ANNA MARIA CARULINA CELLI ... EXTRAIT
J’aime, et alors, enfoncer les portes ouvertes
Celles que l’on passe sans même s’y arrêter
Les évidences ne le sont jamais jusque dans leurs recoins
Il faut y aller pour y cueillir la rose et la fleur de pêcher
Le cœur se cultive plus encore que les jardins des oasis
Plus encore que la rose
Ou la fleur de l’arbre aux fruits les plus doux
Ne te plains pas de l’amertume suspendue aux branches du verger
Quand seulement tu as ouvert la main pour la refermer sur une pomme dorée
Tu n’es pas un jardinier
Tu es un enfant pendu au sein de la terre
Un vieil enfant qui n’a rien appris du temps
Les pis de ta vache qui t’ont offert le lait sont taris
As-tu pris soin de la vache quand en hiver l’herbe a manqué?
N’est ce pas toi que je vois donner des coups de pied dans la bête en pleurnichant que tu as soif ?
Et toi qui as tout donné en un instant par désinvolture
Car on ne sème pas n’importe où n’importe quand n’importe quoi
Que te reste t’il
L’impatience a vidé ta besace
Tu as faim aujourd’hui
Et tu vendrais père et mère pour la caresse que reçoit un chien
L’un vole dans les poches du voisin
L’autre se dépouille lui-même
Et le jardin secret meurt
Prends un rayon de soleil un jour où il s’étend et puis rends toi à l’ombre
et puis sers-toi d’une pierre d’une branche tombée sur le chemin d’une rafale de vent
Travaille
À mains et coeur nus travaille
Les saisons sont des livres d’images
Apprends à lire tant que le livre est ouvert
.
ANNA MARIA CARULINA CELLI
poèmes
.
/image%2F1206717%2F20260306%2Fob_8ea66d_anna-maria-carulina-jpg28.jpg)