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EMMILA GITANA

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10 mars 2024

AVERTISSEMENT AUX LECTRICES ET LECTEURS

Nous tenions à prévenir les lecteurs de ce blog que certains " incidents " et changements de cet espace poétique et littéraire sont indépendants de notre volonté...En effet suite à la migration des milliers de blogs de " Canalblog " vers la plate-forme...
9 septembre 2026

LE MONDE D'HIER ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant 1914, la terre appartenait à tous ses habitants. Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il le souhaitait. Il n’y avait pas de permissions, pas d’autorisations, et cela m’amuse toujours de voir l’étonnement des jeunes dès que je leur raconte qu’avant 1914 je voyageais en Inde et en Amérique sans avoir de passeport ou même sans jamais en avoir vu un.

 


On montait dans le train et on en descendait sans poser de question ou sans qu’on vous en posât, on n’avait pas à remplir un seul de ces centaines de papiers que l’on exige aujourd’hui.
Il n’y avait pas de permis, de visas, ni de tracasseries administratives ; ces mêmes frontières qui sont aujourd’hui transformées par les douaniers, la police et les postes de gendarmerie en autant de clôtures, de barbelés, en raison de la méfiance pathologique de chacun envers l’autre ne signifiaient rien d’autre que des lignes symboliques que l’on franchissait alors avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich.

 


Ce n’est qu’après la guerre que le nationalisme a commencé à bouleverser le monde, et le premier phénomène visible que produisit cette épidémie morale de notre siècle fut la xénophobie : la haine de l’étranger ou, tout du moins, la peur de l’autre. On se défendit partout contre l’étranger, on l’élimina partout.
Toutes ces humiliations que l’on n’avait inventées autrefois que pour les criminels étaient maintenant imposées à tout voyageur, avant et pendant le voyage. Il fallait se faire photographier, profil droit, profil gauche et de face, les cheveux coupés court afin que l’on pût voir l’oreille, il fallait donner ses empreintes digitales, le pouce d’abord, et plus tard, les dix doigts, et par-dessus le marché, il fallait présenter des certificats, de santé, de vaccination, de bonne vie et mœurs, des recommandations ; il fallait pouvoir présenter des invitations ou des adresses de parents, fournir des garanties morales et financières, remplir des formulaires qu’il fallait signer en trois ou quatre exemplaires et si un seul document de ce tas de paperasses venait à manquer, on était perdu.

 


De combien notre production, notre créativité et notre pensée ont-elles été amputées par ces tracasseries improductives qui, en même temps, avilissaient notre Être ! Car chacun d’entre nous a, durant ces années, étudié plus d’ordonnances administratives qu’il n’a lu d’ouvrages de l’esprit et les premiers pas que nous faisions dans une ville étrangère ou un pays étranger ne nous emmenaient plus comme autrefois vers les musées ou les paysages mais dans un consulat ou un poste de police afin de nous y procurer une autorisation …

 


Lorsque nous retrouvions ensemble, les mêmes qui, autrefois, parlions des poèmes de Baudelaire ou débattions des problèmes avec engouement, nous nous surprenions à parler d’affidavits ou de permis, ou à nous demander s’il valait mieux solliciter un visa permanent ou touristique …
Nous étions constamment interrogés, enregistrés, affublés d’un numéro, contrôlés, estampillés et moi, l’incorrigible rescapé d’une époque plus libre et citoyen d’une république universelle dont nous avions rêvé, je ressens aujourd’hui encore chacun de ces cachets apposés dans mon passeport comme un flétrissure, chacune de ces questions et de ces fouilles comme un avilissement.

 

 


Ce sont des riens, qui ne semblent qu’infimes détails, je le sais bien, des riens en un temps où la valeur de la vie humaine a chuté plus rapidement que les monnaies. Mais ce n’est qu’en retenant ces petits symptômes que les temps futurs pourront consigner l’état clinique réel des conditions et du bouleversement des esprits qui se sont emparés de notre monde d’entre les deux guerres mondiales …

 

 

 

 

 

 

 

 

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STEFAN  ZWEIG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STEFAN  ZWEIG, PASSE, MEMOIRE, LIBERTE, MONDE, PRESENT, PAPIERS, OBLIGATIONS, CONTRAINTES

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/

9 septembre 2026

EDMOND JABES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La parole est vierge. J’ai assisté à son réveil. L’histoire de mon âme est celle, passionnée, de ma quête du verbe, où l’univers est le prix de ma pensée.

