LA MORT VOUS VA SI BIEN
Plus je respire, moins je m’inspire.
Le pire n’est jamais sûr, entends-je dire parfois.
Mais au moins, si le pire ne dépare pas, on fige l’esprit.
Mort aux rats.
Mort de rire.
Marre de tout.
Mur qui se défonce.
Sol qui se dérobe.
Mort si rêche.
Mort sans soupir.
Je vous veux sans dépérir.
En toute franchise.
Sans grands discours.
Il y aura toujours quelqu’un pour tirer la gueule.
Pas besoin de m’accompagner,
Je trouverai le chemin.
Seul comme depuis mon enfance.
Mort en silence.
Mort sans agitation.
Seul un souffle s’éteignant.
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PAULO JORGE LOBO
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C’EST LE BORDEL EN FRANCE ? C’EST LA FAUTE À MÉLENCHON…
Par ces temps " agités ", ces temps de crise ou l'on emprisonne des centaines de gamins déterminés à dénoncer, à l'heure ou les dirigeants de cette " belle France " n'hésitent pas à lancer leurs cerbères - le lendemain de la visite du Pape - contre des lycéens, les éborgnent, les frappent, bref anéantissent toute velleité d'évolution et de changement, je me fais un devoir de publier ces textes magistraux de " Franki Vasko " ... N'en déplaise à certaines âmes chagrines, ces textes ont largement leur place dans un blog littéraire....
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" Je ne veux pas écrire propre. Le propre me rend nerveux. Les phrases propres arrivent à l’heure, portent une chemise repassée et savent quelle fourchette utiliser pour le poisson. Elles ne renversent rien. Elles ne sentent rien. Elles meurent généralement très jeunes, mais personne ne s’en aperçoit parce qu’elles ont été correctement ponctuées.
Très peu pour moi. Je veux une écriture qui transpire. Une écriture qui défonce la porte ...."
Franki Vasko
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La France est dans la merde. Pas la petite merde élégante qu’on dissimule sous un communiqué de Matignon avec trois graphiques PowerPoint et un ministre qui répète « trajectoire budgétaire » jusqu’à ce que tout le monde s’endorme. Non. LA GROSSE MERDE. Celle qui colle aux godasses de la République.
Les lycées grondent. Les finances publiques toussent. Le gouvernement cherche du pognon derrière les radiateurs. Les gens gueulent. Les jeunes descendent dans la rue. Les vieux regardent leur retraite avec la même inquiétude qu’un naufragé regarde monter l’eau dans la cabine.
Et quand la France patauge dans son propre jus, il faut trouver un responsable.
Heureusement, on en a un.
JEAN-LUC MÉLENCHON.
Méluche. Le couteau suisse du désastre national. Le type est devenu tellement pratique qu’on devrait le ranger dans la boîte à gants de la République avec le gilet jaune et le constat amiable.
Un lycée bloque ? Mélenchon. Une manif part en sucette ? Mélenchon. Ton TER arrive avec quarante minutes de retard et une odeur de pisse dans les chiottes ? Mélenchon.
T’as perdu les clés de ta bagnole ? C’EST CE SALAUD DE JEAN-LUC. Il est venu à 4h18, probablement déguisé en facteur bolivarien, et les a foutues dans le bac à légumes pour déstabiliser l’ordre républicain.
Ta femme te casse les couilles depuis le petit-déjeuner ? Mélenchon. Il lui a envoyé un message sur Telegram : « Camarade, demande-lui encore pourquoi il n’a pas vidé le lave-vaisselle. La rupture commence maintenant. »
Ton café est froid ? LFI. Ton Wi-Fi rame ? LFI. Ta prostate gonfle ? Mélenchon. Ta belle-mère débarque dimanche avec son gratin de courgettes dégueulasse ? VIOLENCE POLITIQUE DE LA FRANCE INSOUMISE.
À ce rythme-là, demain, un type va glisser sur une crotte de caniche boulevard Saint-Germain et on aura six heures de direct :
« EXCRÉMENTS SUR LA VOIE PUBLIQUE : LFI SOUFFLE-T-ELLE SUR LES BRAISES ? »
Plateau spécial. Douze éditorialistes. Trois anciens ministres. Un préfet à la retraite. Un sondeur. Et un expert en merde canine expliquant, sourcils froncés, que Jean-Luc Mélenchon entretient « un rapport particulièrement ambigu à la défécation républicaine ».
Putain.
Le mec est partout.
