DES MATINS MORTS COMME DES LINCEULS....
Des matins morts comme des linceuls
où des racines étirent le poids des cris,
la mer est revenue chargée de corps criblés
de larmes, avec pour seul souvenir, l'écume
des rivages souillés
Des oiseaux de poussière ne volent que dans le périmètre des blessures, regardant d'un œil vengeur l'envergure prétentieuse des drones, dévisageant la lâcheté d'un ciel qui se prend pour le visage d'une terre promise
Des enfants ont vieilli de voir leur terrain de jeu brisé sous les bottes d'une meute sanguinaire, brandissant sourire aux lèvres des cahiers d'écoliers triturés de dessins, de tâches de rêves flanqués d'un pâle soleil
L'olivier coincé parmi les lopins étranglés, où poussent encore les jours qui n'ont pas rendu les armes, s'abreuvent au long tunnel veineux de la résistance, pour que des lendemains chantent à la lumière des sèves reconquises
La grosse protubérance sous les étoiles où festoient les illuminés d'une cause perdue, dansants hilares sur leur propre peur avec tous les apparats de la bonne conscience, celle couronnée par le déni, l'impardonnable confort
Les trottoirs du monde sont jonchés de gravats où l'on se demande qui peut encore faire la pute quand la putasserie à déjà dépassé toutes les attentes, la barbarie à épuiser toutes ses passes, les bourreaux jouissent de propagande, pathétiques dans leurs râles de chiens assouvis
L'horizon en faction, attend de pieds fermes la satanée érection du grand hôtel, l'invasion des transats, le bronzage morbide de l'Occident doré aux vies détruites, à ses farnientes pourries, la tranquillité bestiale de ses phantasmes de sable doré
Vous allez dire Open bar, narguant la mer de vos amusements maladifs, le cocktail de vos sales miroirs de nantis, de protégés, dégoulinant du sang versé, avec vos sirènes de dollars tonitruants sans penser que sous le sable la terre peut trembler pour rafraîchir vos petits cervelles de reptiles touristiques
Juste des bateaux en papier pour acclamer le retour des enfants, du ciel, de la mer et du soleil, noyer dans les profondeurs du siècle le blocus de vos mensonges, les contours colonialistes de votre prophétie, l'obscénité messianique de vos crimes de guerre, la haine viscérale de l'humain
Des matins morts, les nuits n'ont pas fini d'arracher dans les décombres, le souffle révolutionnaire des jours meilleurs, les germes d'un monde non débarrassé de votre pays, pour que vous ayez la mémoire de toutes les morts jusqu'à votre dernière pensée au bord de ce qui vous reste d'humanité
.
THIERRY MATHIASIN
https://www.facebook.com/thierry.mathiasin
.
/image%2F1206717%2F20250713%2Fob_ff2447_gaza-2025-3-jpg.jpg)
Catastrophe humanitaire et écologique à Gaza