 

 

 

 

 

 

 

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EDMOND JABES 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EDMOND JABES, PENSEES, PAROLE, ÂME, QUÊTE, VERBE, UNIVERS


 

9 septembre 2026

CHANSON POUR MARC CHAGALL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme tes couleurs sont jolies
Mon peintre amer odeur d’amandes 
Toi qui peins les amants dormants 
Dans la mémoire et dans l’oubli 

 


Toi qui peins toujours tes enfances 
Et les premiers moments d’aimer 
Avec ce goût du mois de mai 
Qui laisse le cœur sans défenses 

 


Toi sur les toits pour voir de près 
Le monde et l’étoile naissante 
Qui peins la nuit et les passantes 
Et tes secrets et tes regrets

 

 
Le temps s’en va léger et lourd 
Et la peinture de tes mains 
revêt sur son visage humain 
La tristesse d’après l’amour. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LOUIS ARAGON

Publié dans le recueil " Le Roman inachevé " en 1956.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARC CHAGALL, LOUIS ARAGON, COULEURS, PEINTRE, AMANTS, MEMOIRE,

Oeuvre Marc Chagall
 

9 septembre 2026

LA MER EST BELLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La mer est belle à cinq heures l’hiver
Quand le ciel est couché sur la paille des lampes
Quand les grilles flamboient dans les jardins déserts
Tout glisse

 


Dans cette maison cachée comme une cicatrice
Dans cette maison où l’on entre sans voir
Les yeux aveugles de l’oubli
Les torrents rejetés sur l’épaule de l’ombre

 


Ce qui n’a plus de nom
Ce qui était là et qu’on voulait garder
Entre les deux mains désunies
Entre le temps qui fuit sans tourner le visage

 


La feuille blanche feuille morte du cœur 
La mer est belle à cinq heures l’hiver
Quand le soc de la terre franchir le cap de soie
Où se défripent les bourgeons

 


Quand les villes dénouent leur ceinture de feu
Quand la route est plus longue pour les longues paroles
Quand fondent les flocons de la mélancolie

 

 

 

 

 

 

 

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MICHEL MANOLL

1911~1984
Cahiers du Sud. Août-septembre 1944

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MICHEL MANOLL, MER, MEMOIRE, MAISON, INTIMITE, TEMPS

 

Photographie Alain Sader

8 septembre 2026

ANNA MARIA CARULINA CELLI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand je pense à toi, je veux dire à nous
Je veux dire à toi à côté de moi 
A cet attelage de fortune 
Avec ses roues carrées
Aux nuits sous les étoiles 
A interroger les étoiles pour retrouver le chemin 
A torturer les étoiles 
Une par une 
Pour naviguer dans les tempêtes 
Toujours sur le pont 
A pêcher des poissons volants 
Sans oreiller pour reposer ma tête 


Quand je pense à toi
Je souris, parfois même
Je ris 
En regardant le ciel 
Ô Marie pleine de joie 
A cette pensée : je l'ai échappé belle 

 

 

 

 

 

 

 

 

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#ANNA MARIA CARULINA CELLI

 #poèmes 

https://anna-maria-celli-34.webself.net/accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI, COMPLICITE, ETOILES, SEPARATION


 

8 septembre 2026

LES MOTS DE MA VIE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieillir, c'est chiant.
J’aurais pu dire : 
vieillir, c’est désolant, 
c’est insupportable, 
c’est douloureux, c’est horrible, 
c’est déprimant, c’est mortel. 
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. 
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. 
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. 
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. 
On était bien dans sa peau. 

 

 


On se sentait conquérant. Invulnérable. 
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. 
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. 
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – 
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. 
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. 
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge". 
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. 
« Avec respect », 
« En hommage respectueux », 
« Avec mes sentiments très respectueux ». 
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? 

 


Les cons ! 

 


Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus ! 
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. 
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. 
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. 
J’ai pensé que… » Moi aussitôt : 
«Vous pensiez que…? 
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir. 
– Parce que j’ai les cheveux blancs? 
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous? 
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors? 
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…» 
J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre. 

 

 


Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien. 
Ni au travail, ni aux voyages, 
Ni aux spectacles, ni aux livres, 
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve. 
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. 


C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. 
La musique est un puissant excitant du rêve. 
La musique est une drogue douce. 
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant 
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, 
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. 
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. 


Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. 
En années? En mois? En jours? 
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. 
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. 
Après nous, le déluge? Non, Mozart.

