jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]

mercredi 8 mars 2017

LA ROSEE SUR LES MAINS...Extrait

L’automne trempe ses prés dans le rêveet les flammes du paysage se lèvent devant nousà mi-chemin entre les touffes de ronces, les cailloux,les puissances de la solitudedu côté des pommiers en retard sur la nocepressée d’en finiravec cette journée qui remue sous l’empoisune journée de grand ventnue et sèche au milieu des prairies et des fièvresquand passent dans la campagne une haleine de batailleune lumière d’orage qui met tout à l’enversle cœur de la mariée sous le voile couvert de baisersles tristes lessives de la semainel’équilibre... [Lire la suite]
mercredi 8 mars 2017

HOMMAGE A MAYA ANGELOU

 Je suis femme par les deux plateaux de mes mains Comme deux générosités ouvertes Je suis femme par la savane brûlée de mes yeux Et par le bouclier de mon front  derrière lequel luttent mes pensées et mes rêves Je suis femme par l’audace de mes lèvres où viennent pondre les baisers Je suis femme par l’écho de mon prénom qui roule dans les vallées de la vie Je suis femme par l’étreinte de mes bras autour du soleil Je suis femme par le berceau de mon ventre Je suis femme par la poulie de mes hanches où remonte l’eau... [Lire la suite]
dimanche 5 mars 2017

VISITEURS AUX PORTES DU JARDIN

Pareils à ces arbres qui voyagent dans les textes ils se mettent en marche à la lueur des amandiers pressés d’atteindre l’eau qui flambe depuis un millénaire dans un village en mal d’oiseaux et qui à contre-orage repart à vide. Visiteurs aux portes du Jardin leur cercle s’élargit comme des chats miroitants que dessine la peur sur les murs des cathédrales abandonnées. Toujours la même ligne infranchissable toujours la même errance le même mort la même griffe la même blessure une botte sur le cœur et cette lune qu’ils tiennent serrée... [Lire la suite]
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dimanche 5 mars 2017

FEU DE VIE

Poème bleu fenêtre, Poème rouge fruit Qui s'envole du rire argenté de la lune Vers nos lèvres assoiffées d'étoiles Et de glissantes caresses infinies, Comme d'un bateau d'amour Et de rêves d'où l'on ne cesse de s'appeler. Poème attentes de jours et de nuits Qui ouvrent le miroir ailé d'un cri, Qui renaît feu d'amour, Feu de toujours, Feu de vie !   .   MOKHTAR EL AMRAOUI " Le souffle des ressacs "   .    
jeudi 2 mars 2017

MARIA ZAMBRANO...Extrait

Ce n'est pas lui-même que cherche le poète, c'est tous et chacun. Son être n'est qu'un véhicule, n'est qu'un moyen pour qu'une telle communication se réalise. Une médiation, l'amour qui lie et délie, qui crée. La médiation de l'amour qui détruit, qui consume et se consume, de l'amour qui s'arrache la vie. Pourra-t-il venir le jour bienheureux où la poésie recueillera tout le savoir de la philosophie, tout ce que la distance et le doute lui ont appris, afin de donner forme avec lucidité et pour tous à son rêve?   .   ... [Lire la suite]

lundi 27 février 2017

HOMMAGE A LA VIE

C’est beau d’avoir éluDomicile vivantEt de loger le tempsDans un coeur continu,Et d’avoir vu ses mainsSe poser sur le mondeComme sur une pommeDans un petit jardin,D’avoir aimé la terre,La lune et le soleil,Comme des familiersQui n’ont pas leurs pareils,Et d’avoir confiéLe monde à sa mémoireComme un clair cavalierA sa monture noire,D’avoir donné visageÀ ces mots : femme, enfants,Et servi de rivageÀ d’errants continents,Et d’avoir atteint l’âmeÀ petits coups de ramePour ne l’effaroucherD’une brusque approchée.C’est beau d’avoir... [Lire la suite]
mercredi 22 février 2017

L'EMERAUDE PROMISE

On naît à chaque seconde de l’enfant que nous avons été, du miracle du temps qui ne nous efface, du chant qui s’ouvre comme une écluse délivrée, des eaux descendues d’une vieille mémoire, des mots enfin possible pour nommer le sens de ce que nous croyions dérives et qui n’avait en somme que la forme du chemin. Car il y a une parole pour chaque chose de ce monde, pour chaque acte de nos corps au milieu des fleurs qui poussent et des arbres qui tombent. On naît à chaque heure parce que la mort ne sera jamais que l’affaire des vivants... [Lire la suite]
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mardi 21 février 2017

JORGE LUIS BORGES...Extrait

"Après quelque temps, Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme. Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité. Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses… Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant. Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la... [Lire la suite]
mardi 21 février 2017

COMPLAINTE DU LEZARD AMOUREUX

N'égraine pas le tournesol. Tes cyprès auraient de la peine. Chardonneret reprends ton vol Et reviens à ton nid de laine. Tu n'es pas un caillou du ciel Pour que le vent te tienne quitte. Oiseau rural ; I'arc-en-ciel S'unifie dans la marguerite. L'homme fusille cache toi ; Le tournesol est son complice Seules les herbes sont pour toi Les herbes des champs qui se plissent. Le serpent ne te connaît pas Et la sauterelle est bougonne : La taupe, elle, n'y voit pas ; Le papillon ne hait personne Il est midi chardonneret. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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