samedi 10 septembre 2016

DANS MES POCHES D'ENFANT

La vie s’est réfugiée dans ma gorge et ma langue, toute une vie d’éponge à boire la lumière, à cracher les pépins, à traverser les ombres. Parmi les lettres éparpillées sur la table, les cahiers, les papiers, se promènent les phrases. Elles trébuchent parfois sur une miette de pain ou bien se noient dans une tache de vin. Elles s’effacent et renaissent. J’en cache quelques-unes dans mes poches d’enfant. J’en fais une cabane où rêvent les vieux meubles, là où les planches aspirent à retrouver la terre, les racines, les feuilles. Je vis... [Lire la suite]

jeudi 8 septembre 2016

CINQ MEDITATIONS SUR LA MORT - AUTREMENT DIT SUR LA VIE...Extrait

Puisque tout ce qui est de vieSe relie,Nous nous soumettronsÀ, la marée qui emporte la lune,A la lune qui ramène la marée,Aux disparus sans qui nous ne serions pas,Aux survivants sans qui nous ne serions pas,Aux sourds appels qui diminuent,Aux cris muets qui continuent,Aux regards pétrifiés par les frayeursAu bout desquelles un chant d'enfant revientA ce qui revient et ne s'en va plus,A ce qui revient et se fond dans le noir,A chaque étoile perdue dans la nuit,A chaque larme séchée dans la nuit,A chaque nuit d'une vie,À chaque... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mercredi 7 septembre 2016

CE QUE JE DOIS AU FROISSEMENT DU THYM ( Hommage )

Les choses sont là et je suis à elles, absentes ou sous mes yeux. Ainsi je nais au chèvrefeuille en plein soleil, à l'escargot sous une acanthe un jour de pluie, au figuier dans la pénombre. Et dans les plis ombre et lumière jaillit comme un défaut, un manque ; l'air vibre, l'horizon, tout soudain, c'est l'absence de toi, de toi à l'instant si lointaine. Le sang cherche à régler son pouls, le paysage que tu enrobes se déploie, inflexions bombements buissons sillons rivière, les remuements du cœur dans les frissons du frêne, ciel lavé,... [Lire la suite]
dimanche 4 septembre 2016

CORPS INNOCENTS

Le monde succombe Aux mains des égorgeursEn carcan de haineQui déciment les corps innocentsPuis s'échappant comme l'eauDe toute empriseLa liberté jaillitHors du joug des violences Et des hantises du temps.Mais qui ramèneraDes contréesDe l'ombre et des glaives Ces vies interrompuesAux lisières de nos vies.   .     ANDREE CHEDID Photographie Yvelyne Wood    
Posté par emmila à 16:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
vendredi 2 septembre 2016

CINQ MEDITATIONS SUR LA MORT, AUTREMENT DIT SUR LA VIE...Extrait

La mort n'est point notre issue,Car plus grand que nousEst notre désir, lequel rejointCelui du Commencement,Désir de Vie.La mort n'est point notre issue,Mais elle rend unique tout d'ici :Ces rosées qui ouvrent les fleurs du jour,Ce coup de soleil qui sublime le paysage,Cette fulgurance d'un regard croisé,      et la flamboyance d'un automne tardif,Ce parfum qui assaille et qui passe insaisi,Ces murmures qui ressuscitent les mots natifs,Ces heures irradiées de vivats, d'alléluias,Ces heures envahies de silence,... [Lire la suite]
vendredi 2 septembre 2016

LES AILES DU DESIR....Extrait

« Lorsque l’enfant était enfant, Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit rivière Et la rivière, fleuve, Que cette flaque soit la mer.   Lorsque l’enfant était enfant, Il ne savait pas qu’il était enfant, Tout pour lui avait une âme Et toutes les âmes étaient une.   Lorsque l’enfant était enfant, Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude ... [Lire la suite]

vendredi 26 août 2016

LE THEATRE ET SON DOUBLE, PREFACE

« Jamais, quand c'est la vie elle-même qui s'en va, on n'a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d'une culture qui n'a jamais coïncidé avec la vie, et qui est faite pour régenter la vie. Avant d'en revenir à la culture, je considère que le monde a faim, et qu'il ne se soucie pas de la culture ; et que c'est artificiellement que l'on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 22 août 2016

RESPIRER

Au plus creux point de toi,           dans la plus vaste, dans la plus compacte solitude.           ni feu, ni lieu, la maison vide sous le toit           béant. Où la pierre de l'être a basculé, où se dénude           le temps. Passé fossile. Paroi lisse du futur,           et le présent vertigineux. Un pas. Un... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
lundi 22 août 2016

POUSSIERE D'OUBLI

Ce que j'ai vu, je l'ai écrit comme la pluie sur les vitres et les larmes des roses, et tout ce que j'ai oublié demeure là, dans ce grand sac de voyelles posés contre le pied de la table où le temps passe entre ma vie et moi sans blesser personne   Quand plus rien ne chante au dehors je puise dans le sac et sème sur la page un peu de poussière d'oubli et le jour paraît comme un musicien qui tend son chapeau   .   GUY GOFFETTE   .   Oeuvre ?      
Posté par emmila à 16:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 21 août 2016

LE COEUR RIANT...Extrait

Ta vie est ta vie Ne te laisses pas abattre par une soumission moite Sois à l’affût Il y a des issues Il y a de la lumière quelque part Il y en a peut-être peu Mais elle bat les ténèbres Sois à l’affût Les dieux t’offriront des chances Reconnais-les Saisis-les Tu ne peux battre la mort Mais tu peux l’abattre dans la vie Et le plus souvent tu sauras le faire Le plus il y aura de lumière. Ta vie, c’est ta vie. Sache-le tant qu’il est temps Tu es merveilleux Les dieux attendent cette lumière en toi.   .   CHARLES BUKOWSKI ... [Lire la suite]