EMMILA GITANA

samedi 27 février 2021

PLANTEE A LA BASE DE TON COU LA FLEUR BLEUE DE NOVALIS

Un trait d'étoile sur des larmes pétrifiées
Dans l'ourlet de la chair
Un bleuet infiniment cousu
Un fanal dans ton poème
Un roulis de mots que chaque césure
Tenaille puis rejette à la vague
Dans la crevasse c'est ton silence
Un plus-que-mots que chaque césure
Déploie comme un fruit marin
Pétale après pétale comme une rose d'océan
Si vous lisez ces lignes n'y voyez qu'un champ de lin
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GHYSLAINE LELOUP
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lin2

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GHYSLAINE LELOUP...EXTRAIT

 

Nous avions maquillé nos yeux pour contempler le ciel
Et rougi nos lèvres de grenades pour embrasser la terre
Nous avions arrondi nos ventres pour honorer le monde

Les oiseaux se sont tus
Ô silence des déserts rendus plus arides
Sous l'acharnement des chars
Que reste-t-il sous la cendre ?
Nous cherchons les chemins, les champs
Dévastés par les bottes
Nos yeux sont cernés de deuil, nos jardins de décombres
Nos sexes ont été fouaillés au nom des frontières
Nos bouches souillées
Nos ventres ont accouché d'enfants traîtres
Ô paix abandonnée aux ronces
Mariée couronnée de la fleur d'oranger
Laissée blanche dans un cortège funèbre
Nous demeurons tes filles d'honneur
Et
Nos voix continuent d'élever leurs chants au milieu des salves
Nos pieds continuent de fouler la terre gorgée de sang
Nous nous vêtirons à nouveau pour les noces
Nous nous parfumerons à nouveau de jasmin
Nos maisons s'ouvriront à nouveau au voyageur
L'écho de nos incantations poursuivra notre légende

 

Ça murmure ça chuchote
Entends

Dedans
La petite voix

Qui te remonte
Au détour du printemps
Une petite plainte
Un couinement de pauvre bête entravée

Et moi ?
Où ?
Comment ?
Pourquoi ?
Le bleu de la mésange ecchymose l’enfance
Le vieux rêve obsolète qui ne veut pas mourir
Une serre cobalt veinée de plomb
La vie miroitante empoignant ses fêlures

Renvoyer l’enfance au coin des illusions
L’abandonner encore et encore
Aux sentiers battus
Aux petits cailloux imbéciles
À l’ogre gave de pain d’épices

« On dirait qu’on serait des plumes d’oiseau-lyre
Et qu’on s’envolerait sous les vents alizés… »

Oublie le vieil enfant aux genoux couronnés
Inconsolable dans ses chagrins vitrifiés

Maintenant ruisselle
Fécondant comme pluie d’été

Oublie le vieil enfant




La nuit se lève
Tout vous fait mal
Y compris la lune et son éclat de vierge Miroirs trop aliénés
Pour réfléchir les rides du monde
Et ce que sait votre visage

Vous l’aviez invité à bien d’autres banquets
Il avait puisé dans votre bouche
Les mots qui étonnent la salive qui apaise
Paroles de sueur dans la transcription des mains
Vous aviez partagé le silence
Ce lit sans draps où se cacher
Balustrade des paroles chassées du plein soleil

La nuit se penche
En son corps s’exilent vos désirs apatrides


Ils ont tant de fois tenté
De broyer mon corps et d’effacer ma mémoire
En habits d’infamie, ployant sous l’anathème
Leurs mots lacéraient ma chair autant que leurs pierres

Je sais les deux

L’obscurité du temps n’y fera rien

Pas plus que leurs souillures
Une lumière d’un autre ordre
Brûle
Intacte dans ma chair peuplée de voix

J’ai trois mille ans
Mariée sans amant sur une faille d’encens
Je hurle la prophétie de dieux affolés
Les hommes m’exilent loin des vivants
Venant d’en bas les cris

