CHANT DU SÉQUOIA (fragment)
Un chant de Californie,
Une prophétie, un avis détourné, une pensée impalpable à respirer comme l’air,
Un chœur de dryades qui s’évanouissent, s’éloignent, ou d’hamadryades qui s’ éloignent,
Une voix géante qui murmure, fatidique, sortie de la terre et du ciel,
Voix d’un rude arbre qui meurt dans l’épaisse forêt de séquoias.
Adieu , mes frères,
Adieu, terre et ciel, adieu, eaux voisines,
Mon temps est fini, mon terme arrivé.
Le long de la côte nordique,
Un peu en deçà du rivage bordé de rochers et grottes,
Dans l’air salin venu de la mer, au pays de Mendocino,
Avec les lames comme basse et accompagnement sourd et rauque,
Avec le crac des coups de hache aux résonances musicales plantée par des bras forts,
Fendu bien avant par les langues aiguës des haches, là dans l’épaisse forêt de séquoias.
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WALT WHITMAN
Poète américain , 1819 - 1892
Extrait de " Feuilles d’herbe "
Traduit de l’américain par Léon Bazalgette
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