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EMMILA GITANA

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10 mars 2024

AVERTISSEMENT AUX LECTRICES ET LECTEURS

Nous tenions à prévenir les lecteurs de ce blog que certains " incidents " et changements de cet espace poétique et littéraire sont indépendants de notre volonté...En effet suite à la migration des milliers de blogs de " Canalblog " vers la plate-forme...
5 septembre 2026

CHEMINS AU VENT ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le tracé du chemin n’est pas seulement d’ordre matériel, il comporte des balises invisibles sans lesquelles il disparaîtrait et si nous arrivons à continuer notre marche, ce ne serait pas à proprement parler sur un chemin : « les amers », les balises : foules de souvenirs personnels ou encore d’accointances typologiques, sentimentales qui ne se donnent pas à un homme privé de cœur. Les chemins de la mer nécessitent, ont nécessité un appareillage technique, des cartes mais il y avait encore autre chose chez les grands navigateurs.

 

 

Là où il n’y aurait rien eu pour nous sinon la mouvance recommencée des flots, ils reconnaissent une route, route faite de vent, d’écumes, de cris d’oiseaux, de nuages, d’un certain goût des eaux.  Comme il est admirable l’homme qui peut composer un chemin de ce qu’il y a de moins matériel et de plus mouvant dans l’univers.

 

 

Mais je suis persuadé que le berger, que le véritable marcheur, que le chemineau, que le passeur ou le braconnier ne regardent pas le sol mais font confiance à des odeurs, à des souvenirs, à des espérances, à des avertissements venus d’ailleurs, à des complicités surnaturelles, à l’air autant qu’au sol, aux ravins autant qu’à la terre ferme et aux chiens qui aboient et à la lune qui tarde à venir et à des fleurs qui ne s’ouvrent que pour eux, le moment de leur passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PIERRE SANSOT
Editions Payot/Rivages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photograpie Thierry Raynaud

5 septembre 2026

PAPUSZA ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tel un buis d’or sous la forêt,
toute pelotée comme un bolet,
j’éclos sous la tente Tzigane.
J’aime le feu, mon cœur ardent.
Les vents soufflant, petits et grands,
berçaient la petite gitane
puis la lâchaient comme un oiseau.

 

 

Larmes de pluie, vous me baignez,
soleil en or, Dieu des Tziganes,
vous réchauffez mon jeune corps
et enflammez si bien mon cœur.

 

 

L’eau qui jaillit reste très sage,
je m’y suis juste lavée les yeux …
L’ourse qui erre dans la forêt
suit juste le croc, lune d’argent,
et puis le loup a peur du feu,
il ne mordra pas les Tziganes.

 

 

Petite gitane se promène loin dans le bois,
et le cheval hennit,
réveillant les gadjé,
mais son p’tit cœur sourit se remplissant de joie.
L’écureuil sur le toit,
grignote quelques noix.

 

 

Comme la vie est belle,
vous entendez tout ça ?
Que la nature est belle,
vous voyez tout cela?

 

 

Ô que c’est beau,
les baies noires se glanent
comme des larmes tziganes !
Ô que la vie est belle,
c’est l’ printemps, renouveau,
et le chant des oiseaux !

 

 

Ô que c’est beau, près de la tente,
une fillette chante
à côté du grand feu !
Ô, que c’est beau, tous ces amis
revenus jusqu’ici
écouter les oiseaux,
le roucoulement des enfants
et la danse et le chant,
des garçons et des filles.

 

 

Ô que la vie est belle,
aller la nuit à la rivière,
pour attraper, mains nues,
des poissons froids comme l’eau fraîche !

 

 

Ô que c’est beau, aller aux champignons,
y rapporter l’amour,
quand dans le feu, cuisent les pommes de terre …
Et le cheval tzigane attend dans l’herbe fraîche
que la roulotte soit prête pour reprendre la route.

