IVRE D'UN GRAND RÊVE DE LIBERTE ... Extrait
" Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. "
Missak Manouchian
Tourmenté par Morphée, je me suis livré aux caresses
Apaisantes, attentives et maternelles de la nature ;
Les informes images de mes profondeurs vacillantes
Se métamorphosent et se singularisent par son souffle d’amour
La paix partout répandue, l’ivresse voluptueuse
S’enlacent dans l’obscurité des pensées …
Les étoiles s’allument tout entières, et la lune d’argent, comme
Un miroir, brille dans les eaux de l’étang du clos.
Pommiers, poiriers, amandiers à la robe de fiancée,
Fleurs aux mille noms, berceuse dans le jardin odorant
Offrent leur âme parfumée à tout vent …
L’enclos est temple silencieux, encens, fertile en prière.
Le rossignol presse son cœur sans fin tout contre mon cœur …
Dans le jardin, grillons et grenouilles donnent leur mélopée ;
La rosée étreint encore les tièdes frissons ;
Des instants de fraîcheur portent la nuit jusqu’au baiser de l’aube.
Mon âme telle une enfant est plongée dans l’enchantement
En voyant les étoiles s’allumer, ivres et tremblantes d’amour ;
L’inépuisable délicatesse du printemps fait passer
Au cœur des arbres, des herbes et des fleurs la sève du soleil …
Ils sortent de mon esprit, les messages bornés de la connaissance ;
Elle tombe de mon cœur, toute la vie intelligible des livres ;
Et dès lors, mon cœur purifié adore les mystères illimités
Des éléments de la nature qui profèrent un langage sensible …
.
MISSAK MANOUCHIAN
Châtenay, mai 1933
Traduit de l’arménien par Stéphane Cermakian
.
/image%2F1206717%2F20261016%2Fob_69d417_liberte3.jpg)
LE JOUR SE LEVE ENCORE
Quand tu n'y crois plus, que tout est perdu
Quand trompé, déçu, meurtri
Quand assis par terre, plus rien pouvoir faire
Tout seul, dans ton désert
Quand mal, trop mal, on marches à genoux
Quand sourds les hommes n'entendent plus le cri des hommes
Tu verras, l'aube revient quand même
Tu verras, le jour se lève encore
Même si tu ne crois plus à l'aurore
Tu verras, le jour se lève encore
Le jour se lève encore
La terre saigne ses blessures
Sous l'avion qui crache la mort
Quand l'homme chacal tire à bout portant
Sur l'enfant qui rêve, ou qui dort
Quand mal, trop mal, tu voudrais larguer
Larguer, tout larguer
Quand la folie des hommes nous mène à l'horreur
Nous mène au dégoût
N'oublies pas, l'aube revient quand même
Même pâle, le jour se lève encore
Etonné, on reprend le corps à corps
Allons-y puisque le jour se lève encore
Le jour se lève encore
Suivons les rivières, gardons les torrents
Restons en colère, soyons vigilants
Même si tout semble fini
N'oublions jamais qu'au bout d'une nuit
Qu'au bout de la nuit, qu'au bout de la nuit ...
.
BARBARA
.
/image%2F1206717%2F20261016%2Fob_1c8778_demain-2.jpg)
Artiste ?
GOVRACHE - COMPAGNIE REPUBLICAINE DE ... SECURITE
J’voudrais écrire un texte pour comprendre qui tu es
Pour savoir si t’as pigé le sens du mot « Gardien de la paix »
J’veux comprendre pourquoi cogner sur de braves gens
Ne te pose aucun problème
Toi le gardien de la paix… La pérennité du système
J’veux pas écrire un slam sur toi à coups de slogan qu’on rabâche :
« Un CRS égal une balle » ou « Mort aux vaches »
C’est vrai qu’de loin t’as l’air d’un beauf, d’un deux neurones qu’aime son boulot
Mais j’suis prêt à prendre le pari que sous ton casque y’a un cerveau
Alors vas-y, réfléchis, fais-toi du bien !
Et tu comprendras qu’les intérêts qu’tu défends c’est pas les tiens !
Réfléchis, tu sentiras une fois debout
Qu’t’as des fourmis dans la conscience quand t’as l’cerveau au garde à vous
Allez pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame tu restes un galérien quand même
Allez pose ta matraque, rejoins-nous, désobéis
Parc’que le monde pour l’quel on s’bat
T’en fait partie !
