EMMILA GITANA

dimanche 16 décembre 2018

LE TEMPS NOUS RÊVE...

Le temps nous rêve, il nous construit.

Quelle maison trouverons-nous demain
dans nos rêves quand la vie
aura vraiment commencé
de pierres de lune
de mots de sable
pour lever une voûte
prendre langue avec les fleurs
et s’ouvrir au visage
comme au ciel de demain.

Les moulins de nos mains
ne tourneront plus
dans le sens des aiguilles
pour moudre la farine du temps
sous le pli de la pierre
le corps est patient d’amour
il fonde dans un nid d’énigmes
le mystère de l’être
qui est sa maison.

 

! DIAMON~11

 

 

MICHEL ECKHARD ELIAL

 

 

! DIAMON~11

 

celia-anahin2

Oeuvre Célia Anahin

 

 

 

 

 

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MICHEL ECKHARD ELIAL

Pour ma puce chérie Vince

 

.

Au bout de nous il y a nous
un toujours commençant
pour arriver à toi
entendre ta voix deviner
tes lèvres
vivre à toi
au coeur
de mon coeur
connaître sous le voile
le visage de l'ange

 

! DIAMON~11

 

 

MICHEL ECKHARD ELIAL

janvier 2016

 

 

! DIAMON~11

 

 

Diane Chesnel CLIO Photos2

 

Photographie Diane Chesnel Clio Photos

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LA POESIE

C’est quoi la poésie ?

Chasser tout souvenir et fixer la pensée
Sur un bel axe d’or la tenir balancée
Incertaine, inquiète, immobile pourtant
Éterniser peut-être un rêve d’un instant
Aimer le vrai le beau
Chercher leur harmonie
Ecouter dans son cœur l’écho de son génie
Chanter rire pleurer seul sans but au hasard
D’un sourire d’un mot d’un soupir d’un regard 
faire un travail exquis 
plein de crainte et de charme
Faire une perle d’une larme
Du poète ici bas voici la passion 
voici son bien 
sa vie
son ambition.

 

 

! DIAMON~11

 

 

ALFRED DE MUSSET

 

 

! DIAMON~11

 

 

Kostis Moudatsos

Oeuvre Kostis Moudatsos, Katerina Dramitinou

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JEAN LAVOUE...Extrait

Sève,
Paroles sauves,
Battement d’ailes,
Peux-tu sentir en toi cela
Qui s'élève vers la joie ?

Peux-tu encourager
Cette jubilation
Ce frémissement d'âme,
Cette percée vers l'inconnu ?

Peux-tu t'abandonner
À cet élan de branches,
Cette poussée végétale,
Cette patience de bourgeons ?

Peux-tu être racine et ciel,
Habitant de ce monde
Dont le secret
Est dans tes mains ?

Peux-tu ne rien garder pour toi
Sauf cette joie
Et sa puissance
Qui te redresse ?

Peux-tu ne rien vouloir d’autre
Que cet instant,
Cet accord prolongé,
Cette clarté nécessaire ?

Peux-tu consentir
À ce fleuve d’amour,
Immense et calme,
Qui te traverse ?

Peux-tu ne concevoir l’Autre
Qu’au fond de toi
Comme flamme d’enfance,
Présence non séparée ?

Peux-tu laisser venir en toi
La Naissance promise,
Ce souffle d’étoile 
Où s’apaise ta vie ?

Peux-tu être de cette source,
De ce chant souverain,
De cette force neuve,
Cet Ouvert sans déclin ?

Peux-tu vouloir,
Ici et maintenant, 
Tendre avec tes limites, 
L’ardente éternité ?

Dis, le peux-tu ?