La dette publique ? Mélenchon. Le déficit ? Mélenchon. Les hôpitaux qui tirent la langue ? Mélenchon. Les profs qui craquent ? Mélenchon. Le trou dans ta rue dans lequel pourrait disparaître une Twingo ? MÉLENCHON.
À ce niveau-là, arrêtons de déconner.
C’EST THANOS, ce super-vilain de l'univers Marvel.
Il possède les six pierres d’infinité du bordel français : dette, déficit, manifs, grèves, lycées, moustiques.
Un claquement de doigts et BIM : un éditorialiste hurle « bordélisation ». Un deuxième : bandeau rouge.
« MÉLENCHON VA-T-IL TROP LOIN ? »
Sauf qu’il y a un petit détail qui vient foutre une crotte dans cette magnifique mayonnaise médiatique :
MÉLENCHON N’EST PAS AU POUVOIR.
Eh ouais.
Ça, c’est emmerdant.
Parce que la dette publique française (3595,5 milliards d’euros) ne s’est pas matérialisée un dimanche soir après un apéro chez les Insoumis. Mélenchon n’a gouverné ni sous Sarkozy, ni sous Hollande, ni sous Macron. Il n’a pas dirigé Bercy pendant toutes ces années pendant que les gouvernements successifs empilaient crises, déficits, dépenses, choix budgétaires et promesses électorales comme un alcoolique empile les cadavres de bouteilles sous son évier.
Alors oui. On peut critiquer Mélenchon. Ses outrances, ses colères, ses provocations, ses stratégies, son ego suffisamment volumineux pour disposer de son propre code postal. On peut examiner les actes de LFI, les critiquer, les confronter aux faits. C’est même le boulot.
Mais transformer Mélenchon en SIPHON À MERDE UNIVERSEL DE LA RÉPUBLIQUE, celui dans lequel on évacue chaque dysfonctionnement du pays, devient tellement pratique qu’on finit par oublier la seule question qui compte :
QUI TENAIT LE VOLANT ?
Qui gouvernait ? Qui votait les budgets ? Qui avait Bercy ? Qui promettait de réduire la dette ? Qui décidait ?
Putain, que c’est chiant, les faits.
Il faut des dates. Des budgets. Des responsabilités. Des nuances. Alors qu’un bon vieux « C’EST LA FAUTE À MÉLUCHE », ça tient dans un bandeau télé. Ça claque. Ça évite de regarder la plomberie pendant que la baraque prend l’eau.
Alors demain matin, quand ton grille-pain sera mort, que ta femme fera la gueule, que ton gosse sera complètement déchiré au shit et à la 8.6 et qu’un putain de moustique t’aura bouffé la couille gauche pendant la nuit, ne cherche surtout pas d’explication compliquée.
Allume la télé.
Quelqu’un finira bien par prononcer son nom.
JEAN-LUC MÉLENCHON.
Celui qui a foutu la France dans la merde sans être au pouvoir.
Trop fort ce mec.
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FRANKI VASKO
https://www.facebook.com/franki.vasko.1
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MACRON, NUÑEZ ...
Par ces temps " agités ", ces temps de crise ou l'on emprisonne des centaines de gamins déterminés à dénoncer, à l'heure ou les dirigeants de cette " belle France " n'hésitent pas à lancer leurs cerbères - le lendemain de la visite du Pape - contre des lycéens, les éborgnent, les frappent, bref anéantissent toute velleité d'évolution et de changement, je me fais un devoir de publier ces textes magistraux de " Franki Vasko " ... N'en déplaise à certaines âmes chagrines, ces textes ont largement leur place dans un blog littéraire....
" Je ne veux pas écrire propre. Le propre me rend nerveux. Les phrases propres arrivent à l’heure, portent une chemise repassée et savent quelle fourchette utiliser pour le poisson. Elles ne renversent rien. Elles ne sentent rien. Elles meurent généralement très jeunes, mais personne ne s’en aperçoit parce qu’elles ont été correctement ponctuées.
Très peu pour moi. Je veux une écriture qui transpire. Une écriture qui défonce la porte ...."
Franki Vasko
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MACRON, NUÑEZ : ÇA VOUS FAIT BANDER, VOS ROBOCOPS CONTRE LES LYCÉENS ?
Alors les gars ? Ça vous fait quoi ? Un petit frisson républicain dans le slip quand vous voyez une ligne de CRS avancer vers des lycéens ? Casques. Boucliers. Matraques. Lacrymos. Fourgons.
LA PUTAIN DE RÉPUBLIQUE TRANSFORMÉE EN ROBOCOP.