Compagnie républicaine de sécurité mon cul !
Qu’est-ce que tu crois qu’tu sécurises à part des banques et des élus ?!
Quand t’attrapes ton flash-ball, ta matraque, quand t’attaques un cortège
Qu’est-ce que tu crois qu’tu sécurises ? Mais qu’est-ce qu’tu crois qu’tu protèges ?
Ça t’fait pas mal au cul d’frapper des infirmières en grève
Qui veulent plus de moyens pour te soigner quand tu crèves ?
Tu gazes des retraités qui manifestent alors même
Qu’ils ne se battent pas pour leur propre retraite mais pour la tienne !
Tu cognes des étudiants non mais sérieux tu donn’ras quoi
Comme excuse quand tes gosses voudront faire plus d’études que toi ?
Que c’était pas ta faute, que tu respectais les ordres ?
Mais y’a des flics qui démissionnent y’a des pitbulls qui r’fusent de mordre !
Des excuses t’en a pas, de c’merdier t’es complice
Car pour faire respecter la loi t’es prêt à chier sur la justice
Alors pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Et surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame tu restes un galérien quand même
Allez pose ta matraque et désobéis aux ordres
Il nous manque plus qu’ta goutte d’espoir pour qu’le vase de ras l’bol déborde
Et comme si ça n’suffisait pas de te faire cogner des grévistes
C’est encore toi qu’l’Etat envoie s’il veut déloger des zadistes
Des héros anti-Ayrault et toute sa bande de blaireaux
Qui préfèrent le béton aux fleurs et les avions aux oiseaux
Alors là tu peux t’lâcher, ces gens-là tout l’monde s’en fout !
C’est rien qu’des écolos hippies qui veulent pas qu’on bétonne leur trou
Mais c’est pas un trou connard c’est la planète et tu vis d’sus
Toi t’es juste le bras armé des enculés qui la polluent
Alors écoute, et dis bien, à ton boss au ministère
Qu’vous chang’rez pas le cours des choses à grands coups d’violence policière
Y'aura toujours des gens debout qui te crieront « Résistance »
Toujours des gens debout qui te crieront « Désobéissance »
Toujours des gens debout qui te prouv’ront
Qu’on n’détruit pas une belle idée à coups d’bâton !
Alors pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Pose ta matraque et ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Pose ta matraque
Allez, pose ta matraque
Pose ta matraque
Ne tabasse pas ceux qui écopent
Allez, pose ta matraque
Pose ta matraque
Pose ta matraque
Allez !
Pose ta matraque, ton armure de Robocop
Tu vis sur un bateau qui coule ne tabasse pas ceux qui écopent
Surtout ne crois pas qu’tu fais pas partie du système
T’as beau nous fouetter quand on rame… Galérien quand même
Allez, pose ta matraque, enlève tes œillères :
Et tu verras qu’l’herbe est plus verte de l’autre côté d’la visière
.
GOVRACHE
Artiste, slameur, chanteur, poète
.
LA PERDITION DU MONDE MODERNE
Cette civilisation moderne a conduit l' humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n' a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes. Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l' égoïsme et aux conflits.
C' est dans la vision même de l' homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». Tant que l' aveuglement et l' ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent.
L' intérêt pour la politique tient aujourd' hui la place que tenait autrefois l' intérêt pour la religion. Moins les gens ont l' intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société.
En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu' une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique. Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l' Homme.
Pour le moment, l' humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. L 'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure. Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer.
C' est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l' aveuglement et l' ignorance.
.
ARNAUD DESJARDINS
Monde moderne et Sagesse ancienne
1973
.
/image%2F1206717%2F20261016%2Fob_3e9f15_phil-warwick-jpg2.jpg)
Photographie Phil Warwick
A LA PLUS QUE PRESENTE ... Extrait
"Entrer, renaître, comme si la mort
lâchait prise, nous en avons le droit
alors qu'une voix chante, l'aimée
ou la première à redresser les corps
à la proue de la note inquiète, la très fervente,
cette voix fait plus que répondre,
elle appartient au monde où mourir,
consentir, ce n'est pas, ce ne doit pas être
nous taire, à la fois perdre haleine,
puisqu'elle offre au présent le verbe "offrir"
à tous les temps, elle en est le visage
de connivence avec la flûte."
