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EMMILA GITANA

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10 mars 2024

AVERTISSEMENT AUX LECTRICES ET LECTEURS

Nous tenions à prévenir les lecteurs de ce blog que certains " incidents " et changements de cet espace poétique et littéraire sont indépendants de notre volonté...En effet suite à la migration des milliers de blogs de " Canalblog " vers la plate-forme...
22 septembre 2026

ODES MARITIMES ... Extait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seul, sur le quai désert, en ce matin d’été,
Je regarde du côté de la « barre », je regarde l’Indéfini,
Je regarde, et j’ai plaisir à voir
petit, noir et clair, un paquebot qui entre.
Il apparaît au loin, net et classique à sa manière,
Laissant derrière lui dans l’air distant la lisière vaine de sa fumée.
Il entre, et le matin entre avec lui, et sur le fleuve,
Ici et là, s’éveille la vie maritime...

 

 

...

 

 

 

Ah ! N'importe comment, n'importe où, partir !
Prendre le large, au gré des flots, des dangers et des mers,
Cingler vers le Lointain, vers l'Ailleurs, vers la Distance Abstraite,
Indéfiniment, par les nuits mystérieuses et profondes,
Emporté comme la poussière par les vents, par les tempêtes !
Mais, partir, partir, partir, une fois pour toutes, partir !

 

 

Tout mon sang enrage d'être sans ailes !
Tout mon corps se rue en avant !
Je dévale en cataractes toute mon imagination !
Je me bouscule, je rugis, me précipite ! …
Mes désirs enfiévrés crèvent en écume
Et ma chair est une lame qui se brise sur les rochers !

 

 

Lorsque j'y pense - ô rage ! Lorsque j'y pense - ô fureur !
Lorsque je pense à cette étroitesse de ma vie pleine de désirs,
Subitement, trépidamment, extraorbitalement,
Dans une oscillation vicieuse, large, violente,
Du volant sensible de mon imagination,
Surgit en moi, sifflant, sibilant, vertigineux,
Le rut sombre et sadique de la stridente vie maritime.

 

 

Eh ! Matelots, gabiers ! Eh ! Pilotes, hommes d'équipage !
Navigateurs, marins, mousses, aventuriers !
Eh ! Capitaines de navires ! Hommes à la barre et sur les mâts !
Hommes qui dormez sur de grossières couchettes !
Hommes qui dormez avec le danger qui vous guette aux hublots !
Hommes qui dormez avec la Mort pour oreiller !
Hommes qui avez des tillacs et des ponts pour contempler
L'immensité immense de la mer immense !

 

 

Eh ! Manipulateurs des grues de charge !
Eh ! Ameneurs de voiles, chauffeurs, garçons de bord !
Hommes qui mettez la cargaison en cale !
Hommes qui enroulez les câbles sur le pont !
Hommes qui nettoyez les ferrures des écoutilles !
Hommes de barre ! Hommes des machines ! Hommes des mâts !

 

 

Eh - eh - eh - eh - eh - eh - eh !
Hommes qui avez vu la Patagonie !
Hommes qui êtes passés par l'Australie !
Qui vous êtes remplis les yeux de côtes que je ne verrai jamais !
Qui avez foulé des sols où je ne marcherai jamais !
Qui avez acheté des objets grossiers en des colonies à la proue des savanes !
Et vous avez fait cela comme si de rien n'était
Comme si cela était naturel 
Comme si la vie était cela,
Comme si vous n'accomplissiez pas même un destin !

 

 

Eh - eh - eh - eh - eh - eh - eh !
Hommes de la mer actuelle ! Hommes de la mer passée !
Commissaires de bord ! Esclaves des galères ! Combattants de Lépante !
Pirates du temps de Rome ! Navigateurs de la Grèce !
Phéniciens ! Carthaginois ! Portugais propulsés de Sagres
Vers l'aventure indéfinie, vers la Mer Absolue, pour réaliser l'Impossible !

 

 

Eh - eh - eh - eh - eh - eh - eh -eh - eh !
Hommes qui avez dressé des stèles et baptisé des caps !
Je veux partir avec vous, je veux partir avec vous,
Avec vous tous à la fois,
Partout où vous êtes allés !
Je veux affronter vos périls de face,
Sentir sur mon visage les vents qui ont ridé le vôtre,
Recracher leur sel aux mers que vos lèvres ont embrassées,
Mettre la main à votre ouvrage, partager vos tempêtes,
Arriver enfin comme vous en des ports extraordinaires !