En face ? Des mômes. Des sacs Eastpak, des Nike, des capuches, des pancartes écrites au marqueur. Des gamins qui gueulent parce que leurs lycées partent parfois en couille, que les profs manquent et qu’on leur vend l’avenir comme une boîte de raviolis : photo magnifique sur l’emballage, vieille sauce marron à l’intérieur. Et pour discuter avec eux ? CRS.
Bordel. Je sais. Il y a des casseurs. Des incendies. Des dégradations. Des connards qui balancent des trucs sur les flics, qui en profitent pour foutre le bordel et s’en branlent des revendications. Et non, avoir dix-sept ans ne transforme pas magiquement une connerie en acte révolutionnaire. Mais justement : L’ÉTAT, LUI, N’A PAS DIX-SEPT ANS. Il n’est pas censé avoir les nerfs d’un pitbull enfermé dans une Twingo en plein soleil.
Il a des ministres, des préfets, des recteurs, des conseillers, des médiateurs, des énarques, des experts. Probablement même un sous-directeur adjoint chargé de la coordination interministérielle du trombone à papier. Et avec toute cette putain d’intelligence administrative, on finit encore devant un lycée avec : « GÉRARD, PASSE LE LACRYMO. »
Magnifique. Bienvenue dans l’Éducation nationale 2026. Maths à 8 heures. Philo à 10 heures. Cantine à midi. Gazage pédagogique à 14 h 30. Interpellation à 16 heures. Devoir maison pour lundi : « La République écoute-t-elle sa jeunesse ? Vous avez quatre heures. Évitez de tousser sur la copie. »
Macron peut expliquer qu’il faut entendre les inquiétudes de la jeunesse tout en condamnant les violences. Nuñez peut mobiliser ses forces. Les communiqués peuvent ronronner. Les préfets peuvent préfectorer. Et les chaînes d’info peuvent inviter huit types de plus de soixante ans en costume à 1200 balles pour expliquer ce que ressent Kevin, 16 ans, qui court devant un nuage de lacrymo. Tout va bien. LA DÉMOCRATIE DISCUTE. Avec un casque, un bouclier et un putain de fourgon derrière.
Le plus obscène est peut-être là : cette facilité à transformer un problème politique en problème d’ordre public. Le gamin gueule ? Encadrement. Il bloque ? Évacuation. Il insiste ? Interpellation. Et après, on convoquera un GRENELLE DE LA JEUNESSE dans une salle climatisée avec badges plastifiés, jus d’orange beurk et PowerPoint : « RETISSER LE LIEN DE CONFIANCE AVEC LES 15-18 ANS. »
Mais allez vous faire foutre. Vous voulez retisser le lien ? Commencez peut-être par arrêter de le passer dans une putain de matraqueuse administrative. Un lycéen n’est pas un ennemi intérieur. Un lycée n’est pas Falloujah. Un CRS n’est pas un conseiller principal d’éducation avec une armure.
Maintenir l’ordre est nécessaire quand ça dégénère. Mais il existe une différence gigantesque entre maintenir l’ordre et considérer toute colère comme une saleté qu’on nettoie au Kärcher institutionnel. C’est là que ça devient dégueulasse. Quand le casque arrive avant l’écoute. Quand le bouclier arrive avant la discussion. Quand la République ressemble davantage à un vigile de boîte de nuit qu’à la mère patrie qu’elle adore foutre sur ses frontons.
LIBERTÉ. ÉGALITÉ. FRATERNITÉ. Et si ça gueule trop fort : DISPERSEZ-VOUS.
Macron. Nuñez. Il y a des casseurs ? Isolez-les. Des violences ? Poursuivez-les. Mais derrière la fumée, il y a aussi des gamins. La génération à qui vous répétez depuis l’école primaire que la démocratie, c’est parler, contester, débattre, manifester. Alors évitez de leur enseigner la deuxième partie du programme : COMMENT COURIR PLUS VITE QU’UN CRS.
Parce qu’un môme qui reçoit sa première leçon politique dans un nuage de lacrymo risque de s’en souvenir longtemps. Et quand, dans dix ans, vous organiserez un putain de colloque à 400.000 euros pour comprendre pourquoi cette génération ne croit plus aux institutions, gardez le PowerPoint.
Ils vous auront déjà donné la réponse. Trois mots :
ON ÉTAIT LÀ.
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FRANKI VASKO
https://www.facebook.com/franki.vasko.1
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IMPLICATIONS PHILOSOPHIQUES ... Extrait
Je dis : douceur des mots
Quand tu rentres le soir du travail harassant
Et que des mots t’accueillent
Qui te donnent du temps.
Car on tue dans le monde
Et tout massacre nous vieillit.