 

 

Ô que les nuits sont belles, à rester éveillée
au concert merveilleux des grenouilles enjouées !
Comme la poule conduit vers le ciel ses poussins,
la roulotte des gitans poursuit son long chemin
et sous l’aile d’une Tzigane brille votre destin,
lueur douce argentée d’une petite lune,
reflet perpétuel de nos ancêtres indiens,
luisance cachée sous la tente du nourrisson
repliée comme une aile protégeant l’oisillon.
Il est là votre avenir, que sait lire le gitan,
au milieu de la ronde, dans le cercle des enfants.

 

 

Ô que c’est beau, regarder là haut vers les cieux
sans pouvoir épuiser ces nuances de bleus !
Ô que c’est beau, plonger dans le noir de tes yeux,
donner un baiser sur ta peau brûlée de feu !

 

 

Ô que c’est beau, le bruissement de la forêt
qui murmure ses chansons .
Ô que c’est beau, le ruissellement des rivières
qui me remplit de joie.
Que c’est beau, le miroitement des eaux profondes
qui me laissent tout leur dire.

 

 

Ainsi, personne ne me comprend,
à part les forêts et les eaux.
Tout ce que j’ai écrit ici,
tout cela s’est passé depuis longtemps
et tout cela a pris tout en même temps
et mes jeunes années.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BRONISLAWA WAJS

Dite PAPUSZA

 

 

 

 

 

 

 

 

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PAPUSZA, TSIGANE, POETESSE, NATURE, BEAUTE, FORÊTS, OISEAUX

 

 

 

 

 

Papusza, de son vrai nom Bronisława Wajs, était une poétesse romani polonaise née en 1910. Autodidacte, elle apprit à lire et à écrire malgré les difficultés rencontrées par les femmes romani de son époque.

Elle écrivit de nombreux poèmes sur la nature, la liberté, le voyage et la vie des Roms. Après la Seconde Guerre mondiale, l'écrivain Jerzy Ficowski découvrit son talent et contribua à faire connaître ses œuvres en Pologne.

Cependant, certaines personnes de sa communauté lui reprochèrent d'avoir révélé leur culture aux non-Roms. Elle fut alors rejetée et vécut une grande partie de sa vie dans la solitude.

Papusza reste aujourd'hui une figure importante de la littérature romani, car elle fut l'une des premières poétesses romani à être largement reconnue.


 

5 septembre 2026

FLEUVE RENVERSE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrai te connaître jusqu’à l’enfance 
Comme en remontant un fleuve tranquille 
Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau 
Tailladé de contre-jour 
Par-delà l’arche blanche et le gué à fleur de glace 
- Remontée jusqu’à l’hiver 
Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule 
Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés 
Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide 
Le rire au goût de robe 
Et l’avalanche dans la grange au fil du foin 
Je descends le fleuve qui monte 
Je le descends vers sa naissance dans les plis miroitants et lourds 
Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher 
Tu serais là 
Femme prise à la source 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN-PIERRE FAYE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEANPIERRE FAYE, MEMOIRE, FEMME, ENFANCE, SENTIMENT, PASSE, NOSTALGIE


 

5 septembre 2026

TONY GATLIF.... HOMMAGE

 

 

 

 

 

 

 

 

Tony Gatlif est un réalisateur français né en 1948 à Alger. Il est d’origine kabyle et gitane. Il arrive en France lorsqu’il est adolescent et connaît une jeunesse difficile. Ces expériences vont beaucoup influencer ses films.

Il est surtout connu pour avoir réalisé des films sur les Gitans, les personnes marginalisées et les exilés. Il parle souvent de personnes qui cherchent leur place dans la société.

Un élément très important dans ses films est la musique. Il utilise notamment la musique gitane, le flamenco et d’autres musiques traditionnelles pour raconter les émotions et la culture de ses personnages.

Ses films parlent souvent de liberté, de voyage, d’identité, de racisme et d’exil. Il cherche à montrer les personnes qui sont souvent mises de côté par la société, sans les juger.

Parmi ses films les plus connus, on peut citer Gadjo Dilo, Latcho Drom, Exils, Liberté et Djam.


Tony Gatlif est un réalisateur qui a utilisé le cinéma et la musique pour parler des Gitans, de l'exil et de la liberté. Son propre parcours, marqué par ses origines et son arrivée en France, a fortement influencé son œuvre.

