OLIVIER BENHAMOU ... Extrait
Dans un royaume en décrépitude,
Vivaient des gens sans inquiétude,
Qui faisaient rente de leur attitude.
L’un refusait tout bulletin,
Mais travaillait loin des témoins,
Pourvu qu’un billet changeât de main.
Il trouvait la dime trop concrète,
Mais vendait ses heures en cachette,
Sans jamais rougir de sa recette.
Il maudissait la nation traitresse,
Tout en profitant de ses largesses,
Et réclamait toujours des prouesses.
Plus haut siégeaient d’autres compères,
En beaux habits, dans leurs ministères,
Qui se servaient dans les caisses pépères.
Ils votaient les lois bienfaisantes,
Pour leurs carrières très florissantes,
Et leurs retraites bien rutilantes.
Ils promettaient des jours meilleurs,
Puis s’octroyaient quelques faveurs,
En bons gardiens de leurs propres bonheurs.
Quand le peuple criait d’inanition,
Ils convoquaient quelque commission,
Puis s’offraient une promotion.
L’un cachait quelques revenus,
L’autre cachait quelques indults,
Tous deux dormaient sans déconvenues.
Le petit fraudait pour sa pitance,
Le grand se servait avec élégance,
Et tous deux nomment droit leur jouissance.
Ainsi mourait la vieille morale,
Chacun trouvait une voie latérale,
Pour prendre au pays son capital.
Le pays sombrait implacable,
Car nul ne se croyait responsable,
Chacun se disait respectable.
Ainsi tout le pays chavire.
Les rats quittèrent le navire,
Mais nul ne voulut se dédire.
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OLIVIER BENHAMOU
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