dimanche 25 décembre 2016

DES CAGES

Le ciel pleure à froides larmes. Il met la barre bien trop haut pour mes fragments d'ailes. Je parcours la terre basse, sa sueur, sa fourbure, ses heures denses. Le fracas du monde étouffe le silence, l'universelle place. La vie fouille les poubelles. Une rumeur de basse-fosse emplit le cœur des hommes. Je ne vais plus au bois, les arbres sont coupés. Alice et le Lapin Blanc tremblent dans un trou de bombe. Le Prince trompe Cendrillon, le Petit Poucet n'échappe plus à l'ogre. Dans des cages de béton chacun ignore son voisin.... [Lire la suite]

vendredi 23 décembre 2016

QUE LA VIE ME PARDONNE

La vie est une orange mûre et bigarrée Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir Une mémoire d’autres vies Une enfance qui  tourbillonne vers sa lumière J’ai habité un nuage Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde Je n’avais que mon cœur pour monture J’ai pansé le soleil Rendu hommage aux femmes nues La vie m’a toujours tout donné Des pépites d’amour Des cimetières de rêves Des sanglots Des naufrages Et des torrents de rires Ainsi soit-elle Ma parole a usé les miracles Elle a aussi recyclé les... [Lire la suite]
vendredi 23 décembre 2016

AHMED BEN DHIAB...Extrait ( inédit )

Laissez-moi dans l’exil voyager parmi les étoiles d’eau les gémissements de l’air laissez-moi là-bas dans le poème au cœur de l'infini à Alep l’espérance désespérée la détresse couchée sur les murs nous reviendrons ô terre et la vie enfantera ce qu'elle recèle encore de merveille dans chaque souffle qui anime l’humain lave les rêves de la rose        AHMED BEN DHIAB Inédit 2016       Oeuvre Ahmed Ben Dhiab        
lundi 19 décembre 2016

LE SEUL PAYS QUI VEUT BIEN DE MOI

Je retourne au pays des sources avant les noces du chêne, avant l’enfance, avant la nuit. Il y a, sur le bord du chemin de sable, la trace et la trame de toutes les années passées. Et parfois dans le ciel, les étoiles glacées portent un visage, une voix et le manuscrit d’une vie. Je retourne au pays des fées, je vais dormir dans la forêt du milieu avec le petit peuple des légendes. Où vont les années qui passent : dans quel grenier ? Dans quelle mémoire ? Dans quel doux oubli ? Et le grand livre de la vie est toujours ouvert à la page... [Lire la suite]
vendredi 16 décembre 2016

KAMIKASE KETCHUP...Extraits

dans quelques mois j’aurai quarante ansj’ai peur je serre les dentsj’enfonce un mouchoirdans ma gorgepour ne pas hurlerdans quelques mois j’aurai quarante ansje ne sais pas qui je suisje ne sais pas où je vaisTerrorisé d’avancepuisque ce sont les ordressupérieurs secretsAutrefois j’avais une maman.Autrefoisparce qu’elle est morte j’avais trois ans je croisil n’y a personne pour me renseignerexactementMon père ne parle plus de tout celail s’est remarié il y a longtempsil a fait deux enfantsque je n’aime pasil vieillit malil respire... [Lire la suite]
dimanche 4 décembre 2016

JE NE DIRAI PAS TOUT... Extrait

Je ne dirai pas tout. J’aurai passé ma vie à me décortiquer, à me déshabiller, à donner en spectacle à n’importe quel prix ce que j’avais de plus précieux, de plus original, plus vivant que moi-même, au prix de quels efforts, je ne le dirai pas. Je ne dirai pas tout. On passe au beau milieu de ses contemporains et la figuration n’est pas intelligente. Ils ont tous un cerveau fendu par le milieu dont toute une moitié se transforme en silex. Je vais jour après jour, envers et contre tout, vers mon point de départ, cercueil... [Lire la suite]
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samedi 3 décembre 2016

ON NE VIT PAS LONGTEMPS COMME LES OISEAUX...Extrait

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme d'une source, elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur, une eau que la peine a salée. La seule grâce à demander aux dieux lointains, aux dieux muets, aveugles, détournés, à ces fuyards, ne serait-elle pas que toute larme répandue sur le visage proche dans l'invisible terre fît germer un blé inépuisable ?   .   PHILIPPE JACCOTTET   .  
samedi 26 novembre 2016

PIERRE BERGOUNIOUX...Extrait

Nous avons perdu la félicité indistincte qu'on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l'eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d'air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d'avoir été au monde pleinement, sans états d'âme, d'un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d'une lande ouverte à tous les vents où l'on verrait ce qu'il en est de nous et de tout... [Lire la suite]
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samedi 26 novembre 2016

S'ABAISSER JUSQU'A L'HUMUS

 S'abaisser jusqu'à l'humus où se mêlentLarmes et rosées, sangs versésEt source inviolée, où les corps suppliciésretrouvent la douce argile,Humus prêt à recevoir frayeurs et douleurs,     Pour que tout ait une fin et que pourtant     rien ne soit perdu.S'abaisser jusqu'à l'humus où se logeLa promesse du souffle originel. Unique lieuDe transmutation où frayeurs et douleursSe découvrent paix et silence. Se joignent alorsPourri et nourri, ne font qu'un terme et germe.Lieu du choix : la voie de... [Lire la suite]
mercredi 23 novembre 2016

BERNARD PERROY ... Extrait

Petite brassée d'automne avant que tout ne ploie sous l'avalanche des tons de gris froids et de terre mouillée… Les mots s'enchantent et se gavent de lumière, se prennent à rêver à trois fois rien niché dans un silence d'or… Ouvrir la porte, ouvrir la bouche et le coeur aux mouvements qui montent de l'intérieur de soi, douceurs ou blessures à longueur de mourir et de vivre à nouveau, mouvements de l'un vers l'autre que l'on apprend sans cesse entre les lignes à décrypter, à recevoir et à donner…   .   BERNARD... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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