JEAN ROUSSELOT
…et s’en vint à nous l’écriture
à la fois solfège et musique
soleil et gnomon
jusqu’alors accaparée
tels les chaumes qu’on brûle
pour affamer alouettes et glaneuses
par de hautains feudataires
ou des moralistes châtrés
Désormais pas d’autres raisons d’être
y compris révolte, compassion
dévergondage, dénuement
inaptitude au sacré avec ou sans sucre
que cette perpétuelle redoublante
acharnée à ne pas entendre
les questions sans réponse
qui sont le propre de l’homme.
Interdits de séjour
dans les jardins suspendus
de l’inconnaissable
nous nous accommodons
de vivre à petit feu
jamais en retard à la distribution des nèfles
ou à la chasse au Dahu
Seul luxe
Ne nous travailler l’âme que dans le sens du bois
Seul espoir
Exister un peu plus que nécessaire.
J’aurai vécu
comme on compterait sans ouvrir les yeux
la menue monnaie du silence
agacé autant que Nietzsche
par le tic-tac des lois et le tic-tac des montres
mais rassuré de loin en loin
par un braiment particulièrement tragique
ou le tintement d’une étoile
sur la tôle des apories
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JEAN ROUSSELOT
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Oeuvre Alberto Giacometti
