Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

EMMILA GITANA

Visiteurs
Depuis la création 1 656 031
Newsletter
Archives
10 mars 2024

AVERTISSEMENT AUX LECTRICES ET LECTEURS

Nous tenions à prévenir les lecteurs de ce blog que certains " incidents " et changements de cet espace poétique et littéraire sont indépendants de notre volonté...En effet suite à la migration des milliers de blogs de " Canalblog " vers la plate-forme...
16 septembre 2026

D'ERREUR EN ERREUR...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'erreur en erreur, les signes se sont perdus 
L'alphabet a tracé d'autres mots 
Les visages dessiné d'autres traits 

 

Etait-ce erreur, errances, fautes d'étourderie… extravagance 
Un jeu du Souverain Esprit 
La liberté du Créateur 
Qu'avoir changé ici et là une note de la mélodie 
De la vie 

 

Aussi qu'ai-je de commun avec mes aïeux ?
Entre eux et moi, des temps, des lieux 
Tant d'adieux
Des vagues, des murmurations d'ailes 
Sur le ciel 
Des vagues, le ressac 
Un sourire inexorable qui revient sur les lèvres 
Et ressemble à quelqu'un 
S’effaçant sur le sable


 
Un coquillage s'enroulant dans le temps, à l'infini
Accroché aux filets de la mémoire 
Et dans ses trous, ses déchirures, ses yeux, ses tombeaux 
Des lettres qui se rassemblent 
Qui nous ressemblent, réécrivent les mots 

 

A ces regards qui tremblent 
Au-dessus des caveaux où l'on dépose des fleurs 
Quelque chose, une voix, un poème murmure :
Autant que rien ne dure
Non plus rien ne meurt 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

ANNA MARIA CARULINA CELLI, MEMOIRE, PASSE, ASCENDANCE, MURMURE, SANG

 

15 septembre 2026

BRIGITTE BROC ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Je te regarde
et, déjà, les eaux se retirent,
vaste sillon
où la lumière
étanche nos soifs.

 


Des couleurs du silence
s’échappe un fil de soie
qui relie nos deux souffles
au mauve de l’horizon.

 


Parcourues de sentiers
et d’aurores
mes terres se déploient
blessant l’obscurité.

 


Absous 
jusques en nos ramures
nos visages s’inclinent
pour frôler l’invisible.

 


Tu moissonnes mon corps
éclaboussé d’herbes
et nos cris lapident la nuit.

 


Tu es venu
pour dérouler mon chant
le faire mûrir
tout près de tes sanglots.

 


Tu es
d’avant les mots
d’avant la mer.
Je te regarde
et, déjà, ta voix prie dans la mienne
plus forte que l’océan. 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

BRIGITTE BROC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

Photographie Emmila
 

15 septembre 2026

APOSTROPHES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Et la vie intérieure de la mouche,
y songes-tu, y songes-tu ?


Et la souffrance du silex,
la connais-tu, la connais-tu ?


Et le remords de la cascade,
t'émeut-il, t'émeut-il ?


Et les rêves sanglants de la rosée,
qu'en penses-tu, qu'en penses-tu ?


Et les serments du fleuve,
les tiendras-tu, les tiendras-tu ?


Et le doute, là-haut, de la colline,
que tu confonds avec la neige,
voudras-tu le combattre, voudras-tu ?


Et l'azur qui prépare son suicide,
L'aideras-tu,
L'aideras-tu ?


Ton malheur est si pauvre
auprès de leurs malheurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

ALAIN BOSQUET

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

ALAIN BOSQUET, QUESTIONNEMENT, EXISTENCE, EPREUVES

Photographie ?
 

15 septembre 2026

CATHERINE RINGER .... HOMMAGE

 

 

 

 

 

 

 

CATHERINE RINGER, TALENT , ARTISTE, POETE,  HOMMAGE

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

Marcia elle danse
Sur du satin, de la rayonne
Du polystyrène expansé
À ses pieds

 

 


Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flèches qui donnent des idées
Des sensations

 

 


Marcia elle est maigre
Belle en scène, belle comme a la ville
La voir danser me transforme
En excitée

 

 


Moretto, comme ta bouche
Est immense quand tu souris
Et quand tu ris, je ris aussi
Tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l'on sent en toi?

