30 septembre 2026
SOLITUDE
En toi tu es toute, mer, et cependant,
comme tu es sans toi, comme tu es seule,
et loin, toujours, de toi-même !
Ouverte de mille blessures, sans cesse,
tel mon front,
tes vagues vont, comme mes pensées,
et viennent, vont et viennent,
se baisant, s’écartant,
en un éternel se connaître,
mer, et ne plus se connaître éternel.
Tu es toi, et tu ne le sais pas,
ton cœur bat, et il ne le sent pas…
Quelle plénitude en solitude, mer seule !
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JUAN RAMON JIMENEZ
« Journal d’un poète jeune marié », 2009.
Traduit de l’espagnol par Victor Martinez, © Librairie La Nerthe éditeur
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Photographie Gaëlle de Trescadec
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