 

 

 

Fuir, fuir avec vous la civilisation !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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FERNANDO PESSOA

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2026

RUPTURE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je crois qu'il vaut mieux
 S'aimer un peu moins
 Qu'on s'aimait nous deux
 C'était merveilleux
 Ton cœur et le mien
 C'était un grand feu
 C'était une flamme
 Jusqu'au fond de l'âme
 Jusqu'au fond des cieux
 C'était un programme
 Très ambitieux

 

 

 Aujourd'hui le drame
 Pour toi et pour moi
 C'est que notre émoi
 C'est que ce mélange
 Du diable et de l'ange
 De chair et de cœur
 De rires et de larmes
 C'est que ce bonheur
 Soit monté si haut
 On a eu si chaud
 Là-haut dans l'espace
 Que le temps qui vient
 Que le temps qui passe
 Le tien et le mien
 Ne nous promet plus
 A sa table ouverte
 D'autres découvertes
 Nous sommes tout nus

 

 

 

 On n'est pas déçus
 On n'a pas déchu
 Nous sommes honnêtes
 Ni marionnettes
 Ni comédiens
 On sait qu'un mensonge
 Parfois fait du bien
 Mais celui qui plonge
 Jamais n'en revient
 C'est une autre vie
 Il faut tout revoir

 

 

 

 

 On a été fous
 On redevient sages
 On a pris de l'âge
 On s'est beaucoup dit
 Très peu contredit
 Nos rêves plafonnent
 Le pied au plancher
 Ils se téléphonent
 Sans être branchés
 Il faut être artiste
 Jusqu'au bout des doigts
 Pour sculpter des joies
 Quand la chair est triste

 

 

 

 

 Pourtant je redoute
 Donne-moi la main
 L'endroit où la route
 Part en deux chemins
 Que nous allons prendre
 Et, chacun le sien
 Chacun va reprendre
 Chœurs et musiciens
 Car nos vies s'arrachent
 Nos corps se défont
 Nos cœurs se détachent
 Notre rêve fond

 

 

 

 

 On n'a plus de prise
 On ne triche pas
 Sur la neige grise
 Chacun va son pas
 On va décrocher
 Au gré du caprice
 D'un trop grand bonheur
 Qui s'est amoché
 Dont la cicatrice
 Plus tard dans nos cœurs
 Marquera la place
 Car le souvenir
 Va l'entretenir
 Aviver sa trace
 Avec en secret
 L'immense regret
 Que cette aventure
 Ce moment parfait
 Soit déjà défait...
 Et que rien ne dure


 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JEAN DREJAC

Musique de MICHEL LEGRAND

Interprétation SERGE REGGIANI

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2026

ELISA KA ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toi  

 


qui as déchiré la mer et le vent
pour te tracer une nouvelle voie lactée 
    à fleur d'eau,
Tu n'entends plus désormais 
que l'écho de ta propre voix 
usant de cette langue exilée,
    aux mots d'écume 
qui se défont sur nos rivages.

 


Toi 

 


qui n'as d'autre toit que ces nuages
    aux couleurs nomades 
dans l'éclaté de ton outre-ciel,

 

 


Toi

 


qui n'as de cesse d'avancer 
vers la promesse d'un oasis
se profilant sous tes paupières,
Tu nous parles 
depuis la nuit des temps
en cette langue aux syllabes
    de sable
dans la bouche du désert...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ELISA KA
© Babel

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 


 

ELISA KA, MER, VENT, OCEAN, MOTS, ECHO, VOIX

Artiste inconnu

22 septembre 2026

MURMURATIONS DES OISEAUX ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


"J’appelle murmuration
Cet envol orienté des oiseaux
Vers un ballet d’aurores et de plumes
Un frémissement multiple
Un essaim de fleurs
Un arbre charrué d’oiseaux
J’appelle murmuration
Cette danse que l’enfant donne au monde
Avec son corps de lumière. "


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On voudrait rejoindre un temps d’arbre
Un temps d’automne et de plantes jaunies
Dans un parterre de feuilles craquantes
Se détacher et pénétrer dans le monde de la terre.

 

On voudrait n’être que rythme des pierres
Devenir du minéral
Prendre la mousse comme une tombe
Ou bien laisser pousser sur son corps
De jolis champignons des bois.

