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EMMILA GITANA

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10 mars 2024

AVERTISSEMENT AUX LECTRICES ET LECTEURS

Nous tenions à prévenir les lecteurs de ce blog que certains " incidents " et changements de cet espace poétique et littéraire sont indépendants de notre volonté...En effet suite à la migration des milliers de blogs de " Canalblog " vers la plate-forme...
30 octobre 2026

ANNA MARIA CARULINA CELLI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui a plus d’une maison perd la raison 
Dict-on 
Où ta maison ? 
Qui est ta maison ? 
Est-ce la paume d’une main 
Le nid d’un oiseau 
Une fontaine sur le chemin 
Les bras d’un ami 
Le ventre d’une femme 
L’ombre que tu suis 
Le bleu de la flamme 
La nef d’une église 
Une barque sur l’eau 
La poche d’un manteau 
Une enveloppe close sur un mot secret 
Jamais envoyé 
Que nul ne la lise 
Le sourire d’un visage 
Ou le luire de sa larme 
Le lit d’un nuage 
Dans la chambre du ciel 
Ou seulement ta fleur 
Intérieure 
Elle s’ouvre et se replie 
Elle se déroule et s’enroule 
Ressac infini 
Elle respire
Où est ta maison ? 
Ici et loin d’ici 
Qui est ta maison ? 
Tu es l’arche qui passe 
Ici et loin d’ici 
Emplie de toutes les espèces 
De tous les espaces
Une maison sans adresse 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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# ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI, MAISON, INTERIORITE, COEUR, ARCHE, REFUGE, APAISEMENT

 

30 octobre 2026

RESSUSCITER... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je suis un jour entré dans un lien où chaque parole de l’un était recueillie sans faute par l’autre. Il en allait de même pour chaque silence. 
Ce n’était pas cette fusion que connaissent les amants à leurs débuts et qui est un état irréel et destructeur. 
Il y avait dans l’amplitude de ce lien quelque chose de musical et nous y étions tout à la fois ensemble et séparés, comme les deux ailes diaphanes d’une libellule. 
Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première - celle qui permet de vendre toutes les autres -. 

 


L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CHRISTIAN BOBIN

 Gallimard, 2001, p. 27.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CRISTIAN BOBIN, COMPREHENSION, SILENCES, PARTAGE, DEUX, LIEN, PLENITUDE, LIBELLULES

 

28 octobre 2026

CHARLES BUKOWSKI A " APOSTROPHES "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


«Je me fous toujours dans des situations pas possibles. Mais quelle coterie de snobs ! C’était vraiment trop pour moi. Vraiment trop de snobisme littéraire. Je ne supporte pas ça. J’aurai dû le savoir. J’avais pensé que la barrière des langues rendrait peut-être les choses plus faciles. Mais non, c’était tellement guindé. Les questions étaient littéraires, raffinées. Il n’y avait pas d’air, c’était irrespirable. Et vous ne pouviez ressentir aucune bonté. Il y avait seulement des gens assis en rond en train de parler de leurs bouquins ! C’était horrible…Je suis devenu dingue.»

 

 

 

 

 

 

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CHARLES BUKOWSKI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2026

LE CHAT BLANC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Il est arrivé devant ma porte une nuit, mouillé, maigre, blessé et terrifié :
un chat blanc, louche, sans queue.
Je l’ai fait entrer, je lui ai donné à manger… et il est resté.
Il a fini par me faire confiance, jusqu’au jour où un ami a monté la rampe du garage…
et l’a renversé.

 


J’ai emmené ce qu’il restait de lui chez le vétérinaire, qui m’a dit :
« Il n’a pas beaucoup de chances… donne-lui ces comprimés…
sa colonne est brisée ; elle l’était déjà avant, mais d’une manière ou d’une autre, elle s’était ressoudée.
S’il survit, il ne marchera jamais.
Regardez ces radios : on lui a tiré dessus, là, voyez ?
Les plombs sont encore là… Et autrefois, il avait une queue, mais quelqu’un la lui a coupée… »
Je suis rentré avec le chat.