Toujours les cris

J’ai deux mille ans
Épouse répudiée aux aubes de granit
Chênes entaillés des solstices
Je ne cueillerai plus vos beaux fruits mordorés
Le gui a éteint son or au seuil de la raison

J’ai deux mille ans ailleurs
Repentie à la chevelure parfumée
Ils me disent la putain de l’autre
Celle qui danse sur des paroles inouïes
Et baise ses mains sans entraves

Depuis mille ans figée dans leurs cathédrales
Vierge définitive ou catin repentie
Ils ont gelé mes courbes dans des plis de stuc
Ourlé ma bouche de marbre




Voix envolée, cris d’hirondelles
Arc du corps, traduction des ailes
Venant d’en bas les cris
Silhouette furtive des futaies
Mes élixirs guérissent, on me dit maléfique
Arrachée des forêts aux grandes fougères
Ils me fouettent me fouaillent me forcent et m’étouffent
Ma robe est jaune pour le feu et son orgie de ténèbres

Toujours les cris

Musique condamnée jusque dans les cages
Le glas de la prière tombe comme nos larmes

Traquée dans un orient aux fontaines séchées
Je porte ma prison en un voile tissé lourd
Ciel obscurci sous les barreaux de mon regard

Les étoiles se taisent la lumière s’achève

Mais revient aujourd’hui et sa promesse de clarté

L’obscurité du temps n’y fera rien
Pas plus que leurs souillures
Une lumière d’un autre ordre
Brûle
Intacte dans ma chair peuplé de voix

Le jour se lève

Je rejoins la prochaine aurore

 

 

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GHYSLAINE LELOUP

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BARHAM DABIRI,

Oeuvre Barham Dabiri

vendredi 26 février 2021

ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES ...Extrait

De qui sommes nous les souvenirs
Les ombres portées
Les figures fragiles d'un rêve
Que l'éveil du dormeur soufflera
Telle flamme de chandelle
Cohorte de fantômes, nous traversons le temps
Par des routes noyées
Des sentiers ruisselants
Ainsi, l'eau dont nous sommes le trouble, le grain d'écume blanche
Nous mène des rivières souterraines
Où après la chute, nous nous étions tapis
Vers ces lieux aveugles, ces scènes
Au milieu des visages, des yeux qui pleurent, des bouches qui rient
Il est des formes humaines
Qu'à la rupture du ventre
À la perte des eaux
Expulsées par la délivrance des femmes
Il est des formes humaines
Perdues parmi les chairs
Cherchant des corps vivants
Ou bien des mots à habiter
Ils ont l'oeil lointain
Un air perdu
Souvent ils se trompent de chemin
Ils se promènent, hagards
Manquent la marche du trottoir
Se cognent aux miroirs
Et l'on voit sur leurs mains translucides
Courir le bleu des veines
Ils ont quelque chose d'à la fois aérien et liquide
Ils s'envolent, ils s'écoulent
Ils sont de la pluie et de la feuille
De peur que le vent les emporte
Ils s'accrochent aux arbres
Ils peuvent mourir d'un amour sans regard
Un amour aux mains coupées
Leurs contours de fumée
Pour ne pas disparaître
Appellent l'âtre, la braise d'un foyer
Le cadre d'une fenêtre
Là, guettant la plume d'un oiseau
Souvent, en attendant
Ils écrivent un poème
Il n'est d'écriture que de mémoire
De quelle âme du temps passé, sommes-nous les souvenirs
Échappés par la porte entrouverte d'un caveau
Il me semble, à moi qui ne suis que la ressemblance
D'une aïeule, d'un ailleurs
Qu'il n'est pas un mot de mon encre
Qui ne m'ait, à l'oreille
Été murmuré par la voix d'un souffleur
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ANA MARIA CARULINA CELLI
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Mes deux arrières grand-mères, coté maternel

maria josefa moya2

Maria Josefa Moya Martinez née le 29 Avril 1880 à Guadix, province de Grenade ( Espagne )

Décédée de la tuberculose à Saida ( Algérie ) en 1917 

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Carolina mattera, mon arrière grand-mère2,,

Carolina Matarese épouse Mattera , née le 6 décembre 1874 à Forio d'Ischia ( Italie )

Décédée en algérie en 1924...