 

 

 

 

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Tony Gatlif 1968

 

 

 

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Pour Tony Gatlif, la musique est « le ciment qui rattache les humains ». Il la considère comme « cette liberté qui [lui] donne le souffle de faire [ses] films, le souffle d'aller à la rencontre des autres dans le monde »[réf. nécessaire]. Celle-ci est un des éléments essentiels, créateur même de situation dans ses films. Il compose lui-même, parfois en collaboration avec d'autres artistes, les musiques de Latcho Drom, Gadjo Dilo, Vengo, Swing, Transylvania.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Gatlif

 

 

 

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5 septembre 2026

DANS LE CORPS DU POEME ...Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"... Qu’est-ce que la poésie ?
le nid de la parole ?
la bouche sensible du chant ?
la preuve du néant ?
un voyage visionnaire
hors du temps pourrissant
pour ne retenir
que le don du présent ?
une voix qui appréhende
ce qui ne peut être dit ?
Qu’est-ce que la poésie ?
hérésie hérissant la raison
cette question sans issue
répond à notre détresse
en nous passant au crible
du terrible inconnu."

 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE  CHENET

 

 

 

 

 

 

 

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ANDRE CHENET, EXISTENCE, VIE, POESIE, POEME, QUESTIONNEMENT, TALENT, AMOUR

 

3 septembre 2026

ARRÊTS FACULTATIFS ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon option c'est la pêche à la ligne.
Sans hameçon ni appât, bien sûr, et même sans canne ni ligne.
Dans la société, seule l'imposture est à sa place. Chacun attend derrière les barreaux de sa cage d'où il devine plus ou moins la liberté du vrai monde.
Hommage à ceux qui ne laissent pas trace, ceux qui n'amassent pas la parole, ceux qui ne monopolisent pas, ceux qui ne dressent pas monument, ceux qui ne font pas chef d'oeuvre...
Hommage aux pêcheurs sans ligne.

 

 

 

 

 

 

 

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DANIL BIGA

Editions Gros Textes, 2001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Oeuvre Mathurin Meheut

3 septembre 2026

LOUIS SCUTENAIRE ..Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’homme est cet être infiniment piteux qui jette un bâton dans le cerisier et reçoit quelques cerises sur la tête, avec le bâton.

 

 

 

 

 

 

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 LOUIS SCUTENAIRE

 

 

 

 

 

 

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LOUIS SCUTENAIRE, HOMMES, POUVOIR, BÊTISE,

Dessin Aurel

1 septembre 2026

SORTE INGRATA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je t’ai donné mon éloignement et ma distance pour que tu connaisses la suprême esquive à laquelle tu tendais, mais tu n’ignorais pas qu’elle était la dernière et désormais que ta course est infinie, voilà qu’elle te fait horreur. Pauvre jeune homme ! L’amour des morts est si doux qu’il donne avec excès ! Tu as communié avec eux tout le temps que tu as vécu, tu as connu leur détachement et leur désespoir serein, tu as mangé à leur table, rompu avec eux le pain du désarroi, un désarroi sans haine. Tu as mené boire ta jument sur le chemin de la source, tu as admiré, rempli de crainte et d’étonnement, la fée du soir, hai miratu a fata sottu a e stelle  incu li so capelli d’oru.

 

Ta révolte n’en est pas une.

 

Tes doutes ne sont pas vraiment des doutes.  

 

   
TU NOUS CHERCHAIS et nous t’avons rejoint. Je t’ai pris contre mon cœur pour exaucer le plus inavouable de tes souhaits. Ce n’était pas un piège. Cette terre est une terre de mémoire remplie d’hommes oublieux ! Tu pensais à nous. Il ne faut jamais t’en défendre. Tu te souciais de nous ! Les autres chantent, prient, se prosternent, pleurent, célèbrent. Seuls les animent leurs sentiments devenus sans objet ou leur bonheur enfui, la violence impassible du néant soudain dressé devant eux, l’absence inconsolable et le vide tourmenteur qui les renvoie sans pitié, sans pardon, vers toutes leurs fautes passées.