 

 

! DIAMON~11

 

 

Jean Lavoué

14 décembre 2018

 

 

! DIAMON~11

 

inconnu7,

Oeuvre ?


vendredi 14 décembre 2018

A L'ECOUTE DU MATIN


Une Pierre, Une Rivière, Un Arbre,
Hôtes d'espèces qui nous ont depuis longtemps quittés,
Signalent le mastodonte,
Le dinosaure, qui ont laissé ces souvenirs desséchés
De leur passage ici
Sur le sol de notre planète,
Tous les signes bruyants annonçant leur chute qui se hâtait
Aujourd'hui perdus dans l'obscurité de la poussière et des âges.



Mais aujourd'hui, la Pierre crie vers nous, clairement, avec force,
Venez, vous pouvez vous tenir sur mon
Dos et envisager votre destinée distante,
Mais ne cherchez nul abri en mon ombre.
Je ne vous donnerai nul endroit où vous cacher ici.



Vous, créés à peine un peu moins haut que
L'ange, vous êtes restés accroupis trop longtemps dans
La ténèbre qui violente
Vous êtes restés allongés trop longtemps
Le visage dans l'ignorance,
Vos bouches répandant des mots



Armés pour le massacre.
La Pierre crie vers nous aujourd'hui, vous pouvez vous tenir sur moi,
Mais ne cachez pas vos visages.



De l'autre côté du mur du monde,
Une Rivière chante un chant magnifique. Il dit,
Viens, repose-toi, ici, à mes côtés.



Chacun d'entre vous, un pays avec ses frontières,
Délicat et étrangement fait, fier,
Poussant pourtant perpétuellement sous siège.
Vos luttes armées pour le profit
Ont laissé des colliers de déchets sur
Mes berges, des courants de débris sur ma poitrine,
Et pourtant, aujourd'hui, je vous appelle au bord de ma Rivière,
Si vous renoncez enfin à étudier la guerre. Venez,
Vêtus de paix, et je vous chanterai les chants
Que le créateur m'a donné quand moi et
L'Arbre et la Pierre étions un.
Avant que le cynisme ne brûle cette marque sanglante au travers
vos sourcils, lorsque vous saviez encore que
Vous ne saviez rien.
La Rivière chantait et chante encore.



Il existe un désir profond de répondre à
La Rivière qui chante et à la Pierre sage.
C'est ce que dit l'Asiatique, l'Hispanique, le Juif
L'africain, l'Indien d'Amérique, le Sioux,
Le Catholique, le Musulman, le Français, le Grec
L'irlandais, le Rabbin, le Prêtre, le Cheikh,
Le Gay, l'Hétéro, le Prêcheur,
Le Privilégié, le Sans-Toit, le Professeur.
Ils entendent. Tous ils entendent
Les paroles de l'arbre.


Ils entendent du premier au dernier de tous les arbres
Parler à l'humanité aujourd'hui. Venez à moi, ici, au bord de la Rivière.
Plantez-vous au bord de la Rivière.


Chacun d'entre vous, descendant de quelque voyageur
Disparu, son prix a déjà été payé.
Vous, qui m'avez donné mon premier nom, vous,
Pawnee, Apache, Sénéca, vous,
Peuple Cherokee, qui étiez comme une partie de moi, puis
Exilés, sur vos pieds sanglants,
Me laissiez en l'emploi
D'autres chercheurs -- assoiffés de gains,
Affamés d'or.
Vous, le Turc, l'Arabe, le Suédois, l'Allemand, l'Eskimo, l'Écossais,
Vous, l'Ashanti, le Yoruba, le Kru, achetés,
Vendus, volés, débarquant du cauchemar
Priant pour un rêve.
Ici, prenez racine à mes côtés.
Je suis cet Arbre planté au bord de la Rivière,
Celui qui ne sera pas déplacé.
Moi, la Pierre, Moi la Rivière, Moi l'Arbre
Je suis à vous -- vos passages ont été payés.
Relevez vos visages, il est criant votre besoin
De cette brillante lumière du matin qui se lève pour vous.
L'histoire, malgré ses douleurs déchirantes
Ne peut être effacée de nos vies, mais si nous lui faisons face
Avec courage, n'a pas besoin d'être vécue à nouveau.