 

 

 

 

 

 

 

 

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BERNARD PIVOT

 

 

 

 

 

 

 

 

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BERNARD PIVOT, EXISTENCE, TEMPS, MEMOIRE, VIEILLIR, PROFITER, CHERCHER, BEAUTES , MONDE, VIE

Bernard Pivot
 

8 septembre 2026

SEPT ANGES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un parfum va par le monde

 

 

un parfum fait de poivre ou miel

de cannelle gingembre muscade ou coriandre

un parfum si essentiel

qu’il ne se trouve pas de mots pour le dire

 

 

aussi continue-t-il

inconnu de tous de par le monde

sans nom pour l’arrêter

parfaitement libre parfaitement simple

 

 

le savoir (dit-on) éloigne du parfum

 

 

 

 

 

 

 

 

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DANIEL BIGA 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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DANIEL BIGA, PARFUM, MONDE, EPICES, MEMOIRE, NATURE

Artiste inconnu

7 septembre 2026

LE TEMPS, ALORS, SUSPEND SON COURS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le trouble de tendre la main, toi et moi le connaissons, et l’émoi de sentir que jamais l’autre ne s’esquive, que même lui aussi tend sa main, caressant à sa manière. D’où le soin que nous avons de ne pas trop nous en conter : pour rester en éveil, concentrés sur ce trouble qui nous munit d’une oreille attentive – ô combien ! –, et qui, pour mieux parcourir, explorer, enhardit notre tact, l’affine. Nos doigts nous font, l’un à l’autre, peau neuve.

 

Alors, nos lèvres s’abreuvent à la rosée du vivre : nos baisers nous sèment au présent un futur, sans que, pourtant, nous succombions à l’arôme soupçonné de l’espoir. Nous n’avons pas à recouvrer le temps perdu : plus moelleuses parfumées qu’une petite madeleine, nos gourmandises nous entêtent de saveurs plus enivrantes. Nous n’avons pas à inventer le chemin long et sinueux qui nous a conduits là : malgré tristesse déchirures terreur, nous rendons grâces à la terre ses recoins d’herbe l’odeur du foin jusqu’au vertige ses airs de hautbois sa lave interne ses plis d’eaux vives ses geysers, et saluons le bleu ruisselant de lumière.

 

Tu nous as offert cette chance : nos sangs s’effrènent vrombissent rauquent le oui de tout cœur du jouir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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FRANCOIS LAUR

 

 

 

 

 

 

 

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FRANCOIS LAUR, DEUX, AMOUR, SENSUALITE, RENCONTRE


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 septembre 2026

LA FACE CACHEE DE LA TERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


De Deir Yassin à Gaza  
le silence a le goût indéfinissable du sang 
la souffrance la transparence des larmes 
la laideur l'horreur inassouvissable du crime 
C'est Guernica c'est Rocamadour Treblinka 
c'est l'enfer du surhomme le culte maudit de Yavhé 
c'est le pêché originel mille fois réinventé 
pour satisfaire la folie du peuple élu 
c'est des milliers d'enfants assassinés 
pourrissant dans les fosses communes de la mémoire 
c'est le ciel criblé de missile du poète qui s'exclame 
“Mon dieu! Que la guerre est jolie!” (G. Apollinaire)
c'est un désert de fer de béton et de poussière
applani par un troupeau de bull dozers gigantesques 
c'est le journal TV de 20 heures qui désigne l'ennemi 
fait la pluie et le beau temps encense les imbéciles heureux 
c'est des rêves d'amour enfouis sous des tonnes de désespoir 
c'est Orphée à la voix bridée Eurydice complètement dévastée 
c'est un miroir brisé où la civilisation exorcise ses vieilles rancoeurs 
c'est un Panthéon grotesque de  squelettes artistiques en liesse 
des vérités déchirées des naissances avortées dans un trou perdu

 


De Deir Yassin à Gaza  
le silence déferle comme les vagues de la mer
la souffrance allaite des petits bébés mutilés 
la laideur dévore la chair putride de l'humanité. 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE CHENET 

Sept. 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE CHENET, PALESTINE, MASSACRE, ENFANTS, GENOCIDE, SILENCE, COMPLICITE

GAZA 2025
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 septembre 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un parfum va par le monde

 

 

un parfum fait de poivre ou miel

de cannelle gingembre muscade ou coriandre

un parfum si essentiel

qu’il ne se trouve pas de mots pour le dire

 

 

 

aussi continue-t-il

inconnu de tous de par le monde

sans nom pour l’arrêter

parfaitement libre parfaitement simple

 

 

le savoir (dit-on) éloigne du parfum

 

 

 

 

 

 