.
PIERRE DHAINAUT
Publié par Le Silence qui roule, 2024
.
/image%2F1206717%2F20261015%2Fob_6961c3_dhainaut-jpg2.jpg)
JOURNAL D'UN POETE JEUNE MARIE ... Extrait
Solitude
En toi tu es toute, mer, et cependant,
comme tu es sans toi, comme tu es seule,
et loin, toujours, de toi-même !
Ouverte de mille blessures, sans cesse,
tel mon front,
tes vagues vont, comme mes pensées,
et viennent, vont et viennent,
se baisant, s’écartant,
en un éternel se connaître,
mer, et ne plus se connaître éternel.
Tu es toi, et tu ne le sais pas,
ton cœur bat, et il ne le sent pas…
Quelle plénitude en solitude, mer seule !
.
JUAN RAMON JIMENEZ
2009. Traduit de l’espagnol par Victor Martinez,
© Librairie La Nerthe éditeur
.
/image%2F1206717%2F20261015%2Fob_6c6d7c_rachael-talibart.jpg)
Photographie Rachaël Talibart
LES MAISONS... Extrait
Dans ses yeux, le nuage de l'exil.
Dans la serviette de cuir, le livre, le crayon
Et un portrait de famille
Dans ses mains l'étain des fauteuils,
L'étain des corniches et des ornières
Dans ses mains l'étain de la poignée de main.
La serviette s'est inclinée vers le mur.
Va-t-il sortir d'abord ses mémoires ou, tel un magicien, une patrie:
Une maison,
Une rue
Et une capitale.
Il a fermé les yeux
Et s'est penché sur l'épaule de ses légitimes habitudes:
Il ne se liera plus d'amitié avec un autre vase
Il ne se confiera plus à un lit prêt à exploser dès la prochaine guerre
Il ne fera plus de thé, il ne chantera plus.
Il rôdera longtemps, entre cuisine et corridor
Et prêtera l'oreille au moindre bruit venant du portail du jardin.
Rien que papiers froissés sous des pas
Qui viennent
Puis
S'éloignent
Rien que murmures dans les maisons voisines.
.
WALID KHAZNADAR
in Le poème arabe moderne.
Anthologie établie par Abdul Kader El Janabi.
Préface de Bernard Noël, Maisonneuve & Larose, 1999, page 210.
.
/image%2F1206717%2F20261015%2Fob_9634bb_walid2.jpg)
CAMPAGNE PERDUE ... Extrait
Sépare-toi de ton double endormi, quitte la chambre du Temps,
le seuil débouche dans une perle !
Nacre et nuit, l'espace gris et rose s'irise et tremble au seul battement de ton désir. L'espace devient couleur de ta pensée. Tu peux choisir. L'aube ? Le ciel miroite aussitôt comme un ventre de truite. La nuit d'août ? Ce grésillement d'étoiles tout à coup sur le lac d'odeurs où fermente le vin des roses mortes.
Décembre, si tu veux...
La fontaine, sa voix d'été perdue, coule sans mot dire sous les glaçons, louche rappel des grelottants réveils d'adolescence. Tu peux marcher dans l'herbe, dans la neige, cueillir une fleur, une pomme au jeune pommier Lebel, mâcher le miel des premières violettes en chassant d'un claquement de mains le corbeau d'octobre noix au bec à travers l'essaim des feuilles jaunes. Tu désires l'orage – et l'éclair fend d'un fil de feu la suie et l'argent des nues. L'étendue n'est qu'un chatoiement du possible autour de tes mains et de tes lèvres.
Murmure pluie ! et les molles flèches de l'averse ruisselleront à tes bras nus. Ta main debout – le soleil flambe aux croupes fumantes des collines...
Tu es le maître de l'espace et le Temps n'est plus pour nous deux qu'un présent inépuisé.
.
GUSTAVE ROUD
« Campagne perdue », Éditions Fario, 2009
.
/image%2F1206717%2F20261013%2Fob_515342_roud.jpg)
CHAQUE POEME
Chaque poème est un oiseau qui fuit
le lieu marqué par le fléau.
Chaque poème est un habit de mort
sur la cire mortelle des vaincus
par les rues et les places inondées.
Chaque poème est un pas vers la mort,
une rançon en fausse monnaie,
un tir au but au milieu de la nuit
pour détruire les ponts sur le fleuve dormeur
qui coule de l’antique cité vers les campagnes
où le jour prépare ses brasiers.
