PSAUME LENT D'UN ETE INTERIEUR
Psaume lent d’un été intérieur
Pour ceux qui se souviennent sans se briser.
Je marche dans l’été comme on marche dans un songe,
Les pas feutrés sur le sable du temps,
Le cœur encore chaud d’anciens soleils,
Mais les mains ouvertes pour l’instant présent.
Je n’ai plus peur des ombres
Qui reviennent danser autour de mes souvenirs :
Je les salue comme des amies passagères,
Des messagères de ce qui fut et m’a fait homme.
J’ai aimé, j’ai pleuré, j’ai tenu entre mes bras
Des éclats d’éternité.
Mais je n’en fais plus des chaînes,
Je les rends à la mer.
Je choisis aujourd’hui d’habiter mon souffle,
De goûter à l’eau sur ma peau,
À la lumière dans la pièce,
À ce silence habité que tu m’offres, ô Présence.
Je n’attends plus le retour des absents,
Je veille pour ceux qui viendront.
Je n’idéalise plus ce qui fut,
Je bénis ce qui est.
Et si parfois une larme surgit — fine rosée sur la joue —
Je la laisse couler, sans honte ni regret,
Car même la peine, lorsqu’elle est douce,
Peut devenir prière.
Alors bénis mon corps,
Bénis mes pas,
Bénis ma solitude féconde.
Et que tout ce qui vit en moi
Devienne offrande.
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JULIEN MIAVRIL
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Oeuvre Joan Miro