Je dis : douceur,
Pensant aussi
À des feuilles en voie de sortir du bourgeon,
À des cieux, à de l’eau dans les journées d’été,
À des poignées de main.
Je dis : douceur, pensant aux heures d’amitié,
À des moments qui disent
Le temps de la douceur venant pour tout de bon,
Cet air tout neuf,
Qui pour durer s’installera. »
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EUGENE GUILLEVIC
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Oeuvre Georges Anatolievich de Pogedaieff
UN AUTOMNE A TANGER
Lui sous la pluie
D’un automne à Tanger
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué
Lui dans sa nuit
D’un automne à Tanger
Lui qui détruit
Son ombre inachevée
Nous venions du soleil
Comme des goélands
Les yeux fardés de ciel
Et la queue dans le vent
Mais nous nous sommes perdus
Sous le joug des terriens
Dans ses rades et ses rues
Réservés au pingouins
Lui sous la pluie
D’un automne à Tanger
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué
Les vagues mourraient blessées
A la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes
Et nos corps écorchés
S’immolaient en riant
Sous les embruns glacés
D’une chambre océan
Lui dans sa nuit
D'un automne à Tanger
Lui qui détruit
Son ombre inachevée
D'ivresse en arrogance
Je reste et je survis
Sans doute par élégance
Peut-être par courtoisie
Mais je devrais me cacher
Et parler à personne
Et ne plus fréquenter
Les miroirs autochtones
Lui sous la pluie
D'un automne à Tanger
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué
Lui dans sa nuit
D'un automne à Tanger
Lui qui détruit
Son ombre inachevée
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HUBERT FELIX THIEFAINE
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LORELEÏ SEBASTO CHA
Mon blues a déjanté sur ton corps animal
Dans cette chambre où les nuits durent pas plus d'un quart d'heure
Juste après le péage assurer l'extra-ball
Et remettre à zéro l'aiguille sur le compteur
Ton blues a dérapé sur mon corps de chacal
Dans cet hôtel paumé aux murs glacés d'ennui
Et pendant que le lit croise l'aéropostale
Tu me dis "Reprends ton fric. Aujourd'hui c'est gratuit."
Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille
Tu m'arraches mon armure dans un geste un peu lourd
En me disant "Reviens maintenant je te connais
Tu me rappelles mes amants rue barrée à Hambourg
Quand j'étais l'orpheline aux yeux de feux follets
Tu me rappelles mes amants perdus dans la tempête
Avec le coeur-naufrage au bout des bars de nuit
Et tu me dis "Reviens je suis ton jour de fête
Reviens jouir mon amour dans ma bouche-agonie
Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille
Le blues a dégrafé nos coeurs de cannibales
Dans ce drame un peu triste où meurent tous les Shakespeare
Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral
Le rouge de nos désirs sur l'envers de nos cuirs
Et je te dis "Reviens maintenant c'est mon tour
De t'offrir le voyage pour les Galapagos"
Et je te dis "Reviens on s'en va mon amour
Recoller du soleil sur nos ailes d'albatros"
Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille
Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille
Lorelei, Lorelei
Lorelei, Lorelei
Lorelei, Lorelei
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HUBERT FELIX THIEFAINE
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KARAGANDA
Brumes noires sur l'occident, murmures de rêves confus
Barbares ivres de sang, vampires au cœur fondu
Qui marchent lentement au bord des avenues
Des mondes agonisants, des déserts corrompus
Ça sent la chair fétide, le rat décérébré
Le module androïde, le paradoxe usé
Le spectre de mutant au cerveau trafiqué
Qui marche en militant sur nos crânes irradiés
C'est l'histoire assassine qui rougit sous nos pas
C'est la voix de Staline, c'est le rire de Béria
C'est la rime racoleuse d'Aragon et d'Elsa
C'est le cri des enfants morts à Karaganda
Des visages incolores, des voyageurs abstraits
Des passagers perdus, des émigrants inquiets
Qui marchent lentement à travers nos regrets
Nos futurs enchaînés, nos rêves insatisfaits
Peuples gores et peineux, aux pensées anomiques
Nations mornes et fangeuses, esclaves anachroniques
Qui marchent lentement sous l'insulte et la trique
Les tribuns revenus de la nuit soviétique
C'est l'histoire assassine qui rougit sous nos pas
C'est la voix de Staline, c'est le rire de Béria
C'est la rime racoleuse d'Aragon et d'Elsa
C'est le cri des enfants morts à Karaganda
C'est le cri des enfants morts à Karaganda
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HUBERT FELIX THIEFAINE
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Oeuvre Pamela Chrabieh
SOLITUDE
En toi tu es toute, mer, et cependant,
comme tu es sans toi, comme tu es seule,
et loin, toujours, de toi-même !
