EMMILA GITANA

dimanche 24 mai 2020

FERNANDE...

Ma petite Fernande, 23 ou 24 ans,  hier, au paradis des chats...Si tristes....

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" Les larmes, le vent et les nuages parfois volent si bas

 

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas, que pour ne pas mourir, il nous faut rouvrir de vieux soleils "

J.M. Sananès

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Fernande 23 mai 2020

 

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Aussi amis,
pardonnez que parfois la tristesse me gagne
mais sachez que, du haut de mes vieux printemps,
je n’oublierai jamais ni l’heure des Mistrals Gagnants
ni la puissance du cri, de l’amour et de l’espoir,
je n’oublierai jamais de vouloir du pain
et du soleil à jeter sur les matins qui se lèvent.

Je n’oublierai jamais le temps des mots d’enfant,
ni mon chat
trois pattes posées sur mon bonheur.

 

 

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JEAN-MICHEL SANANES

 

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mercredi 20 mai 2020

BRUNO ODILE...Extrait

Ô combien il me plairait de ne pas renoncer à la joie en donnant un sens aux jours qui viennent ! Ma solitude est une porte défoncée, un levain sans adjonction, un ébruitement de l’ombre mourante à la lumière. La joie est punie lorsqu’elle reste sur le seuil, redoutant l’accomplissement comme une culbute prévisible. Un croche-pied à l’assiduité des épreuves et des délits. Une dégringolade pitoyable que la crainte et le doute s’empressent de tenir à l’écart. Des lumières naissent sous les dalles du silence. Quelque part, dans la neige toute entière, se cache un flocon noir et tremblant qui envenime la masse blanche.

La vie est à l’aise lorsque tout se tait. La vibration est l’excavateur où se laminent les boutures semées dans nos moelles. L’amour nous éprouve par son exigence à vouloir unifier deux êtres totalement distincts. Il perfore le miroir où se renvoie l’image de nos ego. Une clôture translucide nous entoure comme les anneaux de Saturne et, pour l’instant, tu demeures cette orbite solaire enveloppant le vague des étendues disloquées.

 

N’aie nulle crainte, nous marcherons doucement pour mieux débusquer les reliques de nos rêves ensevelis dans la vase. Nous avancerons pas à pas pour mieux déchiffrer le maquis dans lequel nos visages ont disparu. Nos moelles ne conserveront pas indéfiniment le secret que la nuit débobine comme une pelote de souvenirs laissés en friches. L’énigme s’oubliera elle-même dans le jour qui ne pose plus de questions. Nous toucherons ce qui reste et qui n'existe plus et nous parlerons de ce qui existe et qui ne reste pas.

L’acceptation nous confond davantage. Accepter, c’est dire la mort qui nous rassemble, c’est emporter avec soi la morsure du vent sur la poitrine mouvante de nos tendresses. L’écriture est là comme un jardin pour nos corps de poussière. Elle provoque et contourne tous les volumes où s’engouffrent les êtres vivants dépités par la blessure dévastatrice. Bientôt, nous serons ensemble dans le mot comme dans une gerbe de feuilles parfumées. Tes gestes sont des sourdines chevillées aux pieds des garrigues et ta voix emprunte le Mistral pour clamer la résurrection de la beauté.

Entends-tu, toi aussi, claquer les portes et la bourrasque qui s’immisce ? Derrière nous, la terre est immobile et désolée. C’est une lande à repeupler, un territoire à vaincre par de nouveaux serments. Nous fécondons les pierres qui nous recouvrent. Une île vivante s’enlise. Nos cœurs sont des ficelles qui flottent entre deux eaux. Un sésame ouvre nos brèches. Dans mes tripes, je t’entends retentir comme un bris de vitre après un coup de tonnerre.

Belle aurore aux yeux tourmentés, tu te répands encore là où tout n’est que faillite. Nos mains fanées ressemblent aux feuilles que les arbres relâchent chaque automne. Le ciel se donne des gifles lorsque tu t’envoles parmi les rêves cloués à l’aveu du jour qui grimpe dans ses miradors de lumière. Il nous faut quitter toute résistance et nous confier librement à la nature de nos êtres. Parfois, mon cœur est cette pincée d’eau cherchant l’issue la plus proche.