 

On passerait juste à l’heure
Où résonne le temps au clocher
Où dort le village sous la nuit.

 

 

 

On est devenu la terre
On s’est couché sur la terre
Pas différent du mouvement de l’arbre
Ou de la libellule au-dessus de la mare
Gobée par une grenouille
Pas mieux pas pire
Un élément du monde déjà oublié.

 

Se placer sur la terre comme un arbre dressé
Laisser pousser des ramures et des silences
Retomber en larmes de feuilles
Faire bruire ses branches au vent
Devenir eau claire s’écoulant d’une source
Crépitement serré de pluie.

 

Poser sur son visage une feuille de platane
Large et douce comme une main
La sève sentant la fraîcheur crue
Dénombrer ses nervures
Et faire une symphonie
De sa dissection flottante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 BEATRICE BONHOMME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BEATRICCE BONHOMME, NATURE , ARBRES, LANGAGE, FEUILLES, TERRE,

 

21 septembre 2026

DE TERRE ET DE LUMIERE ( A paraître ) ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mots battent dans mon poignet. La page attend.  

 

Nous sommes, elle et moi, liées depuis longtemps. J'ai déjà tant parlé de ciel, de terre, de mains, et d'un amour parcourant tant et tant de chemins. J'ai tant cherché cette improbable lumière à joindre.

 

Tous ces allers, retours, traverses incertaines, directions inconnues, ailes bricolées de bouts de riens et d'espoirs obstinés, n'est-il pas temps de se demander maintenant qui de moi ou du mot est l'outil ? Qui du geste ou de l'âme parachève le texte ?

 

Que pourrais-je dire que je n'ai déjà dit, labouré, semé, espéré ? Quelle est cet insondable qui me pousse encore à convoyer l'écrit sans savoir ni le but, ni le sens ?

 

D'où vient, qui est, où va, l'étincelle bien plus grande que moi qui, sans explication, m'invite à la suivre ?

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 


© ILE ENIGER

 

 

 

 

 

 

 

 

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ILE ENIGER, MOTS, ECRITURE, INSPIRATION, MEMOIRE, AMOUR, TEXTE

 

21 septembre 2026

PLUIE D'AUTOMNE LOINTAIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douce pluie d’un automne lointain,

Les oiseaux sont bleus… bleus,

Et la terre est en fête.

Ne dis pas : Je suis un orage dans l’aéroport,

Car je n’attends de ma patrie tombée des vitres des trains

Que le mouchoir de ma mère

Et des raisons de mourir encore.

 

 

 

Douce pluie d’un automne étranger,

Les fenêtres sont blanches… blanches,

Et le soleil, un verger, au couchant.

Je suis une orange spoliée.

Pourquoi t’échappes-tu de mon corps ?

Quand je requiers du pays des couteaux et du rossignol

Que le mouchoir de ma mère

Et des raisons de mourir encore.

 

 

 

Douce pluie d’un automne triste,

Les rendez-vous sont verts… verts

Et le soleil est de glaise.

Ne dis pas : Nous t’avons aperçu dans le trépas du jasmin.

Mon visage était un soir,

Ma mort, un nouveau-né.

Et je ne requiers pas de ma patrie qui a oublié l’accent des

   absents

Que le mouchoir de ma mère

Et des raisons de mourir encore.

 

 

 

Douce pluie d’un automne lointain,

Les oiseaux sont bleus… bleus,

Et la terre est en fête.

Les oiseaux se sont envolés vers un temps qui ne reviendra

   pas,

Et tu voudrais connaître mon pays

Et ce qu’il y a entre nous ?

- Ma patrie est une jouissance sous le joug.