Chaque poème est un geste raidi
du gisant sur le carrelage des hôpitaux,
un hameçon vorace qui parcourt
la terre molle des sépultures.
Chaque poème est un lent naufrage du désir,
un grincement des mâts et des cordages
qui supportent le poids de la vie.
Chaque poème est un fracas
de voiles blanches qui s’écroulent
dans le rugissement glacé des eaux.
Chaque poème envahit et déchire
l’amère toile d’araignée de la lassitude.
Chaque poème naît d’une sentinelle aveugle
qui lance au gouffre sans fond de la nuit
le mot de passe de son malheur.
Eau du rêve, source de cendre,
pierre poreuse des abattoirs,
cercueil à l’ombre des immortelles,
métal sonnant le glas des damnés,
huile funéraire sur le double tranchant,
sueur quotidienne du poète,
chaque poème égrène sur le monde
l’âcre épi de l’agonie.
.
ÁLVARO MUTIS
1923~2013
« Ombre de la mémoire »
Anthologie de la poésie hispano-américaine, Gallimard, traduit de l’espagnol
.
/image%2F1206717%2F20261013%2Fob_972c7e_natalie-gileva-jpg2-jpg.jpg)
ALEJANDRA PIZARNIK ... Extrait
«Tout peut mourir et disparaître : derrière, il y a toujours les remplaçants, un peu comme dans les fêtes foraines, ces figurines qui s’abattent après chaque tir de carabine et qui sont immédiatement remplacées par d’autres, d’autres toujours et encore. Il n’y a donc rien qui oblige à vivre et rien qui n’y oblige pas. »
.
ALEJANDRA PIZARNIK
-Journaux (24 mars 1961)
.
/image%2F1206717%2F20261012%2Fob_f8060f_rachael-talibart-jpg8.jpg)
Photographie Rachael Talibart
CARNET 3
Que faire du passé ; y revenir sans cesse maintient une certaine dépendance.
En fait nous sommes dépossédés de notre existence par la chute essentielle des heures. Que dire ? Il est midi, j’écoute Henry Purcell. Je suis dans une latitude impossible. Je ne suis nulle part sinon dans le fracas des mots silencieux de la page. Je n’ai plus l’angoisse de la page blanche ni des nuits blanches. Je me suis sevré des somnifères. Sommes-nous des accros de la vie ? Je n’écris plus trop de poésie, j’ai atteint une porte qui s’est refermée sur moi. Je voulais écrire d’une façon de plus en plus dépouillée tellement que je me suis retrouvé dépouillé moi-même.
La poésie c’est écrire des choses qui font que l’on ne manque plus à personne. J’ai relu Rilke « Les élégies de Duino », quelques vers piqués de ci de là, c’est dur de s’aligner derrière, ce n’est pas faire preuve d’humilité que d’affirmer que nous sommes des auteurs secondaires. Nous sommes des figurants qui passons dans l’intervalle de la page. Nous traversons une époque vaniteuse où les vaniteux dirigent le monde.
Quoi de plus horrible que la publicité, cet apartheid quotidien qui choisit les élus ceux qui ont du fric en se moquant de ceux qui galèrent. Nous sommes chaque jour les victimes sur lesquelles tombent les pierres lourdes de la modernité. Les pierres tombent depuis des siècles mais aujourd’hui nous avons la possibilité de visionner notre chute. Nous n’avons même plus les moyens d’être Sisyphe.
J’écris, je me sens relié à un invisible qui me garde en vie. Tout est là ; dans l’invisible. Les mots dont nous nous sommes déjà servis reviennent sous le joug de l’obsession. Et puis les mots reposent, comme nous nous reposerons l’heure venue.
.
© PATRICK CHEMIN
Le 24 septembre 2026
.
/image%2F1206717%2F20261012%2Fob_924546_rachael-talibar-jpg2.jpg)
Photographie Rachaël Talibart
POURQUOI LES GENS NE GUÉRISSENT PAS ?
"Parce que la guérison est très désagréable ! »
Les obstacles à la guérison comprennent le fait d’abandonner de vivre dans le passé, de cesser d’être une victime et la peur du changement.
Diriger notre pensée et notre énergie sur notre passé se fait au détriment de nos cellules et de nos organes qui ont besoin d’énergie pour fonctionner et guérir.