 

 


Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée Marcia
C'est la mort
Tu t'es consumée Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant tu es en cendres, en cendres
La mort c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi qui est la vie même Marcia
C'est la mort qui t'a emmenée

 

 


Marcia danse un peu chinois
La chaleur dans les mouvements d'épaules
À plat comme un hiéroglyphe inca
De l'opéra

 

 


Avec la tête
Elle danse aussi très bien
Et son visage
Danse avec tout le reste
Elle a cherché une nouvelle façon
Et l'a inventée

 

 


C'est elle la sauterelle
La sirène en mal d'amour
Le danseur dans la flanelle
Ou le carton

 

 


Moretto, comme ta bouche
Est immense quand tu souris
Et quand tu ris, je ris aussi
Tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l'on sent en toi?

 

 


Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée Marcia
C'est la mort
Tu t'es consumée Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant tu es en cendres, en cendres
La mort c'est comme une chose impossible
Même pour toi qui est la vie même Marcia
Et même à toi qui est forte comme une fusée
C'est la mort qui t'a emmenée
Marcia, Marcia, Marcia, Marcia, Marcia

 

 

 

 

.

 

 

 

 

FRED CHICHIN , CATHERINE CHARLOTTE RINGER

 

 

 

 

.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

12 septembre 2026

C'ETAIT CA OU MOURIR ... Extraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"C’est aux encoignures de tes yeux
que naissent la fulgurance de mes écrits, ma part d’intime vague,
à l’encontre des ratures de ton regard."

 

Thélyson Orélien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis né noir et haïtien.
J'ai la parole collée au sang.
Et chaque pas me rappelle
Que l'exil est une langue qui mord les pieds.

 


....

 


J'avais envie de lui dire la vérité : "Nous non plus, on ne voulait pas venir ici. Nous non plus, on ne veut pas de la violence qui traverse les frontières comme un colis express, de chez vous à chez nous. Si je suis là, ce n'est pas par caprice, ni par gout de l'exil, ni pour envahir quoi que ce soit. C'est parce que chez moi on a ouvert des containers comme on ouvre une plaie et qu'on y a trouvé des armes fabriquées chez vous, des munitions venant des Etats-Unis. Et ces morceaux de métal, tombés entre les mains de gamins sans école, sans travail et sans horizon, ont fait de ma rue un piège, de ma maison une cible, de ma vie un sac Carrefour. Vous dites : "On n'a pas besoin de plus d'Haïtiens ici." Mais chez moi, on n'avait pas besoin de plus d'armes non plus. Et pourtant, elles sont arrivées. Et ce sont elles qui m'ont mis dehors."

 


....

 

 

Ce qu'il venait d'énoncer, c'était peut-être la définition la plus nue, la plus humaine, de la migration que j'aie jamais entendue. Partir, ce n'est pas seulement chercher une vie meilleure. C'est surtout refuser que sa vie, même brisée, ne compte pour rien. C'est vouloir qu’au moins une voix survive à son corps. Mourir, d’accord, mais pas en silence. Et si mourir il faut, alors que quelqu'un reste, quelque part, pour dire : «Il a vécu, je l'ai vu, je m'en souviens. »

 

 

...

 

 

Par la fenêtre du bus, j'ai regardé le paysage. Les montagnes. Les arbres. Les maisons en tôle. Je me suis demandé : qu'est-ce qui fait qu'on reste dans un pays qui veut nous tuer à chaque virage ? Ce n'est pas l'amour. Ce n'est pas l'attachement. C'est juste qu'on ne sait pas où on pourrait aller. Jusqu'à ce que la mort monte dans notre bus et nous donne une claque. Une claque qui réveille, ou qui enterre.

 

 


.....

