EMMILA GITANA

jeudi 19 mai 2022

MARIO BENEDETTI... Extrait

...
Si le monde ne tournait plus
Ou le temps n'existait pas,
Alors, jamais je ne mourrai
Jamais tu ne mourras
Et notre amour non plus ...
Mais le temps n'est pas nécessaire
Notre amour est éternel
Nous n'avons pas besoin du soleil
Ni de la lune ou des astres
Pour continuer de nous aimer...
Si la vie était autre
Et la mort arrivait
Alors, je t'aimerai
Aujourd'hui, demain...
Pour toujours,
Encore.
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MARIO BENEDETTI
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gaelle de trescadec12,,

Photographie Gaëlle de Trescadec


mardi 17 mai 2022

LE RITUEL BRETON...Extrait

Pour Ulysse, s’il revient en Armorique
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Ô Sud, Sud, Sud bien-aimé
je veux te fiancer à Belle-Île
à Groix et à Molène
t’offrir des brassées de genêts
et des reposoirs de laine.
Ô Sud tant aimé
voici la fille du ponant
voici la presqu’île et le port
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Mais j’aurais aimé que dans ton sein de roc
vinssent chanter les canaris
et croître les oliviers
j’aurais aimé resculpter ton visage
dans l’argile berbère
et dans le bronze Targui.
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Ah quand allierai-je à tes noroîts
le miel des aurores africaines ?
Ah quand allierai-je la vigueur de tes chênes
à la sensualité des figuiers ?
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Et ceci sera mon testament
à mes Berbères je lègue
les oiseaux des Glénans
et le sourire de Concarneau
à mes Berbères je lègue
l’allégresse des fontaines
et les printemps du pays Gallo.
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...
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Et ceci sera mon testament
à mes amis je lègue
l’alliance de l’Ouest et du Sud
le mariage des dolmens
et des mosquées
et les fiançailles des roses
d’avec les oliviers.
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XAVIER GRALL
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brehat2

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SOMNAMBULE DU JOUR: POEMES CHOISIS...Extrait

Une nouvelle saison s'annonce

Dans les arbres la sève descend
dans tout ce qui vit
et respire
le battement de mon coeur rebelle

Où est le sens dissimulé
de ce théâtre saisonnier
Où le souffle s'accorde
aux brumes matinales

Dans le tournoiement fou
de l'univers
j'éteins le jour
comme une bougie

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ANISE KOLTZ

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DALI12,

Oeuvre Salvador Dali

 

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SOMNAMBULE DU JOUR: POEMES CHOISIS...Extrait

L'océan d'où j'étais sortie
il y a des millions d'années
se réveille en moi
quand je t'aime

Dans mes étreintes
je laisserai sur ton corps
des restants de coquillages

Ton lit sera recouvert
d'une fine couche de sable


Galaxies intérieures

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ANISE KOLTZ

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dali 2,

Oeuvre Salvador Dali

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L'AILLEURS DES MOTS...EXTRAIT

" Dans chaque pain
je cherche une lime
pour scier les barreaux
d'une société
qui m'emprisonne "
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ANISE KOLTZ
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rideaux-occultants-interieur

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mercredi 27 avril 2022

ANISE KOTLZ...Extrait

La vie n’est pas un long fleuve tranquille
elle est un carnage
Et vous me demandez
une poésie ornée de fleurs
de petits oiseaux
Excusez-moi Mesdames Messieurs
chacun de mes poèmes
enterre vos morts
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ANISE KOTLZ
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anise

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mardi 26 avril 2022

FRERES D'ÂME...Extrait

"Nous ne savons plus regarder la Terre Mère. Nos ancêtres avaient sanctuarisé cette terre réellement mère et sacrée. C’est fini : aujourd’hui, cette terre n’est plus qu’un sol, elle est réduite à une opportunité d’argent pour ceux qui l’exploitent. (...) La perversité du système forme une boucle, une folie dont on ne parvient pas à se défaire.
Le problème de l’être humain, c’est qu’il s’est autoproclamé le meilleur, le patron de l’humanité et de la planète. Or, faut-il rappeler d’une part qu’il n’est qu’une des centaines de millions d’espèces, et que la durée de son existence, rapportée à celle de la Terre, ne dépasse pas les deux minutes ? La vie a préexisté avant l’humain, sous des formes absolument incroyables, et voilà qu’il s’érige en Roi de droit divin. Inouï. Insupportable. Et suicidaire.
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PIERRE RABHI,  EDGAR MORIN, DENIS LAFAY
Ed. de l'Aube 2021
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MORIN, RABHI