Levez les yeux vers 
Ce jour qui déclot pour vous.
À nouveau donnez naissance
Au rêve.



Femmes, enfants, hommes,
Prenez-le dans la paume de vos mains,
Donnez-lui la forme des plus
Secrets de vos besoins. Sculptez le à
L'image de votre moi le plus public.
Relevez vos cœurs
Chaque nouvelle heure est pleine des chances nouvelles
D'un commencement nouveau.
Ne soyez pas pour toujours mariés
À la peur, éternellement sous le joug
De la brutalité.



L'horizon se penche en avant,
Vous offrant l'espace pour poser de nouveaux pas de changement.
Ici, à l'écoute de ce beau jour
Vous pourriez avoir le courage
De lever le regard, et de le diriger vers l'extérieur, et sur moi, la
Pierre, la Rivière, l'Arbre, votre pays.
Autant celui de Midas que celui du mendiant,
Pas moins le vôtre aujourd'hui que celui du mastodonte hier.



Ici, à l'écoute de ce jour nouveau
Vous pourriez avoir la grâce de lever le regard, et de le diriger vers l'extérieur
Et de plonger dans les yeux de votre sœur, et de le poser sur
Le visage de votre frère, votre pays
Et de dire simplement
Très simplement
Avec espoir --
Bonjour.

 

 

! DIAMON~11

 

 

 MAYA ANGELOU

 

 

! DIAMON~11

 

 

GERALD2

 

Oeuvre Gérald Bloncourt 

http://bloncourt2.over-blog.com/

 

jeudi 13 décembre 2018

LES BLESSURES...

Que ferons-nous de ces blessures qui ne guérissent pas ?

Apprendre à les aimer.

Jour après jour, en prendre soin.

Pleurer quand il le faut,

Au pied d’un arbre

Ou au bord d’un ruisseau :

Dans les bras d’un amant.

Et découvrir le chant discret

Plein d’amour et de grâce,

Qui s’élève avec douceur

De tout ce qui est deuil en nous.

 

 

! DIAMON~11

 

 

AEDAN

 

 

! DIAMON~11

 

Montserrat_Gudiol__

Oeuvre Montserrat Gudiol

 

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mercredi 12 décembre 2018

JULIEN MIAVRIL...Extrait

Quel est le nom de cette force qui électrise et fait vibrer chaque atome, magnétise, envoûte et, lave en fusion déliée, pénètre alchimiquement corps et esprits; cette force grâce à laquelle les étoiles entrent en fusion et les constellations exécutent leur pantomime cosmique. Cette force présente depuis l'aube immémoriale des temps et qui survivrait, dans son substrat comme en ses linéaments, à mille apocalypses. Cette force qui met à égalité le créateur et sa création, seigneurs et nouvelles créatures. Cette force au nom de laquelle certains se vouent à une damnation sans retour ou finissent par devenir des hérétiques là où d'autres, leurs frères en vérité, trouvent grâce à elle la voie de leur salut et ascensionnent, transformés en grains de lumière venus se fondre dans le moulin céleste. Quel est le nom de cette force qui permet au soleil d'éclater dans la chair de chaque fleur, ou de se refléter dans chaque goutte d'eau, de réaliser sa course à la faveur des avalanches et des cataractes tout en amortissant la chute continuelle de ses anges de feu. Quelle est cette force grâce à laquelle les courtisanes lissent à la nuit tombée la chevelure des comètes et donnent le sein à de nouvelles planètes. Quel est donc ce feu qui nous porte et nous brûle et qui consume jusqu'à la trace de nos os ? Cette force, ce feu, rien que l'amour. C'est son parfum enivrant qui s'exhale du vin des amants. C'est encore lui qui se mêle au miel des butineuses célestes. Et c'est pour lui que vie et mort échangent leurs masques et renouent avec la source enfouie au plus profond des âges. Lui enfin qui fait tenir ensemble tous les fils de cette trame secrète que l'univers cache et dévoile à celui qui élargit dans un seul et même geste sacral son mystère.