 

 


Pour moi, une chaise s'est libérée. Elle était bancale, oui. Un peu poussiéreuse, mais je m'y suis assis. Et maintenant, j'essaie de ne pas la perdre.
On parle souvent des migrants comme de chiffres, de vagues, de crises. On dit : « Il y en a trop. » « Ça coûte cher. » « Ce n'est pas le bon moment. » Mais jamais on ne dit : « Ce sont des gens. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des noms. Des voix. Des regards. Des vies. » Et moi, je veux dire à ceux qui me lisent : ne vous méfiez pas trop vite de ceux qui, comme moi, arrivent essoufflés. Ils ont simplement couru plus longtemps que vous.
Je ne sais pas ce que demain me réserve. Mais quand je regarde par la fenêtre de ma chambre louée, avec le chauffage qui ronronne comme un chat fatigué et la lumière des lampadaires qui danse sur la neige, je me sens chez moi dans ce pays qui m'a ouvert la porte quand plus personne ne le faisait. Je ne suis pas devenu riche. Je ne suis pas devenu célèbre. Je dis : « Ce sont des gens. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des noms. Des voix. Des regards. Des vies. » Et moi, je veux dire à ceux qui me lisent : ne vous méfiez pas trop vite de ceux qui, comme moi, arrivent essoufflés. Ils ont simplement couru plus longtemps que vous.

 

 

....

 

 

Mon sac, c'est mon autobiographie par objets. Il raconte plus que mes mots. Il dit que j'ai encore un savon - donc un peu de dignité. Il dit que j'ai gardé la photo de ma mère - donc encore un peu de mémoire. Il dit que j'ai lu Depestre - donc que je crois encore à la beauté. Et il ne ment pas. Il ne contient rien de superflu. Pas de téléphone. Pas de bijoux. Pas de papiers officiels. Juste ce qu'il faut pour ne pas devenir un animal.

 

 


....

 

 


Le chemin d'un migrant, ce n'est pas une ligne droite. C'est un chapelet de détours, de coups de chance, de mains tendues et de portes fermées. Un parcours où on doit chaque pas qu'on fait à celui qui nous a porté, celui qui ne nous a pas dénoncé, celui qui nous a donné une pomme, un sourire, une couverture, ou simplement le droit de passer. J'ai traversé douze pays. J'ai vu des cadavres qu'on évite en marchant comme des branches tombées sur le bord du chemin. J'ai vu des femmes allaiter avec des seins desséchés. J'ai vu des policiers qui jouaient à Dieu avec nos vies comme s'ils jouaient à la loterie.

Sur ma route, j'ai croisé des gens méchants. Des policiers corrompus, des douaniers humiliants, des passeurs qui mentent comme ils respirent. Mais j'ai croisé aussi des saints sans auréole. Une infirmière colombienne qui m'a donné ses médicaments. Un pasteur salvadorien qui m'a offert un toit sans poser de questions. Une bénévole mexicaine qui a réparé ma chaussure sans même me demander mon nom. Et ici, au Québec, j'en croise encore. Des gens ordinaires, fatigués, pressés, mais qui te laissent leur place dans le métro, qui te tiennent la porte, qui te disent « bon courage » en voyant tes bottes mouillées.

Le Québec, c'est une vieille maison encore debout malgré les tempêtes. C'est une langue qui se débat pour rester vivante, et qui m'a accueilli, moi, avec mon accent de l'autre côté de la mer. C'est un peuple qui a connu ses propres colons, ses propres humiliations, ses propres silences - et qui, parfois, reconnaît les nôtres.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

THELYSON ORELIEN

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

THELYSON ORELIEN, HAITI, EMIGRATION, MIGRANTS, POESIE, ÂME, COEUR, CHEMIN,SURVIE, CANADA

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

10 septembre 2026

ABDELLATIF LAÂBI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« J'ai voulu convaincre
je me suis pris à douter
j'ai douté pour de bon
j'ai découvert la frivolité orgueilleuse
des sceptiques
j'ai douté de mon doute
je me suis condamné
à la solitude
et j'ai repris ma marche
Le poète
ne fait que passer
l'événement n'attire pas les foules
S'est-il trompé de monde
d'époque
Était-il à ce point invisible
pour que l'égaré s'éloigne
sans lui demander son chemin
Où ira-t-il
maintenant que ses racines
ne répondent plus
qu'aux appels d'errance » 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 


 ABDELLATIF LAÂBI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.