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jeudi 25 février 2021

PHILIPPE JACCOTTET...HOMMAGE

Philippe Jaccottet vient de nous quitter à l'âge de 95 ans....
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"La seule grâce à demander aux dieux lointains,
aux dieux muets, aveugles, détournés,
à ces fuyards,
ne serait-elle pas que toute larme répandue
sur le visage proche
dans l'invisible terre fît germer
un blé inépuisable ?
....
Rappelle-toi, au moment de perdre pied,
Puise dans cette brume avec tes mains affaiblies,
Recueille ce peu de paille pour litière à la souffrance,
Là, au creux de ta main tachée :
Cela pourrait briller dans la main
Comme l'eau du temps. "
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PHILIPPE JACCOTTET
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jaccottet

Philippe Jaccottet
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Sombre ennemi qui nous combats et nous resserres,

laisse-moi, dans le peu de jours que je détiens,
vouer ma faiblesse et ma force à la lumière :
et que je sois changé en éclair à la fin.

Moins il y a d’avidité et de faconde
en nos propos, mieux on les néglige pour voir
jusque dans leur hésitation briller le monde
entre le matin ivre et la légèreté du soir.

Moins nos larmes apparaîtront brouillant nos yeux
et nos personnes par la crainte garrottées,
plus les regards iront s’éclaircissant et mieux
les égarés verront les portes enterrées.

L’effacement soit ma façon de resplendir,
la pauvreté surcharge de fruits notre table,
la mort, prochaine ou vague selon son désir,
soit l’aliment de la lumière inépuisable.

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PHILIPPE JACCOTTET

© Gallimard 

mercredi 24 février 2021

FRANCOIS LAUR...Extrait

Si m'était consenti le pouvoir de ne pas diffamer l'averse, ni le martèlement du grain au vasistas, de ne pas enlaidir tes larmes lavandières dans une chapelle ardente, fenêtre ouverte, bruits venant par à-coups ;
de ne pas flétrir la fleur d'aurore ou les chatons de tamaris, ni ta rose lèvres décloses ;
de m'asseoir, faire silence et dire juste les odeurs de la forêt : celles des plantes et des mousses, des arbres et des lichens, des champignons et de l'humus ; le parfum de ton nid moussu ;
de ne pas ternir l'essor de l'alouette, ses trilles trémolos de plein vol, et moins encore tes murmures, tes vagirs de vraie vie ;
de ne pas encanailler cet œil éburnéen qui enlumine les amants lorsque la lune est à son comble, ni mal répondre de tes hanches qui m'emportent en roulis dans la pénombre de mes failles ;
de ne pas altérer les beaux jours, ni d'abolir autan et sirocco qui endiablent le brasier, de ne pas faire affront au temps des vendangeurs, à des nuits de voyage qui pantellent très haut, à l'ambré de tes saisons ;
de rendre justice à l'arrondi de la colline chantourné sur fond bleu et toi qui sors des flots, oh non pas née de l'écume ni ceinturée d'or, mais qui m'as offert en cadeau à moi-même,
je laisserais sauter les mots comme largesses de la vague.
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FRANCOIS LAUR
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abel domique boyé