La guérison exige de vivre dans le présent et de récupérer l’énergie piégée dans nos traumatismes et dans nos blessures.
La seule raison de nourrir et de garder le passé vivant, c’est l’amertume de ce qui s’est passé.
Refuser de pardonner à un évènement ou à une personne du passé produit des fuites d’énergie.
Le pardon guérit les fuites.
Le pardon n’a rien à voir avec le fait de ne pas responsabiliser les autres pour les blessures qu’ils ont causées.
Quand nous arrivons à voir un évènement douloureux de notre vie comme un message ou un défi plutôt que comme une trahison personnelle, l’énergie de vie liée à cet évènement reflue vers les circuits énergétiques de notre corps physique.
Les gens ne guérissent pas parce qu’ils ne se sont pas libérés de l’illusion d’être une victime.
La guérison exige souvent des changements de mode de vie, d’environnement et de relations.
En cela, le changement peut être effrayant !
Il est facile de rester dans un circuit d’attente, en affirmant que l’on ne sait pas quoi faire, alors que c’est rarement vrai.
En fait, lorsque nous restons dans un circuit d’attente et que nous savons exactement ce qu’il faut faire, c’est que nous sommes terrifiés par le fait d’agir en conséquence.
Le changement est effrayant, et le temps d’attente donne un sentiment de sécurité, alors que la seule façon d’acquérir véritablement ce sentiment de sécurité est d’entrer dans le tourbillon des changements et de se sentir vivant à nouveau.
La guérison nécessite une action : manger correctement, l’exercice quotidien, penser autrement, … produisent des changements sains dans le physique.
Relâcher le passé, laisser tomber les emplois stressants ou les relations inappropriées sont des actions qui libèrent l’énergie du corps.
Ce qui améliore l’une améliore l’autre, la puissance physique et l’Énergie sont intimement liées."
.
MARIA DE LOS ANGELES RODEIRO
Médecin
.
/image%2F1206717%2F20261012%2Fob_9b2ca8_guerison.jpg)
CORINNE GRANDEMANGE ... Extrait
Je me souviens
Nous nous nichions dans ce grand lit de tendre, l’un et l’autre de chaque côté.
Il y avait place pour la truffe du chien les ronronnements du chat et les bouquins autour - éparpillés d’attendre.
C’était un rite de bonheur à prendre quand sous la couette en écoutant la pluie, nous avions chaud mes petits de l’entendre, dans la douceur de ce temps palissandre.
Chacun un livre sagement dans les mains.
Chacun son tour pour lire à haute voix. J’avais le cœur qui battait la chamade à les écouter
claires - chantonner - tout bas.
Vous choisissiez une histoire aimée; nous partagions ce bonheur éthéré. Parfois les paupières closes, je me laissais bercer par le timbre de l’enfance, vos odeurs sucrées.
Et puis mon tour venant, je vous faisais lecture de quelques pages arides pour aider à grandir. Nous savions tous les trois la suspension du temps, le chat ferait le con et le chien japperait.
Alors dans un foutoir très bien organisé, vous sauteriez du lit pour prendre la tangente ... retrouver l’herbe tendre et le bois des forêts, dès qu’un rayon soleil convierait à l’envi.
Je me souviens de ces années de tendre où nous lisions ensemble le bonheur d’exister.
Je garde au cœur la lumière indicible de ces premières lectures comme voyage à rêver.
.
CORINNE GRANDEMANGE
.
/image%2F1206717%2F20261012%2Fob_b0ac91_enfance-jpg2.jpg)
LES YEUX OUVERTS
"Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.
Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.
On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.
On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie.
; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.
On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.
On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.
Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait."
.
MARGUERITE YOURCENAR
.
/image%2F1206717%2F20261012%2Fob_0296dc_monde-1.jpg)
Photographie I A
DIT DE L'AIMER
Au surgir du désir
tes courbes d’absolu
où j’aborde de mal-monde
nos temps d’innocence
croyant en l’horizon
de rêves qui ne mentiraient pas…
Au surgir de tes détresses
quand la nuit
passe à ton cou
son collier de silence
pour adoucir les larmes
de noces qui ne saigneraient plus…
Que voyons-nous l’inséparable
de toi
de moi
nous confier ses croquis
aux couleurs de vertiges
pour la mémoire ensemble
d’aimer sans lèvres au rouge
de quelques braises retournées
L’authentique nuit d’amour
monte à l’abordage mystérieux
des grands fonds de confiance
que ne double sur la vague
aucune ombre de formes
Aucune esquisse
d’aucune nuit
n’éclaire la chose étreinte
et le dit ne retient
que les plis en mémoire
Je ne crois pas l’amertume
savoir abuser la beauté
pour lui donner séjour parmi les défaits
Je sais le ressentir d’infini
consoler le cœur de ses brisures
Je nous vois plus loin qu’à portée de poème
.