- Mon baiser a été envoyé par la poste,

Et je ne requiers de la patrie qui m’a occis

Que le mouchoir de ma mère

Et des raisons de mourir encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

MAHMOUD DARWICH

1969

Traduit de l’arabe par Elias Sanbar

"La terre nous est étroite et autres poèmes"

Editions Gallimard (Poésie), 2000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

MAHMOUD DARWICH, PALESTINE, OCCUPATION, COLONISATION, SIONISME, MEMOIRE

 

21 septembre 2026

NOUVEAU FEU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’éternité  naît d’un regard 
d’un quai
d’une herbe folle ivre de lunes
d’un  vent d’oiseaux 
ramant leur retour
d’une vague qui te caresse 
de ses récits et cieux
cherchant à se réchauffer 
dans tes yeux
pour allumer les étincelles 
d’un nouveau feu

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 


© MOKHTAR EL AMRAOUI  

in « Dans le tumulte du labyrinthe »

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

MOKHTAR EL AMRAOUI, ETERNITE, OISEAUX, REGARD, FEU

 

Artiste inconnu

20 septembre 2026

RIEN QUE CETTE LUMIERE...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien que cette lumière que sèment tes mains
rien que cette flamme et tes yeux
ces champs cette moisson sur ta peau
rien que cette chaleur de ta voix
rien que cet incendie
rien que toi

 

 

 

Car tu es de l'eau qui rêve
et qui persévère
l'eau qui creuse et qui éclaire
l'eau douce comme l'air
l'eau qui chante
celle de tes larmes et de ta joie

 

 

 

Solitaire que les chansons poursuivent
heureux de ciel et de la terre
forte et secrète vivante
ressuscitée
Voici enfin ton heure tes saisons
tes années

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

PHILIPPE SOUPAULT
© Éditions Grasset.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photographie  Artiste inconnu
 

20 septembre 2026

LES CHAMPS MAGNETIQUES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Prisonniers des gouttes d’eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels. Nous courons dans les villes sans bruits et les affiches enchantées ne nous touchent plus. À quoi bon ces grands enthousiasmes fragiles, ces sauts de joie desséchés ? Nous ne savons plus rien que les astres morts; nous regardons les visages; et nous soupirons de plaisir.

 

Notre bouche est plus sèche que les plages perdues; nos yeux tournent sans but, sans espoir. Il n’y a plus que ces cafés où nous nous réunissons pour boire ces boissons fraîches, ces alcools délayés et les tables sont plus poisseuses que ces trottoirs où sont tombées nos ombres mortes de la veille. Quelquefois, le vent nous entoure de ses grandes mains froides et nous attache aux arbres découpés par le soleil. Tous, nous rions, nous chantons, mais personne ne sent plus son coeur battre.

 

La fièvre nous abandonne. 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

PHILIPPE SOUPAULT

 

 

 

 

 

 

 

 

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PHILIPPE SOUPAULT, VILLES, SOLITUDE, MORT, INDIFFERENCE

Oeuvre " Âme sauvage "
 

20 septembre 2026

LA TERRE ÂGEE ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA BARQUE DES OISEAUX

 

 

 

Jamais à l’ancre

Sous la falaise des mots

Entre montée et chute

Vers le bleu d’en bas

Et un ciel qui se penche

Par delà les arbres

 

Icare perpétuel

La tête dans l’eau

Et les pieds qui brûlent

D’une mémoire du soleil

 

Reste le filet sauveur

Du chant des oiseaux

La présence ailée

D’un souffle suspendu

 

Et les voiles levées de lumière

Pour maintenir le cap

Sur une étoile absente

 

 

 

 


MORNING-GLORY

 

 

 

Oliviers et figuiers de Barbarie

Sur une terre plate jusqu’au mur de la mer

Main levée de Dieu dans une soie de silence

Dieu de volubilis gloire du matin et du soir

Regards enlacés de retour vers le rivage aimé

Rires clairs et écume immortelle

 

 

 

 

 

 

SIDI BOU SAÏD

 

 

 

Les ruelles d’un labyrinthe de clarté

Une prière blanche et bleue

Qui monte et descend

Pr les portes scellées

Les entrées en chicane

Comme la voix du muezzin

Vers le centre caché

Et partout des fleurs

En miroir d’une source

Sur les pentes de l’air

 

 

 

 


 LES LARMES DE CARTHAGE

 

 


Perles noires de feux éteints


- Le verre des bagues


Trouvées sur cette plage de longue mémoire


Et là où elles s’enroulent comme chat qui dort


- Noirceur qui porte bonheur


Tremblait une larme

 

 

 

 

 

 

 

 

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HEATHER DOHOLLAU

Editions Folle Avoine,35023 Bédée 1996

 

 

 

 

 

 

 

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HEATHER DOHOLLAU, TUNISIE, TERRE, NATURE, BEAUTE, MEMOIRE

Mosaïque de Carthage

 

 

 

