UNE MIGRATION SANS FIN...Extrait
Un jour,
Nous revenions de la fontaine
Au petit matin,
Tu m'as demandé :
"Que hais-tu
Et qui aimes-tu ?"
Et j'ai répondu,
De derrière les cils de la surprise,
Mon sang circulant à grande vitesse
Comme l'ombre d'une nuée d'étourneaux :
"Je déteste le départ ...
J'aime la source et le chemin
Et j'adore le mi-matin."
Alors tu as ri
Et les amandiers ont fleuri
Les nuées de rossignols ont chanté
Dans le bois
Question
Qui a quarante ans d'âge,
Je salue sa réponse ;
Et réponse
Aussi vieille que ton départ,
Je salue sa question.
Et aujourd'hui,
C'est absurde,
Nous voici dans un aéroport neutre
Nous nous rencontrons
Par pur hasard.
Ah ! Seigneur !
Nous nous rencontrons !
Et te voici
Qui poses encore
La même question !
C'est vraiment absurde !
Je t'ai reconnue
Mais toi, tu ne m'as pas reconnu.
"Est-ce toi ?!"
Tu ne voulais pas y croire.
Soudain
Tu as explosé et demandé :
"Si c'est bien toi,
Que hais-tu
Et qui aimes-tu ?"
Et je t'ai répondu,
Mon sang s'enfuyant du hall
Et circulant à grande vitesse
Comme l'ombre d'une nuée d'étourneaux :
"Je déteste le départ...
J'aime la source et le chemin
Et j'adore le mi-matin."
Alors tu as pleuré,
Et des fleurs ont baissé la tête,
Des colombes ont trébuché
Sur la soie du chagrin.
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TAHA MUHAMMAD ALI
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OeuvrePeter Mitchev