PHILIPPE TANCELIN
.
/image%2F1206717%2F20261010%2Fob_7ddae9_couple-mer-jpg2.jpg)
L'IN-SÛR ET CERTAIN AUX MARGES DEBORDANTES ... Extrait
Rien ne sera ravi à la lumière
qui crie de Gaza
le nom retrouvé d’un enfant
de l’espoir au milieu des ruines
Nous avançons sur le fil d’histoire
avec le visage incandescent du rêve
irréductible à la douleur du jour
.
PHILIPPE TANCELIN
Col, Poètes des 5continents l’Harmattan
.
/image%2F1206717%2F20261010%2Fob_189e2e_enfants-palestine.jpg)
Enfants de Gaza
STIG DAGERMAN ... Extrait
« Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre les lieux qui n’existent pas »
.
Stig Dagerman
.
/image%2F1206717%2F20261010%2Fob_cf8e25_veronique-gerbaud-lambert-jpg6-jpg.jpg)
Oeuvre Véronique Gerbaud-Lambert
BOIS VERT ... Extrait
Hommes de main
Hommes de peine
Il y a de l’espoir sur la planche
Des rêves à nourrir
Des chansons à pleins bras
Et pas de regard en arrière
Où l’orage et le sang s’évaporent déjà
On a laissé flétrir la rose de colère
Retranché les élans qui n’en finissaient pas
On a changé de mains au coin de la misère
Tout remis au courant
Au droit fil de la chaîne
Et au tas
Et puis plus rien
Plus rien à dire
Le monde a fixé sa terreur
Hors de l’espace où je respire
S’étale un long crêpe de deuil
Quand j’aurai rebondi au delà de la sphère
Où l’épouvante engourdissait l’aile du temps
Je dirai le chagrin qui tissait ma lumière
La détresse infinie qui me liait les mains
Dans ce sous-sol d’éponge
de ténèbres
Toute étincelle était une ombre
Toute vitre tombeau linceul
Dans la ruelle au son des pas qui le martèlent
Un cœur qui éclate et se vide
Une bouteille en butte aux fureurs de la mer
Je n’ai que d’ennemis en tête
Quand ils inventent le passé
Quand ils torturent leur légende
Mensonges lourdement tressés
Ces hommes-liens sans caractère
Quand ils ouvrent leurs mains de pierre
Et leurs armures fracassées
Ce qui leur manque tombe à terre
Masque de la mort rejeté
Il y avait au front de tous les hommes une lumière
Une étoile vivante au creux de chaque nuit
Un astre camouflé au fond du lourd ciel d’encre
Quel vol de main saura rallumer cette lampe
Repolir l’étoile et le ciel
Desserrer l’étau de ma tempe
Et rouvrir dans mon cœur une porte au soleil
.
PIERRE REVERDY
1889~1960
.
ENTRELACS...
L’odeur du foin coupé ce matin de septembre
M’a rappelé l’enfance immense que j’avais,
Quand, suçotant longtemps la menthe ou le gingembre
Je craignais l’amertume aqueuse du navet.
Ma vie n’était alors que saveurs et chansons
Rêveuses remâchées dans ma future barbe.
Les dimanches avaient une odeur de chausson
Aux pommes et l’ennui le goût de la rhubarbe.
J’aimais le myosotis et je croyais en Dieu
Car il était Celui qui colore et parfume.
Ayant pris fièrement Sa parole au sérieux
Je pardonnais toujours, sans garder d’amertume.
.
GRÉGOIRE LEPRINCE-RINGUET
« Entrelacs », © La Rumeur libre, 2024
.
/image%2F1206717%2F20261008%2Fob_0d8eb9_foin-ble.jpg)
/image%2F1206717%2F20261008%2Fob_d6ff66_punta-velaco-jpg2.jpg)