16 septembre 2026

D'ERREUR EN ERREUR...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'erreur en erreur, les signes se sont perdus 
L'alphabet a tracé d'autres mots 
Les visages dessiné d'autres traits 

 

Etait-ce erreur, errances, fautes d'étourderie… extravagance 
Un jeu du Souverain Esprit 
La liberté du Créateur 
Qu'avoir changé ici et là une note de la mélodie 
De la vie 

 

Aussi qu'ai-je de commun avec mes aïeux ?
Entre eux et moi, des temps, des lieux 
Tant d'adieux
Des vagues, des murmurations d'ailes 
Sur le ciel 
Des vagues, le ressac 
Un sourire inexorable qui revient sur les lèvres 
Et ressemble à quelqu'un 
S’effaçant sur le sable


 
Un coquillage s'enroulant dans le temps, à l'infini
Accroché aux filets de la mémoire 
Et dans ses trous, ses déchirures, ses yeux, ses tombeaux 
Des lettres qui se rassemblent 
Qui nous ressemblent, réécrivent les mots 

 

A ces regards qui tremblent 
Au-dessus des caveaux où l'on dépose des fleurs 
Quelque chose, une voix, un poème murmure :
Autant que rien ne dure
Non plus rien ne meurt 

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

 

 

 

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI, MEMOIRE, PASSE, ASCENDANCE, MURMURE, SANG

 

15 septembre 2026

BRIGITTE BROC ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Je te regarde
et, déjà, les eaux se retirent,
vaste sillon
où la lumière
étanche nos soifs.

 


Des couleurs du silence
s’échappe un fil de soie
qui relie nos deux souffles
au mauve de l’horizon.

 


Parcourues de sentiers
et d’aurores
mes terres se déploient
blessant l’obscurité.

 


Absous 
jusques en nos ramures
nos visages s’inclinent
pour frôler l’invisible.

 


Tu moissonnes mon corps
éclaboussé d’herbes
et nos cris lapident la nuit.

 


Tu es venu
pour dérouler mon chant
le faire mûrir
tout près de tes sanglots.

 


Tu es
d’avant les mots
d’avant la mer.
Je te regarde
et, déjà, ta voix prie dans la mienne
plus forte que l’océan. 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

BRIGITTE BROC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photographie Emmila
 

15 septembre 2026

APOSTROPHES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Et la vie intérieure de la mouche,
y songes-tu, y songes-tu ?


Et la souffrance du silex,
la connais-tu, la connais-tu ?


Et le remords de la cascade,
t'émeut-il, t'émeut-il ?


Et les rêves sanglants de la rosée,
qu'en penses-tu, qu'en penses-tu ?


Et les serments du fleuve,
les tiendras-tu, les tiendras-tu ?


Et le doute, là-haut, de la colline,
que tu confonds avec la neige,
voudras-tu le combattre, voudras-tu ?


Et l'azur qui prépare son suicide,
L'aideras-tu,
L'aideras-tu ?


Ton malheur est si pauvre
auprès de leurs malheurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

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ALAIN BOSQUET

 

 

 

 

 

 

 

 

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ALAIN BOSQUET, QUESTIONNEMENT, EXISTENCE, EPREUVES

Photographie ?
 

15 septembre 2026

CATHERINE RINGER .... HOMMAGE

 

 

 

 

 

 

 

CATHERINE RINGER, TALENT , ARTISTE, POETE,  HOMMAGE

 

 

 

 

 

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Marcia elle danse
Sur du satin, de la rayonne
Du polystyrène expansé
À ses pieds

 

 


Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flèches qui donnent des idées
Des sensations

 

 


Marcia elle est maigre
Belle en scène, belle comme a la ville
La voir danser me transforme
En excitée

 

 


Moretto, comme ta bouche
Est immense quand tu souris
Et quand tu ris, je ris aussi
Tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l'on sent en toi?

 

 


Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée Marcia
C'est la mort
Tu t'es consumée Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant tu es en cendres, en cendres
La mort c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi qui est la vie même Marcia
C'est la mort qui t'a emmenée

 

 


Marcia danse un peu chinois
La chaleur dans les mouvements d'épaules
À plat comme un hiéroglyphe inca
De l'opéra

 

 


Avec la tête
Elle danse aussi très bien
Et son visage
Danse avec tout le reste
Elle a cherché une nouvelle façon
Et l'a inventée

 

 


C'est elle la sauterelle
La sirène en mal d'amour
Le danseur dans la flanelle
Ou le carton

 

 


Moretto, comme ta bouche
Est immense quand tu souris
Et quand tu ris, je ris aussi
Tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l'on sent en toi?