 


C’était un été brûlant, l’un des plus chauds depuis des décennies.
Je l’ai installé sur le carrelage frais de la salle de bain.
Je lui donnais de l’eau et ses médicaments,
il ne mangeait pas, ne touchait même pas à l’eau.
Alors je trempais mon doigt dedans pour lui humidifier la bouche.
Et je lui parlais. Je ne le quittais pas.
Je passais des heures dans la salle de bain à lui parler doucement,
à le toucher avec délicatesse.
Il me regardait de ses yeux clairs, bleus et louches.

 


Et les jours ont passé.
Un jour, il a bougé : il s’est traîné en avant avec ses pattes avant,
les arrière ne répondaient pas.
Il a réussi à atteindre la litière, à s’y hisser tant bien que mal.
C’était comme si une trompette sonnait la victoire,
dans la salle de bain et dans toute la ville.

 


Je me suis vu en lui.
Moi aussi, j’en avais bavé — pas autant, mais assez quand même.
Et puis, un matin, il s’est levé.
Il a tenu debout, est retombé, m’a regardé.
« Tu peux le faire », je lui ai dit.
Il a continué, tombait, se relevait,
jusqu’à ce qu’enfin, il fasse quelques pas.
Il titubait comme un ivrogne ; ses pattes arrière refusaient d’obéir, il retombait,
se reposait… puis recommençait.

 


Tu connais la suite :
aujourd’hui il va mieux que jamais —
toujours louche, presque édenté,
mais il a retrouvé sa grâce.
Et ce regard… ce regard n’a jamais disparu.
Et parfois, on m’invite à des interviews.
On veut m’entendre parler de la vie, de la littérature.

 


Alors je suis un peu ivre,

je prends dans mes bras mon chat louche, criblé de plombs, écrasé et sans queue, et je leur dis :
« Regardez, regardez ça ! »
Mais ils ne comprennent pas.
Ils disent des trucs comme :
« Et vous dites que Céline vous a influencé ? »
« Non », je réponds. Et je soulève le chat :
« C’est ça qui m’influence. Ce genre de choses. Cela, lui ! »
Je le secoue doucement, je le tiens dans la lumière trouble et alcoolisée,

 


il reste calme.
Il sait.
C’est là que l’interview se termine.
Et même si parfois je ressens une certaine fierté quand je vois les photos ensuite —
moi, et lui, ensemble sur l’image…
Lui aussi sait que tout cela est idiot.
Mais que d’une manière ou d’une autre,
ça aide. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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CHARLES BUKOWSKI


 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Charles Bukowski

26 octobre 2026

LA FOLIE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On se tue comme on rêve, dans l’ignorance de ses pouvoirs. Et pour sauvegarder la seule dignité que cette vie devrait avoir, celle d’être vécue pour elle seule, on se révolte. Mourir, c’est partir un peu, ce n’est rien quand on a su assister à la débâcle de toutes les promesses de l’enfance devant l’invasion des questions sans réplique qui déjà depuis l’âge de raison filtraient dans l’esprit au travers de persiennes qui ne s’ouvriront pas et que l’on mettra en veilleuse au chevet de ce corps que j’aurai déserté – vrai désert que ma voix aura cessé de hanter, restituant à la statue la rigidité compromise à l’aube d’un réveil toujours retardé par les gestes du dormeur qui n’échappera pas à la noyade.

 

 

 

...

 

 

 

 

Chargée d’énigmes, l’aventure commence lorsqu’il faut déjouer le trépas. Sur la piste de léthargie un prince de la mort est dans l’entendement : c’est le poète. Il s’exprime vraiment au péril de sa vie, pour que brille l’heure du plaisir. « C’est encore la première. » Mais en ce qui concerne la pensée, la folie est l’aspect vivant du péril et la dernière extrémité dont il ne peut rapporter quelque chose, comme de la mort, pour autant qu’on sache. La mort de la folie m’a laissé bizarrement inexpressif. Je ne saurais écrire du grand frisson mortel désiré non plus, préférant l’éprouver par plaisir et goût du jeu.