Regarde, dix-huit ou vingt lumières demeurent accrochées au bracelet de nos enfances. La clarté a la beauté de tes yeux lorsqu’ils se tiennent debout sur l’écho couché devant eux. Dans chaque amour naît une prison de coton et d’épines.

Nous habitons le monde dans la dispersion inévitable qui peuple la route invisible reliant notre entendement à notre cœur. Nous allons vers nous-mêmes, hors du réduit des courbes, hors de cette vie de misères vacillantes. Nous nous sommes chantés par ce filtre de lumière où nos voix se sont rejointes. Nous avons écouté nos messes d’amour et de désastre au cœur même de notre église intérieure. Chaque silence est devenu une ascension vers ce sanctuaire où le dépouillement ouvre la voie à cette unité d’émerveillement. Notre fatigue meurt dans le vide et l’essentiel nous rappelle.

A son commencement, le détachement est brimé. Il marche dans les roseaux, il se dérate à l’ombre des cailloux, il fuit l’instant qui le condamne à suspendre les salves d’émotions.

Ton visage s’agite dans ma mémoire. Il me faut exclure ton regard resté dans le raffut des naufrages. Couper l’amarre. Couper le lien. Partout des épines, partout des griffures.

Au petit jour, nos cendres se couchent sur le vent. L’ardoise a l’odeur de la craie. La main du désir a retrouvé la porosité de la nuit. Mon corps cherche à virer à bâbord. Et puis, il y a cette impression que tout piétine. Mon enfance est redevenue le berceau des premières aubes, des premières fuites. Les jambes fuselées de notre avenir poussent des cris innommables. C’est l’écartèlement entre la matière vivante et la suie des heures écoulées. Le jour se reconstruit dans tes yeux. Je n’ai rien préparé. Je n’ai aucun bagage, mais il faut partir.

Ton présent sur mon présent, j’avance vers la déchirure. Je ne dis rien. Il fait froid et vif. L’air des sommets de givre glace ma langue. Comment apprendre à se détacher sans dégeler jusqu’à la première empreinte ? Il n’est plus question de regarder autre chose que la clarté au fond de l’eau. J’ai peur. Avant toi et après toi, le néant. Le vide absolu qui ne sait rien de l’émotion.

J’entends la nuit ruminer et ma bougie laisse deviner quelques silhouettes tremblantes sur le mur de ma mémoire. Des bouffées câlines s’échappent de moi. Une rose du désert attend la pluie qui la fera se dissoudre. Je plie sous l’assaut des « il était une fois pour toujours ». Une horde d’abeilles se ruent sous ma poitrine. L’essaim est mort, les alvéoles pleurent du miel. Je me larve dans mes cicatrices en priant le ciel pour qu’il ne me tombe pas sur la tête. Ma sincérité est une onde fragile, ma mémoire me lâche, j’ai dix ans. Ton regard sera peut être une poignée, peut-être une catacombe.

Ma main est sur ton ventre. Sa faim me brûle. Donne-moi à boire, ma langue est à ton chevet.

Les frontières du vivre sont mouvantes. Les ombres soudées à nos pulsions nagent dans la flaque tuméfiée d’assertions inutiles.Je te dis l’empressement du silence à recouvrir notre histoire et tu sembles trancher le temps à vif. Les ombres sont dépecées et l’air décharné. Faute de merles, des grives.Nos vies précédentes sont étalées sur une planche boursouflée de cristal. Le mouvement leur sera fatal et je tremblote dans la démesure de l’appréhension.

Nous sommes périssables. Nos matières d’illumination se dissimulent dans les cellules de nos absolus. Nous sommes un mélange de vin et d’alcool.