 

 


Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée Marcia
C'est la mort
Tu t'es consumée Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant tu es en cendres, en cendres
La mort c'est comme une chose impossible
Même pour toi qui est la vie même Marcia
Et même à toi qui est forte comme une fusée
C'est la mort qui t'a emmenée
Marcia, Marcia, Marcia, Marcia, Marcia

 

 

 

 

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FRED CHICHIN , CATHERINE CHARLOTTE RINGER

 

 

 

 

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12 septembre 2026

C'ETAIT CA OU MOURIR ... Extraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"C’est aux encoignures de tes yeux
que naissent la fulgurance de mes écrits, ma part d’intime vague,
à l’encontre des ratures de ton regard."

 

Thélyson Orélien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis né noir et haïtien.
J'ai la parole collée au sang.
Et chaque pas me rappelle
Que l'exil est une langue qui mord les pieds.

 


....

 


J'avais envie de lui dire la vérité : "Nous non plus, on ne voulait pas venir ici. Nous non plus, on ne veut pas de la violence qui traverse les frontières comme un colis express, de chez vous à chez nous. Si je suis là, ce n'est pas par caprice, ni par gout de l'exil, ni pour envahir quoi que ce soit. C'est parce que chez moi on a ouvert des containers comme on ouvre une plaie et qu'on y a trouvé des armes fabriquées chez vous, des munitions venant des Etats-Unis. Et ces morceaux de métal, tombés entre les mains de gamins sans école, sans travail et sans horizon, ont fait de ma rue un piège, de ma maison une cible, de ma vie un sac Carrefour. Vous dites : "On n'a pas besoin de plus d'Haïtiens ici." Mais chez moi, on n'avait pas besoin de plus d'armes non plus. Et pourtant, elles sont arrivées. Et ce sont elles qui m'ont mis dehors."

 


....

 

 

Ce qu'il venait d'énoncer, c'était peut-être la définition la plus nue, la plus humaine, de la migration que j'aie jamais entendue. Partir, ce n'est pas seulement chercher une vie meilleure. C'est surtout refuser que sa vie, même brisée, ne compte pour rien. C'est vouloir qu’au moins une voix survive à son corps. Mourir, d’accord, mais pas en silence. Et si mourir il faut, alors que quelqu'un reste, quelque part, pour dire : «Il a vécu, je l'ai vu, je m'en souviens. »

 

 

...

 

 

Par la fenêtre du bus, j'ai regardé le paysage. Les montagnes. Les arbres. Les maisons en tôle. Je me suis demandé : qu'est-ce qui fait qu'on reste dans un pays qui veut nous tuer à chaque virage ? Ce n'est pas l'amour. Ce n'est pas l'attachement. C'est juste qu'on ne sait pas où on pourrait aller. Jusqu'à ce que la mort monte dans notre bus et nous donne une claque. Une claque qui réveille, ou qui enterre.

 

 


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Pour moi, une chaise s'est libérée. Elle était bancale, oui. Un peu poussiéreuse, mais je m'y suis assis. Et maintenant, j'essaie de ne pas la perdre.
On parle souvent des migrants comme de chiffres, de vagues, de crises. On dit : « Il y en a trop. » « Ça coûte cher. » « Ce n'est pas le bon moment. » Mais jamais on ne dit : « Ce sont des gens. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des noms. Des voix. Des regards. Des vies. » Et moi, je veux dire à ceux qui me lisent : ne vous méfiez pas trop vite de ceux qui, comme moi, arrivent essoufflés. Ils ont simplement couru plus longtemps que vous.
Je ne sais pas ce que demain me réserve. Mais quand je regarde par la fenêtre de ma chambre louée, avec le chauffage qui ronronne comme un chat fatigué et la lumière des lampadaires qui danse sur la neige, je me sens chez moi dans ce pays qui m'a ouvert la porte quand plus personne ne le faisait. Je ne suis pas devenu riche. Je ne suis pas devenu célèbre. Je dis : « Ce sont des gens. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des noms. Des voix. Des regards. Des vies. » Et moi, je veux dire à ceux qui me lisent : ne vous méfiez pas trop vite de ceux qui, comme moi, arrivent essoufflés. Ils ont simplement couru plus longtemps que vous.