 

 

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DANIEL BIGA

 

 

 

 

 

 

 

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DANIEL BIGA, PARFUM, SENTEUR , MONDE , VOYAGE


 

5 septembre 2026

CHEMINS AU VENT ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le tracé du chemin n’est pas seulement d’ordre matériel, il comporte des balises invisibles sans lesquelles il disparaîtrait et si nous arrivons à continuer notre marche, ce ne serait pas à proprement parler sur un chemin : « les amers », les balises : foules de souvenirs personnels ou encore d’accointances typologiques, sentimentales qui ne se donnent pas à un homme privé de cœur. Les chemins de la mer nécessitent, ont nécessité un appareillage technique, des cartes mais il y avait encore autre chose chez les grands navigateurs.

 

 

Là où il n’y aurait rien eu pour nous sinon la mouvance recommencée des flots, ils reconnaissent une route, route faite de vent, d’écumes, de cris d’oiseaux, de nuages, d’un certain goût des eaux.  Comme il est admirable l’homme qui peut composer un chemin de ce qu’il y a de moins matériel et de plus mouvant dans l’univers.

 

 

Mais je suis persuadé que le berger, que le véritable marcheur, que le chemineau, que le passeur ou le braconnier ne regardent pas le sol mais font confiance à des odeurs, à des souvenirs, à des espérances, à des avertissements venus d’ailleurs, à des complicités surnaturelles, à l’air autant qu’au sol, aux ravins autant qu’à la terre ferme et aux chiens qui aboient et à la lune qui tarde à venir et à des fleurs qui ne s’ouvrent que pour eux, le moment de leur passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PIERRE SANSOT
Editions Payot/Rivages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photograpie Thierry Raynaud

5 septembre 2026

PAPUSZA ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tel un buis d’or sous la forêt,
toute pelotée comme un bolet,
j’éclos sous la tente Tzigane.
J’aime le feu, mon cœur ardent.
Les vents soufflant, petits et grands,
berçaient la petite gitane
puis la lâchaient comme un oiseau.

 

 

Larmes de pluie, vous me baignez,
soleil en or, Dieu des Tziganes,
vous réchauffez mon jeune corps
et enflammez si bien mon cœur.

 

 

L’eau qui jaillit reste très sage,
je m’y suis juste lavée les yeux …
L’ourse qui erre dans la forêt
suit juste le croc, lune d’argent,
et puis le loup a peur du feu,
il ne mordra pas les Tziganes.

 

 

Petite gitane se promène loin dans le bois,
et le cheval hennit,
réveillant les gadjé,
mais son p’tit cœur sourit se remplissant de joie.
L’écureuil sur le toit,
grignote quelques noix.

 

 

Comme la vie est belle,
vous entendez tout ça ?
Que la nature est belle,
vous voyez tout cela?

 

 

Ô que c’est beau,
les baies noires se glanent
comme des larmes tziganes !
Ô que la vie est belle,
c’est l’ printemps, renouveau,
et le chant des oiseaux !

 

 

Ô que c’est beau, près de la tente,
une fillette chante
à côté du grand feu !
Ô, que c’est beau, tous ces amis
revenus jusqu’ici
écouter les oiseaux,
le roucoulement des enfants
et la danse et le chant,
des garçons et des filles.

 

 

Ô que la vie est belle,
aller la nuit à la rivière,
pour attraper, mains nues,
des poissons froids comme l’eau fraîche !

 

 

Ô que c’est beau, aller aux champignons,
y rapporter l’amour,
quand dans le feu, cuisent les pommes de terre …
Et le cheval tzigane attend dans l’herbe fraîche
que la roulotte soit prête pour reprendre la route.

 

 

Ô que les nuits sont belles, à rester éveillée
au concert merveilleux des grenouilles enjouées !
Comme la poule conduit vers le ciel ses poussins,
la roulotte des gitans poursuit son long chemin
et sous l’aile d’une Tzigane brille votre destin,
lueur douce argentée d’une petite lune,
reflet perpétuel de nos ancêtres indiens,
luisance cachée sous la tente du nourrisson
repliée comme une aile protégeant l’oisillon.
Il est là votre avenir, que sait lire le gitan,
au milieu de la ronde, dans le cercle des enfants.

 

 

Ô que c’est beau, regarder là haut vers les cieux
sans pouvoir épuiser ces nuances de bleus !
Ô que c’est beau, plonger dans le noir de tes yeux,
donner un baiser sur ta peau brûlée de feu !