 

 

 

 

 

 

 

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STANISLAS RODANSKI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STANISLAS RODANSKI, FOLIE, INTERNEMENT, ENIGMES, POETE, PERIL, DIGNITE, REVOLTE, ESPRIT

 

Photographie Josh Liddiard

26 octobre 2026

STANISLAS RODANSKI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ma main de gloire joue sur les fils de la vierge

La nuit est une grande lyre mélodieuse
Ma musique brûle l'ombrage des arbres mortels
Ma musique brûle d'accord avec l'eau
J'apporte ma flamme au cœur de la glace
Cristal silencieux de ma solitude
Libéré mon ombre mon reflet morts avec les feuillages
Je suis seul

 


Au bord d'une mer de lait où nagent des poissons fraternels
Mon sang perpétuel connaît sa profondeur
Pour aimer il faut être deux
L'amour est une grande solitude
Etoile de mer la femme est une eau méditative
Prisonnier des places des plaines multiples
J'ai fui en moi le monde

 


Bel espace restauré grandeur nature
Le monde lieu commun
Lieu humain
Chacun son centre intime égal à l'un à l'autre
Du pareil au même on va on vient
Tels qu'en nous-mêmes en fin de quête
La vérité nous baigne tout nus dans notre nudité rayonnante

 


Mille fois plus seul de se regarder dans les yeux
Et de s'y retrouver au fond du puits
Puits de science intime
Je suis si vaste d'être seul
Je me croirai multiple
Femme ton corps est une lune rousse
Ta nuit une gelée blanche

 


Ton corps de tous les jours est un matin
Mais tu es toutes les pluies de la mer
Et pour cela je t'aime
Aimant la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STANISLAS RODANSKI

 

 

 

Stanislas Rodanski est un poète surréaliste français qui a choisi de s'enfermer volontairement en asile psychiatrique pendant 27 ans comme acte de rébellion ultime contre la société. Marqué par la déportation durant sa jeunesse, il s'est retiré du monde moderne pour vivre dans un isolement presque total tout en poursuivant son écriture clandestine jusqu'à sa mort en 1981. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 STANILAS RODANSKI, NUIT, SOLITUDE, FEMME, EXISTENCE, FUITE

 

26 octobre 2026

DEMEURE LE SECRET ET AUTRES POEMES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour que demeure le secret
Nous tairons jusqu’au silence

 


Nul oiseau n’est coupable
Du tumulte de nos cœurs

 


La nuit n’est responsable
De nos jours au fil de mort

 


Il n’est que grande innocence
Et des colonnes en marche

 


Mais les plaines soulignent
Notre solitude de leur blé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MAX POL FOUCHET

1961

 

 

 

 

 

 

 

 

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MAX POL FOUCHET, SOLITUDE, BLE, SECRET, SILENCE, EXISTENCE, NUIT

 

26 octobre 2026

D'AUTRES ANNONCIATIONS - POEMES 1980-2012 ...Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le pain de solitude
Nous fûmes ce triangle d'oies sauvages
survolant le cantique des pierres.
Nous fûmes le vert posthume du laurier
lorsque nos doigts lassés de tant d'absence
caressaient le ronronnement du soleil.
Nous fûmes le pain de solitude
que se partagent les rescapés
sur l'épave acérée?
 plaie contre plaie ?
avec leur cœur rongé de goémon.
Nous fûmes ce que nous allions devenir
à force de thésauriser le temps :
le poisson double qui nage sous les tempes
récitant la complainte de l'outre-été
le ventre rouge de l'œillet
les syllabes de verre dans la bouche du muet.

 

 

 

 

 

 

 

 

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NOHAD SALAMEH 

1947, Baalbek, Liban
 © Le Castor astral, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

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NOHAD SALAMEH, NATURE, BEAUTE, TEMPS, ABSENCE, SOLITUDE, LIBAN, MUTISME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19 octobre 2026

DECLARATION - REMPART

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand s’infinit la vague
répétée dans l’image
de son mouvement surpris
le regard rallie ses semblables
sur la crête
et les mots à l’aveugle
survolent le sens
dépouillé de la mer

 

 

Ils errent dans l’oubli
des pays intérieurs de l’écume

 

 

Ce n’est ni la nuit
ni le jour
mais leur écart de givre
une lame invisible
insomniaque
guettant l’instant
d’une pure envolée
sous l’orage
et couvre sans las la plainte
de l’espace

 

