LE RETOUR A SENNAR
Chant premier
La mer
Hier, le premier oiseau est passé au-dessus de nos têtes, il a virevolté deux fois avant de
Disparaître, chaque miroir sur l’eau était un paradis
De phosphore- Oh jardins de phosphore et de miroirs
O soleil qui flamboie et s’érode
Dans le corps de l’absence, fonds encore une dernière fois
Et éteins-toi, hier nous avons vu le premier présent
Des tresses de lichens et d’éponges sur le saumâtre
Restant
Des arbres morts et de la vie dans ses commencements silencieux
Parmi les planctons
Dans le monde creux
Où dans leur gaieté aveugle les insectes de la mer
Rampent dans les cavernes des éponges et des algues
Sans avoir conscience
Du glissement
De la nuit
Du jour
Du fardeau de l’air
De l’odeur de la terre
Ni d’une couleur autre que celle de l’abîme vert
Ni du râle d’une langue aux échos de sel
Et dans l’obscurité
Dans les interstices du silence qui plonge au
Cœur des interstices de la parole
Les lampes des villages
Sur les collines noires et sur les arbres
Tantôt surnagent, approchent
Et tantôt s’éloignent, plongent
Dans le brouillard et dans l’embrun
Et tombent comme un fruit blet
Dans le silence épais
A la limite du sinistre rêve
Et le commencement de l’attente .
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MOHAMED ABDELHAY
Ecrivain soudanais
1944-1989
Traduction Jalel El Gharbi
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Soudan