 

Toi, en revanche, tu regardais plus loin, où se tiendrait notre rencontre. Tu n’as jamais renoncé à revoir ceux que tu as perdus : non pas que tu ais eu raison d’insister envers et contre le dogme de l’éternelle séparation. Ce dogme, c’est une pierre à écraser les âmes et la tienne était sous la meule. Je l’ai volée avant qu’On ne la broie. Elle ne tient à rien, elle se débat dans les limites de ce qu’elle a voulu voir ; elle n’y distinguerait rien si je n’étais là pour jeter un peu de lumière dans cette obscurité, la lumière de ma pitié, une lumière faible, car les morts éclairent bien peu les vivants.  

 


Ici était leur dernier territoire, au milieu des champs d’asphodèles, parmi les myrtes et les cyprès. Les hommes ne les négligeaient ni ne les sollicitaient. Leurs rites les laissaient en repos. Cela avait duré des siècles. De temps à autre, une résistance, une lutte, d’un ou d’une qui ne voulait pas de ce pacte, pour qui ce décor antique n’appartenait qu’aux vivants. Par haine de la complexité, ceux-là trouvaient des complications à tout. Ce dégoût est maintenant devenu la règle. Bien peu nous rendent justice. Qui nous cueille encore aux rameaux d’olivier battus par le Libecciu ? La mort de la terre, sais-tu, c’est quand le vent ne porte plus rien.

 

Alors je t’ai choyé et tu as souffert l’existence des morts.

Tu l’as soufferte de ton vivant et quand le jour viendra, quand ton tour viendra, tu n’auras pas peur. C’est ta récompense. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARIE MADELEINE POLI BONIFACI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARIE MADELEINE POLI BONIFACI, EXISTENCE, VIE, MORT, MEMOIRE, CORSE

 

31 août 2026

CORRESPONDANCES AVEC JACQUES RIVIERE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


«Un homme se possède par éclaircies, et même quand il se possède, il ne s’atteint pas tout à fait. Il ne réalise pas cette cohésion constante de ses forces sans laquelle toute véritable création est impossible. Cet homme cependant existe. Je veux dire qu’il a une réalité distincte et qui le met en valeur. Veut-on le condamner au néant sous le prétexte qu’il ne peut donner que des fragments de lui-même ? Vous-même ne le croyez pas et la preuve en est l’importance que vous attachez à ces fragments.

 

J’avais depuis longtemps le projet de vous en proposer la réunion. Je n’osais pas le faire jusqu’ici et votre lettre répond à mon désir. C’est vous dire avec quelle satisfaction j’accueille l’idée que vous me proposez. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD, HOMME, REALITE, FRAGMENTS,

 

30 août 2026

CAHIERS D'IVRY ... Extraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’on s’étonne dans les 
quotidiens 
et il y a cent mille quotidiens
qui ne molvent que des 
balivernes 
et qui donnent [chaque] jour
à la conscience 
humaine 
sa prolifique platée 
de sottises, de cancans, 
de fausses nouvelles, 

 


on s’étonne que la vie 
aille aussi mal 
et qu’est-ce que c’est que la vie 
qu’est-ce que c’est que le mal 
dans la vie 
qu’est-ce que c’est que le 
mal de vivre, 
le mal de vivre dans la vie, 
et comment vivez-vous 
tous dans votre vie 

 


et qu’est-ce que vous y faites dans la vie 
et à quoi vous sert-elle la vie 
à quoi vous sert-il de vivre, 
et pourquoi vit-on ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD

février 1947-mars 1948.