Nous étions poche d’eau avant d’être réservoir de sang. Nous étions une écuelle gorgée de rouge après la saignée. Un tressaillement d’éther vibre dans nos veines. Nulle perclusion ne peut être propice. Nous nous vidons néanmoins. Nous sommes abattus et la vidange des liens vivants nous terrasse sans contrepartie.

L’effacement de nos cris est simulé dans l’obscurité. Des ombres voyagent au-dessus de nos têtes sans que nous sachions si elles s’échappent de nos crânes.

Toute connaissance présuppose une ignorance. Ou le contraire. Qu’importe ! Nos cœurs s’enténèbrent. La vérité jaillit dans sa dualité inconcevable. Elle crache nos arguments avec l’ambiguïté fratricide qu’on lui connaît. Mais nos rejets demeurent incompressibles. Nos mains disparaissent et les mots qu’elles tenaient fermement serrés se sont dissous au chagrin décapant. La lumière nous envoie en l’air. Nous flottons. Nous quittons le mensonge affligeant du sentiment qui délabre notre royaume. Le soleil finit par effacer la trace cristalline de nos sucres partagés.

Nous habitons désormais la forme vide de nos pensées. Tu parles à ma place et ta pensée domine la mienne. Une mosaïque de vertige s’essuie sur ma poitrine. A l’embouchure de nos gestes éteints et de nos voix fluidifiées, nous nous tenons à la poignée des intervalles du monde. Nous sommes deux et pourtant deux n’est plus rien. Une branche lourde cède à l’éclair et tes yeux sont toujours devant les miens.

Nous avons décloué les croix et défait les madriers qui nous servent désormais de radeau. Nous flottons parmi le tumulte des énergies et nos plus petites particules s’interrogent malgré tout : pourvu que le bonheur existe !

L’identité du monde accueille nos visages pelés et nous divaguons ça et là sans surveillance.

Une présence faite de peurs, de fumées et de grimaces tourbillonne dans le vide. Mémoire à laquelle je ne peux rien extraire d’autre que des tatouages nus livrés à des promesses compactes. Derrière chaque mot un chaos en rut. La parole est chahutée par le hurlement de la mort. Le suicide est ce vieux tronc d’arbre auquel on a arraché les racines. Toute la nuit je marche sous la pluie et j’attends le vent. Et lorsque les branches s’agitent, je cours, déchiré comme cette feuille que tu as laissée sur le bord de ton lit.

Dans l’ombre une présence s’en va.

 

 

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BRUNO ODILE 

Tous droits réservés ©

 

 

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bruno

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SALAH STETIE...HOMMAGE

                                                                                     

salah-stetie

 

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Merci , Monsieur Stétié, merci pour vos mots, merci pour votre humanité et votre gentillesse, merci pour votre amitié....

Que votre chemin soit parsemé d'étoiles....

 

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Dans les filets du vent
Il y a des étoiles
Elles ne servent à rien
Qu'à mesurer le temps


Il écrit pour l'esprit
Son histoire éternelle
Il y a beaucoup d'idoles
Malaxées et meurtries
Brisées et rebrisées
Sous le sabot du vent


Dans les filets du vent
Il y a les mots des hommes
Leurs mots d'amour leurs mots
De sang leurs mots de rêve
Et parfois le vent tendrement
Se désaltère à leurs syllabes :
Mots de sable, de terre


Quand les amants seront
Ces naufragés de terre
Pris au filet du vent,
Que l'herbe les habille
D'une douce mémoire
Pour apaiser de leur amour
Le pouls vivant !


C'est une longue histoire
Dans le piège des astres
Dans les filets du vent
Que ce passage vif
De nous avec nos chiens
Nos femmes nos chevaux
Au coin du temps furtif


Nous attachons nos vies
Le vent les démantèle
Nous caressons nos femmes
Et nos femmes nous quittent
Nous nourrissons nos chiens
Et ils nous abandonnent
Nous flattons nos chevaux
Et ils nous désarçonnent


C'est une longue histoire
C'est un matin d'amertume
Et les saisons sont quatre
Ainsi que de coutume
Et nous allons toujours
Par le même chemin
Vers le même pardon
Qu'une grille a fermé


