lundi 17 octobre 2016

L'EAU DE LA SOURCE

C’est l’automne. Le vent s’empale aux crocs des arbres laissant tomber leurs feuilles comme on enterre un os. La terre les dévore pour réchauffer sa chair. Déjà, les oiseaux ont crevé les yeux des tournesols et des épis de maïs. Les fruits gèlent sur les branches avant le vin d’hiver. Les épinettes gonflent leurs gobelets de résine. Les insectes frileux rejoignent l’invisible. Les criquets sèchent dans les plinthes et retournent au silence. La pluie d’octobre éveille les enfants de poussière. Je me perds partout mais ne retrouve que... [Lire la suite]

dimanche 16 octobre 2016

VOIX..

Voix aimées, idéales, de nos morts et de ceux qui, pour nous, sont perdus à jamais. Parfois elles reviennent dans nos rêves. Parfois elles se lovent dans nos pensées. El leur écho ramène pour un moment — telle une musique lointaine qui se perd dans la nuit — cette poésie première qui effleura notre vie. ... Autant que possible Si dans ta vie tu ne peux faire selon tes désirs, tâche au moins ceci: autant que possible, ne la prostitue pas la traînant chez les gens, parmi l'agitation des gestes et des paroles. Ne la... [Lire la suite]
samedi 15 octobre 2016

JE ME SUIS HABITUE

Je me suis habitué à cette terreur lente, À la défaite acceptée, au profit de la mort. Dans ma voix se dessinent des îles, Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts. Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton, Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger... La chair a une odeur de soufre. Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse. Il y a des portes dans les aires naufragés Et nous marchons, serrant au poignet Cette paresse, cette présence, une... [Lire la suite]
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jeudi 13 octobre 2016

OU SONT LES OLIVIERS ?

Où sont les oliviersEt les oranges amèresCes fruits à peine écritsDans nos ivresses bleuesOù sont nos rêves rouxEt ces voix éphémèresQu’un blanc soleil salinExilait en tes yeuxOù sont ces heures vivesDérobées au silenceOù sont nos cœurs émusD’avoir tenu le jourOù sont nos villes follesNos déserts en partanceL’été et son scalpelLa merLe ventL’amourOù sont les oliviersEt les oranges amèresOù sont les oliviersLes oliviers frondeursOù sont les oliviersLes oliviers, mon frèreIls sont làSecourablesAu cadran de nos cœurs   . ... [Lire la suite]
jeudi 13 octobre 2016

LE PETIT CHAT...

A Muchju et Ludwig, deux petits gris....    Tu es mort aujourd’hui, mon compagnon le chat,    Bleu de fumée, mon petit frère entre les lampes.    Tu as mis à mourir une extrême patience.    Tu t’es enfui à pas de loup, à pas de chat.    Mon petit feu du soir, Roi couronné d’oreilles,    Tu as perdu ainsi tous les prochains soleils    Et tes plaisirs d’oiseaux et les moelleux hivers,    La saison qui remue un matin... [Lire la suite]
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mercredi 12 octobre 2016

ANDREE SODENKAMP...Extrait

Lorsque la mort pourra mourir, les galaxies ramèneront leur bétail de lumière, les longues heures voyageuses n’auront plus de passé dans le ventre et laisseront tomber longtemps leurs souvenirs éteints. Plus de vivants pour les tombes, de livres pour dorer les rois. Les légendes resteront vraies. On ne pourra plus rien contre elles. L’atome défera ses épousailles. Les comètes traîneront leur queue morte en se mangeant le cœur.   .   ANDREE SODENKAMP   .   Oeuvre Mahmoud Al Kurd ... [Lire la suite]
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vendredi 7 octobre 2016

MATINALE DE MON PEUPLE...Extrait

Tu disais des choses facilesTravailleuse du matinLa forêt poussait dans ta voixDes arbres si profonds que le cœur s’y déchireEt connait le poids du chantLa tiédeur d’une clairièrePour l’homme droit qui revendiqueUn mot de paixUn mot à notre dimensionTu tirais de sa solitudeLe rôdeur qui te suit tout pétri de son ombreCelui qui voudrait écrire comme tu voisComme tu tisses comme tu chantesApporter aux autres le bléLe lait de chèvre la semoule,Et si dru dans le cœur et si fort dans le sangLa bonté de chacunLe charme impétueux des hommes... [Lire la suite]
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jeudi 6 octobre 2016

LA LONGUE CHAINE DE L'ANCRE...Extrait

 Le souvenir est une voix brisée, On l’entend mal, même si on se penche. Et pourtant on écoute, et si longtemps Que parfois la vie passe. Et que la mort Déjà dit non à toute métaphore.   .   YVES BONNEFOY   .  
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jeudi 6 octobre 2016

LA RETRAITE SENTIMENTALE....Extrait

« ... quelle amertume d’abord – mais quel apaisement ensuite ! – de découvrir – un jour où le printemps tremble encore de froid, de malaise et d’espoir – que rien n’a changé, ni l’odeur de la terre, ni le frisson du ruisseau, ni la forme, en boutons de roses, des bourgeons du marronnier... Se pencher, étonnée, sur la petite coupe filigranée des anémones sauvages, vers le tapis innombrables des violettes – sont-elles mauves, sont-elles bleues ? –, caresser du regard la forme inoubliée des montagnes, boire d’un soupir qui hésite le vin... [Lire la suite]
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jeudi 6 octobre 2016

PAR DELA LES MOTS...Extrait

" Les armes qui éventrent la terre Brisent l'enfant Dénaturent ses jeux Quelle refonte de nos rêves Quelles alluvions de paix Quelles brassées d'amour Écarteront les mâchoires d'épouvante ? Quelles paroles quels regards quelles mains Redonneront enfance À nos enfants en mal d'enfance ? "   .   ANDREE CHEDID   .   Enfant syrien et sa maman
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