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EMMILA GITANA
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6 janvier 2013

ANAMORPHOSE...Extrait

Tu revenais de tes marches lentes, étouffé de pensées, étourdi d'oiseaux. Tu avais, sur la lèvre un bout de poème, mille frelons dans l'esprit. Tu étais oiseau et aile et branche. Tu étais la vague en plein midi, le chant d'une ruche, tu étais l'âme, le mot, tous les mots, tous les ciels, l'infini sous la langue.

Tu n'as jamais su quel idiome t'habitait. Tes mots migrant d'un pôle à l'autre de ton enfance t'ont toujours égaré. Ta parole métissée, mal tissée, mal venue, mal reçue, s'indure en toi. Cancer profond, sournois qui pousse ses métastases avec un acharnement aveugle...

Ce jour-là, tu avais perdu la complicité de ton verbe. Tu étais soudain au-dehors, à la marge du non clos où bruissaient les rumeurs des autres. Écœuré de trop de failles, de béances offertes sans pudeur. Saturé du rose furtif, de plissures, d’ombres rapiécées qui couvrent mal. Saturé de ton ébranlement, de tes désirs.

Peu importait ta couleur secrète. Peu importait ce moi grandi par à coups. Peu importaient les sutures, le bourgeonnement sauvage de tes pensées, tu revenais nu, défait de ta marche solitaire et sensible. En toi un étranger palpitait que tu ne reconnaissais pas.

 

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AGNES SCHNELL

 

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MONET3

Oeuvre Claude Monnet

 

 

 

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