Nos maisons nous regardent
Nos fenêtres nous rêvent
Quand nous disparaîtrons
Elles oublieront nos ombres
Mais garderont peut-être
Le souvenir de notre avancée dans le temps
Et de nos mains craintives
Sur la taille du vent


Nous avançons vers quoi ?
Vers le temps du naufrage
Le brassage de l'âme
Avec les corps salés
Le brassage du corps
Avec le deuil de l'âme

On chantera un peu
Notre disparition
On oubliera beaucoup
La brève apparition
De notre vie vivante
Agréée consolée
Un jour d'inanition


Beaucoup d'ombre beaucoup
D'ombre et de nostalgie
La vie déjà partie
Et les aimées aussi
Les libellules vaines
Les papilles perdus


Toute voix va finir
Dans la plante du vent
Son filet déchiré
A lâché ses poissons
A lâché ses oiseaux
Le merle et le pinson


Voici venir à nous l'intensité
Voici venir à nous la majesté
Voici venir à nous la pauvreté


Et la beauté ?
Il faut habiter la beauté
On ne sait pas, mon amour,
De quoi c'est fait


On ne saura jamais ce que c'est, mon amour,
On en saura jamais si l'on a voyagé
Dans quel pays, sous quel bénéfice d'astres ?
Les étoiles sont toujours là, toujours muettes,
Au-dessus du chuchotis des arbres
Et d'un amour que j'ai
Et d'un amour que j'ai,
Comme un chant égorgé d'alouette

 

 

 

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SALAH STETIE

 Sur

http://emmila.canalblog.com/archives/poesie_d_orient___salah_stetie/index.html

 

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mardi 19 mai 2020

POESIE LA VIE ENTIERE...Extrait

Tu es dans un jardin et tu es sur mes lèvres
Je ne sais quel oiseau t'imitera jamais
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises
A Dieu de s'en servir pour des besognes bleues

Car tu es écoutée de l'ange tes paroles
Ruissellent dans le vent comme un bouquet de blé
Et les enfants du ciel revenus de l'école
T'appréhendent avec des mines extasiées

Penche-toi à l'oreille un peu basse du trèfle
Avertis les chevaux que la terre est sauvée
Dis-leur que tout est bon des ciguës et des ronces
Qu'il a suffi de ton amour pour tout changer

Je te vois mon Hélène au milieu des campagnes
Innocentant les crimes roses des vergers
Ouvrant les hauts battants du monde afin que l'homme
Atteigne les comptoirs lumineux du soleil

Quand tu es loin de moi tu es toujours présente
Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain
Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne
Par toutes ces prairies que tu portes en toi.

 

 

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RENE GUY CADOU

Editions Seghers

 

 

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Salvador dali 55,

Oeuvre Salvador Dali

 

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extraits

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Pires que les nuits sans rêves, les nuits sans sommeil

Où se livre jusqu'au jour dans l'esprit divisé

Une implacable lutte intestine

Mais en pure perte car le jour va poindre

Qui sait noyer sous sa lumière aveuglante

Le tourment des vérités trop dures

Rendre vie au désir animal de vivre

...

Comment  jouer sans y croire à se croire ailleurs

Qu'en ce crâne qui nous emmure de toutes parts ?

Ameutées, enhardies par le silence nocturne

Tant de voix contraires s'y font entendre

Qu'elles nous rendent sourds aux appels du dehors

Et ruinent jusqu'à nos plus fermes certitudes.

...

Nous autres encore vivants ici sur terre,

Le soleil là-haut est notre sauveur, 

L'ami du matin qui nous pousse hors du lit, 

Le miroir où les alouettes se font piéger, 

Le dieu d'or semant sa poudre trompeuse,

Qu'on voit comme un gros oeil rouge à son déclin

Quand le moment approche de reprendre en main

Les pièces de cet interminable procès,

D'avoir à comparaître devant soi-même

Selon le rite imposé par l'insomnie,

D'être  tout ensemble le juge et le prévenu

 

....

