EMMILA GITANA

mardi 17 octobre 2017

SON CORPS LEGER

Son corps léger

est-il la fin du monde ?

c'est une erreur

c'est un délice glissant

entre mes lèvres

près de la glace

mais l'autre pensait :

ce n'est qu'une colombe qui respire

quoi qu'il en soit

là où je suis

il se passe quelque chose

dans une position délimitée par l'orage

 

Près de la glace

c'est une erreur

là où je suis

ce n'est qu'une colombe

mais l'autre pensait

: il se passe quelque chose

dans une position délimitée

glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

c'est un délice

quoi qu'il en soit

son corps léger respire par l'orage

 

Dans une position délimitée

près de la glace qui respire

son corps léger glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

mais l'autre pensait : c'est un délice

il se passe quelque chose

quoi qu'il en soit par l'orage

ce n'est qu'une colombe

là où je suis c'est une erreur

Est-ce la fin du monde qui respire

son corps léger? mais l'autre pensait :

là où je suis près de la glace

c'est un délice

dans une position délimitée

quoi qu'il en soit

c'est une erreur

 

il se passe quelque chose par l'orage

ce n'est qu'une colombe

glissant entre mes lèvres

Ce n'est qu'une colombe

dans une position délimitée

là où je suis par l'orage

mais l'autre pensait :

qui respire près de la glace

est-ce la fin du monde?

quoi qu'il en soit c'est un délice

il se passe quelque chose

c'est une erreur

glissant entre mes lèvres son corps léger

 

 

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GHERASIM LUCAS

 

 

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leonor fini2,

Oeuvre Leonor Fini

 

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GHERASIM LUCA

"Dans ce langage, qui sert à désigner des objets, le mot n'a qu'un sens, ou deux, et il garde la sonorité prisonnière. Qu'on brise la forme où il s'est englué et de nouvelles relations apparaissent : la sonorité s'exalte, des secrets endormis surgissent, celui qui écoute est introduit dans un monde de vibrations qui suppose une participation physique, simultanée, à l'adhésion mentale. Libérer le souffle et chaque mot devient un signal..." 

 

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GHERASIM LUCA

 

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THAM25

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com

 

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LE RÊVE ( LA DORMEUSE )

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina

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De nouveau la guerre. Il y a ici un tel cafard, une angoisse générale qui vient de tout ce qui se dit et répète sur la prochaine occupation de Nice que j’en suis très affecté par contagion et mon travail est particulièrement difficile. Heureusement je viens de finir presque un tableau commencé il y a un an et que j’ai mené à l’aventure — en somme chacun de mes tableaux est une aventure. D’abord très réaliste, une belle brune dormant sur ma table de marbre au milieu de fruits, est devenue un ange qui dort sur une surface violette — le plus beau violet que j’aie vu —, ses chairs sont de rose de fleur pulpeuse et chaude, et le corsage de sa robe a été remplacé par une blouse roumaine ancienne, d’un bleu pervenche pâle très très doux, une blouse de broderie au petit point vieux rouge qui a dû appartenir à une princesse, avec une jupe d’abord vert émeraude et maintenant d’un noir de jais. Que tu es belle, ma messagère au bois dormant! Tes yeux sont des colombes derrière leurs paupières. Et elle rêve d’un prince français prisonnier d’antan dont j’ai lu et relu les poèmes pour en faire un choix. Je me suis toujours méfié de la littérature, mais je ne l’ai pas seulement illustrée, je l’ai soigneusement, amoureusement recopiée, et l’on en trouve l’émerveillement dans mes thèmes.»

 

 

 

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HENRI MATISSE

 

 

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matisse

Oeuvre Henri Matisse

 

 

lundi 16 octobre 2017

LE CERF-VOLANT

Ne me réveillez pas ce soir. N’allumez pas les lampes de vos rancœurs. Laissez-moi seulement m’apaiser de moi-même, de toutes ces larmes tombant sur le sable, de ces veillées d’absents, de ces exils acceptés, de tout ce temps ancré dans les veines de ce corps qui fatigue. Visitez-moi avec tout l’or de vos yeux, le trésor de votre présence, vos armes déposées aux pieds de nos défaites. Accompagnez-moi dans vos galeries obscures. Nous rejoindrons ensemble des beautés insoupçonnées dans les poumons de la joyeuse prairie des hommes. Et sous la bâche de nos vieux jours, nous protégeant du ciel amer, nous lèguerons à nos jeunes oiseaux le cerf-volant de notre utopie peut-être risible mais qui demeure intacte comme aux premiers élans de notre adolescence.