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANTONIN ARTAUD, EXISTENCE, QUESTIONNEMENT,

Photographie Ahein Sader

30 août 2026

POEMES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nous nous reverrons dans une autre vie 
Sous quelle forme reviendras-tu 
Quel costume porteras-tu
Serai-je un arbre, une femme, une fleur
Seras-tu l'abeille qui dévorera mon coeur 
La main d'un jardinier qui m'arrachera à la terre 


Toi, tu fus un châtaignier plusieurs fois centenaire
Que la foudre avait frappé 
Ta blessure était noire 
Ton sein creux 


Toi, tu fus un chien qui remuait la queue 
Donnais la patte pour un morceau de sucre
Mordais après la main


Toi, tu fus un oiseau tombé du nid 
Tu portais des ailes mais ne volais pas 
Tu chantais sous les fenêtres 
Tu changeais de cage pour un morceau de pain 


Que deviens-tu, vieil oiseau moqueur 
Auras-tu pris pour nid un coeur ouvert 
Si seulement tu avais appris à voler 
Féérie 
Pour une autre fois


Autrefois j'ai tissé le linge des mourants
Autrefois, j'ai lavé les oreilles, les mains et les pieds des mourants 
Je connaissais les herbes et les potions
Aujourd'hui, je murmure à l'oreille de l'homme qui meurt 
Tout homme meurt 


Mes herbes sont des mots 
Mes potions des poèmes 
Je tisse des chants de vie pour ceux qui s'en vont 
Et tous s'en vont

 
Demain, après la grande nuit, quel sera mon âge
Aurai-je appris à chanter 
Pour une abeille, un chien, un oiseau, un jardinier 
Pour l'homme qui s'en va ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI, EXISTENCE, MORT, VIES, RETOUR, REINCARNATION, NATURE, MAGIE, ESPRITS

 

29 août 2026

OLIVIER DE KERSAUSON ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«  Vieillissant, je ne me dis pas que les promenades en bord de mer seront de moins en moins nombreuses mais je me dis que les attaques de la nostalgie vont se faire de plus en plus fréquentes. Et c’est normal car j’ai plus de passé que d’avenir, donc dans l’équilibre de mon psychisme, il y a davantage de choses faites que de choses à faire. 

 


La tentation est grande de se laisser rattraper par le souvenir. Mais je veux encore me fabriquer des moments et non pas en revivre. Le jour où je vais disparaître, j’aurai été poli avec la vie car je l’aurai bien aimée et beaucoup respectée.

 


Je n’ai jamais considéré comme chose négligeable l’odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis.
Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés.

 


Le passé c’est bien, mais l’exaltation du présent, c’est une façon de se tenir, un devoir.
Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l’on voudrait avoir, on ne s’émerveille plus de ce que l’on a. On se plaint de ce que l’on voudrait avoir. Drôle de mentalité .
Se contenter, ce n’est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l’on a, c’est un savoir-vivre. ”

 

 

 

 

 

 

 

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 OLIVIER DE KERSAUSON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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OLIVIER DE KERSAUSON, MEMOIRE, PASSE, AVENIR, CHOIX, PRESENT

Olivier de Kersauson

29 août 2026

EN HAUT DU SANS-SOUCI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En haut de Sans-Souci ton frêle corps attend
Par un souffle secret le bleu de nos mélanges.
Je ne suis plus celui qui danse avec les anges,
J’avance maintenant désormais lentement.
Quand j’aurai piétiné le sablier longtemps,
Celui qui se brisa par cette nuit étrange ;

 


Quand je t’aurai rejoint par le chemin des granges ;
Que l’or sera coupé comme le blé mourant,
Je n’aurai plus besoin de ton ombre, ton pas ;
Du couloir silencieux qui ne se nomme pas,
Ni de l’ineffacé qui peine à tant finir.

 


J’aurai fait de ta vie le fleuve de mes mots,
Ta mémoire toujours au fond d’un verre d’eau.
Je me serai levé pour encore t’écrire.

 

 

 

 

 

 

 

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BRUNO RUIZ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BRUNO RUIZ, MEMOIRE, AMOUR, FEMME,

Oeuvre Dan Mc Caw

27 août 2026

EPILOGUE DES POETES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me tiens sur le seuil de la vie et de la mort les yeux baissés les mains vides 
Et la mer dont j'entends le bruit est une mer qui ne rend jamais ses noyés
Et l'on va disperser mon âme après moi vendre à l'encan mes rêves broyés 
Voilà déjà que mes paroles sèchent comme une feuille à ma lèvre humide

 

 


J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre 
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant 
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

 

 