Oeuvre Abel Boyé

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FRANCOIS LAUR...EXTRAITS

Si j'écris, c'est pour entendre et t'obéir, toi l'hôtesse de mes saisons ; pour te dire, comme oiseau, avec toutes les voyelles. Pour écouter en ton idiome tes mots leurs modulations intonations vibratos. Je persiste dans ma vénerie : un ricochet de résonances, avec, pour horizon, vagues et scintillements. Si tu me prêtais tes mots, mes doigts courant sur le clavier déferleraient bien mieux qu'un suaire entre nous. Je compose dans cette ombre qui, parfois, éteint ton sourire ; rédige, noir sur blanc, tes clairs-obscurs dans un dialecte d'ermitage. Plus je quête mes vocables, plus je distingue le timbre de ta voix et peux, ainsi, te murmurer.
M'accorderais-tu les mots, j'en façonnerais, sur le ciel de ton lit sur celui de tes nuits, des formules si lumineuses que le soleil se voilerait pour ne pas les effacer. Puis je suivrais tes pieds sur un réseau de sentiers du maquis, tes jambes colonnes douces hanches dansant parmi les rangs de ceps. Je répéterais ton dire, ces bras fougères et duvet. Les mots venant de toi ruisselleraient de ta langue à la mienne comme salive lors de fêtes.
Ta parole, mon hôtesse, est un frisson, feuilles de saule ou de peuplier, bruissement de rivière ; ton haleine un peuple d'ailes, de cuisses, de toisons, de parfums verts et triomphants. Tu parles la splendeur dans l'herbe, non un cafouillis de gravats où coexisteraient plâtres et soleils.
Ta parole ? Gage vivant que maintes nymphes n'ont pas fui.
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FRANCOIS LAUR
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Florence-Dussuyer-Micha-tecnique-mixte-sur-toile-73-x-54-cm-

Oeuvre Florence Dussuyer

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AVEC TOUS LES MOTS D’AUTREFOIS

Ficher dans le maquis des alarmes confuses nombre de tuteurs agencés comme pour arrimer les frissonnants halliers de la mémoire.
Parfois, s’y jette une volée de mots tels étourneaux s’abattant sur les vignes ou dix cors bellement l’un contre l’autre en rut. Serait-ce convoitise, quémandage charnel des vocables ? La théâtrale sauterie, la comédie au paradis ? Entre sol et nues, nombreux les sigles et les sceaux que les filets retiennent ! Lambeaux abîmés de roseau « Livre pour Sortir au Jour », feuilles froissées de latanier, de talipot, leurs textes sacrés incisés au stylet ; palmes brisées d’arbre-lettre élégant, graphie profuse et déliée, « effet majeur : la retombée », dit R. B. ; bribes d’écorce de bouleau-renouveau si propice aux billets d’amour, fibres de figuier pages lacérées bâtons et jambages. Quel feu en allumer ?
Quel feu en allumer, sinon les dits de ta ferveur, sinon ta voix conjuratrice ?
Ta voix chanteuse de péan qui, fibre à fibre, me délivre quand tu danses ton pas, refleurissant le monde.
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Dans les villes, les gros bourgs, je perçois bien rarement un air sifflé par la fenêtre ouverte, un refrain chantonné dans la rue, au comptoir d'un bar-tabac, dans la queue devant une caisse, cinéma ou hypermarché. Il n'empêche, quelques mesures doucement modulées, et le joug se fait moins féroce, le pouvoir moins museleur. On a pu, naguère, affirmer que les goualantes résonnaient parmi les squares les venelles ; elles frissonnaient de vie. Point d'auto-radios hurleurs, toutes vitres abaissées. Qui se surprend, aujourd'hui, susurrant, à la terrasse d'un café, une tendre aria de Bach ? Où, la plaisance du fredon comme humble rumeur d'abeille ?
Toi qui vas volontiers chantant, la caresse de ta voix rend le cœur plus léger, comme celle d'une brise en juin ; elle époussette la journée, la soulage de sa grisaille. Avec toi, un instant je marche sur l'eau, un instant je suis oiseau. Avec toi, tes ritournelles, oubliés ‒ tout merveilleusement ! ‒ extorqueurs de désir trafiquants de peur fabricants de tristesse furieux de dieu bombes humaines.
« Un temps, une autre habitation possible de la terre. »
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FRANCOIS LAUR
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LAUR

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mardi 16 février 2021

UN PEU DE RÊVE....

C est un jour silence, un jour blanc , sans nuance, sans présence. Juste la neige derrière les carreaux, supprimant la couleur, impose la brillance.

Ces éphémères couches de transparence qui nous basculent dans une froideur intense et dans un monde nouveau, se révèlent être la seule attirance.