 

! DIAMON~11

 

 

JULIEN MIAVRIL

 

 

! DIAMON~11

 

AMOUR

 

 

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jeudi 6 décembre 2018

LES RAISONS DE LA COLÈRE

On est en droit de s’étonner du temps qu’il a fallu pour que sortent de leur léthargie et de leur résignation un si grand nombre d’hommes et de femmes dont l’existence est un combat quotidien contre la machine du profit, contre une entreprise délibérée de désertification de la vie et de la terre. Comment a-t-on pu tolérer dans un silence aussi persistant que l’arrogance des puissances financières, de l’État dont elles tirent les ficelles et de ces représentants du peuple, qui ne représentent que leurs intérêts égoïstes, nous fassent la loi et la morale.

Le silence en fait était bien entretenu. On détournait l’attention en faisant beaucoup de bruit autour de querelles politiques où les conflits et les accouplements de la gauche et de la droite ont fini par lasser et sombrer dans le ridicule. On a même, tantôt sournoisement, tantôt ouvertement, incité à la guerre des pauvres contre plus pauvres qu’eux, les migrants chassés par la guerre, la misère, les régimes dictatoriaux.

Jusqu’au moment où l’on s’est aperçu que pendant cette inattention parfaitement concertée la machine à broyer le vivant tournait sans discontinuer. Mais il a bien fallu s’aviser des progrès de la désertification, de la pollution des terres, des océans, de l’air, des progrès de la rapacité capitaliste et de la paupérisation qui désormais menace jusqu’à la simple survie des espèces – dont la nôtre.

Le silence entretenu par le mensonge de nos informateurs est un silence plein de bruit et de fureur. Voilà qui rectifie bien des choses.

On comprend enfin que les vrais casseurs sont les Etats et les intérêts financiers qui les commanditent, pas les briseurs de ces vitrines de luxe qui narguent les victimes du consumérisme et de la paupérisation croissante avec le même cynisme que les femmes et les hommes politiques, de quelque parti ou faction qu’ils se revendiquent.

Celles et ceux qui prirent la Bastille, le 14 juillet 1789, n’avaient guère connaissance, si ce n’est par de vagues lueurs, de cette philosophie des Lumières, dont ils découvriront plus tard qu’ils avaient, sans trop le savoir, mis en pratique la liberté que voulaient éclairer les Diderot, Rousseau, d’Holbach, Voltaire.

Cette liberté c’était d’abattre la tyrannie. Le refus viscéral des despotismes a résisté à la guillotine des jacobins, des thermidoriens, de Bonaparte, de la restauration monarchiste, elle a résisté aux fusilleurs de la Commune de Paris, elle a passé outre à Auschwitz et au goulag.

Certes s’emparer de l’Elysée serait faire trop d’honneur à l’ubuesque palotin que l’Ordre des multinationales a chargé des basses besognes policières. Nous ne pouvons nous contenter de détruire des symboles. Brûler une banque, ce n’est pas foutre en l’air le système bancaire et la dictature de l’argent. Incendier les préfectures et les centres de la paperasserie administrative, ce n’est pas en finir avec l’État (pas plus que destituer ses notables et prébendiers).

Il ne faut jamais casser les hommes (même chez quelques flics, il reste une certaine conscience humaine à sauvegarder). Que les gilets jaunes aient plutôt choisi de casser les machines qui nous font payer partout et de mettre hors d’état de nuire les excavatrices qui creusent à travers nos paysages les tranchées du profit, c’est un signe encourageant du progrès humain des révoltes.

Autre signe rassurant : alors que les foules, les rassemblement grégaires, sont aisément manipulables – comme ne l’ignorent pas les clientélismes qui sévissent de l’extrême gauche à l’extrême droite – on note ici, au moins pour le moment, l’absence de chefs et de représentants attitrés, ce qui embarrasse bien le pouvoir ; par quel bout saisir cette nébuleuse en mouvement ?