 

 

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Mon sac, c'est mon autobiographie par objets. Il raconte plus que mes mots. Il dit que j'ai encore un savon - donc un peu de dignité. Il dit que j'ai gardé la photo de ma mère - donc encore un peu de mémoire. Il dit que j'ai lu Depestre - donc que je crois encore à la beauté. Et il ne ment pas. Il ne contient rien de superflu. Pas de téléphone. Pas de bijoux. Pas de papiers officiels. Juste ce qu'il faut pour ne pas devenir un animal.

 

 


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Le chemin d'un migrant, ce n'est pas une ligne droite. C'est un chapelet de détours, de coups de chance, de mains tendues et de portes fermées. Un parcours où on doit chaque pas qu'on fait à celui qui nous a porté, celui qui ne nous a pas dénoncé, celui qui nous a donné une pomme, un sourire, une couverture, ou simplement le droit de passer. J'ai traversé douze pays. J'ai vu des cadavres qu'on évite en marchant comme des branches tombées sur le bord du chemin. J'ai vu des femmes allaiter avec des seins desséchés. J'ai vu des policiers qui jouaient à Dieu avec nos vies comme s'ils jouaient à la loterie.

Sur ma route, j'ai croisé des gens méchants. Des policiers corrompus, des douaniers humiliants, des passeurs qui mentent comme ils respirent. Mais j'ai croisé aussi des saints sans auréole. Une infirmière colombienne qui m'a donné ses médicaments. Un pasteur salvadorien qui m'a offert un toit sans poser de questions. Une bénévole mexicaine qui a réparé ma chaussure sans même me demander mon nom. Et ici, au Québec, j'en croise encore. Des gens ordinaires, fatigués, pressés, mais qui te laissent leur place dans le métro, qui te tiennent la porte, qui te disent « bon courage » en voyant tes bottes mouillées.

Le Québec, c'est une vieille maison encore debout malgré les tempêtes. C'est une langue qui se débat pour rester vivante, et qui m'a accueilli, moi, avec mon accent de l'autre côté de la mer. C'est un peuple qui a connu ses propres colons, ses propres humiliations, ses propres silences - et qui, parfois, reconnaît les nôtres.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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THELYSON ORELIEN

 

 

 

 

 

 

 

 

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THELYSON ORELIEN, HAITI, EMIGRATION, MIGRANTS, POESIE, ÂME, COEUR, CHEMIN,SURVIE, CANADA

 

 

 

 

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10 septembre 2026

ABDELLATIF LAÂBI ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« J'ai voulu convaincre
je me suis pris à douter
j'ai douté pour de bon
j'ai découvert la frivolité orgueilleuse
des sceptiques
j'ai douté de mon doute
je me suis condamné
à la solitude
et j'ai repris ma marche
Le poète
ne fait que passer
l'événement n'attire pas les foules
S'est-il trompé de monde
d'époque
Était-il à ce point invisible
pour que l'égaré s'éloigne
sans lui demander son chemin
Où ira-t-il
maintenant que ses racines
ne répondent plus
qu'aux appels d'errance » 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 ABDELLATIF LAÂBI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ABDELLATIF LAÂBI, DOUTE, POETE, SOLITUDE, POETE, CHEMIN

Artiste inconnu

9 septembre 2026

LE MONDE D'HIER ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant 1914, la terre appartenait à tous ses habitants. Chacun allait où il voulait et y restait aussi longtemps qu’il le souhaitait. Il n’y avait pas de permissions, pas d’autorisations, et cela m’amuse toujours de voir l’étonnement des jeunes dès que je leur raconte qu’avant 1914 je voyageais en Inde et en Amérique sans avoir de passeport ou même sans jamais en avoir vu un.

 


On montait dans le train et on en descendait sans poser de question ou sans qu’on vous en posât, on n’avait pas à remplir un seul de ces centaines de papiers que l’on exige aujourd’hui.
Il n’y avait pas de permis, de visas, ni de tracasseries administratives ; ces mêmes frontières qui sont aujourd’hui transformées par les douaniers, la police et les postes de gendarmerie en autant de clôtures, de barbelés, en raison de la méfiance pathologique de chacun envers l’autre ne signifiaient rien d’autre que des lignes symboliques que l’on franchissait alors avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich.