J'ai choisi de donner à mes vers cette envergure de crucifixion
Et qu'en tombe au hasard la chance n'importe où sur moi le couteau des césures 
Il me faut bien à la fin des fins atteindre une mesure à ma démesure
Pour à la taille de la réalité faire un manteau de mes fictions

 

 


Cette vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse

 

 


Dans cette demeure en tout cas anciens ou nouveaux nous ne sommes pas chez nous 
Personne à coup sûr ne sait ce qui le mène ici tout peut-être n'est qu'un songe 
Certains ont froid d'autres ont faim la plupart des gens ont un secret qui les ronge 
De temps en temps passent des rois sans visage On se met devant eux à genoux

 

 


Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

 

 


Ils s'interrogent sur l'essentiel sur ce qui vaut encore qu'on s'y voue
Ils voient le peu qu'ils ont fait parcourant ce chantier monstrueux qu'ils abandonnent 
L'ombre préférée à la proie ô pauvres gens l'avenir qui n'est à personne
Petits qui jouez dans la rue enfants quelle pitié sans borne j'ai de vous

 

 


Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix 
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

 

 

 

 

 

 

 

...

 

 

 

 

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LOUIS ARAGON

1960

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LOUIS ARAGON,EXISTENCE, VIE, MORT, MER, LASSITUDE, EPREUVES, HABITUDES, TRISTESSE

Photographie  Ahein Sader

27 août 2026

RAINER MARIA RILKE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toi obscurité, d’où je suis issu,
je t’aime plus que la flamme,
qui trace les frontières du monde.
Parce qu’elle luit
pour n’importe quel cercle,
hors duquel nul être ne sait rien d’elle.
Mais l’obscurité contient tout en elle :
Figures et flammes, bêtes et moi-même,
comme elle les capture, hommes, puissance
Et il se peut ceci : une force immense
bouge tout près de moi.
Je crois aux Nuits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RAINER MARIA RILKE

22 sept. 1899

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RAINER MARIA RILKE, NUITS, OBSCURITE, FORCE,

Artiste inconnu
 

26 août 2026

LE " NON " D'EDGAR MORIN PAR DOMINIQUE DE VILLEPIN

 

 

 

 

 

 

 

24 août 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Viens
Entre, Abeille, te lover dans les pétales de mon coeur 
Entre par ces voiles que bat le vent 
Laisse-toi mourir, un peu
Pour te nourrir en moi 
Me nourrir de toi, frisson d'ailes 
Te boire, eaux de soleil 

 


Viens, à gauche, sous le sein
Où le temps se fait enfant 
Marelle, de la terre au ciel 
Enroule-toi comme tu l’étais autrefois 
Au début du grand rêve 

 


Viens emplir de ton miel le croissant de lune 
Blanc 
En chaque battement, ma chair, mon souffle, mon sang
Marées hautes 
Grenadier, feuilles, efflorescences 
Fruit de toute connaissance

 


Amour
Lampe qui doucement luit
Dans la maison 
Quand est tombée la nuit 
Qu'il faut écrire
Dans le noir 
Sans chandelle 

 

 

 

 

 

 

 

 

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#ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI, NATURE, BEAUTE, INVITATION, APPEL, AMOUR, MEMOIRE

 

24 août 2026

JEAN-MARC LA FRENIERE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je traverse en nomade le grand corps du monde, de la fraîcheur des sources jusqu’au vent du désert, de la froideur de l’eau jusqu’aux habits de flammes, 
du rhume des objets jusqu’à la toux de l’âme, du sel de la mer jusqu’au fil de salive, des grottes de Lascaux jusqu’aux mots sur la page, de l’amibe encore chaud au cristal de Bohème, des hommes dans les mines aux femmes à ciel ouvert. 

 


Je traverse le monde comme un ruisseau perdu où viennent boire les bêtes. 
Je recueille une à une les larmes oubliées, les ailes des oiseaux pétrifiées dans la pierre. Je marche en titubant de la blessure au baume.
Je voudrais bien savoir de quoi parlent les arbres quand le vent les visite, ce que chante un oiseau pour endormir le nid. 

