JEAN-MARC LAFRENIERE.... Extrait
Les bras du monde rembobinent leurs veines, la colline ses torrents, la forêt ses sentiers. Mes souliers débobinent leurs pas. Je mets la table où ma blonde n’est pas. Elle n’est pas loin, presqu’à portée de main. Elle bouge dans la pièce d’à côté où je n’ai pas accès. Son regard me scrute. Elle respire dans le souffle du vent.
C’est pour elle que j’écris et mes petits-enfants.
Je rêve d’un arbre pour les oiseaux, de céréales pour le pain, de vignes pour le vin, de contes pour les enfants qui se fabriquent des jouets avec des bouts de rien, des boutons de chemise, des trombones, des clous rouillés, des planches vermoulues. J’attends que remonte la ligne d’horizon, que le soleil y boive entre les écrevisses et les paumes terreuses.
Les yeux ouverts de l’homme peuvent aussi voir la nuit. Ouvrant les ailes de mes mains, je quête des caresses. J’enquête sur les choses. Je butine les roses comme une abeille d’encre sur un champ de papier. Je suis un géographe des brindilles, un ramasseur de rien. Le rêve et le réel s’unissent pour broder l’infini.
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JEAN-MARC LAFRENIERE
© Editions Chemins de Plume
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Oeuvre Henri Matisse