THIERRY MATHIASIN ... EXTRAIT
Vous ai-je dit que les pluies troublent
la courbe des montagnes quand je vous désire,
que la rivière épelle votre nom sous la voilure
émue des arbres,
que le temps coule son vol dans l'intimité
bruissante des fougères ?
Vous ai-je parlé de ces oiseaux qui caressent
les nuages quand se dessine sous mes yeux
le galbe de vos germinations,
que la mer s'entrouvre à vos hanches
épanouies en infinis éclats quand vous me
revenez ?
Vous ai-je dit que l'amour était cette rencontre
entre une sève et sa racine,
le souffle du corps en croissance minérale,
l'écho d'un chant quand mes mains vous
devinent,
que la source que j'ai gardée sous la tendresse
des feuilles a la fraîcheur de vos seins ?
Vous ai-je dit que tout le paysage se cambre
quand vous passez dans mes rêves,
que les nuits de pleine lune ont la pulpe
des jours où je cueille l'étoffe de vos pensées,
l'écume des splendeurs étoilées quand
je me couche à l'ombre de vos soupirs ?
Vous ai-je dit que je vous aime
quand je vous écris blotti contre le silence,
avec une île pour seul vouloir parmi les soleils
que vous avez semés en moi ?

THIERRY MATHIASIN

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Oeuvre Florence Dussuyer