 

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RENE-LOUIS DES FORÊTS

 

 

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Krzysztof Iwin3

Oeuvre  Krzysztof Iwin 

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POEMES DE SAMUEL WOOD...Extrait

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Feindre d'ignorer les lois de la nature

Réincarner en songe la forme abolie,

Prêter au mirage les vertus d'un miracle

Est-ce pour autant faire échec à la mort ?

Tout au plus douter qu'elle nous sépare,

Que soit un fait le fait de n'être nulle part.

 

Irréparable cassure. Prenons-en acte.

Nous voilà désolés la vie durant,

Notre mémoire ouverte comme une blessure,

C 'est en elle que nous la verrons encore

Mais captive de son image, mais recluse

 

Dans cette obscurité dévorante

Où, pour lier son infortune à la nôtre,

Nous rêvions d'aller nous perdre ensemble

toute amarre tranchée, et joyeux peut-être

Si le pas eût été moins dur à franchir,

Ne faire qu'un avec elle dans la mort

Choisie comme la forme parfaite du silence.

 

A s'unir au rien, le rien n'engendre rien.

S'il faut vivre éveillé aux chose vivantes, 

Craignons plutôt que le chagrin ne s'apaise

De même que vient à faiblir la mémoire

Cesser de souffrir en cessant de la voir

Nous rejoindre la nuit favorable aux rencontres

Serait comme laisser le coeur s'appauvrir

Par deux fois dévasté, et désert.

 

 

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LOUIS-RENE DES FORÊTS

 

 

