vendredi 5 octobre 2018

QUE FAIRE ?

Fonder quelque choseDemeurer vivantBrûler à tes causesCourir en avantFonder l’amour mêmeEt l’homme nouveauNier le problèmeLancer des bateauxOuvrir une routeCueillir le grand ventDéfier le douteBrûler le gréementAtteindre la riveDébloquer le portDébarquer les vivresDébusquer la mortTricher sur les datesSauver la maisonAvancer sans cartePlaider la passionInventer de l’âmeGonfler les enjeuxTutoyer le drameRallumer le feuRenverser la tableNier le destinCroire dans ses fablesRetoucher la finRallumer de l’hommeSe laisser hantéRamener de... [Lire la suite]
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vendredi 28 septembre 2018

INGEBORG BACHMANN...Extrait

Mon oiseau Quoiqu’il advienne – le monde dévasté revient s’enfoncer dans le crépuscule ; les forêts lui préparent quelque boisson pour s’endormir, et du haut de la tour que le veilleur a quittée, tombe, tranquille et fixe, le regard de la chouette. Quoiqu’il advienne – tu connais ton heure, mon oiseau, tu prends ton voile et tu t’envoles, à travers le brouillard, vers moi.     .     INGEBORG BACHMANN     . Oeuvre Susan Hall 
vendredi 28 septembre 2018

A L'ORIENT DE TOUT...Extrait

Car ce qui a été vécu        sera rêvéEt ce qui a été rêvé        revécu Nous n’aurons pas trop de nuitsPour brûler les branches tombées        à notre insuPour engranger l’odeur durable        des fumées ...   .     FRANCOIS CHENG     . Oeuvre Roberto Concha
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vendredi 28 septembre 2018

CONTRE-JOUR

  Revenir    pieds nus dans les traces trop larges comme si on rentrait chez soi.   Glisser sur le sol se laisser écorcher par les échardes de la mémoire et rendre grâce à la source à la leçon de l’humus à l’éclatement végétal.   Il faut murmurer d’une voix profonde les rêves éteints la cendre lavée de tout l’ocre humain. Il faut dire à voix froissée ce qui hurle en soi avant de se taire.   Dire les chemins tortueux dans la terre lasse de nos migrations. Dire aussi l’adagio... [Lire la suite]
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vendredi 28 septembre 2018

AGNES SCHNELL...Extrait

On a replié sa viecomme une carte lue à l’envers.On a replié sa viecomme un livreoù se terrent les dérapageset les boues. On est telle une vieille horlogeobstinée dans le recultaiseuse depuis trop longtemps. On repousse le sommeilon se cogne à l’ombreaux premiers soupirs de la mémoire.Certains guettent le soleilou la place d’un feu. Quelles bouches diront ton nom ?Quelles bouches dironttes gestes dans l’imprudenceet tes méandres inversés par distraction ? Quelles bouches oseront parlerdu fleuve qui courait en toilesquelles diront... [Lire la suite]
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dimanche 16 septembre 2018

ANDRE VELTER...Extrait

A Ghaouti Faraoun    On a dit qu'il était nésous l'étoile du chevalun temps de nuit claireoù le ciel avait butout le lait des fantômes.Le poing serré sur un caillot de sangil avait glissé les yeux fermésentre les mains des femmes.Au bas de l'horoscopele chaman a noté qu'il avaitmangé l'écorce de son cri.On a dit qu'il était entré muet dans le mouvement du mondeprenant de vitesse son propre départ.D'emblée il n'avait eu de cesse toujours avalant son ombre toujours essoufflant sa ragetoujours chevauchant son... [Lire la suite]

lundi 10 septembre 2018

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

Que ce soit le chant d´une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t´environne — toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n´a sa place que de temps à autre. Savoir à quel moment c´est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude : tout comme l’art du vrai commerce c´est : de la hauteur des mots se laisser choir dans la mélodie une et commune.     Nous sommes en avant tout à fait comme cela. De... [Lire la suite]
samedi 8 septembre 2018

ARNAUD RIOU...

La semaine dernière, j'ai rencontré pour notre film en Mongolie plusieurs familles d'éleveurs. Elles nous ont partagé leur quotidien, je leur ai raconté le nôtre. Pour eux, les centaines de chevaux sauvages, les troupeaux paissant dans des steppes sans limites, un quotidien dédié à un mode de vie nomade. Leur sourire est brillant. Ils sont en bonne santé et n'ont pas besoin de lunettes, tant ils sont habitués à scruter l'horizon à tout âge. "Pourquoi ne mangez-vous pas de viande ?" me demande l'homme curieux... Les Mongols sont... [Lire la suite]
vendredi 7 septembre 2018

MARGES

Toi qui vas ton chemin, t’arrêterais-tu entre des vignes à l’abandon si, droit devant, tu entrevoyais dans la tombée du jour, parmi l’intense éclat de petits cyclamens, une oreille pointue dressée, dodinant sur le bas-côté de la route ? Croirais-tu qu’un animal à museau fin est là, reins peut-être brisés, écrabouillé à demi, implorant ton secours ? Admettons que tu prennes le temps, souhaites vivre et le permettre aux autres, que tu sortes de la voiture tout en pestant contre cette imbécile de bestiole et que tu t’aperçoives qu’il ne... [Lire la suite]
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jeudi 6 septembre 2018

ON DIT QUE LES PLANTES NE PARLENT PAS/ DICEN QUE NO HABLAN LAS PLANTAS

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent, Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance, On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe, Ils murmurent et s'exclament: - Voilà la folle rêvant De l'éternel printemps de la vie et des champs, Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs, Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.     - Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs, Mais je continue à... [Lire la suite]