 

vois l’arbre à son faîte
ll discerne
la clairière

 

 

Vois l’abeille
Ivre de parfum
elle séduit
la fleur hésitante

 

 

N’abandonne plus la langue
sur l’épave
de ton nuage

 

 

Sous aucun mirage
ne dérobe les sables
à leur château
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PHILIPPE TANCELIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2026

LE SENS DU BONHEUR ... EXTRAIT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


‘’Écoutez d'abord la question, car il est très important de comprendre la question et de ne pas se contenter d'attendre une réponse. La question est celle-ci si tous les individus étaient en révolte, le monde ne serait-il pas dans le chaos ? Mais la société actuelle baigne-t-elle dans un ordre à ce point parfait que, si tout le monde se révoltait contre elle, ce serait le chaos ? Le chaos n'est-il pas déjà là en ce moment même ? Tout est-il magnifique, exempt de corruption ? Tout le monde mène-t-il une existence heureuse, pleine et riche ?

 

L'homme ne se bat-il pas contre son semblable ? N'est-ce pas le règne de l'ambition, de la compétition sauvage ? Le monde vit donc déjà dans le chaos : telle est la première constatation à faire. Ne prenez pas pour acquis le fait que cette société soit en ordre - ne vous laissez pas hypnotiser par les mots. Que ce soit ici en l'Europe, ou en Amérique, ou en Russie, le monde est en voie de décadence. Si vous voyez cette décadence, vous êtes face à un défi vous êtes mis au défi de trouver une solution à ce problème urgent. Et la façon dont vous relevez ce défi a de l'importance, n'est-ce pas ?

 


Si vous n'êtes vous-même ni ambitieux, ni avide, ni cramponné à votre propre sécurité, alors vous pouvez répondre au défi et faire éclore un monde nouveau.’’

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JIDDU KRISHNAMURTI

La révolte et le chaos

Point Sagesse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JIDDU KRISHNAMURTI, REVOLTE , CHAOS, CORRUPTION , GOUVERNANTS, DECADENCE

 

17 octobre 2026

JEAN-MARC LA FRENIERE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voyage comme un nomade, le vaste corps du monde, de la fraîcheur des sources à la brise du désert, de la fraîcheur de l'eau à la peau des flammes,
de la froideur des objets à la toux de l'âme, de la salive de la mer à les mots sur la page, de la poule silencieuse à la boîte de la lumière dans l'air libre.

 


Je voyage le monde comme un ruisseau perdu où les animaux viennent boire.
Je collecte un par un les larmes oubliées, les ailes des oiseaux pétillants dans le bois. Je marche en trébuchant de la blessure au baume.
J'aimerais savoir ce que les arbres parlent quand le vent les visite, ce que un oiseau chante pour endormir le nid.

 


Nous apprenons la vie par les gestes que nous faisons.  
Nous apprenons la langue par les mots que nous disons.  
Je construis ma maison avec du bois de la forêt.  

 


Je traverse la page du bœuf et du mouton, la montagne et le pain, la printemps et le volcan.  
Ils se comprennent mieux que les hommes. L'espèce de l'air se retrouve dans l'épave de la terre.  
Je trace un cœur dans les lignes de l'œuf.  
Je regarde le ciel sans oublier la terre. Les racines tordues ont le profondément de l'abîme. Les profondeurs de l'abîme attirent le soleil.

 

 
Les grands pousses de la yin apportent parfois le yin cartes à la fois.  
Son vieux roue en bois ne reste pas en place.  
La croissance de la lune, je traverse l'histoire du ciel comme un nomade.  
Je cherche encore la porte d'entrée ou de sortie, un horizon infini, une horloge sans temps.  
Je préfère les végétations aux marbre, les branches de l'orange aux carrosseries, les épines aux bois de la hache.  

 


Même le vent dans les feuilles est un son sans son.  
La peur du chasseur tait la voix des oiseaux.  
La tendre des épines, la douceur des épines, la bonté des épines, la force des plantes sous le poids de la neige.  