 

 

ABDELLATIF LAÂBI, DOUTE, POETE, SOLITUDE, POETE, CHEMIN

Artiste inconnu

9 septembre 2026

LE MONDE D'HIER ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant 1914, la terre appartenait à tous ses habitants. Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il le souhaitait. Il n’y avait pas de permissions, pas d’autorisations, et cela m’amuse toujours de voir l’étonnement des jeunes dès que je leur raconte qu’avant 1914 je voyageais en Inde et en Amérique sans avoir de passeport ou même sans jamais en avoir vu un.

 


On montait dans le train et on en descendait sans poser de question ou sans qu’on vous en posât, on n’avait pas à remplir un seul de ces centaines de papiers que l’on exige aujourd’hui.
Il n’y avait pas de permis, de visas, ni de tracasseries administratives ; ces mêmes frontières qui sont aujourd’hui transformées par les douaniers, la police et les postes de gendarmerie en autant de clôtures, de barbelés, en raison de la méfiance pathologique de chacun envers l’autre ne signifiaient rien d’autre que des lignes symboliques que l’on franchissait alors avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich.

 


Ce n’est qu’après la guerre que le nationalisme a commencé à bouleverser le monde, et le premier phénomène visible que produisit cette épidémie morale de notre siècle fut la xénophobie : la haine de l’étranger ou, tout du moins, la peur de l’autre. On se défendit partout contre l’étranger, on l’élimina partout.
Toutes ces humiliations que l’on n’avait inventées autrefois que pour les criminels étaient maintenant imposées à tout voyageur, avant et pendant le voyage. Il fallait se faire photographier, profil droit, profil gauche et de face, les cheveux coupés court afin que l’on pût voir l’oreille, il fallait donner ses empreintes digitales, le pouce d’abord, et plus tard, les dix doigts, et par-dessus le marché, il fallait présenter des certificats, de santé, de vaccination, de bonne vie et mœurs, des recommandations ; il fallait pouvoir présenter des invitations ou des adresses de parents, fournir des garanties morales et financières, remplir des formulaires qu’il fallait signer en trois ou quatre exemplaires et si un seul document de ce tas de paperasses venait à manquer, on était perdu.

 


De combien notre production, notre créativité et notre pensée ont-elles été amputées par ces tracasseries improductives qui, en même temps, avilissaient notre Être ! Car chacun d’entre nous a, durant ces années, étudié plus d’ordonnances administratives qu’il n’a lu d’ouvrages de l’esprit et les premiers pas que nous faisions dans une ville étrangère ou un pays étranger ne nous emmenaient plus comme autrefois vers les musées ou les paysages mais dans un consulat ou un poste de police afin de nous y procurer une autorisation …

 


Lorsque nous retrouvions ensemble, les mêmes qui, autrefois, parlions des poèmes de Baudelaire ou débattions des problèmes avec engouement, nous nous surprenions à parler d’affidavits ou de permis, ou à nous demander s’il valait mieux solliciter un visa permanent ou touristique …
Nous étions constamment interrogés, enregistrés, affublés d’un numéro, contrôlés, estampillés et moi, l’incorrigible rescapé d’une époque plus libre et citoyen d’une république universelle dont nous avions rêvé, je ressens aujourd’hui encore chacun de ces cachets apposés dans mon passeport comme un flétrissure, chacune de ces questions et de ces fouilles comme un avilissement.