Ouverte de mille blessures, sans cesse,
tel mon front,
tes vagues vont, comme mes pensées,
et viennent, vont et viennent,
se baisant, s’écartant,
en un éternel se connaître,
mer, et ne plus se connaître éternel.
Tu es toi, et tu ne le sais pas,
ton cœur bat, et il ne le sent pas…
Quelle plénitude en solitude, mer seule !
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JUAN RAMON JIMENEZ
« Journal d’un poète jeune marié », 2009.
Traduit de l’espagnol par Victor Martinez, © Librairie La Nerthe éditeur
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Photographie Gaëlle de Trescadec
ETERNITES ... Extrait
La lune, qui naissait, d'or et grande,
nous fit dormir pleinement
en ce paysage de printemps.
‒ Le monde était ce songe.
Tout le reste était
ouvert et vain. ‒
Avec quel respect regardaient
les gens éveillés qui passaient !
Ils demeuraient là, extatiques,
‒ sans plus aller à leurs affaires ‒
en notre sommeil profond, que la lune
bordait d'or et de perle.
Ils nous regardaient endormis,
voyant dans les choses
ce que jamais avant ils n'avaient vu.
Leurs lèvres se faisaient
douces, et leurs yeux
devenaient infinis.
‒ Les étoiles cueillies par nous,
qui dormions
en leur sein clair,
tremblaient dans leurs âmes éblouies
par la lune. ‒
Nous rêvions, nous rêvions
afin qu'ils puissent voir.
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JUAN RAMÓN JIMÉNEZ
1881~1958
Prix Nobel de littérature 1956
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Oeuvre Evariste Carpentier
FEUILLES MORTES - PARABOLE D'UNE GRAND-MERE INDIENNE
Bien des fois, j’ai entendu les sages blancs,
Versés dans la connaissance, éduqués aux traditions des âges passés,
Parler de mon peuple avec pitié, dire : « Leur heure de gloire est révolue.
Emportés par le vent violent du progrès, leur pouvoir,
Comme une rose ayant dépassé le temps de sa brève floraison, gît brisé ;
Comme les feuilles du chêne, son peuple est dispersé. »
Autant que je m’en souvienne, c’est mon quatre-vingt-unième automne,
De nouveau tombent les feuilles, nées en avril et mortes en décembre ;
Portées par une brise capricieuse, zigzaguant et tourbillonnant,
se posant enfin à terre et se recroquevillant lentement,
Flétries, sans sève et brunes, fragments de ce qui fut
Jadis la vie, mis au rebut ; Des parchemins secs et bavards
Qui bruissent et crépitent comme le rire de vieilles femmes
Quand le vent impitoyable, aux pieds lestes, les poursuivra
Les chassera de ses coups implacables
Jusqu’à ce qu’ils soient réduits en cendres oubliées ;
Réduits en cendres, engloutis dans les ravins et les creux,
Formant un lit moelleux pour la neige encore plus moelleuse qui, en hiver,
arrive rapidement après. Mais quand, au printemps, le léger
Clapotis persuasif des gouttes de pluie, appelant avec insistance,
Réveillera à nouveau les forces ayant sommeillé de longs mois,
Un mouvement suivi de murmures se produira, et d’innombrables choses vertes
Perceront la terre de leurs doigts vert-jaune, cherchant le soleil,
Des doigts – ou des pointes de lance, devenus grands, bourgeonneront à l’aube
D’une nouvelle année, un jour, quand les ruisseaux, libérés par le soleil, composeront
Une musique comme l’or en compose au printemps d’une génération lointaine.
Et des feuilles flétries depuis longtemps, de la stagnation moisie,
La vie s’élèvera jusqu’aux frondaisons les plus reculées.
Des chatons, avides de soleil, éclateront ; les racines brunes
Tortueuses assoiffées, boiront l’eau de la terre ; progressivement se déploieront
La splendeur et la force futures, le sein de la terre les abrite
Aujourd’hui sous la forme de ces feuilles agitées, bientôt froissées et brisées.
Que ceux qui ont des oreilles entendent ma parole et se taisent.
J’ai dit.
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MARY CORNELIA HARTSHORNE
Descendante de deux familles influentes de la nation Choctaw : les McCurtain et les Fulsom.