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DES FORÊTS,

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lundi 18 mai 2020

MICHEL PICCOLI...HOMMAGE

Ah ! Monsieur ! Oserais-je vous avouer avoir versé une larme , en apprenant que vous n'étiez plus ??? Peu importe , au fond ... Là où vous vous trouvez dorénavant , soit vous ne voyez plus rien , et cela vous est égal , désormais , soit vous savez tout et vous apprécierez sans doute de n'être pas le seul à pleurer votre rupture avec cette vie que vous avez tant savourée ...
C'est votre heure , Monsieur .. .Après avoir récolté tant de louanges au cours de votre talentueuse existence , voici venu le moment des panégyriques , mérités ...
Je lis , çà et là , que certains de vos films sont inoubliables , "Le Mépris" , "Habemus Papam" , "Les demoiselles de Rochefort" ... Certes ... Mais vous apparteniez à chacun d'entre nous , Monsieur , à force de venir dans nos humbles demeures , chaque dimanche soir , en passant par la petite lucarne , assez grande pour mettre en valeur vos dons . Dès lors , nous avons été marqués par tel ou tel personnage que nous évoquons à l'énoncé de votre nom . Michel , Pierre , Max , Frédéric , François , l'homme sans nom ou Milou , vos prénoms bien de chez nous allaient à merveille à ces hommes que vous interprétiez , qui nous semblaient si proches , si familiers , et , pourtant , nous intriguaient , nous interpellaient , car toujours complexes , sous leur apparente banalité .
Alors , si je ne puis qu'être d'accord avec le goût du public pour ces oeuvres , j'ai envie , aujourd'hui , de vous dire , Monsieur , que ce ne sont pas celles qui m'ont impressionnée , marquée ...
Car , je peux bien vous l'avouer , j'ai toujours eu une prédilection pour ces hommes ordinaires que vous interprétiez , sûrs d'eux , élégants , socialement dominants , parfois agaçants , voire antipathiques , se présentant comme des monolithes que rien ne saurait faire vaciller . Et puis , immanquablement , un regard , un geste , un mot , trahissait la faille ... Et là , à mesure que se déroulait l'intrigue , vous parveniez à vous faire entrer dans leur âme , que l'on découvrait torturée , peu assurée , assoiffée de certitude ou de proximité ou bien encore de reconnaissance . Et c'était bien l'essence de votre immense talent que de nous faire voir le monde à travers leurs yeux , un don rare , et que vous avez su mettre au service de notre plaisir .
Dans les jours à venir je vais donc renouer , une fois encore , avec "Un homme de trop" et son dévorant désir de faire partie d'un groupe , malgré sa distance affichée , avec Michel qui meurt de ne pas savoir se laisser aller , pas même en pleine "Grande bouffe" , de Max , qui n'assume pas d'avoir à choisir entre la Loi et les "Ferrailleurs" , de François qui rit avec "Paul et les autres" mais ne sait pas comment leur dire qu'il pleure sa quarantaine désabusée , de Max , encore , qui cache sous sa réussite des blessures inguérissables dont il lit l'écho au fond des yeux sublimes de "La passante du Sans-souci" ou de l'un de vos Pierre , celui qui fait exploser son armure de Bourgeois en commettant un crime passionnel mais inexplicable au cours de "Noces rouges" comme le sang qui éclabousse les vieux meubles et les tentures conformes à ce qu'ils doivent être . Et puis , avec délices et chagrin , je vais revoir la vie de Pierre , celui qui découvre la saveur des "Choses de la vie" au moment même où elle le quitte , assister à l'effondrement délectable de l'imbuvable Frédéric , qui fait du ridicule un Art et se glorifie de faire payer aux quidams "Le prix du danger" sans comprendre que le vrai péril c'est lui qui l'encourt , et , enfin , vivre en osmose le calvaire de Pierre qui refait le chemin de croix de son confrère disparu , face à la puissance occulte mais réelle , totalement dénuée de morale et d'empathie , des affairistes qui minent le vivre ensemble et finit par devenir l'un des "Sept morts sur ordonnance" .
Pour terminer de vous rendre un hommage tellement dérisoire au regard de celui que vous mériteriez , mais vraiment sincère et réellement affligé , je retournerai , une fois encore , pour la ènième fois , faire un tour en 1968 , au bord de la rivière , sous le soleil brûlant du sud , avec Milou , son vélo , ses vignes , ses écrevisses et son goût du vin , de la sieste et des femmes . Car , je peux bien le dire , à présent , nous nous fréquentions souvent , Monsieur , à chaque fois que je me replongeais dans ce chef d'oeuvre de Monsieur Malle , qui nous manque tant , "Milou en mai" . Chacun des personnages y est ciselé avec une telle précision et tant de talent qu'ils font de cette oeuvre une véritable symphonie . Le vôtre est d'une réelle perfection , si jouissif , si attachant , si ... vivant !!! Votre Milou est un véritable bijou , innocent et pourtant subtil , banal autant que décalé , amoral mais pas immoral , naïf et retors à la fois , charmant et agaçant , un monument de contradictions , qu'on est forcé d'aimer bien que soulagé de ne pas avoir à l'assumer . Désormais , je reverrai ce film fétiche d'un autre oeil ... .D'ordinaire j'avais toujours un pincement au coeur en admirant l'époustouflant "Monsieur Grimaldi" campé par un Bruno Carette au sommet de son Art , regrettant tout ce qu'il a perdu en nous quittant si jeune . Maintenant je dois me résigner à regarder ce film hilarant avec les yeux humides à chaque fois que je vous contemplerai profitant de la vie comme personne , sous les oripeaux de l'insatiable Milou .
Nous nous reverrons encore , Monsieur , souvent , mais il convient , aussi , de vous dire "Adieu" car , si votre essence est à jamais capturée par les caméras que vous avez si magistralement séduites , votre présence , elle , nous est à jamais dérobée .
Que votre long voyage , où qu'il vous mène , soit paisible ... Allez donc reposer en Paix , avec la satisfaction d'avoir tant donné à d'innombrables inconnus , qui vous l'ont bien rendu , en respect , admiration et tendresse .
Adieu , donc , Monsieur , et ... Merci !!!

