A CHJAVA
Le mot de la clé
Le nom de l’ouverture
Le nom du deuil
Le nom du seuil
Chjava
Nom perdu des hommes
Paese persu
Repris par la terre
Nom éperonné à la montagne
Un village désert, ruiné mais porté par les herbes
Relevé par la ferveur du soleil
En prière
Ce sont les pierres, les pierres couchées sous la sève
Les pierres que les ronces ceignent
Maisons sans toit offertes au ciel
Maisons sans porte livrées aux vents
Ce sont les oiseaux qui font leur nid sur les poutres mortes
Ils proclament aux quatre horizons le royaume retrouvé
Ce sont les figuiers qui fendent les chambres oubliées
Dressant leurs racines comme colonnes d’ombre
Et tiennent conseil avec les morts
Tout ce qui s’oublie resplendit
Déjà s’ouvre le conte :
Pour les siècles
Pour la clarté du signe
Car la clé est donnée dans la ruine
C’est la clé de la lampe
Et la lampe seule règne
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#ANNA MARIA CARULINA CELLI
#poèmes
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A Chjava
Photographie Ghjorghju d'Ota