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Oeuvre Henrik Simonse
ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES
C’est l’heure de dormir
Comme on dit aux enfants
C’est l’heure de partir
Un peu
De fermer les yeux
Et je voudrais qu’on me prenne par la main
Qu’on m’emmène au pays des merveilles
En me racontant un rêve, un éveil
Avec une porte, un chemin, une rivière et un pont
J’y entrerai par cette porte entrebâillée
Ce ne sera pas un rêve joli
Les vrais rêves ne sont jamais polis
À la meule des torrents
Un rêve, un conte oublié dans le temps
Qu’une voix semblable à celle d’une mer
Dirait comme un refrain, un va-et-vient, un ressac
Jusqu’à ce qu’aux bois dormant, s’abandonne mon visage et que s’ouvrent mes poings
Alors, sur la pointe des pieds, tu t’en irais
Tel on est
Tel on meurt
Tel on rêve et traverse les portes
Soi, pour compagnon de voyage
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# ANNA MARIA CARULINA CELLI
#poèmes
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DIT DE L'INCESSANT
Est-ce l’œuvre d’un jour
de décider si la fenêtre donnant sur le jardin
est libre de s’ouvrir
et la lumière de bercer les fleurs
les nourrir de la rosée
percer le vrai visage
qui rallierait les chants
de l’ineffable ?
Assis à ma table
qui ne dessine aucune frontière
entre la conviction et l’espoir de défier la raison
J’apprends de chaque mot
tous les matins
le grand détachement qu’ils couvent en moi
et l’inséparable brisure
de mon ombre sur les choses
Est-ce feuillet vierge battu d’un souffle d’ailes
l’éphémère accueillant l’infini ?
Je n’en ai pas fini de la ronde enfantine
maintenant mon séjour
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PHILIPPE TANCELIN
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Artiste inconnu
BERNARD VERLEY ... HOMMAGE
En souvenir de nos nombreuses rencontres de " hasard " dont je conserve une évocation amusée et reconnaissante tant nos échanges furent empreints d'empathie , de douceur et d'une " amitié " aussi naturelle
qu'étonnante, dont je ne me remets toujours pas... Je garderais encore en mémoire cette sympathie mutuellement ressentie qui semblait née d'un songe . Que la terre vous soit légère Bernard et votre voyage accompagné
par les pensées émues de vos proches et amis. Parmi tous les témoignages dont j'ai eu connaissance - dont celui d'une amie qui a compté pour vous et qui est très triste - vous étiez très attentif aux autres...Que votre chemin se poursuive au delà des étoiles, vers des cieux meilleurs....
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Bernard Verley a d'abord connu une impressionnante carrière au cinéma, tournant avec les plus grands. Né le 4 octobre 1939, le comédien avait étudié les Beaux-Arts à Lille avant d'intégrer le Théâtre national populaire de Jean Vilar. Il débute sa carrière dans les années 1960. Jeune premier aux yeux bleus, il est alors présenté comme le nouveau Gérard Philippe. On le voit dans L'Amour l'après-midi d'Éric Rohmer, La Voie lactée et Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel ou encore Le Feu aux lèvres de Pierre Kalfon.
Acteur et producteur
Dès ses débuts, il est aussi présent à la télévision, par exemple dans Les Hauts de Hurlevent avec Patrick Dewaere en 1968. Mais Bernard Verley met assez vite sa carrière d'acteur entre parenthèses pour se consacrer pendant 10 ans à la production: on lui doit La Terre au ventre de Tony Gatlif, récemment décédé, ou Nord, le premier long-métrage de Xavier Beauvois, en 1991.
C'est à cette époque que Bernard Verley fait son retour sur le devant de la scène. Il joue notamment le rôle du cardinal de Bourbon dans La Reine Margot de Patrice Chéreau, ou celui de l'inspecteur Loudun dans Au cœur du mensonge de Claude Chabrol. En 2018, il incarne le rôle du père Bernard Preynat, abbé accusé d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts, dans le film Grâce à Dieu de François Ozon, qui rend hommage sur Instagram à un "grand acteur".
Bernard Verley est mort quelques jours avant la sortie en salles, le 7 octobre, de Ni vue, ni connue, un film où il partage l'affiche avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain.
Source Franceinfo Culture avec AFP
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Les fées s'étaient très certainement penchées sur son berceau....Bernard Verley était
un artiste-peintre reconnu
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Verley
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PAMELA CHRABIEH ... Extrait
Je n’ai pas envie de faire semblant.
Ni d’analyser. Ni d’expliquer.
Ni de jouer au jeu des équilibres diplomatiques, alors que même les murs n’ont plus d’équilibre.
Je vis sous un ciel qui m’a oubliée.