 

 

Ô que c’est beau, le bruissement de la forêt
qui murmure ses chansons .
Ô que c’est beau, le ruissellement des rivières
qui me remplit de joie.
Que c’est beau, le miroitement des eaux profondes
qui me laissent tout leur dire.

 

 

Ainsi, personne ne me comprend,
à part les forêts et les eaux.
Tout ce que j’ai écrit ici,
tout cela s’est passé depuis longtemps
et tout cela a pris tout en même temps
et mes jeunes années.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BRONISLAWA WAJS

Dite PAPUSZA

 

 

 

 

 

 

 

 

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PAPUSZA, TSIGANE, POETESSE, NATURE, BEAUTE, FORÊTS, OISEAUX

 

 

 

 

 

Papusza, de son vrai nom Bronisława Wajs, était une poétesse romani polonaise née en 1910. Autodidacte, elle apprit à lire et à écrire malgré les difficultés rencontrées par les femmes romani de son époque.

Elle écrivit de nombreux poèmes sur la nature, la liberté, le voyage et la vie des Roms. Après la Seconde Guerre mondiale, l'écrivain Jerzy Ficowski découvrit son talent et contribua à faire connaître ses œuvres en Pologne.

Cependant, certaines personnes de sa communauté lui reprochèrent d'avoir révélé leur culture aux non-Roms. Elle fut alors rejetée et vécut une grande partie de sa vie dans la solitude.

Papusza reste aujourd'hui une figure importante de la littérature romani, car elle fut l'une des premières poétesses romani à être largement reconnue.


 

5 septembre 2026

FLEUVE RENVERSE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrai te connaître jusqu’à l’enfance 
Comme en remontant un fleuve tranquille 
Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau 
Tailladé de contre-jour 
Par-delà l’arche blanche et le gué à fleur de glace 
- Remontée jusqu’à l’hiver 
Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule 
Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés 
Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide 
Le rire au goût de robe 
Et l’avalanche dans la grange au fil du foin 
Je descends le fleuve qui monte 
Je le descends vers sa naissance dans les plis miroitants et lourds 
Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher 
Tu serais là 
Femme prise à la source 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN-PIERRE FAYE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEANPIERRE FAYE, MEMOIRE, FEMME, ENFANCE, SENTIMENT, PASSE, NOSTALGIE


 

5 septembre 2026

TONY GATLIF.... HOMMAGE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tony Gatlif, l’homme des routes, des chants, des blessures, nous rappelle que certaines vies ne se racontent qu’en mouvement. Et que parfois, pour comprendre d’où l’on vient, il faut avoir passé toute une existence à marcher.

 

"Le Soir d'Algerie" du 6 septembre 2026

 

 

 

 

 

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Tony Gatlif est un réalisateur français né en 1948 à Alger. Il est d’origine kabyle et gitane. Il arrive en France lorsqu’il est adolescent et connaît une jeunesse difficile. Ces expériences vont beaucoup influencer ses films.

Il est surtout connu pour avoir réalisé des films sur les Gitans, les personnes marginalisées et les exilés. Il parle souvent de personnes qui cherchent leur place dans la société.

Un élément très important dans ses films est la musique. Il utilise notamment la musique gitane, le flamenco et d’autres musiques traditionnelles pour raconter les émotions et la culture de ses personnages.

Ses films parlent souvent de liberté, de voyage, d’identité, de racisme et d’exil. Il cherche à montrer les personnes qui sont souvent mises de côté par la société, sans les juger.

Parmi ses films les plus connus, on peut citer Gadjo Dilo, Latcho Drom, Exils, Liberté et Djam.


Tony Gatlif est un réalisateur qui a utilisé le cinéma et la musique pour parler des Gitans, de l'exil et de la liberté. Son propre parcours, marqué par ses origines et son arrivée en France, a fortement influencé son œuvre.

 

 

 

 

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" Latcho Drom Tony


Je ne sais pas vraiment comment parler de ton départ, peut-être parce que je ne veux pas parler de la mort. 
Je ne te connaissais pas beaucoup en réalité et pourtant j'ai les larmes aux yeux. 
Je préfère parler de ce que tu laisses derrière toi.
Tu étais né entre deux mondes, avec tes racines algériennes et gitanes.
Peut-être est-ce justement pour cela que tu savais si bien parler de ceux qui vivent entre les frontières, de ceux qui portent plusieurs histoires en eux, de ceux pour qui la route est parfois une maison et la liberté une nécessité.