 


Ce n’est qu’après la guerre que le nationalisme a commencé à bouleverser le monde, et le premier phénomène visible que produisit cette épidémie morale de notre siècle fut la xénophobie : la haine de l’étranger ou, tout du moins, la peur de l’autre. On se défendit partout contre l’étranger, on l’élimina partout.
Toutes ces humiliations que l’on n’avait inventées autrefois que pour les criminels étaient maintenant imposées à tout voyageur, avant et pendant le voyage. Il fallait se faire photographier, profil droit, profil gauche et de face, les cheveux coupés court afin que l’on pût voir l’oreille, il fallait donner ses empreintes digitales, le pouce d’abord, et plus tard, les dix doigts, et par-dessus le marché, il fallait présenter des certificats, de santé, de vaccination, de bonne vie et mœurs, des recommandations ; il fallait pouvoir présenter des invitations ou des adresses de parents, fournir des garanties morales et financières, remplir des formulaires qu’il fallait signer en trois ou quatre exemplaires et si un seul document de ce tas de paperasses venait à manquer, on était perdu.

 


De combien notre production, notre créativité et notre pensée ont-elles été amputées par ces tracasseries improductives qui, en même temps, avilissaient notre Être ! Car chacun d’entre nous a, durant ces années, étudié plus d’ordonnances administratives qu’il n’a lu d’ouvrages de l’esprit et les premiers pas que nous faisions dans une ville étrangère ou un pays étranger ne nous emmenaient plus comme autrefois vers les musées ou les paysages mais dans un consulat ou un poste de police afin de nous y procurer une autorisation …

 


Lorsque nous retrouvions ensemble, les mêmes qui, autrefois, parlions des poèmes de Baudelaire ou débattions des problèmes avec engouement, nous nous surprenions à parler d’affidavits ou de permis, ou à nous demander s’il valait mieux solliciter un visa permanent ou touristique …
Nous étions constamment interrogés, enregistrés, affublés d’un numéro, contrôlés, estampillés et moi, l’incorrigible rescapé d’une époque plus libre et citoyen d’une république universelle dont nous avions rêvé, je ressens aujourd’hui encore chacun de ces cachets apposés dans mon passeport comme un flétrissure, chacune de ces questions et de ces fouilles comme un avilissement.

 

 


Ce sont des riens, qui ne semblent qu’infimes détails, je le sais bien, des riens en un temps où la valeur de la vie humaine a chuté plus rapidement que les monnaies. Mais ce n’est qu’en retenant ces petits symptômes que les temps futurs pourront consigner l’état clinique réel des conditions et du bouleversement des esprits qui se sont emparés de notre monde d’entre les deux guerres mondiales …

 

 

 

 

 

 

 

 

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STEFAN  ZWEIG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STEFAN  ZWEIG, PASSE, MEMOIRE, LIBERTE, MONDE, PRESENT, PAPIERS, OBLIGATIONS, CONTRAINTES

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/

9 septembre 2026

EDMOND JABES ... Extrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La parole est vierge. J’ai assisté à son réveil. L’histoire de mon âme est celle, passionnée, de ma quête du verbe, où l’univers est le prix de ma pensée.

 

 

 

 

 

 

 

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EDMOND JABES 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EDMOND JABES, PENSEES, PAROLE, ÂME, QUÊTE, VERBE, UNIVERS


 

9 septembre 2026

CHANSON POUR MARC CHAGALL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme tes couleurs sont jolies
Mon peintre amer odeur d’amandes 
Toi qui peins les amants dormants 
Dans la mémoire et dans l’oubli 

 


Toi qui peins toujours tes enfances 
Et les premiers moments d’aimer 
Avec ce goût du mois de mai 
Qui laisse le cœur sans défenses 

 


Toi sur les toits pour voir de près 
Le monde et l’étoile naissante 
Qui peins la nuit et les passantes 
Et tes secrets et tes regrets

 

 
Le temps s’en va léger et lourd 
Et la peinture de tes mains 
revêt sur son visage humain 
La tristesse d’après l’amour. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LOUIS ARAGON

Publié dans le recueil " Le Roman inachevé " en 1956.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MARC CHAGALL, LOUIS ARAGON, COULEURS, PEINTRE, AMANTS, MEMOIRE,

Oeuvre Marc Chagall
 

EMMILA GITANA
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