Un ciel où la beauté n’existe plus que par accident.
Parfois, un oiseau passe, silhouette rapide, inconsciente de la guerre.
Et je me surprends à l’envier.
À l’envier de ne pas savoir ce que nous savons.
À l’envier de ne pas avoir à gérer un cumul continu de traumas.
À l’envier de ne pas avoir à survivre.
Je suis fatiguée d’être lucide.
D’entendre le bourdonnement des drones comme on entend une mouche dans une pièce fermée : obsédante, inévitable.
Fatiguée de faire semblant d’espérer alors que tout en moi vacille entre rage, vertige et lassitude.
On parle souvent comme si les choses avaient encore un nom.
Comme si le langage n’avait pas été, lui aussi, pulvérisé.
Ici, dans le Sud-Ouest Asiatique, les mots tombent comme les murs : ils ne tiennent plus.
On ne sait plus comment appeler ce qu’on ressent, ni ce qu’on devient.
On ne sait même plus très bien où finit la peur et où commence l’habitude.
Et pourtant, quelque chose continue à battre sous les décombres - un souffle, fragile mais têtu, qui cherche d’autres façons d’exister.
Il y a des choses qui résistent.
Pas des choses spectaculaires. Des choses simples. Humaines.
Des choses que les missiles ne savent pas viser.
L’art, par exemple.
Et je me dis : créer, ici, c’est un acte contre l’effacement. C’est refuser que la beauté devienne un luxe ou un oubli.
L’écriture, aussi.
Même ces mots que je trace sont une façon de rester vivante.
Une façon de dire : "je pense encore. Je sens encore. Je suis là."
Et si un jour quelqu’un lit ceci, même dans un autre siècle, qu’il sache: on n’a pas été seulement des victimes.
On a été des voix. Des flammes. Des éclats de lumière dans la nuit.
Et puis il y a les autres.
Pas les zaïms. Pas les mafieux. Pas les régimes. Pas les génocidaires...
Mais les gens.
Ceux qu’on n’écoute pas mais qui tiennent le monde en place avec des bouts de ficelle - de courage, de persévérance, et d'amour.
Ceux qui partagent un peu de pain, un regard, un silence.
C’est cela, notre trame. Une entraide silencieuse, indestructible, invendable.
Notre forme à nous de résistance, plus ancienne que leurs armes.
On me demande parfois si je crois encore en la paix.
Je ne sais pas.
Certainement pas en la paix des traités, ni celle des photos de poignée de main.
Mais en la paix d’un regard. La paix d’un geste.
La paix de ceux qui ne massacrent pas, qui ne se vengent pas, qui n'anéantissent pas.
Celle-là, oui. Je m’y accroche. Même quand tout le reste s’écroule.
Je n’écris pas pour convaincre.
Je n’écris pas pour être forte.
J’écris pour ne pas me perdre.
Pour laisser une trace.
Pour rappeler que, sous les gravats millénaires, physiques, psychologiques, historiques, il reste des cœurs battants.
Des mémoires en veille.
Des âmes en chantier.
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PAMELA CHRABIEH
https://pamelachrabiehblog.com/
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Oeuvre Pamela Chrabieh
PAPA LEONE
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Maria
O di senteli gridà
Ci portanu l'angunia
Chi l'ora hè venuta avà
Maria
O tempu un ne ferma più
A morte è così sia
U to figliolu Ghjesù
Tandu penserai a tanti ghjorni e tanti mesi
Per ghjunghjene oghje a tamanti malani
E per ch'ella sia più dolce la toia offesa
Maria, avà n'un ti scurdà
Da li primi passi soi à la prima parolla
Eri tù la mamma d'ogni stonda è d'ogni pientu
È più che la vita un si trova più bella scola
Maria, l'ora hè venuta avà
Maria
Maria
Maria
O li sentu avvicinà
Avanzanu per la via
Un'hè più tempu à pensa
Maria
Sò ghjunti à piglià Ghjesù
Cusì duru ch'ella sia
Speranza un ne ferma più
Da li primi passi soi à la prima parolla
Eri tu la mamma d'ogni stonda è d'ogni pientu
È più che la vita un si trova più bella scola
Maria, l'ora hè venuta avà
Quandu a raggione hè vinta sola da la forza
Tandu un arrega che dulore scimità
Che l'omi sò qui portanu dolu è viulenza
Maria, nimu un li parerà
Maria
Maria
Maria
Maria
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JEAN-PHILIPPE GUISSANI
MAXIME MERLANDI
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L'HOMME-JOIE ... Extrait
Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante. La guerre n'a rien d'énigmatique... mais l'oiseau que j'ai vu s'enfuir dans le sous-bois, volant entre les troncs serrés, m'a ébloui. J'essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant. Il y a des papillons dont on ne peut effleurer les ailes sans qu'elles cassent comme du verre. L'oiseau allait entre les arbres comme un serviteur et glissait entre les colonnes d'un palais. Il ne faisait aucun bruit. Il était aussi simplement vêtu d'or qu'un poème.