 

 


Ce sont des riens, qui ne semblent qu’infimes détails, je le sais bien, des riens en un temps où la valeur de la vie humaine a chuté plus rapidement que les monnaies. Mais ce n’est qu’en retenant ces petits symptômes que les temps futurs pourront consigner l’état clinique réel des conditions et du bouleversement des esprits qui se sont emparés de notre monde d’entre les deux guerres mondiales …

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


STEFAN  ZWEIG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

STEFAN  ZWEIG, PASSE, MEMOIRE, LIBERTE, MONDE, PRESENT, PAPIERS, OBLIGATIONS, CONTRAINTES

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/

9 septembre 2026

EDMOND JABES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La parole est vierge. J’ai assisté à son réveil. L’histoire de mon âme est celle, passionnée, de ma quête du verbe, où l’univers est le prix de ma pensée.

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 


 
EDMOND JABES 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

EDMOND JABES, PENSEES, PAROLE, ÂME, QUÊTE, VERBE, UNIVERS


 

9 septembre 2026

CHANSON POUR MARC CHAGALL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme tes couleurs sont jolies
Mon peintre amer odeur d’amandes 
Toi qui peins les amants dormants 
Dans la mémoire et dans l’oubli 

 


Toi qui peins toujours tes enfances 
Et les premiers moments d’aimer 
Avec ce goût du mois de mai 
Qui laisse le cœur sans défenses 

 


Toi sur les toits pour voir de près 
Le monde et l’étoile naissante 
Qui peins la nuit et les passantes 
Et tes secrets et tes regrets

 

 
Le temps s’en va léger et lourd 
Et la peinture de tes mains 
revêt sur son visage humain 
La tristesse d’après l’amour. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LOUIS ARAGON

Publié dans le recueil " Le Roman inachevé " en 1956.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

MARC CHAGALL, LOUIS ARAGON, COULEURS, PEINTRE, AMANTS, MEMOIRE,

Oeuvre Marc Chagall
 

9 septembre 2026

LA MER EST BELLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La mer est belle à cinq heures l’hiver
Quand le ciel est couché sur la paille des lampes
Quand les grilles flamboient dans les jardins déserts
Tout glisse

 


Dans cette maison cachée comme une cicatrice
Dans cette maison où l’on entre sans voir
Les yeux aveugles de l’oubli
Les torrents rejetés sur l’épaule de l’ombre

 


Ce qui n’a plus de nom
Ce qui était là et qu’on voulait garder
Entre les deux mains désunies
Entre le temps qui fuit sans tourner le visage

 


La feuille blanche feuille morte du cœur 
La mer est belle à cinq heures l’hiver
Quand le soc de la terre franchir le cap de soie
Où se défripent les bourgeons

 


Quand les villes dénouent leur ceinture de feu
Quand la route est plus longue pour les longues paroles
Quand fondent les flocons de la mélancolie

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MICHEL MANOLL

1911~1984
Cahiers du Sud. Août-septembre 1944

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

MICHEL MANOLL, MER, MEMOIRE, MAISON, INTIMITE, TEMPS

 

Photographie Alain Sader

8 septembre 2026

ANNA MARIA CARULINA CELLI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand je pense à toi, je veux dire à nous
Je veux dire à toi à côté de moi 
A cet attelage de fortune 
Avec ses roues carrées
Aux nuits sous les étoiles 
A interroger les étoiles pour retrouver le chemin 
A torturer les étoiles 
Une par une 
Pour naviguer dans les tempêtes 
Toujours sur le pont 
A pêcher des poissons volants 
Sans oreiller pour reposer ma tête 


Quand je pense à toi
Je souris, parfois même
Je ris 
En regardant le ciel 
Ô Marie pleine de joie 
A cette pensée : je l'ai échappé belle 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 


#ANNA MARIA CARULINA CELLI

 #poèmes 

https://anna-maria-celli-34.webself.net/accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

ANNA MARIA CARULINA CELLI, COMPLICITE, ETOILES, SEPARATION


 

8 septembre 2026

LES MOTS DE MA VIE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieillir, c'est chiant.
J’aurais pu dire : 
vieillir, c’est désolant, 
c’est insupportable, 
c’est douloureux, c’est horrible, 
c’est déprimant, c’est mortel. 
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. 
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. 
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. 
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. 
On était bien dans sa peau. 