 


Il y a 15 ans, j’ai commencé à photographier le monde tzigane. Je pensais venir avec mon appareil photo pour raconter des histoires.
Je ne savais pas encore que ce seraient ces hommes et ces femmes qui allaient, à leur manière, raconter quelque chose de moi.
Au fil des années, j’ai voyagé avec eux en quelque sorte en partageant leurs fêtes, leurs musiques, leurs joies, leurs colères, leurs silences.
J’ai franchi des portes derrière lesquelles je n’aurais peut-être jamais pensé entrer.
Et surtout, j’ai rencontré des amis.
Des VRAIS.
Des personnes EXTRAORDINAIRES.
J'ai eu cette CHANCE que peu de personnes ont. 

 


Aujourd’hui, nombreux de ces amis sont tristes. Parce que ton départ n’est pas celui d’un simple cinéaste.
C’est comme si une voix venait de se taire.
Une voix qui connaissait leur histoire.
Une voix qui savait regarder sans juger.
Une voix qui avait compris que derrière les clichés, les frontières et les différences, il y avait des hommes, des femmes, des familles, des enfants, des musiciens, des rêves et des blessures.

 


Un cinéaste qui avait encore beaucoup à montrer dans ses films. Un homme parti trop vite. Tu savais regarder les peuples qui vivent en mouvement. Peut-être parce qu’une part de toi était elle-même faite de plusieurs routes.

 


Algérien. Gitan. Méditerranéen. Homme de cinéma. Homme de musique. Homme de liberté.

 


Tu n’as jamais simplement filmé le monde tzigane. Tu en as fait entendre l’âme.

 


Moi, je l’ai rencontrée derrière mon objectif.
Eux me l’ont offerte dans leur confiance.
C’est pourquoi aujourd’hui je ne veux pas seulement te dire adieu en tant qu’artiste.

 


Je veux te dire merci et merci à tous ceux qui, au fil de ces douze années, ont accepté de me laisser entrer dans leur monde. 

 


Et je veux leur dire, à eux :
je suis avec vous.
Je sais combien cette perte est immense.

 


Alors ce soir, quelque part, j’imagine une musique.
Une guitare, un violon, peut-être un accordéon.
Et j’imagine que les musiciens jouent pour toi.
Pas une musique triste.
Une musique de route.

 


Parce que tu as toujours parlé de liberté, de mouvement, de mémoire et de vie.

 


Pour ma part je t'ai croisé pour la 1ere fois un jour avec mon amie Nouka Maximoff lors du vernissage d'une très belle exposition sur son père Mateo Maximoff. 
Tu disais de Nouka Maximoff qu'elle était ta sœur de cœur, toi qui avait été un ami très proche de son papa. 
Nouka Maximoff est la fille de Matéo Maximoff oui, cet immense écrivain tzigane, dont la parole et la mémoire ont contribué à faire connaître l'histoire et la culture de son peuple.
C'était aussi ce jour là que l'on nommait la Bibliothèque des tziganes de son nom.

 


J'ai entendu aussi beaucoup parler de toi car tu étais l'ami d'Alexandre et Delia Romanes, et de leur famille, tous les amis du cirque, avec lesquels j'ai vraiment vécu des aventures extraordinaires, et pour lesquels je parcoure à leur peine (je n'aurais jamais assez de mots pour les remercier de tout ce qu'ils m'ont fait découvrir et vivre). 

 


Des amies danseuses autour du monde tzigane m'ont aussi parlé de toi.
Par exemple Núria Rovira Salat. 
Elle m'a raconté avoir été ta danseuse avec Karine Gonzalez. J'aurais tellement voulu voir cela. Cela devait être magique. 

 


Je t'ai croisé une 2eme fois aussi lors d'une soirée où tu annoncais enseigner ou partager ton expérience auprès d'étudiants dans le cadre de leçons de cinéma. 
Et tu m'avais demandé quels étaient les films de toi que j'avais regardé... Et moi forcément je te reparlais de "Gadjo Dilo".... avec Rona Hartner. 
Je ne peux pas penser à toi Tony sans penser à Gadjo Dilo. Et je ne peux pas penser à Gadjo Dilo sans penser à Rona Hartner.
En fait j'étais surtout comme elle le disait en riant sa première fan et "l'ancienne" car depuis  30 années à l'admirer.
Une femme lumineuse, libre, bouleversante, qui avait cette capacité rare de faire entrer toute sa vie dans un regard, un rire, un mouvement, une chanson. 
Dans Gadjo Dilo, elle était Sabina.
Mais pour moi, elle était bien davantage qu'un personnage de cinéma. Elle était Rona, avec sa folie douce, son énergie, son immense générosité et cette lumière qui semblait toujours vouloir déborder du cadre. Je l'adorais.
Ton film Tony avait quelque chose de profondément vivant parce qu'il ne racontait pas seulement les Tsiganes : il nous faisait entrer dans leur monde, dans leurs musiques, leurs silences, leurs fêtes, leurs blessures et leur dignité.
Et quelque part, à travers Rona, tu avait trouvé une présence capable de porter tout cela.
Vous êtes partis tous les deux mais vos voix continuent de résonner.

