EMMILA GITANA

jeudi 22 août 2019

COCKTAIL POUR UN XXème SIECLE

Entre les juges et les notables,
Les privilèges et les paumés,
Le non-confort, le confortable,
Les injustices, les justiciers.
Entre les querelles et les guerres,
Les oppresseurs, les opprimés,
Les civils et les militaires,
S'étend la vie au monde entier...

Mais il y a quand même des enfants 
qui s'aiment,
Et qui s'aiment tendrement.
Et y'a quand même pendues au ciel
Des étoiles depuis cent mille ans...

Pour ne rien dire, pour ne rien faire,
Pour laisser passer les années,
Civilisés et gens de terre,
Villes désertes, champs goudronnés,
Sur les trottoirs, en grande foule,
Se bousculent, s'écrasent les gens,
Elle sera surpeuplée la boule
Dans cinquante ans disent les savants...

Mais il y a quand même des enfants 
qui s'aiment,
Et qui s'aiment tendrement.
Et y'a quand même pendues au ciel
Des étoiles depuis cent mille ans...

 

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JEAN-MARC LE BIHAN

 

 

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Ida Rentoul2

Oeuvre Ida Rentoul

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DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Bonjour la rue des sottes nuits hivernales
Pavée de mes pas et mes détours maudits
Mes soupirs, mes plaintes et mes râles
Reviennent ombrager tes accès interdits

Vieux drille je suis, assidûment étranger
Tel un Oyat des plages de colères arraché
Obviant vaille que vaille aux vergetures 
Et à l'essor guindé des vaudevilles futurs

Du village qui m’a vu naître et les déconvenues 
Passant par les cités d’ombres que j'ai connues
Jusqu'à Paris où j'ai chaviré de mes ails d’agami
Étranger là où j'ai été et chanté, là où j'ai dormi.

Partout, je retrouve l'intime et cordiale galère 
Teintée de culte comme une rente viagère
Et de quelques stances d'amours accomplies
Non renouvelées mais non vouées à l'oubli

Un autre jour s'est toujours levé nouveau
là où j'ai conjuré la nuit et les profils médiévaux 
Dans les champs, dans les geôles horrifiantes 
Et dans les tendres bras de mes amantes.

Étranger dans ma maison sans pierres ni tuiles
Etranger urbi et orbi, dans mon livret de famille
Mon chez moi, le vrai, reste le cœur de mes amis.
L’effectif, l'affectif, fermé au tumulte des ennemis.

 

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DJAFFAR  BENMESBAH

 

 

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dali2

Oeuvre Salvador Dali

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mercredi 21 août 2019

JOE DASSIN - OLYMPIA 1977

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vendredi 16 août 2019

THE MIRROR

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JEAN LAVOUE...Extrait

Sans le silence et son Chant,
Sans cette énigme nue 
Posée sur le front têtu de nos nuits,
Sans cet amour qui nous courbe
Comme épi de lumière 
Jusqu’à sentir passer en nous
Le vent de la tendresse,
Sans cette patience infinie du soleil 
Soulevant un à un 
Chacun des cils de la terre,
Serions-nous jamais de cette fête
Où le ciel sans défaut et l’humus de nos cœurs ne font qu’un
En un regard qui nous absout, 
Nous appauvrit,
Nous relève et nous simplifie.

 

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JEAN LAVOUE

www.enfancedesarbres.com

 

 

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Zoheir Brihoum2

Photographie Zoheir Brihoum

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jeudi 15 août 2019

LETTRES D'AMOUR ET DE COMBAT...Extrait

"Tu n’as qu’à m’être dérobée ne serait-ce que par le rêve, et je sais aussitôt que le temps n’a servi à mon amour qu’à le faire croître, comme le soleil et la pluie font grandir des plantes. Mon amour pour toi, dès que tu es éloignée, apparaît pour ce qu’il est, comme un géant en qui se concentrent toute l’énergie de mon esprit et tout le caractère de mon cœur.

Je me sens homme de nouveau, car je ressens une grande passion, et la multiplicité où nous embrouillent l’étude et la culture modernes, le scepticisme avec lequel nous dénigrons toutes les impressions subjectives et objectives, sont bien faits pour nous rendre tous petits, faibles, pleurnichards et indécis. Mais l’amour que nous portons non pas à l’homme de Feuerbach, au métabolisme de Moleschott, au prolétariat, mais à notre amour chéri, en l’occurrence à toi, c’est ce qui refait de l’homme un homme.