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CHRISTIAN BOBIN
éditions L'iconoclaste, 2012
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ANDRE CHENET...Extrait
Voulez-vous venir jouer avec nous
jouer avec le feu jouer avec la faim
jouer avec la soif jouer avec le sang
voulez-vous venir jouer avec nous
dans les quartiers en ruines de notre ville
là où il n'y plus que l'effroi et parfois la lune
pour se diriger comme un aveugle sans canne
jouer à camper sous des bâches de fortune
avec le vent la pluie et le froid de la nuit
jouer avec une tête de poupée défigurée
jouer en souffrant comme si de rien n'était
jouer à la vie sous les bombes jouer à l'enfer
jouer à l'enfant paniqué qui n'a plus de jambes
à la maman couchée à terre qui dort sans respirer
au papa fou de douleur tombant dans la poussière
jouer avec les soldats surarmés qui rient de bon coeur
à chaque fois qu'ils abattent de loin l'un d'entre nous
jouer au cadavre décomposé dans un hôpital détruit
jouer à cache-cache parmi les gravats de bétons et de fer
jouer à pleurer à crier comme si c'était la fin du monde
voulez-vous venir jouer avec nous au jeu de la mort ?
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ANDRE CHENET
Le 23 septembre 2025
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Gaza
AUTRE JOUR DANS LA NUIT ... Extrait
En quel temps..me diras-tu ?
Celui très tôt dans les ruines
quand se lève de la poussière
l’infatigable soleil éclairant
les songes de notre maison
Par quelle voie..me diras-tu ?
Celle des figures de rosée
entre les corps massifs d’oliviers
et connurent tes pas sans las
Jusques aux portes closes du désert
Comment..me diras-tu ?
Sur un air de musique
dans tes cheveux en boucles
dressés sur ton courage
à démasquer l’impasse blême
dans ses formes invisibles
Pour qui..me diras-tu ?
Toi ou ton frère tant recherché
pour son cœur brisé sans guide
ce ressentir de promesse fatiguée
en la colombe que ne délivre plus
le rêve attesté de ses ailes
Avec quoi…me diras-tu ?
Si le miroir ne reflète plus le souffle
sur la terre ouvragée des amants
et que s’exile la noce des dieux
dans les bas quartiers d’étoiles
pour ne pas voir se mourir la mer
En quelle langue..me diras-tu ?
Celle de la pierre à nu à bout de larmes
Cette autre encore des images disparues
que prophétise la soif ouverte sur la terre
sa capture en longs cris perdus dans le lointain
le bannissement des murs adossés aux légendes
Je vais te dire..quelle heure…
Portera le sang des espoirs simples
coulés à même la corde du luth
Lancera ce fougueux pas du danseur
sur le fil-frontière aux senteurs d’éden
Je te dis maintenant l’autre jour dans la nuit
Celui que dresse la langue conjuguée des mémoires
leurs témoins sabliers du devenir fou des choses
Je te dirai l’extrême brisant
des mots lucides
leur lumière gravissant
ton ombre complice
Ton âme d’enfant
à sa suite impénétrable
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PHILIPPE TANCELIN
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LES SONNETS ET POESIES D'UN VOYAGEUR ... Extrait
Il est doux d'écouter les accords de la terre.
Oui, vous l'avez bien dit : les fleurs ont leur langage,
Le vent dans ses soupirs, l'oiseau dans sa chanson,
L'onde dans les flots bleus qui baisent le rivage,
L'insecte qui bourdonne au milieu du gazon,
Le chêne au tronc noueux qui résiste à l'orage,
Et le roseau qu'un souffle abat dans le vallon,
Tout possède une voix, tout renferme une image
Dont le secret échappe à la froide raison.
Mais, sans en pénétrer jamais le saint mystère,
Il est doux d'écouter ces accords de la terre,
Ce murmure des bois, ce long soupir des mers ;
Il est doux d'écouter ces voix de la nature,
Tandis qu'auprès de nous, sur une arène impure,
S'élèvent tant de cris et de troubles amers.
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XAVIER MARNIER
1808-1892
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Oeuvre Auguste Renoir
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