 


Là encore, les chemins se croisent.
Tony, Matéo, Nouka, Les Romanès, Rona et plus encore … autant de destins différents, mais reliés par cette même nécessité de transmettre, de raconter, de ne pas laisser disparaître une mémoire.

 


Tony Gatlif n'a jamais simplement fait des films.
Il a fait circuler des voix.
Il a donné une place à ceux que l'on regarde trop souvent sans vraiment les voir.
A ceux que l'on ne comprend pas toujours et qui sont parfois rejetés injustement. 
Il a fait entendre leur musique comme une langue universelle.
Et il a laissé derrière lui une œuvre qui continuera longtemps à voyager, comme voyagent les peuples auxquels il était si profondément attaché.
Je garderai de lui le souvenir de l'artiste passionné, parfois incandescent, et de cette façon qu'il avait de faire entrer le monde dans son cinéma.

 


Aujourd'hui, quand je pense à toi Tony Gatlif.
Je pense à ton immense talent. 
Je pense à Matéo et à Nouka.
Je pense à Alexandre et Delia Romanès et à leur famille 
Je pense à Rona Hartner, 
Je pense à tant d'autres tziganes que j'ai rencontré,
Et je pense à tous ceux dont les voix et les pas t'ont croisé.
Les chemins et la musique continuent.
Et quelque part, sur une route, il y a une guitare qui joue encore.

 


Bonne route Tony. 
LATCHO DROM
Oui la route continue...
Et tant que vos musiques et votre joie à tous résonneront,
tant que vos histoires seront racontées,
tant que quelqu’un regardera un film de Tony Gatlif avec les yeux ouverts,
Tant que mes amis tziganes continueront de briller, 
tu continueras à voyager avec nous.
Repose en paix. "

 

 

 

 

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CATHERINE GAUDIN

 

 

 

 

 

 

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Tony Gatlif 1968

 

 

 

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Pour Tony Gatlif, la musique est « le ciment qui rattache les humains ». Il la considère comme « cette liberté qui [lui] donne le souffle de faire [ses] films, le souffle d'aller à la rencontre des autres dans le monde »[réf. nécessaire]. Celle-ci est un des éléments essentiels, créateur même de situation dans ses films. Il compose lui-même, parfois en collaboration avec d'autres artistes, les musiques de Latcho Drom, Gadjo Dilo, Vengo, Swing, Transylvania.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Gatlif

 

 

 

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5 septembre 2026

DANS LE CORPS DU POEME ...Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"... Qu’est-ce que la poésie ?
le nid de la parole ?
la bouche sensible du chant ?
la preuve du néant ?
un voyage visionnaire
hors du temps pourrissant
pour ne retenir
que le don du présent ?
une voix qui appréhende
ce qui ne peut être dit ?
Qu’est-ce que la poésie ?
hérésie hérissant la raison
cette question sans issue
répond à notre détresse
en nous passant au crible
du terrible inconnu."

 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE  CHENET

 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE CHENET, EXISTENCE, VIE, POESIE, POEME, QUESTIONNEMENT, TALENT, AMOUR

 

3 septembre 2026

ARRÊTS FACULTATIFS ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon option c'est la pêche à la ligne.
Sans hameçon ni appât, bien sûr, et même sans canne ni ligne.
Dans la société, seule l'imposture est à sa place. Chacun attend derrière les barreaux de sa cage d'où il devine plus ou moins la liberté du vrai monde.
Hommage à ceux qui ne laissent pas trace, ceux qui n'amassent pas la parole, ceux qui ne monopolisent pas, ceux qui ne dressent pas monument, ceux qui ne font pas chef d'oeuvre...
Hommage aux pêcheurs sans ligne.

 

 

 

 

 

 

 

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DANIL BIGA

Editions Gros Textes, 2001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Oeuvre Mathurin Meheut

3 septembre 2026

LOUIS SCUTENAIRE ..Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’homme est cet être infiniment piteux qui jette un bâton dans le cerisier et reçoit quelques cerises sur la tête, avec le bâton.

