EMMILA GITANA

jeudi 18 octobre 2018

BERNARD PERROY...Extrait

Bien-sûr le temps demeure un lieu
de course folle ou d'immobilité,
de courses poursuites
entre nos élans et nos peurs,
nos belles heures et les plus sombres,
nos promenades, nos marches forcées,
nos territoires gagnés ou perdus,
nos flammes de vaste envolée
ou celle trébuchante à chaque seconde,
mais sûre abri en son indéchiffrable beauté 
dont la lumière s'élève dans la nuit de nos cœurs 
comme le tremblement obstiné de l'étoile…

 

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BERNARD PERROY

 

 

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GAELLE DE TRESCADEC

Photographie Gaëlle de Trescadec

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LE LIVRE D'IMAGES...Extrait

Les feuilles tombent, tombent comme si au loin
se fanaient dans le ciel de lointains jardins ;
elles tombent avec des gestes qui se refusent.
Et dans les nuits la lourde terre tombe
de toutes les étoiles, dans la solitude.
Nous tombons tous. Cette main tombe.
Et vois, cette chute est dans toutes les autres mains.
Et pourtant il en est un qui retient dans sa main,
cette chute délicatement, éternellement.

 

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RAINER MARIA RILKE

(1875–1926) 

 

 

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tham50,

 

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/

 

NOUS Y VOILA, NOUS Y SOMMES...LA TROISIEME REVOLUTION

Merci à  Ananda

 

" Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes

Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille 
récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer.
Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

 

 

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FRED VARGAS
Archéologue et écrivain

 

 

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TROISIEME REVOLUTION

 

mercredi 17 octobre 2018

MESSAGE CORSE ENTENDU SUR LE PLATEAU DU COSCIONE...Extrait

Au crépuscule, près du fleuve Issil

Dans le quartier populaire où je marchais maintenant, je croisai une fabuleuse image d'hommes pour la plupart anciens, vêtus de djellabas savantes, de capuchons protecteurs des frimas de l'Atlas dont le vent amenait le froid glacé des neiges. Ils étaient là, sur le trottoir, en prière ou assis sur des nattes posées sur la chaussée, et ces visages remplis de caractère, ces vêtements sombres que le jour n'éclairait plus, ces barbes descendant en cascade, en boucles et en lacets, d'autres très blanches, pointées vers le sol quand ils piquaient vers la terre pour discuter avec Dieu ou poursuivre leurs psalmodie, cette fresque gigantesque dans la nuit déjà sombre mais neuve, chargée encore du jour qui passait, de ses événements, de sa vie, ce tableau de trente mètres de long, plus long que les peintures les plus vastes du musée du Louvre, de Florence ou de Rome, ce tableau de plusieurs dizaines de mètres que l'on aurait détaché du ciel et de la terre, découpé du vif de la vie pour le poser naturellement devant les yeux et le contempler, représentait l'image même d'un chef-d'œuvre humain sans pareil, car cette fois, plus loin que toute peinture aussi grand que soit l'artiste, les personnages pouvaient aller et venir, sortir de la scène sans que nos yeux les quittassent, et ce tableau s'assemblait et se désassemblait encore et encore, y compris demain soir quand ils reviendraient jouer cette scène à l'heure de la prière, jusqu'à ce qu'un jour ils oublient ces heures de prière et s'assemblent pour un tableau nouveau mais renouant avec le primitif de l'assemblée d'un village où les hommes seulement, cette fois, figureraient des dieux.

 

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CHARLES VERSINI

 

 

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Oeuvre Eugène Delacroix

 

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dimanche 14 octobre 2018

LA VAGABONDE...Extrait

Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l’eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle… 
Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d’un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l’oiseau, la voile, le vent et la vague. 
Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau… 
Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moi, jusqu’au jour où mes pas s’arrêteront et où s’envolera de moi une dernière petite ombre…qui sait où?

