LA RETRAITE SENTIMENTALE.... Extrait
« Et puis, même au plus vif de ma douleur, aux heures de la nuit où je creuse finement ma place la plus cuisante, avec cette sorte d’orgueil imbécile qui me menait, autrefois, à me couper en souriant la langue avec les dents, — au plus fort de cette gymnastique harassante à laquelle s’entraîne ma volonté — n’y a-t-il pas un espoir têtu, presque pas conscient, un espoir de plante secouée par l’orage et qui attend obscurément la fin de la bourrasque ? — n’y a-t-il pas une voix déjà confiante qui chuchote : “Cela s’arrangera. On ne sait pas comment, mais cela s’arrangera. Il n’y a pas de peine irrémédiable, sauf la mort. L’habitude seule de vivre mal à l’aise, de souffrir tous les jours, cette passive routine est déjà un remède, un rythme qui modère et adoucit les heures…” »
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COLETTE
(1907)
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Colette