 


Je ne compte pas les jours mais les épreuves.  
Les chiffres de la pluie s'accumulent dans les parfums.  
Le soleil multiplie les branches du jardin.  
Sur le rocher de l'homme, je me tiens aux images pour ne pas perdre l'équilibre.  
Je laisse sur le rocher les cicatrices dans le feu.  
Dans la chair de l'œuf, je trace un cœur dans les lignes de l'œuf.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN-MARC LA FRENIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN-MARC LA FRENIERE, EXISTENCE

photographie Kostis Moudatsos, post processing Katerina Dramitinou

17 octobre 2026

LA VIE DANS LES PLIS ... Extait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’attente
Un être fou,
un être phare,
un être mille fois biffé,

 


un être exilé du fond de l’horizon,
un être boudant au fond de l’horizon,
un être criant du fond de l’horizon,
un être maigre,

 


un être intègre,
un être fier,
un être qui voudrait être,
un être dans le barattement de deux époques 
     qui s’entrechoquent,

 


un être dans les gaz délétères des consciences 
     qui succombent,
un être comme au premier jour,
un être…

 

 

 

 

 

 

 

 

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HENRI MICHAUX

1949, © Gallimard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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HENRI MICHAUX, HUMAIN, EXISTENCE

 

Artiste ?

16 octobre 2026

IVRE D'UN GRAND RÊVE DE LIBERTE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. "
Missak Manouchian 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tourmenté par Morphée, je me suis livré aux caresses
Apaisantes, attentives et maternelles de la nature ;
Les informes images de mes profondeurs vacillantes
Se métamorphosent et se singularisent par son souffle d’amour

 

 


La paix partout répandue, l’ivresse voluptueuse
S’enlacent dans l’obscurité des pensées …
Les étoiles s’allument tout entières, et la lune d’argent, comme
Un miroir, brille dans les eaux de l’étang du clos.

 

 


Pommiers, poiriers, amandiers à la robe de fiancée,
Fleurs aux mille noms, berceuse dans le jardin odorant
Offrent leur âme parfumée à tout vent …
L’enclos est temple silencieux, encens, fertile en prière.

 

 


Le rossignol presse son cœur sans fin tout contre mon cœur …
Dans le jardin, grillons et grenouilles donnent leur mélopée ;
La rosée étreint encore les tièdes frissons ;
Des instants de fraîcheur portent la nuit jusqu’au baiser de l’aube.

 

 


Mon âme telle une enfant est plongée dans l’enchantement
En voyant les étoiles s’allumer, ivres et tremblantes d’amour ;
L’inépuisable délicatesse du printemps fait passer
Au cœur des arbres, des herbes et des fleurs la sève du soleil …

 

 


Ils sortent de mon esprit, les messages bornés de la connaissance ;
Elle tombe de mon cœur, toute la vie intelligible des livres ;
Et dès lors, mon cœur purifié adore les mystères illimités
Des éléments de la nature qui profèrent un langage sensible …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MISSAK MANOUCHIAN
Châtenay, mai 1933
 Traduit de  l’arménien par Stéphane Cermakian 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MISSAK MANOUCHIAN, NATURE, BEAUTE, RÊVERIE, LIBERTE, ETOILES, ÂME

 

16 octobre 2026

LE JOUR SE LEVE ENCORE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Quand tu n'y crois plus, que tout est perdu
Quand trompé, déçu, meurtri
Quand assis par terre, plus rien pouvoir faire
Tout seul, dans ton désert
Quand mal, trop mal, on marches à genoux
Quand sourds les hommes n'entendent plus le cri des hommes

 

 

Tu verras, l'aube revient quand même
Tu verras, le jour se lève encore
Même si tu ne crois plus à l'aurore
Tu verras, le jour se lève encore
Le jour se lève encore

 

 

La terre saigne ses blessures
Sous l'avion qui crache la mort

 

 


Quand l'homme chacal tire à bout portant
Sur l'enfant qui rêve, ou qui dort
Quand mal, trop mal, tu voudrais larguer
Larguer, tout larguer
Quand la folie des hommes nous mène à l'horreur
Nous mène au dégoût

 

 

N'oublies pas, l'aube revient quand même
Même pâle, le jour se lève encore
Etonné, on reprend le corps à corps
Allons-y puisque le jour se lève encore
Le jour se lève encore

 

 

Suivons les rivières, gardons les torrents
Restons en colère, soyons vigilants
Même si tout semble fini
N'oublions jamais qu'au bout d'une nuit
Qu'au bout de la nuit, qu'au bout de la nuit ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BARBARA

 

 

 

 

 

 

 

 

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BARBARA, MONIQUE CERF, MONDE, CONFLITS, CRIMES, DOULEUR, SOLITUDE, ESPOIR

Artiste ?