 

 


On se sentait conquérant. Invulnérable. 
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. 
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. 
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – 
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. 
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. 
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge". 
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. 
« Avec respect », 
« En hommage respectueux », 
« Avec mes sentiments très respectueux ». 
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? 

 


Les cons ! 

 


Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus ! 
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. 
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. 
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. 
J’ai pensé que… » Moi aussitôt : 
«Vous pensiez que…? 
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir. 
– Parce que j’ai les cheveux blancs? 
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous? 
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors? 
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…» 
J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre. 

 

 


Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien. 
Ni au travail, ni aux voyages, 
Ni aux spectacles, ni aux livres, 
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve. 
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. 


C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. 
La musique est un puissant excitant du rêve. 
La musique est une drogue douce. 
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant 
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, 
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. 
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. 


Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. 
En années? En mois? En jours? 
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. 
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. 
Après nous, le déluge? Non, Mozart.

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

BERNARD PIVOT

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

BERNARD PIVOT, EXISTENCE, TEMPS, MEMOIRE, VIEILLIR, PROFITER, CHERCHER, BEAUTES , MONDE, VIE

Bernard Pivot
 

8 septembre 2026

SEPT ANGES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un parfum va par le monde

 

 

un parfum fait de poivre ou miel

de cannelle gingembre muscade ou coriandre

un parfum si essentiel

qu’il ne se trouve pas de mots pour le dire

 

 

aussi continue-t-il

inconnu de tous de par le monde

sans nom pour l’arrêter

parfaitement libre parfaitement simple

 

 

le savoir (dit-on) éloigne du parfum

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

DANIEL BIGA 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

DANIEL BIGA, PARFUM, MONDE, EPICES, MEMOIRE, NATURE

Artiste inconnu

7 septembre 2026

LE TEMPS, ALORS, SUSPEND SON COURS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le trouble de tendre la main, toi et moi le connaissons, et l’émoi de sentir que jamais l’autre ne s’esquive, que même lui aussi tend sa main, caressant à sa manière. D’où le soin que nous avons de ne pas trop nous en conter : pour rester en éveil, concentrés sur ce trouble qui nous munit d’une oreille attentive – ô combien ! –, et qui, pour mieux parcourir, explorer, enhardit notre tact, l’affine. Nos doigts nous font, l’un à l’autre, peau neuve.

 

Alors, nos lèvres s’abreuvent à la rosée du vivre : nos baisers nous sèment au présent un futur, sans que, pourtant, nous succombions à l’arôme soupçonné de l’espoir. Nous n’avons pas à recouvrer le temps perdu : plus moelleuses parfumées qu’une petite madeleine, nos gourmandises nous entêtent de saveurs plus enivrantes. Nous n’avons pas à inventer le chemin long et sinueux qui nous a conduits là : malgré tristesse déchirures terreur, nous rendons grâces à la terre ses recoins d’herbe l’odeur du foin jusqu’au vertige ses airs de hautbois sa lave interne ses plis d’eaux vives ses geysers, et saluons le bleu ruisselant de lumière.

 

Tu nous as offert cette chance : nos sangs s’effrènent vrombissent rauquent le oui de tout cœur du jouir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 


FRANCOIS LAUR

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

FRANCOIS LAUR, DEUX, AMOUR, SENSUALITE, RENCONTRE


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 septembre 2026

LA FACE CACHEE DE LA TERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


De Deir Yassin à Gaza  
le silence a le goût indéfinissable du sang 
la souffrance la transparence des larmes 
la laideur l'horreur inassouvissable du crime 
C'est Guernica c'est Rocamadour Treblinka 
c'est l'enfer du surhomme le culte maudit de Yavhé 
c'est le pêché originel mille fois réinventé 
pour satisfaire la folie du peuple élu 
c'est des milliers d'enfants assassinés 
pourrissant dans les fosses communes de la mémoire 
c'est le ciel criblé de missile du poète qui s'exclame 
“Mon dieu! Que la guerre est jolie!” (G. Apollinaire)
c'est un désert de fer de béton et de poussière
applani par un troupeau de bull dozers gigantesques 
c'est le journal TV de 20 heures qui désigne l'ennemi 
fait la pluie et le beau temps encense les imbéciles heureux 
c'est des rêves d'amour enfouis sous des tonnes de désespoir 
c'est Orphée à la voix bridée Eurydice complètement dévastée 
c'est un miroir brisé où la civilisation exorcise ses vieilles rancoeurs 
c'est un Panthéon grotesque de  squelettes artistiques en liesse 
des vérités déchirées des naissances avortées dans un trou perdu