Tu vas sourire, mon doux cœur, et te demander comment il se fait que j’en vienne tout d’un coup à toute cette rhétorique.
Mais si je pouvais serrer contre mon cœur ton doux cœur pur, je me tairais et ne dirais pas un mot. Comme je ne peux donner de baiser de mes lèvres, il faut que j’embrasse par le langage et que je fasse des mots."

 

 

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KARL MARX A JENNY MARX

 

 

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Jenny_Marx_standing_with_Karl_Marx

 

Jenny et Karl Marx

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LA PRIERE...GEORGES BRASSENS

 

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Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie
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Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie
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Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie "mon Dieu !" par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie
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Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie
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Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie
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GEORGES BRASSENS
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vendredi 9 août 2019

FRAGMENTO PRIMERO, ESPACIO...Extracto

"Los dioses no tuvieron más sustancia que la que tengo yo." Yo tengo, como ellos, la sustancia de todo lo vivido y de todo lo por vivir. No soy presente sólo, sino fuga raudal de cabo a fin. Y lo que veo, a un lado y otro, en esta fuga (rosas, restos de alas, sombra y luz) es sólo mío, presentimiento, olvido. ¿Quién sabe más que yo, quién, qué hombre o qué dios puede, ha podido, podrá decirme a mí qué es mi vida y mi muerte, qué no es? Si hay quien lo sabe, yo lo sé más que ése, y si quien lo ignora, más que ése lo ignoro. Lucha entre este ignorar y este saber es mi vida, su vida, y es la vida. Pasan vientos como pájaros, pájaros igual que flores, flores soles y lunas, lunas soles como yo, como almas, como cuerpos, cuerpos como la muerte y la resurrección; como dioses. Y soy un dios sin espada, sin nada de lo que hacen los hombres con su ciencia; sólo con lo que es producto de lo vivo, lo que se cambia todo; sí, de fuego o de luz, luz. ¿Por qué comemos y bebemos otra cosa que luz o fuego?

 

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"Les dieux n'ont pas eu d'autre substance que celle que j'ai moi-même." J'ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu et de tout ce qui reste à vivre. Je ne suis pas seulement un présent, mais une fugue torrentielle, de bout en bout. Et ce que je vois, de part et d'autre, dans cette fugue (avec des roses, des ailes brisées, de l'ombre et de la lumière) n'appartient qu'à moi, souvenirs et désirs bien à moi, pressentiment, oubli. Qui sait mieux que moi, qui, quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi ce que sont ma vie et ma mort, ce qu'elles ne sont pas ? Si quelqu'un le sait, je le sais mieux que lui, et si quelqu'un l'ignore, je l'ignore plus encore que lui. Une lutte entre cette ignorance et ce savoir, voilà ma vie, sa vie, voilà la vie. Passent des vents comme des oiseaux, des oiseaux comme des fleurs, des fleurs soleils et lunes, des lunes soleils comme moi, comme des âmes, comme des corps, des corps comme la mort et la résurrection; comme des dieux. Et je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout; oui, de feu et de lumière, de lumière. Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose que lumière ou feu ?

 

 

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JUAN RAMON JIMENEZ

 

 

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alphonse_osbert

Oeuvre Alphonse Osberg

LA VIE COMME ELLE EST, LAISSER VENIR LES MOTS...Extrait

La vérité de l'univers, ne serait-ce tout d'abord l'éclosion des pétales au soleil du matin,
l'explosion d'une étoile dans le vide sans fin, 
cette ronde sans but des comètes au ciel
- la puissance de la houle à la côte où elle miaule, 
le soulèvement des montagnes pour toucher à ce ciel qui leur échappe de toujours ? 
L'apparition de la Vie dans la vie qui scintille, 
le chant de l'Âme du monde où se déroule le fil tissé du destin tout autour des troncs secs des oliviers
- et des platanes ombreux ?

 

 

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MICHEL CAZENAVE

 

 

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jean haines5,

Oeuvre Jean Haines

 

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CAHIERS DE DOUAI...Extrait

 

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l'amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu'il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !Et tout croît, et tout monte !
                                        — Ô Vénus, ô Déesse !
Je regrette les temps de l'antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d'amour l'écorce des rameaux
Et dans les nénuphars baisaient la Nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L'eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d'amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l'oiseau qui chante,
La terre berçant l'homme, et tout l'Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !
Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu'on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d'airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L'Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
— Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux.

Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreille closes :
— Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi,
L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les cœurs !
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ARTHUR RIMBAUD
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Roelant_Savery_-_The_Paradise_

 Oeuvre Roeland Savery

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