EL ARRIERO VA
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En las arenas bailan los remolinos,
el sol juega en el brillo del pedregal,
y, prendido a la magia de los caminos,
el arriero va, el arriero va.
Es bandera de niebla su poncho al viento,
lo saludan las flautas del pajonal,
y, guapeando en la senda por esos cerros,
el arriero va, el arriero va.
/Las penas y las vaquitas
se van por la misma senda,/bis
/Las penas son de nosotros,
las vaquitas son ajenas,/bis
Un degüello de soles muestra la tarde,
se han dormido las luces del pedregal,
y, animando la tropa dale que dale,
el arriero va, el arriero va.
Amalaya la noche traiga el recuerdo
que haga menos pesada la soledad,
como sombra en la sombra por esos cerros
el arriero va, el arriero va.
/Las penas y las vaquitas
se van por la misma senda,/bis
/Las penas son de nosotros,
las vaquitas son ajenas,/bis
y, prendido a la magia de los caminos,
el arriero va, el arriero va.
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ATAHUALPA YUPANQUI
OUTLINES...Extrait
Dans mes veines ce n'est pas du sang qui
coule, c'est l'eau, l'eau amère des océans houleux...
Des bonaces, des jours pleins gonflent
ma poitrine, préludes aux blancs vertiges
des ouragans...
Des poulpes étirent la soie crissante de
leurs doigts et leurs yeux illunés clignotent
par mes yeux...
Des galions pourris d'or, des mâts, des
éperons de fer passent en tumulte dans
des marées énormes...
Tous les anneaux mystiques jetés aux
lagunes adriatiques, je les ai pour les donner
à celles que j'aime...
J'ai des ressacs mugissants dans mes mains
aux heures d'amour...
Et trop souvent j'étreins d'irréelles écumes
blanches qui fuient sous mon désir de chair...
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JEAN VENTURINI
(1921-1940)
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DANS LA PEAU D'UN AUTRE
Nous nous dévorons nous-mêmes
cannibales de l'extrême gloutonnerie
nous ajustons nos masques d'oxygène
dans ces réunions entre gens avertis
lors de remises de prix étouffantes
où les lettrés jaunissent dans les hautes sphères
et les mots fourbus vont se coucher
dans leurs dortoirs de papier rectangle
qui lira encore dans l'herbe des rives
les paroles d'amour et les chants d'oiseaux
qui écoutera les mélodies du ruisseau
la caresse de l'eau sur les pierres grises?
Nous nous saluons du bout des lèvres
comme des étrangers en transit
dans des ports dévastés de boutiques à souvenirs
Nous sommes sans cesse affamés de vies volées
de choses que nous ne posséderons jamais
et nous nous cachons dans la peau d'un autre.
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ANDRE CHENET
le 14/04/2012
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Oeuvre Tatiana Nazarenko
L' AMOUR AU TEMPS DU CHOLERA...Extrait
Les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l'heure où leur mère leur donne le jour, mais quand la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d'eux-mêmes.
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GABRIEL GARCIA MARQUEZ
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VAGUES...Extrait
C’est ici le combat de la mer avec elle-même,
elle se tord dans les criques livides,
s’arrache à sa continuité,
se soulève, frémit toute et retombe.
La mer, sais-tu, m’unit à son tourment,
la mer vient, prend la fuite, vient,
conjugue temps et espace dans cette voix
qui souffre et prie brisée sur les écueils
MARIO LUZI
Traduction : Antoine Fongaro
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NOUS CHOISIRONS SOPHOCLE...Extrait
Voici nos jours
qui apparaissent pour nous assoiffer encore...
Dans la cohue des plaies anciennes,
nous n'avons pas reconnu notre blessure.
Mais ce lieu-saignement est désigné par nos noms.
Nous n'étions pas coupables d'être nés là
ni coupables... si tant d'envahisseurs
se sont, là, levés contre nous,
qui aimaient nos louanges du vin, nos légendes
et l'argenté de nos oliviers.
Nous n'étions pas coupables si les vierges
de Canaan ont suspendu leurs sarouals
aux têtes des bouquetins
pour que mûrissent les prunes des plaines
ni coupables... si d'autres conteurs
se sont emparés de notre alphabet
pour décrire notre terre,
tout comme nous, tout comme nous.
Voici nos voix
et les leurs qui se croisent au-dessus des collines,
même l'écho à l'écho.
Le ney se mêle alors au ney et le vent aboie et aboie en vain.
Comme si nos chants en automne
étaient leurs chants en automne.
Comme si ce pays nous soufflait nos mots...
Mais la fête de l'avoine nous appartient,
Jéricho nous appartient et nous appartiennent
nos traditions dans les louanges des demeures
et la culture du blé et de la marguerite des près.
Paix sur la terre de Canaan,
terre de la gazelle
et du pourpre.
(...)
Si cet automne est le dernier, demandons pardon pour le sac et le ressac de la mer, pour les souvenirs...