 

 

 

 

 

 

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 LOUIS SCUTENAIRE

 

 

 

 

 

 

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LOUIS SCUTENAIRE, HOMMES, POUVOIR, BÊTISE,

Dessin Aurel

1 septembre 2026

SORTE INGRATA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je t’ai donné mon éloignement et ma distance pour que tu connaisses la suprême esquive à laquelle tu tendais, mais tu n’ignorais pas qu’elle était la dernière et désormais que ta course est infinie, voilà qu’elle te fait horreur. Pauvre jeune homme ! L’amour des morts est si doux qu’il donne avec excès ! Tu as communié avec eux tout le temps que tu as vécu, tu as connu leur détachement et leur désespoir serein, tu as mangé à leur table, rompu avec eux le pain du désarroi, un désarroi sans haine. Tu as mené boire ta jument sur le chemin de la source, tu as admiré, rempli de crainte et d’étonnement, la fée du soir, hai miratu a fata sottu a e stelle  incu li so capelli d’oru.

 

Ta révolte n’en est pas une.

 

Tes doutes ne sont pas vraiment des doutes.  

 

   
TU NOUS CHERCHAIS et nous t’avons rejoint. Je t’ai pris contre mon cœur pour exaucer le plus inavouable de tes souhaits. Ce n’était pas un piège. Cette terre est une terre de mémoire remplie d’hommes oublieux ! Tu pensais à nous. Il ne faut jamais t’en défendre. Tu te souciais de nous ! Les autres chantent, prient, se prosternent, pleurent, célèbrent. Seuls les animent leurs sentiments devenus sans objet ou leur bonheur enfui, la violence impassible du néant soudain dressé devant eux, l’absence inconsolable et le vide tourmenteur qui les renvoie sans pitié, sans pardon, vers toutes leurs fautes passées.

 

Toi, en revanche, tu regardais plus loin, où se tiendrait notre rencontre. Tu n’as jamais renoncé à revoir ceux que tu as perdus : non pas que tu ais eu raison d’insister envers et contre le dogme de l’éternelle séparation. Ce dogme, c’est une pierre à écraser les âmes et la tienne était sous la meule. Je l’ai volée avant qu’On ne la broie. Elle ne tient à rien, elle se débat dans les limites de ce qu’elle a voulu voir ; elle n’y distinguerait rien si je n’étais là pour jeter un peu de lumière dans cette obscurité, la lumière de ma pitié, une lumière faible, car les morts éclairent bien peu les vivants.  

 


Ici était leur dernier territoire, au milieu des champs d’asphodèles, parmi les myrtes et les cyprès. Les hommes ne les négligeaient ni ne les sollicitaient. Leurs rites les laissaient en repos. Cela avait duré des siècles. De temps à autre, une résistance, une lutte, d’un ou d’une qui ne voulait pas de ce pacte, pour qui ce décor antique n’appartenait qu’aux vivants. Par haine de la complexité, ceux-là trouvaient des complications à tout. Ce dégoût est maintenant devenu la règle. Bien peu nous rendent justice. Qui nous cueille encore aux rameaux d’olivier battus par le Libecciu ? La mort de la terre, sais-tu, c’est quand le vent ne porte plus rien.

 

Alors je t’ai choyé et tu as souffert l’existence des morts.

Tu l’as soufferte de ton vivant et quand le jour viendra, quand ton tour viendra, tu n’auras pas peur. C’est ta récompense. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARIE MADELEINE POLI BONIFACI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARIE MADELEINE POLI BONIFACI, EXISTENCE, VIE, MORT, MEMOIRE, CORSE

 

31 août 2026

CORRESPONDANCES AVEC JACQUES RIVIERE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


«Un homme se possède par éclaircies, et même quand il se possède, il ne s’atteint pas tout à fait. Il ne réalise pas cette cohésion constante de ses forces sans laquelle toute véritable création est impossible. Cet homme cependant existe. Je veux dire qu’il a une réalité distincte et qui le met en valeur. Veut-on le condamner au néant sous le prétexte qu’il ne peut donner que des fragments de lui-même ? Vous-même ne le croyez pas et la preuve en est l’importance que vous attachez à ces fragments.

 

J’avais depuis longtemps le projet de vous en proposer la réunion. Je n’osais pas le faire jusqu’ici et votre lettre répond à mon désir. C’est vous dire avec quelle satisfaction j’accueille l’idée que vous me proposez. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD, HOMME, REALITE, FRAGMENTS,

 

EMMILA GITANA
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