dimanche 21 septembre 2008

MÉTAPHYSIQUE DE LA ROSE DE SABLE...Extraits

  .     À chaque fois que je dis "je suis arrivé" une fenêtre s'éteint et une autre s'allume! (est-ce le faisceau soyeux d'un éclair qui accouple la nuit à l'ombre ou est-ce la rose dans la désolation du Sahara qui se laisse guider par le silex des rois? )...   A chaque fois que je dis" je suis arrivé", une fenêtre veillant en pleine lumière, s'éteint, et aucune chauve-souris n'entame ma nuit, par des ailes de velours. " Puis-je entrer? " - Qui ?!..Personne n'habite cette maison! - Et la voix... [Lire la suite]
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samedi 20 septembre 2008

C'EST UN JARDIN

C’est un jardin de cotonnade blanche, un amandier à l’autel de l’hiver. Miette de mésange aux nappes des nuages, elle écrit tout, dit tout, en rangées de phrases qui font des vagues sur sa mer. C’est une fille d’eau, de graines d’arbres, de gestes en liberté. Une maison de chemin qui place le portail au beau milieu d’ailleurs. La chaleur de ses mains apaise les douleurs. Sur la rouille des fils, dans les points de clarté, elle touche la joie et ramène la braise. Elle a des yeux de louve qui profondent la nuit. Et le crépitement qui... [Lire la suite]
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samedi 20 septembre 2008

VENT DEBOUT

Elle navigue au près. Loin des voisinages, des remous verbeux. Elle évite les ports de jolies coques, les régates et les routes à trophées. Elle va vent debout sur la puissance d'eau, gîte vers le soleil sans tirer de bords. La lumière pour sextant elle se méfie des fausses traces de sel. Elle ne bat jamais pavillon. On la croise parfois dans une crique calme. On la reconnaît à son silence d'observance. On dit qu'elle connaît la baleine blanche, le vertu des algues, la force des vents. Qu'elle dort dans les bras d'un sauvage. Mais on... [Lire la suite]
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vendredi 19 septembre 2008

JUARROZ...

Tôt ou tard il faut mettre la main au feu. Peut-être la main pourrait-elle apprendre d'abord à être flamme ou bien persuader la flamme de prendre la forme d'une main. Et si les deux échouaient peut-être la flamme et la main pourraient-elles se muer en atomes libres d'une autre clarté. Ou peut-être simplement réchauffer un peu plus l'univers. ROBERTO JUARROZ .
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mercredi 17 septembre 2008

RESIDENCE PRINCIPALE

J’habite au plus fissuré des lézardes, au lamento du violoncelle. En Antigone l'emmurée, en la vierge folie d’Ophélie, en toute âme désespérée. J’habite à l'œil paniqué du cheval, au ventre enflé de la famine. En écorchés, en sinistrés, en corridas, en diaspora, en toute souffrance infligée. J’habite à la main glacée du mendiant, aux gerçures de l’exclusion. En tous calvaires, en rouges guerres, en miradors, en camps de morts, en toute existence arrachée. J’habite au plus sanglant des cauchemars, au vif tranché de l'animal. En... [Lire la suite]
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mercredi 17 septembre 2008

SUR LE PAPIER GLACE...Extrait

Je retourne dans les bois, creusés d’âge et de mousse. Je préfère être pauvre à mon compte que riche aux dépens des autres, ceux qui se graissent la patte et se remplissent la panse en détruisant la vie. J’ai tout appris par la force des choses. J’ai tout appris du feu, du verger, du lichen. Selon le cours du papier, même les bûcherons finissent par mourir de froid. Par le cantouque et la chouenne, des racines à la cime, je remonte la sève jusqu’à la tête des eaux. Que pourraient le bouleau sans le cèdre, l’érable sans le pin, le... [Lire la suite]
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mercredi 17 septembre 2008

LE LAMENTO DE LA VIEILLE ETOILE

Je me souviens du monde d’avant le silence des cœurs, d’avant le large silence. Je me souviens du temps où seuls existaient les continents de la pensée. Quand le magma des énergies immobiles contemplait les nuances et les frissons irisés du néant, quand le rêve inventait le bleu. Quand le Tout méditait, ciselait le prisme de la conscience. Quand n’existait que la musique du Cœur, bien avant que l’on écartèle le vide, bien avant que l’on en extirpe l’eau, le vent et les premiers songes, bien avant que les plus mauvais ne fussent nommés... [Lire la suite]
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lundi 15 septembre 2008

UNAMUNO

«Je me suis habitué à tirer espoir du désespoir lui-même» . MIGUEL DE UNAMUNO .
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samedi 13 septembre 2008

CLARTE SANS REPOS

  Peut-être que je me succède à moi même. Je ne sais pas qui mais quelqu'un est mort en moi.Il pressentait lui aussi hier la disparition et il était menacé par la lumière, maisaujourd'hui c'est un autre couteau que j'ai devant mes yeux.   Je ne veux pas être mon propre inconnu, je suis encombré par les visions.Il est difficile   de faire circuler tous les jours la lumière dans les veines et travailler à la contractionde visages inconnus jusqu'à ce qu'ils se transforment en faces aiméespour pleurer ensuite parce que... [Lire la suite]
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mercredi 10 septembre 2008

JEAN DIF

Nous ne sommes qu'édifices de cendre       la mer discute la pluie les rivières font       de l'ombre aux nuages et d'un coup de crinière       voici le félin rugissant plus de feu que d'eau       est sorti de l'arche l'homme invente l'éclair       sous la neige il est écrit que la nuit a du sang       sur les dents je le vois le mien tachant les étoiles       sur le rocher survit... [Lire la suite]
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