 

 

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COLETTE

 

 

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Oeuvre Claude Monet

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samedi 13 octobre 2018

YASMINE AMMARI - HISTORIA DE UN AMOR

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PEU A PEAU

 

Est ce qu’un jour
Un jour seulement
Les peaux se souviendront
Qu’elles ont le même ton

Juste Soie en granité
De Clair en Obscur moiré
Comme nous sommes
Humains bêtes de somme

Est ce qu’un peu enfin _ un jour

Juste le temps de reprendre
Le fil de l’humain en Chœur
Les sens voilés à nos cœurs
En tête pourront Doux entendre

Que l’espace au temps d’exister

S’il te plaît
Vous

Tant se meurt
A vivre seul courbé
Quand
On devrait surtout S’aimer
Et plus encore se protéger.

Cil Scille Sur le fil de l’Exil
Peu à peau

S’il vous Plaît
Cil se tait.

 

 

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CORINNE GRANDEMANGE

https://www.facebook.com/profile.php?id=100010362851322

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honore daumier2,

 

Oeuvre Honoré Daumier

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C'EST DANS L'ABSENCE VIVE

C’est dans l’absence vive
Que s’oriente le Chant :

Y aurait-il un rythme
Au secret du silence ?

Ecrire est à douleur
Quand le souffle se cherche :

Mais si le cœur fatigue
Où peupler ses saisons ?

Tant que le monde va
Nous sommes sans bagages :

Y a-t-il un matin
Devançant tous matins ?

Peut-être le printemps 
Pourrait nous mettre au monde

Si nous étions vraiment 
Accordés ici-même :

Arbres-vie abreuvés
Aux racines du ciel !

 

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JEAN LAVOUE
www.enfancedesarbres.com

 

 

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tham37,

Photographie Thami Benkirane 

https://benkiranet.aminus3.com/

 

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vendredi 12 octobre 2018

A L'ORIENT DE TOUT...Extrait

Derrière les yeux, le mystère
D’où infiniment advient la beauté
D’où coule la source du songe
Bruissant entre rochers et feuillages
Chantant en cascade
les saisons renouvelées
Chantant les instants
de la vraie vie offerte
Matin du martinet disparu
Midi de la mésange retrouvée
Longues heures à travers le jour
Un seul battement de cils et mille papillons
prêts à s’enfouir parmi les pétales
prêts à durer tant que dure la brise
Jusqu’à la passion du couchant
où les âmes clameront alliance
Jusqu’à l’immémorial étang
où rayon de lune et onde d’automne
Referont un

 

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FRANCOIS CHENG

 

 

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LADO gudiashvili girl with a pigeon3

Signature non lisible 

 

jeudi 11 octobre 2018

DU SILENCE PREMIER



Mère soyez gentille

différez l’heure

de ma naissance

Ainsi je serai

en puissance

comme on existe

en poésie

comme une lettre

en souffrance

qui aimerait bien

faire sens

sous le vacarme des idiots

 

Je me contenterai

des traces des saveurs

& du pur aliment

d'un travail de silence

 

or feu puisés sans cesse

dans les âges anciens de soi

substance incandescente

qui calcine les simulacres-

 

Je boirai

ce que les oiseaux

voudront me laisser

de l'aurore

 

chaque jour

un peu plus léger

chaque jour

un peu plus sensible

à la pure loi intrinsèque

qui osera me dire enfin :

 

laisse

toute chose

chanter sa vie

instinctivement

à son rythme

 

laisse

toute chose s'inventer

l'hirondelle

décider le bleu

& la voyelle

oser le sens

 

Sois vraiment

dans tes mots

& qu'ils soient

où tu es

 

Que ta pensée

revienne vers

la simplicité

de tes mains

 

 

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RAYMOND FARINA

Extrait de "Ces liens si fragiles ",

Editions Rougerie

 

 

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DANIEL TERNON2,

Oeuvre Daniel Ternon

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