PETITES NOTES QUOTIDIENNES OU PRESQUE -JOURNAL/CAHIER 1935
Un oiseau chante à la cime du cerisier, caché sous les feuilles ‒ pour moi. Je crois maintenant ce que j’avais pressenti tant de fois : le message de mes morts ‒ Ils se servent des animaux, des fleurs pour nous parler encore, nous faire signe. Déchirants appels parce que rien ne peut les rendre efficaces si quelque amour ne nous y rend point sensibles. Le vent est tombé après un après-midi d’assauts infatigables contre les feuillages ‒ et l’âme. Maintenant c’est le soleil couchant sur les collines, les foins frôlés avec toutes les fleurs dans l’ombre et seule encore scintillante l’aigrette des graminées. Je viens de passer aux Laviaux ¬‒ j’aime ces grandes fermes solitaires où vit un monde ‒ je crois que mon enfance à Brie pour toujours m’a donné ce goût ‒ isolement et communion tout ensemble.

GUSTAVE ROUD

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Oeuvre Vincent Van Gogh