ANTHOLOGIE DES POETES GABONAIS D'EXPRESSION FRANCAISE...RAPHAËL MISERE - KOUKA ...Extrait
La mer est une toile à l’infini, qui semble offrir à mes yeux charmés de splendeur des échancrures bleutées.
Libreville, ville habillée d’un halo de lumières diurnes vibre au rythme mélodieux de Neptune ou de Poséidon.
Les voiliers esquissent des arabesques sur l’épiderme marin et se diluent dans les profondeurs de l’infini et de l’inconnu.
Hirondelles et pique-bœufs, martinets et martins-pêcheurs effleurent radieusement le métal aquatique et entonnent l’hymne de la félicité divine.
Libreville, parée tantôt de ses costumes classiques, tantôt emmitouflée dans ses pagnes couleurs africaines miroitantes, s’enorgueillit d’’être élue ville côtière, telle Marseille aux portes de la Méditerranée ou Pointe-Noire, unique fille marine du Congo-Brazzaville, imbue d’élégance.
En face, c’est la Pointe-Denis, exotique îlot à la beauté multiple et naturelle, réputée par ses flots de mystères, aguichant des vagues d’hôtes et de touristes éberlués, tel un aimant happant des pièces d’argent ou de cuivre.
Des bâtiments marins flottent inaudibles, comme des feuilles mortes sur la peau de l’océan à perte de vue, embaumant de ses torrents de fumée bleuâtres le ciel bleu marié au bleu de l’atlantique.
Tout est uni dans ces épousailles de l’azur et de l’eau, qui marquent une ligne invisible, pour celui qui contemple voluptueusement la nature dans son ballet de transes inédites.
L’estuaire du Gabon avalé par des houles sournoises de la mer qui rêve, fait goûter au nageur à la marinière ou au crawl et au rameur audacieux une eau imprégnée de saveur salée.
Les pêcheurs essaimés le long de la côte récoltent des poissons au corps dodu et aux écailles scintillant sous la caresse des faisceaux solaires, tel un marbre lustré par un détergent.
Assise sur la lisière de la mer, le buste dévoilant une prestance féminine conquérante, Libreville se laisse bercer par le pouls de la brise, qui séduit le poète que je suis, en quête transcendantale des êtres visibles et invisibles, à l’image des sirènes qui gouvernent les eaux.
La mer est une toile à l’infini, qui semble offrir à mes yeux charmés de splendeur des échancrures bleutées et m’incite à décrypter les hiéroglyphes sacrées des grimoires antiques, afin de me faire élire maître ès sciences théosophiques.
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RAPHAËL MISERE-KOUKA
http://poesiedanger.blogspot.ca/2012/11/lafrique-au-coeur.html
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