 

 

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MARIE JOSEE GIOVANNI MOZZICONACCI

 

 

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DANS LE TUMULTE DU LABYRINTHE...Extrait

Les forges de l’ombre
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Les mélodies silencieuses des feuilles tournoient
là où le mur au soleil montre ses lézardes
comme les échardes scintillantes des vagues
errant vers leurs mots affamés de caresses
et de mies de lunes offertes
par les chants des oiseaux
Et les calligraphies des fourmis renaissent
du feu des paumes
quand les pages s’ouvrent sur la voix
de leur nocturne blancheur de jasmins
hélas piétinés par l’indifférence pressée
des ingrats des tours du vol
tuant tout envol.
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MOKHTAR EL AMRAOUI

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OMBRE

 

dimanche 17 mai 2020

SABINE SICAUD...Extrait

Solitude...Pour vous cela veut dire seul,
Pour moi – qui saura me comprendre ?
Cela veut dire : vert, vert dru, vivace, tendre,
Vert Platane, vert calycanthe, vert tilleul.

Mot vert. Silence vert. Mains vertes
De grands arbres penchés, d’arbustes fous ;
Doigts mêlés de rosiers, de lauriers, de bambous
Pieds de cèdres âgés où se concertent
Les bêtes à Bon Dieu ; rondes alertes
De libellules sur l’eau verte...

Dans l’eau, reflets de marronniers,
D’ifs bruns, de vimes blonds, de longues menthes
Et de jeune cresson ; flaque dormante
Et courants vifs où rament les « meuniers » ;
Rainettes à ressort et carpes vénérables ;
Martin- pêcheur... En mars, étoiles de pruniers,
De poiriers, de pommiers ; grappes d’érables.
En mai, la fête des ciguës,
Celle des boutons d’or : splendeur des près.
Clocher blanc des yuccas, lances aiguës
Et tiges douces, chèvrefeuille aux brins serrés,
Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes,
Et toujours, partout, fraîche, luisante calme,
L’invasion du lierre à petits pas lustrés
Gagnant le mur des cours, les carreaux des fenêtres,
Les toits des pavillons vainement retondus...
Lierre nouant au front du chêne, au cou du hêtre
Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu
À la grive hésitante ; vert royaume
Des merles en habit – royaume qui s’étend
Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome
En nappes d’émeraude et cordages flottants...
Lierre de cette allée au porche de lumière
Dont les platanes séculaires, chaque été,
Font une longue cathédrale verte – lierre
De la grotte en rocaille où dorment abrités
Chaque hiver, les callas et les cactus fragiles ;
Housse que la poussière blanche de la ville
Givre à peine les soirs de très grand vent – pour moi
Vert obligé des vieilles pierres,
Des arbres vieux, des toits qui penchent, des vieux toits –
...

Mais le jazz des moineaux fait rage dans les feuilles,
Les pigeons blancs s’exhalent, le cyprès
Est la tour enchantée ou les notes s’effeuillent
Autour du rossignol. Du pré
Monte la fièvre des grillons, des sauterelles,
Toutes les herbes ont des pattes, ont des ailes –
Et l’Âne et le Cheval de la fable sont là
Et Chantecler se joue en grand gala
Jour et nuit dans la cour où des plumes voltigent.
...
Un tilleul, des bambous. L’abri vert des poètes,
Du vert comprenez-vous ? Pour qu’aux vieilles maisons
Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.
Douceur de l’arbre, de la mousse, du gazon...
Vous dites : Solitude ? Ah ! dans l’heure qui passe,
Est-il rien de plus vivant qu’un jardin,
Plus mystérieux, parfumé, dru tenace,
Et peuplé – si peuplé qu’il arrive soudain
Qu’on y discourt avec mille petits génies
Sortis l’on ne sait d’où, comme chez Aladin.

Un mot vert... Qui dira la fraîcheur infinie
D’un mot couleur de sève, et source et de l’air
Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,
Un mot désert peut-être et desséché pour d’autres
Mais pour soi familier, si proche, tendre, vert
Comme un îlot, un cher îlot dans l’Univers ?...

 

 

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SABINE SICAUD

1913-1928

 

 

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Reineke-Manry Catherine-Nymphéas-Encre de chine sur papier marouflé sur toile-

Oeuvre Catherine Reineke-Manry

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vendredi 15 mai 2020

SOUSOU & MAHER CISSOKO - WULA

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