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mercredi 20 avril 2022

L'IMPOSSIBLE RÊVE

Réconciliée avec les oiseaux je pars
Vers la Mer
Avertir ceux qui arrivent qu’il vaut mieux fuir,
( je pêcherai leurs corps flottant dans cette eau noire),
Fuir à toutes jambes ce pays usurpateur d’Histoire
Empêtré dans ses Rois ses roitelets et ses réputations d’escroc
Car
Je suis dans la gare de l’Incongru
Celle qui n’est rien celle qui ne vaut rien
L’un parce que l’autre, l’autre parce que l’un,
Et que grâce à cela je peux parler, libre,
Réconciliée avec les oiseaux et la rue je pars
Vers la Mer Blanche
Retrouver les ordures et les cadavres que l’on jette par-dessus bord
Pour que les bateaux de plaisance soient propres
Nickel et qu’on y mange les mets précieux sur le pont
Riant des mendiants qui passent sur le quai gris
Et je pressens l’eau sombre et froide l’obscurité les houles
La vague armée de cailloux qui assomme
Les bras qui se débattent malgré soi et l’eau qui prend
La place de l’air et des mots dans la gorge
La place des libertés et le goût de la guerre âpre
Les oiseaux maintenant m’escortent je me confie à leurs ailes précieuses
Me laissant couler vers les fonds ou m’échouant sur un trottoir
Pour regarder passer les chaussures des riches sans lever les yeux
Ils risqueraient d’y voir passer des orages les nuages de sang
Et ma grande tristesse qui les regarde, enfants perdus,
Qu’ai-je rêvé d’amour, de mains pour me rassurer, de tendresse, de baisers,
On sait bien que passé l’âge de la jeunesse de papier glacé personne ne veut plus
De personnel trop qualifié et les amantes sélectionnent maintenant sur fichier
Leurs amantes en donnant les mensurations exactes du désir
Je dois être bien trop grande pour loger dans leurs cases perforées
Allons,
Ce siècle méthodique m’ennuie avec ses wagons de suppliciés poussés
Sur les voies de garage et que personne n’entend crier A boire ! A vivre !
La pitié est devenue un défaut, la compassion une faiblesse,
La mort familière, cette vieille amie de la famille, s’est assise à tous les banquets,
Mais
Réconciliée avec les oiseaux
Je vole
Vers la Mer
Y apporter la paix des braves
Et des oiseaux aux ailes de prisme pris dans la lumière
Qui se reconnaîtront
Sont mes anges gardiens des ciels retrouvés
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ALEXO XENIDIS
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feringule, Rodolphe Antonetti,

Photographie Rodolphe Antonetti

SILENCE

Silence
Dans un repli de l’âme
un nom muet
une douceur
cinq lettres
deux consonnes
et trois voyelles
il est …
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AMOUR
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MARIA DOLORES CANO
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Montserrat-Gudiol

Oeuvre Montserrat Gudiol

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mardi 19 avril 2022

JEAN-MICHEL SANANES....Extrait

Hé l'oiseau, où vas-tu ?
Et toi mon rire, où te caches-tu dans cette cohue ?
Tant de chats, tant d'amours dont je cherche les noms,
tant de jours à remettre dans l'ordre,
j'ai vu un tableau si profond que je m'y suis perdu.
Manque de perspective ?
Depuis que je m'habite,
à trop être en moi je m'égare, est-ce l'âge ?
Tout devient aussi grand que le vide,
j'y perds des mots, des jours, et l'heure file.
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En rang les mots !
En ordre les jours !
Vite, mon calendrier s'effrite,
trop de bruit dans ma tête,
ça fait désordre,
avez-vous vu mes rêves ?
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Je voudrais être un bruit posé sur un arbre
et retenir les chants d'oiseaux.
Où sont passées les comptines d'enfance ?
La musique est en ruine,
Pierrot ne chevauche plus la lune,
sa plume ne sait plus le chemin de l'encrier.
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Perdu parmi tous mes habitants,
je ne suis plus seul,
et je ne suis plus celui qui parle le plus haut.
À être un homme multiple,
je me divise,
me brouille.
Ne parlez pas tous ensemble !
Laissez-moi me chercher,
je veux retrouver un coin d'enfance
et l'habiter seul,
m'y retrouver, et fermer la porte
.
Où sont donc les odeurs joyeuses
qui habitaient la cuisine ?
Maman n'est plus là,
les hirondelles sont parties.
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Bruits, mots et jours du passé,
je ne suis plus celui
qui n'était jamais content,
celui qu'une règle de trois
faisait basculer
quand nous étions plus de deux.
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Et si je suis seul,
si vous ne me parlez plus,
qui répondra à mes questions ?
.
Hé, l'hirondelle, reviens,
et dis-moi qui, là-bas,
habite ma maison ?
J'ai perdu le chemin d'enfance.
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Quand je nous aurai quittés,
pourrai-je encore nous parler ?
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JEAN-MICHEL SANANES
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tryptique bonnard,,

Oeuvre Pierre Bonnard