    Le jour blanc vire à l 'éclatant sous le ciel assombri. Derrière les carreaux le regard s'appuie, et s'enfuit au bout de la nuit. On se croirait seul sur une lune de fine porcelaine qui se craquellera à la moindre source de chaleur.  Tout en douceur Pierrot est descendu de sa longue échelle de soie, il est venu jouer sous ma fenêtre, il semblait irréel mais il était bien là, je le sais ;il a laissé sur la pas de la porte quelques notes gelées.

   Le temps s'est arrêté, un jour et une nuit seulement.

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JOSIANE G.

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leonid-tishkov-21,

Photographie Leonid Tishkov

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lundi 15 février 2021

ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES ...Extrait

Je ne peux entendre ce chant
Sans le regret d'un monde où je ne serai plus
N'est-ce pas cela le ravissement
Des ombres d'ambre s'élevant de l'âtre
Et disparaissant
La tragédie de la lumière vouée aux cendres
La pleine gravité de l'instant
S'évaporant tout en pesant d'avoir été
Ainsi, où vont nos prières ?
Jamais je n'ai pu aimer
Sans soudain me glisser au terme de l'éternité
J'ai écrit tant de lettres d'adieu
Et j'en ai tant jeté au feu
Tel un sage qui sa vie durant se prépare
A ses ultimes heures
Qu'il m'est impossible d'arriver en retard
Aux rendez-vous de la peur
Et je ne peux entendre ce chant
Sans me retourner devant
Toute fenêtre m'est un foyer
Où, dans leur danse, de merveilleux flambeaux
Des peines les plus sombre, épousent les lambeaux
L'ont y voit la flèche des oiseaux
Prendre d'assaut le ciel pour s'y noyer
Voilà pourquoi, nous bouleverse la beauté
D'une nuit, d'une toile, d'un air ou d'un visage
A briser le cristal
Sur la corde raide, le funambule pleure les paysages
Que ses larmes mouillent et confondent
Puisque la vie nous condamne à refermer les yeux
Qu'après minuit se termine le bal
Qu'il faut rentrer au ventre du monde
Je ne peux écouter sans regret ce chant
Que la mémoire du temps m'a laissé
Comme un signe
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ANNA MARIA CARULINA CELLI
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andrea kiss2

Photographie Kiss Andréa

jeudi 11 février 2021

LA TACTIQUE DU DIABLE...Extrait

"Un jeune diable :
Comment avez-vous réussi à envoyer autant d'âmes en enfer?
Vieux diable :
- Avec peur!
Le jeune :
- Bon travail! De quoi avaient-ils peur ? Guerre ? Famine ?
L'ancien :
- Non, d'une maladie !
Le jeune :
-N'ont-ils pas été malades ? N'étaient-ils pas en train de mourir ? N'y avait-il pas un remède ?
L'ancien :
- ils sont tombés malades, ils sont morts, il y avait un remède.
Le jeune :
- Je ne comprends pas...
L'ancien :
-Ils ont accidentellement cru que la seule chose qu'ils devaient garder à tout prix était la VIE ! Ils ne s'étreignaient pas, ne se saluaient pas, ils s'éloignaient l'un de l'autre. Ils ont renoncé à tout contact humain et à tout ce qui était humain ! Ils ont manqué d'argent, ils ont perdu leur emploi, mais ils ont choisi de craindre pour leur vie, même s'ils n'avaient même pas de pain. Ils croyaient tout ce qu'ils entendaient, lisaient les journaux et croyaient aveuglément tout ce qu'ils lisaient. Ils ont abandonné leur liberté, ils n'ont jamais quitté la maison, ils ne sont allés nulle part. Ils n'ont pas rendu visite à des parents et amis.
Le monde est devenu un grand camp de concentration avec des prisonniers volontaires. Ils ont tout accepté ! Juste pour survivre à un autre jour misérable... Ils n'ont pas vécu, ils sont morts tous les jours ! C'était facile de prendre leurs âmes misérables ... "
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C. S. LEWIS
"Lettres de Berlicche" - 1942
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DIABLE2

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