On observe çà et là que les individus, habituellement noyés dans la masse, discutent entre eux, font preuve d’un humour créatif, d’initiatives et d’ingéniosité, de générosité humaine (même si des dérapages sont toujours possibles.)

Du mouvement des gilets jaunes émane une colère joyeuse. Les instances étatiques et capitalistes aimeraient la traiter d’aveugle. Elle est seulement en quête de clairvoyance. La cécité des gouvernants est toujours à la recherche de lunettes.

Une dame en jaune déclare : « je voudrais bien qu’il m’explique Macron, qui habite un palais, comment je peux vivre avec 1 500 euros par mois ». Et comment les gens peuvent supporter les restrictions budgétaires qui affectent la santé, l’agriculture non-industrielle, l’enseignement, la suppression des lignes de chemin de fer, la destruction des paysages au profit de complexes immobiliers et commerciaux ? Et la pétrochimie et la pollution industrielle qui menace la survie de la planète et ses populations ?

Ce à quoi Palotin Ier répond par une mesure écologique. Il taxe le carburant que doivent acheter les usagers. Cela le dispense de toucher aux bénéfices de Total et consorts.

Il avait déjà montré son souci environnemental en envoyant 2 500 gendarmes détruire, à Notre-Dame-des-Landes, les potagers collectifs, la bergerie, les autoconstructions et l’expérience d’une société nouvelle.

Et que dire des taxes et des impôts qui loin de profiter à celles et ceux qui les paient servent à renflouer les malversations bancaires ? Des hôpitaux manquant de personnel médical ? Des agriculteurs renaturant les sols, privés de subventions qui vont à l’industrie agroalimentaire et à la pollution de la terre et de l’eau ? Des lycéennes et des lycéens parqués dans des élevages concentrationnaires où le marché vient choisir ses esclaves ?

« Prolétaires de tous les pays », disait Scutenaire, « je n’ai pas de conseils à vous donner. »

À l’évidence, comme le vérifie la vogue du totalitarisme démocratique, tous les modes de gouvernement, du passé à nos jours, n’ont fait qu’aggraver notre effarante inhumanité. Le culte du profit met à mal la solidarité, la générosité, l’hospitalité. Le trou noir de l’efficacité rentable absorbe peu à peu la joie de vivre et ses galaxies.

Sans doute est-il temps de reconstruire le monde et notre existence quotidienne. Sans doute est-il temps de « faire nos affaires nous mêmes », à l’encontre des affaires qui se trament contre nous et qui nous défont. Si l’on en juge par les libertés du commerce, qui exploitent et tuent le vivant la liberté est toujours  frêle.

Un rien suffit pour l’inverser et la changer en son contraire. Un rien la restaure.
Occupons nous de notre propre vie, elle engage celle du monde.

 

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gilets-jaunes-gouvernement


 

NUIT CHORALE, LE SOLEIL SOUS LES PAUPIERES...Extrait

A la mémoire de Ghyslaine Leloup, décédée le 5 décembre 2018

 

 .

 

A la rose de Desnos

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Et la plage se fait et se défait

Coquilles, étoiles, varechs

Écriture et réécriture illimitée

De la matrice du monde



Et un autre paysage affleure

Boues, ferraille, béton

Débris gris brun rouille

De l’histoire des hommes



Temps fixe lumière globale

Et ce silence que la marée ponctue

Et ce ciel que tracent les oiseaux


Ta verticale contrant le vent

L’écran de tes pensées

Tu es aveugle quand tout se révèle sur le sable

Ne pas poser de questions

Pour ne plus attendre de réponses

Que le simple advienne enfin

L’être de peu qu’un moineau rassérène



Un buisson d’églantines s’obstine dans une crevasse

Tu t’irrigues à la rose originelle

Sa nacre humide pour tout message

 

 

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GHYSLAINE LELOUP

 

 

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GHYSLAINE