“Ce saccage de la planète, je crois que c’est une très grande imprudence. Bien sûr, les politiciens vivent au jour le jour, il ne peuvent pas réfléchir à une échelle suffisante, mais les biologistes, et les géologues pensent déjà à ce qui se passera dans mille ans, dans dix mille ans, etc.. (…) Bien sûr, on peut espérer que l’Homme finira par “s’hominiser”, parce que l’Homme c’est autre chose qu’un matricule, c’est autre chose qu’une carte d’électeur, c’est autre chose qu’un tube digestif, c’est plus vaste… c’est plus vaste… Si on veut servir l’Homme complet… On nous parle toujours du Produit National Brut, qui est-ce qui parle, qui pense au Bonheur National Brut ? Qui est-ce qui essaye même de le calculer ?…

La civilisation a opté, elle a fait des choix, elle a opté pour le plus contre le mieux, pour la quantité plutôt que pour la qualité. On pourrait aussi dire pour l’Avoir plutôt que pour l’Etre… Et puis alors, il y a quand même un certain nombre de caractères de l’Homme actuel qui ne sont tout de même pas favorables à l’éclosion d’une “humanité améliorée”, si je puis dire, enfin, pacifiée, équilibrée, fraternelle… Ce sont des choses qui vont de soit, mais enfin on peut le rappeler : cet appétit de la puissance, à tous les niveaux, à tous les stades bien entendu, depuis l’individu jusqu’à l’état. Nous avons toujours une tendance au palmarès, nous voulons toujours sérier les choses, faire des hiérarchies, dire que celui là est meilleur que celui là, ce pays là, cette race là. Mais non…

Et c’est ce que je ressent personnellement très profondément, cette notion de totalité. Cette idée que tout, à l’intérieur de l’Univers, se tient. Mais ça, il n’y a que les poètes qui savent ça : “Qui cueille une fleur, dérange une étoile”…

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THEODORE  MONOD

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