AL DJEZAÏR ... Extrait
IV
Vivante brûlé et faite chair
Chair faisant abruptement femme
Trempée vive de terre et de fer
Donnée durement à une
Lutte nue de gorge et de lame
Aux creux des fosses communes
Lourde de mains liée à la roue
Paumes rivées à la jante
Au moyeu de visage et de boue
Qui tourne immobile attend
L’arrachement brut de la descente
Jusqu’à l’eau liée au sang
Assemblée par qui te supplicie
Déchirant ce que tu donnes
Défaisant le sang qui te relie
Tes doigts retournés se brisent
Où la route tressaille et résonne
Où l’arête vive incise
Sang tourné au fil de la douleur
Tu romps et mêles l’argile
Façonnant la courbe de couleurs
Tordant la soie d’un sourire
Rouant la touffe de peur agile
Creusant ce qu’elle respire
Lourdement vineuse larguée
Où la pente traîne et tire
Jusqu’à l’aval violent sans le gué

JEAN-PIERRE FAYE
In “Fleuve renversé”, 1959

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