 


De Deir Yassin à Gaza  
le silence déferle comme les vagues de la mer
la souffrance allaite des petits bébés mutilés 
la laideur dévore la chair putride de l'humanité. 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 


ANDRE CHENET 

Sept. 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

ANDRE CHENET, PALESTINE, MASSACRE, ENFANTS, GENOCIDE, SILENCE, COMPLICITE

GAZA 2025
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 septembre 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un parfum va par le monde

 

 

un parfum fait de poivre ou miel

de cannelle gingembre muscade ou coriandre

un parfum si essentiel

qu’il ne se trouve pas de mots pour le dire

 

 

 

aussi continue-t-il

inconnu de tous de par le monde

sans nom pour l’arrêter

parfaitement libre parfaitement simple

 

 

le savoir (dit-on) éloigne du parfum

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

DANIEL BIGA

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

DANIEL BIGA, PARFUM, SENTEUR , MONDE , VOYAGE


 

5 septembre 2026

CHEMINS AU VENT ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le tracé du chemin n’est pas seulement d’ordre matériel, il comporte des balises invisibles sans lesquelles il disparaîtrait et si nous arrivons à continuer notre marche, ce ne serait pas à proprement parler sur un chemin : « les amers », les balises : foules de souvenirs personnels ou encore d’accointances typologiques, sentimentales qui ne se donnent pas à un homme privé de cœur. Les chemins de la mer nécessitent, ont nécessité un appareillage technique, des cartes mais il y avait encore autre chose chez les grands navigateurs.

 

 

Là où il n’y aurait rien eu pour nous sinon la mouvance recommencée des flots, ils reconnaissent une route, route faite de vent, d’écumes, de cris d’oiseaux, de nuages, d’un certain goût des eaux.  Comme il est admirable l’homme qui peut composer un chemin de ce qu’il y a de moins matériel et de plus mouvant dans l’univers.

 

 

Mais je suis persuadé que le berger, que le véritable marcheur, que le chemineau, que le passeur ou le braconnier ne regardent pas le sol mais font confiance à des odeurs, à des souvenirs, à des espérances, à des avertissements venus d’ailleurs, à des complicités surnaturelles, à l’air autant qu’au sol, aux ravins autant qu’à la terre ferme et aux chiens qui aboient et à la lune qui tarde à venir et à des fleurs qui ne s’ouvrent que pour eux, le moment de leur passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 


PIERRE SANSOT
Editions Payot/Rivages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

Photograpie Thierry Raynaud

5 septembre 2026

PAPUSZA ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tel un buis d’or sous la forêt,
toute pelotée comme un bolet,
j’éclos sous la tente Tzigane.
J’aime le feu, mon cœur ardent.
Les vents soufflant, petits et grands,
berçaient la petite gitane
puis la lâchaient comme un oiseau.

 

 

Larmes de pluie, vous me baignez,
soleil en or, Dieu des Tziganes,
vous réchauffez mon jeune corps
et enflammez si bien mon cœur.

 

 

L’eau qui jaillit reste très sage,
je m’y suis juste lavée les yeux …
L’ourse qui erre dans la forêt
suit juste le croc, lune d’argent,
et puis le loup a peur du feu,
il ne mordra pas les Tziganes.

 

 

Petite gitane se promène loin dans le bois,
et le cheval hennit,
réveillant les gadjé,
mais son p’tit cœur sourit se remplissant de joie.
L’écureuil sur le toit,
grignote quelques noix.

 

 

Comme la vie est belle,
vous entendez tout ça ?
Que la nature est belle,
vous voyez tout cela?

