UNA VITA.... MICHEL PADOVANI ... HOMMAGE
Je ne connaissais Michel Padovani qu’au travers de nos échanges sur Facebook. Mais voici ce qu'en disait un de ses proches " ... Une gentillesse qui n'avait d'égale que la force de ses convictions, un humour fin, précis, juste, parfois sans avoir l'air d'y toucher et toujours bien à propos, une intelligence qui nous rendait moins con.
Un mec bien quoi, de ceux qui nous incitent à rendre ce monde meilleur. "
Patriottu corsu, militente storicu, Michel era statu cundanatu, in u 1978, da a Corte di sicurezza di u Statu pè u so ingagiamentu à u FLNC.
Cappiatu in u 1981, dopu à a l'amnistia, era statu in e cellule di parechje prigiò culuniale: Melun, Villeneuve sur Lot...
In 50 anni di lotta, u so cumbattu pè i diritti naziunali è suciali di u popolu corsu ùn avia mai cambiatu.
Era sempre à fiancu di i più chjuchi è di l'inghjuliati, essendu un cumbattente pè a ghjustizia è a libertà.
Michel fù un patriottu chì purtava sempre in core stu sanu parè, di a Lotta di Liberazione Naziunale, cum'è tandu hè statu custruitu.
Michel era un umanistu è un omu di valori. Hè statu curagiosu è criticu contr'a u Muvimentu Naziunale, dopu à a strage di Furiani è l'anni foschi di u 1990.
Era, dinò, unu di quelli chì luttava contr'a tutti i fascisimi è e so idee, chì volenu impone si in Corsica è in u mondu.
Oghje, cuntinueghja a so lotta.
Core in Fronte face e so parte di dolu à l'inseme di a so famiglia.
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Tu n’en n’as pas gardé le souvenir, c’est trop loin, trop vieux mais c’est sans doute resté imprimé quelque part tout au fond de ta mémoire.
Tête en bas, suspendu par les pieds, elle t’a administré quatre claques sur les fesses et c’est là que tout a commencé.
Des claques pour apprendre à vivre, à respirer, à crier. Belle entrée en matière non!
Et tout en s’affairant à te réchauffer, à te faire propre, te souviens tu du message q’elle t’a murmuré?
« Regarde bien petit, regarde bien et écoute, ouvre grand tes oreilles. Dès aujourd’hui tes jours seront comptés, tu n’es que de passage alors ne perd pas de temps, écoute, regarde, apprend et surtout agit. N’écoute pas les prophètes, ils ne prêchent que pour leur paroisse, les paroisses sont nombreuses et se plaisent à se faire la guerre. Ne te laisse pas séduire par les discours, mêle toi aux autres sans à priori, échange, partage, voyage, rebelle toi lorsque tu juges que c’est nécessaire, indigne toi, ne te soumet jamais et tout seul, en avançant dans la vie, tu trouveras ta route.
La vie doit être un combat, un combat contre l’arbitraire, contre la force brutale, contre toute forme de domination, d’exclusion, de servage et essentiellement tournée vers la dignité et la liberté de tes semblables.
Ne loupe jamais une occasion de rire, de chanter, de danser, de boire; même dans le combat, la vie doit rester une fête.
Saches aussi qu’en choisissant ce chemin, tu n’en tireras aucune gloire, aucun avantage, aucune fortune mais tu n’es pas unique, tu ne seras pas seul et avec les millions d’autres qui chemineront à tes côtés, peut-être, peut-être que le monde un jour retrouvera un peu d’humanité.
E fà casu di a to terra.
Va, et ne me fais pas regretter ces quatre claques »…
« Ho là, ho là, ça va quoi, je veux être d’abord un enfant roi, j’suis jeune, j’ai envie de croquer la vie à pleines dents, je veux tout et tout de suite, le monde m’appartient et veux en être le centre, jouir de tout, ne me préoccuper que de moi même, de mes plaisirs, satisfaire mes envies et j’ai là, de quoi m’occuper sans qu’il ne me reste de temps à perdre pour me préoccuper des autres ».
Oui mais voila, ce temps là passe aussi, le temps de l’insouciance, du vivre au jour le jour et tu te réveilles un beau matin, confronté aux réalités de la vie, ses contraintes, ses obligations, ses injustices, tu y cherches un sens et découvres que tout est politique, que tu es et que tu appartiens à une terre, que tu es porteur d’une histoire, d’une culture, d’une langue, de traditions qui ont traversé les siècles, qui ont permis de maintenir une cohésion, des solidarités, des réflexes d’autodéfense chaque fois qu’ils étaient agressés par des forces extérieures mais souvent aussi, intérieures.
