pur éclairde son    passage  Mais comment dire le perpétuel ailleurs de cet oiseau mentalqui traverse le tempspar la trame déchiquetée du hasard ?   .     JEAN-CLAUDE XUEREB     .  
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dimanche 21 octobre 2018

LE TEMPS S'INCLINE

On entre au défaut de la forêt, plus haut que laines et faucheurs. Les genêts montent leurs cosses noires. Marche à la longue et le pas détrempé. Quel arbre fut jamais aussi vrai, venu des nœuds,de sondes et d'un seul jet, que cette lame rêche au plat de l'air? C'est qu'un profil ancien me double,un autre temps épaissit le regard: quand la joie déboulait du matin, entre ses toiles grèges, et l'eau prise à l'étau de sapins étourdissait la peau battante. La main, marcheuse des cœurs, était terriblement confiante. Je... [Lire la suite]
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jeudi 18 octobre 2018

BERNARD PERROY...Extrait

Bien-sûr le temps demeure un lieude course folle ou d'immobilité,de courses poursuitesentre nos élans et nos peurs,nos belles heures et les plus sombres,nos promenades, nos marches forcées,nos territoires gagnés ou perdus,nos flammes de vaste envoléeou celle trébuchante à chaque seconde,mais sûre abri en son indéchiffrable beauté dont la lumière s'élève dans la nuit de nos cœurs comme le tremblement obstiné de l'étoile…   .     BERNARD PERROY     .   Photographie Gaëlle de... [Lire la suite]
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jeudi 18 octobre 2018

NOUS Y VOILA, NOUS Y SOMMES...LA TROISIEME REVOLUTION

Merci à  Ananda   " Nous y voilà, nous y sommes.Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie... [Lire la suite]
jeudi 11 octobre 2018

DU SILENCE PREMIER

Mère soyez gentille différez l’heure de ma naissance Ainsi je serai en puissance comme on existe en poésie comme une lettre en souffrance qui aimerait bien faire sens sous le vacarme des idiots   Je me contenterai des traces des saveurs & du pur aliment d'un travail de silence   or feu puisés sans cesse dans les âges anciens de soi substance incandescente qui calcine les simulacres-   Je boirai ce que les oiseaux voudront me laisser de l'aurore   chaque jour un peu plus léger ... [Lire la suite]
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samedi 6 octobre 2018

LES AMANDIERS...Extrait

Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvri­raient de fleurs blanches. Je m’émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit. Ce n’est pas là un symbole. Nous ne gagne­rons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire... [Lire la suite]
samedi 6 octobre 2018

LE SURVIVANT...Extraits

Une table tout près, une lampe très loin Qui dans l’air irrité ne peuvent se rejoindre, Et jusqu’à l’horizon une plage déserte. Un homme à la mer lève un bras, crie: « Au secours! Et l’écho lui répond: « Qu’entendez-vous par là? » ... Lorsque le noyé se réveille au fond des mers et que son cœur  Se met à battre comme le feuillage du tremble Il voit approcher de lui un cavalier qui marche l'amble  Et qui respire à l'aise et lui fait signe de ne pas avoir peur.  Il lui frôle le visage d'une... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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