16 octobre 2026

GOVRACHE - COMPAGNIE REPUBLICAINE DE ... SECURITE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


J’voudrais écrire un texte pour comprendre qui tu es
Pour savoir si t’as pigé le sens du mot « Gardien de la paix »
J’veux comprendre pourquoi cogner sur de braves gens
Ne te pose aucun problème
Toi le gardien de la paix… La pérennité du système

 

 

J’veux pas écrire un slam sur toi à coups de slogan qu’on rabâche :
« Un CRS égal une balle » ou « Mort aux vaches »
C’est vrai qu’de loin t’as l’air d’un beauf, d’un deux neurones qu’aime son boulot
Mais j’suis prêt à prendre le pari que sous ton casque y’a un cerveau
Alors vas-y, réfléchis, fais-toi du bien !
Et tu comprendras qu’les intérêts qu’tu défends c’est pas les tiens !
Réfléchis, tu sentiras une fois debout
Qu’t’as des fourmis dans la conscience quand t’as l’cerveau au garde à vous

 

 


Allez pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame tu restes un galérien quand même
Allez pose ta matraque, rejoins-nous, désobéis
Parc’que le monde pour l’quel on s’bat
T’en fait partie !

 

 

Compagnie républicaine de sécurité mon cul !
Qu’est-ce que tu crois qu’tu sécurises à part des banques et des élus ?!
Quand t’attrapes ton flash-ball, ta matraque, quand t’attaques un cortège
Qu’est-ce que tu crois qu’tu sécurises ? Mais qu’est-ce qu’tu crois qu’tu protèges ?

 

 

Ça t’fait pas mal au cul d’frapper des infirmières en grève
Qui veulent plus de moyens pour te soigner quand tu crèves ?
Tu gazes des retraités qui manifestent alors même
Qu’ils ne se battent pas pour leur propre retraite mais pour la tienne !

 

 

Tu cognes des étudiants non mais sérieux tu donn’ras quoi
Comme excuse quand tes gosses voudront faire plus d’études que toi ?
Que c’était pas ta faute, que tu respectais les ordres ?
Mais y’a des flics qui démissionnent y’a des pitbulls qui r’fusent de mordre !
Des excuses t’en a pas, de c’merdier t’es complice
Car pour faire respecter la loi t’es prêt à chier sur la justice

 

 

Alors pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Et surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame tu restes un galérien quand même
Allez pose ta matraque et désobéis aux ordres
Il nous manque plus qu’ta goutte d’espoir pour qu’le vase de ras l’bol déborde

 

 

Et comme si ça n’suffisait pas de te faire cogner des grévistes
C’est encore toi qu’l’Etat envoie s’il veut déloger des zadistes
Des héros anti-Ayrault et toute sa bande de blaireaux
Qui préfèrent le béton aux fleurs et les avions aux oiseaux

 

 

Alors là tu peux t’lâcher, ces gens-là tout l’monde s’en fout !
C’est rien qu’des écolos hippies qui veulent pas qu’on bétonne leur trou
Mais c’est pas un trou connard c’est la planète et tu vis d’sus
Toi t’es juste le bras armé des enculés qui la polluent
Alors écoute, et dis bien, à ton boss au ministère
Qu’vous chang’rez pas le cours des choses à grands coups d’violence policière
Y'aura toujours des gens debout qui te crieront « Résistance »
Toujours des gens debout qui te crieront « Désobéissance »
Toujours des gens debout qui te prouv’ront
Qu’on n’détruit pas une belle idée à coups d’bâton !

 

 

Alors pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent

 

 

Pose ta matraque
Allez, pose ta matraque
Pose ta matraque
Ne tabasse pas ceux qui écopent

 

 

Allez, pose ta matraque
Pose ta matraque
Pose ta matraque
Allez !