 

 

Ô que c’est beau,
les baies noires se glanent
comme des larmes tziganes !
Ô que la vie est belle,
c’est l’ printemps, renouveau,
et le chant des oiseaux !

 

 

Ô que c’est beau, près de la tente,
une fillette chante
à côté du grand feu !
Ô, que c’est beau, tous ces amis
revenus jusqu’ici
écouter les oiseaux,
le roucoulement des enfants
et la danse et le chant,
des garçons et des filles.

 

 

Ô que la vie est belle,
aller la nuit à la rivière,
pour attraper, mains nues,
des poissons froids comme l’eau fraîche !

 

 

Ô que c’est beau, aller aux champignons,
y rapporter l’amour,
quand dans le feu, cuisent les pommes de terre …
Et le cheval tzigane attend dans l’herbe fraîche
que la roulotte soit prête pour reprendre la route.

 

 

Ô que les nuits sont belles, à rester éveillée
au concert merveilleux des grenouilles enjouées !
Comme la poule conduit vers le ciel ses poussins,
la roulotte des gitans poursuit son long chemin
et sous l’aile d’une Tzigane brille votre destin,
lueur douce argentée d’une petite lune,
reflet perpétuel de nos ancêtres indiens,
luisance cachée sous la tente du nourrisson
repliée comme une aile protégeant l’oisillon.
Il est là votre avenir, que sait lire le gitan,
au milieu de la ronde, dans le cercle des enfants.

 

 

Ô que c’est beau, regarder là haut vers les cieux
sans pouvoir épuiser ces nuances de bleus !
Ô que c’est beau, plonger dans le noir de tes yeux,
donner un baiser sur ta peau brûlée de feu !

 

 

Ô que c’est beau, le bruissement de la forêt
qui murmure ses chansons .
Ô que c’est beau, le ruissellement des rivières
qui me remplit de joie.
Que c’est beau, le miroitement des eaux profondes
qui me laissent tout leur dire.

 

 

Ainsi, personne ne me comprend,
à part les forêts et les eaux.
Tout ce que j’ai écrit ici,
tout cela s’est passé depuis longtemps
et tout cela a pris tout en même temps
et mes jeunes années.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

BRONISLAWA WAJS

Dite PAPUSZA

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

PAPUSZA, TSIGANE, POETESSE, NATURE, BEAUTE, FORÊTS, OISEAUX

 

 

 

 

 

Papusza, de son vrai nom Bronisława Wajs, était une poétesse romani polonaise née en 1910. Autodidacte, elle apprit à lire et à écrire malgré les difficultés rencontrées par les femmes romani de son époque.

Elle écrivit de nombreux poèmes sur la nature, la liberté, le voyage et la vie des Roms. Après la Seconde Guerre mondiale, l'écrivain Jerzy Ficowski découvrit son talent et contribua à faire connaître ses œuvres en Pologne.

Cependant, certaines personnes de sa communauté lui reprochèrent d'avoir révélé leur culture aux non-Roms. Elle fut alors rejetée et vécut une grande partie de sa vie dans la solitude.

Papusza reste aujourd'hui une figure importante de la littérature romani, car elle fut l'une des premières poétesses romani à être largement reconnue.


 

5 septembre 2026

FLEUVE RENVERSE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrai te connaître jusqu’à l’enfance 
Comme en remontant un fleuve tranquille 
Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau 
Tailladé de contre-jour 
Par-delà l’arche blanche et le gué à fleur de glace 
- Remontée jusqu’à l’hiver 
Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule 
Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés 
Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide 
Le rire au goût de robe 
Et l’avalanche dans la grange au fil du foin 
Je descends le fleuve qui monte 
Je le descends vers sa naissance dans les plis miroitants et lourds 
Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher 
Tu serais là 
Femme prise à la source 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

JEAN-PIERRE FAYE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

JEANPIERRE FAYE, MEMOIRE, FEMME, ENFANCE, SENTIMENT, PASSE, NOSTALGIE


 

EMMILA GITANA
Tags
Derniers commentaires