 


Nous apprenons la vie par les gestes qu’on pose. 
Nous apprenons la langue par les mots que l’on dit. 
Je construis ma demeure avec du bois d’homme. 
Je croise sur la page la baleine et l’agneau, la montagne et le pain, la source et le volcan. 
Ils se comprennent mieux que les hommes s’accordent. L’espérance y butine les insectes en fleurs. 
Des plantes inconnues escaladent le roc. 

 


À l’école du vent, les papillons par paires potassent le pollen. 
Les arbres du verger ne comptent pas leurs pommes. 
Ils se dessinent un cœur dans les lignes de l’aubier.
Je regarde le ciel sans oublier la terre. 
Plus léger qu’un oiseau qui marche sur la neige, je déchiffre du pied l’hexagramme des pas. 
Je veux tisser ma vie sans en briser le fil. 

 


Le plus beau des arbres a les racines tordues. L’abîme le plus creux aspire au soleil. 
La grosseur des bourgeons me tient lieu de journal. 
Avec le vent qui passe, les aiguilles de pin font des calligraphies. 
Il faut croire à son ombre autant que le soleil. 
Sur la route du yang, la charrette du yin bringuebale parfois. 
Sa vieille roue de bois ne reste pas en place. 
Pâle croissant de lune, je traverse en nomade l’histoire du ciel. 

 


Je cherche encore la porte pour entrer ou sortir, un horizon sans borne, une horloge sans temps.
J’ai préféré la vigne aux escaliers de marbre, les branches du pommier aux carcasses d’autos, les ronces dans les mûres au bois des balustrades. 
Sous les sabots du cerf, on n’entend plus la terre. 
La peur du chasseur fait taire les oiseaux. 

 


Même le vent dans les feuilles est une cloche sans battant. La rivière qui chante ne finit plus ses phrases. 
Que savons-nous au juste de la souffrance des pierres, de la peur des enfants, de la tendresse des épines ? 
Que savons-nous des arbres enfermés dans les portes et le bois des matraques ? 
Que savons-nous des morts que l’on bâillonne encore, des étoiles aveugles et des bêtes qui boitent, du courage des plantes sous le poids de la neige ?
Je ne compte pas les jours mais les cailloux blessés. 
Les chiffres de la pluie s’additionnent aux parfums. 

 


Le soleil multiplie les tiges du jardin. 
Sur la falaise de l’homme, je m’accroche aux images pour ne pas perdre pied. 
Je laisse sur le roc des cicatrices en feu. 
Dans la chair des mots, la pointe du scalpel est le bout de la langue.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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JEAN-MARC LA FRENIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN MARC LA FRENIERE, EXISTENCE, VIE, NATURE, BEAUTE, RESPECT, AVENIR, MEMOIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 août 2026

DU COEUR DE GAZA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du cœur de Gaza, la mer embrasse la douleur des gens et leur offre des moments de vie au milieu de la souffrance.
 Sur la plage où les vagues de la Méditerranée rencontrent le souffle d'une ville épuisée par les chagrins.
Les habitants restent des heures à chercher un moment de calme, un petit espace où s'échapper du poids des jours, une fenêtre d'espoir qui garde un peu de vie dans leurs cœurs.
La mer de Gaza, le dernier souffle pour les déplacés sous la chaleur et les bombes. Les gens essaient de retrouver quelques détails de la vie normale.
Ils touchent l'eau et cherchent une brise qui allégerait la dureté de la vie.
 Ils dessinent une mélodie belle sous un ciel ordonné par les nuages.
 Ils plantent des arbustes de lumière sur les vagues de l'espoir et dans les jardins de la dignité.
 Ils récoltent les épines des branches passantes avant le coucher du soleil.
La mer de Gaza reste témoin de la souffrance d'un peuple cherchant un instant de vie au milieu des décombres.

 

 

 

 

 

 

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ZIAD MEDOUKH

 

 

 

 

 

 

 

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ZIAD MEDOUKH, GAZA, SOUFFRANCE, MER, ESPOIR, CHAGRINS, GENOCIDE

 

EMMILA GITANA
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