 

 

Pose ta matraque, ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame… Galérien quand même

 

 

Allez, pose ta matraque, enlève tes œillères :
Et tu verras qu’l’herbe est plus verte de l’autre côté d’la visière

 

 

 

 

 

 

 

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GOVRACHE

Artiste, slameur, chanteur, poète

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 octobre 2026

LA PERDITION DU MONDE MODERNE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Cette civilisation moderne a conduit l' humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n' a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes. Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l' égoïsme et aux conflits. 

 


C' est dans la vision même de l' homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». Tant que l' aveuglement et l' ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent. 

 


L' intérêt pour la politique tient aujourd' hui la place que tenait autrefois l' intérêt pour la religion. Moins les gens ont l' intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société. 

 


En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu' une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique. Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l' Homme. 

 


Pour le moment, l' humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. L 'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure. Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer. 

 


C' est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l' aveuglement et l' ignorance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ARNAUD DESJARDINS
 Monde moderne et Sagesse ancienne

 1973 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ARNAUD DESJARDINS, MONDE MODERNE, AVEUGLEMENT, POUVOIRS, GÂCHIS, PERDITION

 

Photographie Phil Warwick

15 octobre 2026

A LA PLUS QUE PRESENTE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Entrer, renaître, comme si la mort
lâchait prise, nous en avons le droit
alors qu'une voix chante, l'aimée
ou la première à redresser les corps
à la proue de la note inquiète, la très fervente,

 


cette voix fait plus que répondre,
elle appartient au monde où mourir,
consentir, ce n'est pas, ce ne doit pas être
nous taire, à la fois perdre haleine,
puisqu'elle offre au présent le verbe "offrir"

 


à tous les temps, elle en est le visage
de connivence avec la flûte."

 

 

 

 

 

 

 

 

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PIERRE DHAINAUT

Publié par Le Silence qui roule, 2024

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PIERRE DHAINAUT, AMOUR, FEMME, PRESENTE, VOIX, CHANT

 


 

15 octobre 2026

JOURNAL D'UN POETE JEUNE MARIE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Solitude
En toi tu es toute, mer, et cependant,
comme tu es sans toi, comme tu es seule,
et loin, toujours, de toi-même !

 


Ouverte de mille blessures, sans cesse,
tel mon front,
tes vagues vont, comme mes pensées,
et viennent, vont et viennent,
se baisant, s’écartant,
en un éternel se connaître,
mer, et ne plus se connaître éternel.

 


Tu es toi, et tu ne le sais pas,
ton cœur bat, et il ne le sent pas…
Quelle plénitude en solitude, mer seule !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JUAN RAMON JIMENEZ

2009. Traduit de l’espagnol par Victor Martinez,

© Librairie La Nerthe éditeur 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photographie Rachaël Talibart

15 octobre 2026

LES MAISONS... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ses yeux, le nuage de l'exil.
Dans la serviette de cuir, le livre, le crayon
Et un portrait de famille
Dans ses mains l'étain des fauteuils,
L'étain des corniches et des ornières
Dans ses mains l'étain de la poignée de main.
La serviette s'est inclinée vers le mur.
Va-t-il sortir d'abord ses mémoires ou, tel un magicien, une patrie:


Une maison,


Une rue


Et une capitale.


Il a fermé les yeux
Et s'est penché sur l'épaule de ses légitimes habitudes:
Il ne se liera plus d'amitié avec un autre vase
Il ne se confiera plus  à  un lit prêt à exploser dès la prochaine guerre
Il ne fera plus de thé, il ne chantera plus.
Il rôdera longtemps, entre cuisine et corridor
Et prêtera l'oreille au moindre bruit venant du portail du jardin.

 


Rien que papiers froissés sous des pas
Qui viennent
Puis
S'éloignent
Rien que murmures dans les maisons voisines.

 

 

 

 

 

 

 

 

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WALID KHAZNADAR

in Le poème arabe moderne.

Anthologie établie par Abdul Kader El Janabi.

Préface de Bernard Noël, Maisonneuve & Larose, 1999, page 210.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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WALID KHAZNADAR, MAISON, INTERIEUR, SOLITUDE, ABANDON


 

EMMILA GITANA
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