Et t’es persuadé que l’avenir de ton pays ne peut se trouver que dans le chemin qu’ont tracé tes anciens, de leur labeur, de leur ingéniosité, de l’exploitation des richesses de cette terre, de l’apport des connaissances de gens venus d’ailleurs qui ont choisi de mêler étroitement leurs racines aux tiennes afin que poussent de nouveaux fruits qui enrichissent ton île.
E a Leva di u settanta, u Riacquistu.
Et ça te soulève, ça t’emporte, seremu infine, rinasceremu è camperemu à a nostra manera…UNA CITADELLA DA FÀ.
A lotta è a prima vittoria, a riapertura di l'Università di Corti. A nostra ghjuventù amparerà, si furmerà per l’avvene, un altru avvene.
Se débarrasser de la chape de plomb, imaginer, créer, s’émanciper,
franchir et se libérer des lignes rouges tracées et imposées par des faiseurs de lois, les tenant d’un pouvoir sans partage qui ne sert que leurs intérêts particuliers, de classe, en renforçant leur domination par la corruption, le clientélisme, les passe-droits; te contraignent à l’immobilisme, au renoncement…au départ.
Campà qui, reconstruire à partir d’une langue, d’une culture, d’une façon d’être, une histoire au service des intérêts collectifs de ton peuple.
Il aura fallu en franchir des lignes rouges et il aura fallu en payer le prix mais lorsque le choix est délibéré, lorsque tu n’es pas contraint, tu assumes et tu paies comptant.
LES ANNÈES DE PLOMB.
Rien ne t’y avais préparé, un goût de cendre dans la bouche, le dégoût que tu traineras jusqu’à ton dernier jour.
Et pourtant…
Tu as voyagé, tu as traversé des frontières, travaillé sur d’autres continents per stanta u to pane et partout, sur chaque terre foulée, au sein de chaque peuple rencontré tu n’auras pas été sans remarquer que toujours, les mêmes forces s’affrontent.
Une majorité de citoyens qui n’aspire qu’à vivre libre et dignement sur sa terre, à protéger, défendre, faire vivre sa langue, sa culture, ses traditions, rester en symbiose avec son environnement, la nature qui l’entoure, les solidarités parce qu’il s’en nourrit, en vit depuis la nuit des temps.
Et face à elle, une minorité, une minorité puissante et sans scrupule, n’hésitant pas elle non plus à mettre en avant la langue, la culture, les traditions tout en déforestant, polluant les sols, les rivières, l’atmosphère, usant et abusant de pesticides, détruisant flore et faune au nom du profit.
Cette même minorité qui chez nous, tout en brandissant à bandera et entonnant le « Dio » prend appui sur l’identité pour servir ses intérêts propres, son avidité, sa soif de pouvoir, de domination en spoliant i so fratelli, en s’appropriant le domaine public, u cumunu, bétonnant le littoral, contournant les lois, utilisant les pressions et la force et les organisations mafieuses.
Les colons de l’intérieur faisant la courte échelle à ceux de l’extérieur.
Et la Corse, lentement mais sûrement s’installe dans la prostitution, orientée en cela par certains de ses enfants souteneurs qui exigent d’elle qu’elle écarte toujours un peu plus les jambes afin d’engranger toujours plus de gains et en lui laissant croire que les quelques miettes qu’ils lui consentent, sont le seul moyen pour elle de survivre.
Et ici comme là bas, ils mettront en avant le « droit du sang » pour s’octroyer tous les droits, assoir leurs domination, leur suprémacisme sans se soucier d’avoir directement contribué à faire disparaitre notre monde.
Notre monde, c’est aussi le monde des autres, nous n’en sommes pas le centre mais nous en sommes.
Cette mosaïque de peuples, de langues, de cultures, de valeurs, de traditions, de couleurs de peau dont nous sommes partie Intégrante et qui composent le patrimoine mondial de l’humanité.
Et porter atteinte volontairement ou par négligence à la plus infime partie de cette mosaïque, ne constitue ni plus ni moins qu’un génocide.
È puru simu sempre quì.
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MICHEL PADOVANI
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Michel Padovani