Pour ce que nous avons fait de nos frères avant l'âge du bronze.
Nous avons blessé tant de créatures avec des armes faites des os de nos frères,
pour devenir leurs descendants près des sources.
Demandons pardon à la harde de la gazelle pour ce que nous lui avons fait subir près des sources,
quand un filet de pourpre serpenta sur l'eau.
Nous ne savions pas que c'était notre sang qui consignait notre histoire dans les coquelicots de ce bel endroit.
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MAHMOUD DARWICH
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UNE PROMESSE
Nous avons traversé des orages, des tempêtes, les hautes solitudes, les profondes douleurs. Ne fût-ce que cela la vie ?
La mort, n’est-ce rien que cela. —Vers l’haut-delà ? Des joies, — l’éclair, du bonheur, — l’éblouissement. — Or, j’avance somnambule, entre rêve et réel. Et j’ai outrepassé le visible, — le cap vers l’inconnu, — l’invisible.Nous serions donc passés, comme des fantômes pressés.Pourquoi ce brouillard, ce perpétuel brouillard ?—Mais quoi, folie, pourquoi ce doute ? dit l’éveillé. Vois ! l’homme qui disparaît au seuil de l’embrasure. Que la nuit tombe enfin, pour que renaisse le jour ! Et le soleil victorieux,avec le mot amour réécrit, avec ces lèvres tremblantes, — avec ces lettres tremblées, avec ces corps lents de musique,de frais parfums, avec dans la bouche ce goût de fruit d’été. Une porte a été fracturée. — Une autre sera entr’ouverte. Ainsi tu voisl’homme dans son inachevé. Écoute les colombes et les rires s’envoler. — Une promesse. — Oui, rien qu’une promesse. — Juste une promesse !
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SERGE VENTURINI
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POEME A CORDES
Donc
c'était moi ces tessons
glissant sous tes pieds nus
la pointe suraiguë
d'un sourire tranchant
Moi la saveur sauvage
des braises sur ta langue
qui te liaient au chant
Et c'était mon naufrage
ivresse innée des algues
qui t'attirait au fond
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JEAN-PIERRE VALLOTTON
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Oeuvre Jacob Collins
PRIERE
Qu'on me laisse partir à présent
Je pèserais si peu sur les eaux
J'emporterais si peu de chose
Quelques visages le ciel d'été
Une rose ouverte
La rivière est si fraîche
La plaie si brûlante
Qu'on me laisse partir à l'heure incandescente
Quand les bêtes furtives
Gagnent l'ombre des granges
Quand la quenouille
Du jour se fait lente
Je m'étendrais doucement sur les eaux
J'écouterais tomber au fond
Ma tristesse comme une pierre
Tandis que le vent dans les saules
Suspendrait mon chant
Passants ne me retenez pas
Plaignez-moi
Car la terre n'a plus de place
Pour l'étrange Ophélie
On a scellé sa voix on a brisé le vase
De sa raison
Le monde m'assassine et cependant
Pourquoi faut-il que le jour soit si pur
L'oiseau si transparent
Et que les fleurs
S'ouvrent à chaque aurore plus candides
O beauté
Faisons l'adieu rapide
Par la rivière par le fleuve
Qu'on me laisse à présent partir
La mer est proche je respire
Déjà le sel ardent
Des grandes profondeurs
Les yeux ouverts je descendrais au coeur
De la nuit tranquille
Je glisserais entre les arbres de corail
Ecartant les amphores bleues
Frôlant la joue
Enfantine des fusaïoles
Car c'est là qu'ils demeurent
Les morts bien-aimés
Leur nourriture c'est le silence la paix
Ils sont amis
Des poissons lumineux des étoiles
Marines ils passent
Doucement d'un siècle à l'autre ils parlent
De Dieu sans fin
Ils sont heureux
O ma mémoire brise-toi
Avant d'aller troubler le fond
De l'éternité
Ainsi parle Ophélie
Dans le jardin désert
Et puis se tait toute douleur
La rivière scintille et fuit
Sous les feuilles
Le vent seul
Porte sa plainte vers la mer
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ANNE PERIER
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Oeuvre Carlos Ewerbeck
NO ME CONFORMO, NO : ME DESESPERO
No me conformo, no: me desespero
como si fuera un huracán de lava
en el presidio de una almendra esclava
o en el penal colgante de un jilguero.
Besarte fue besar un avispero
que me clama al tormento y me desclava
y cava un hoyo fúnebre y lo cava
dentro del corazón donde me muero.
No me conformo, no: ya es tanto y tanto
idolatrar la imagen de tu beso
y perseguir el curso de tu aroma.
Un enterrado vivo por el llanto,
una revolución dentro de un hueso,
un rayo soy sujeto a una redoma.
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MIGUEL HERNANDEZ
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Fotografia Philippe Pache
