 

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BRUNO RUIZ

2017

 

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jacques truphemus

Oeuvre Jacques Truphemus

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samedi 14 octobre 2017

D'ICI LE SOIR...Extrait

Une promesse
de livre,
comme l'eau répandue et le perron de pierre,
calcaire prend l'eau de pluie et son souvenir de mer
fait naître les mots-fossiles.
Je t'offrirai plus que l'eau des livres,
plus que les mots. Âme vive,
elle est certaine et belle
du retour menant au fond des mers
comme une ancre
prenant au sel sa densité.
La mer est une terre de mots
et les îles entrent souterraines, alcalines ou solitaires,
plus que la page, ce tournoiement des flots,
ce tourbillon nos mots ?
Ronde ondoyante, enceinte crénelée
tendue de toile
où nous écrivons encore : un temps dit le silence
et nous creusons nouvelle cette semence.
Cor au son-mémoire, appel
et dans la plaine accourt l'homme
que n'effraie pas sombre

le silence au risque du mot.

 

 

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ISABELLE LEVESQUE

 

 

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alexis congourdeau2

Oeuvre Alexis Congourdeau

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BRANCHES BASSES

 Instant qui veut durer mais sans savoir

Tirer éternité des branches basses

Qui protègent la table où clairs et ombres

Jouent, sur ma page blanche de ce matin.

 

Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe,

Puis la maison, puis le temps, puis demain

Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe

Ces fruits d’hier tombés près de la table.

 

Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout

Ici et maintenant qui sont inaccessibles,

Plus simple est de rentrer dans l’avenir

 

Avec, pour tout à l’heure, quelque peu

De ce fruit mûr, par la grâce duquel

Du bleu se pend au vert dans la nuit de l’herbe.

 

 

 

 

Une seule prairie jusqu’à l’horizon,

Une seule pensée,

Ici nomme l’ailleurs par le vol des grues,

Je n’ai souci que de me souvenir

 

De l’à présent qui monte, c’est une vague,

De l’immense dehors réconcilié

Avec ce qui se fait et se défait

Ou se veut et déveut, dans la parole.

 

Vienne, petite fille en robe à carreaux,

La fin de tout, ce ne sera, riante,

Que le repli des mots sur la couleur.

 

De quoi s’envelopper dans la lumière

D’un jour d’été en pays étranger,

Serrant sur soi le vocable et son ombre.

 

 

 

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YVES BONNEFOY

 

 

 

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susan ryder

Oeuvre Suzanne Ryder

IL FAUT DE LA MUSIQUE


Il faut de la musique aux ventres

Des arbres pleins d’âmes

Des bouquets de blondeurs à vous couper les reins

 

Il faut de la musique aux seins

Sur tous les fleuves où se déplie l’audace

Où se diluent les larmes sans caresses

Où se meuvent jardins et vitraux

 

Il faut de la musique à notre peau

Nos mots

Des ailes adoucies de pervenches au comble

de tout geste galbé

A la mouvance de nos hanches guidées par

quelque cœur venu de l’étranger

 

Il faut de la musique aux mains

Ces lieux de sortilège unique qui font de la

tendresse biblique un lien de volupté gourmande

 

Il faut de la musique au sang

Des chairs de lilas blancs aux mains adultères

Un salut permanent à la splendeur d’aimer

 

 

 

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ALPHONSE PENSA

 

 

 

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pensa

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LES VOISINAGES DE VAN GOGH...Extrait

Ce pays au ventre de cigale nous était pleinement communiqué par une main et un poignet.
De quelle fournaise et de quel paradis Vincent Van Gogh surgissait-il ?
Et de quelle souffrance maîtresse tenait-il ces cailloux,
ces iris et ces marais, ces étroits chemins, ces mas, ces blés,
ces vignes et ce fleuve ?
Sublimes dessins !

 

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RENE CHAR

 

 

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VAN GOGH2

Oeuvre Vincent Van Gogh

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vendredi 13 octobre 2017

JON HASSEL - AMSTERDAM BLUE

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ZOHRA MRIMI

Il ne tient qu' à vous de disparaître

Ou de transformer la cicatrice
En tâche de naissance
L' entretenir fleur
On ne se pose plus de questions sur ceux qui se reposent
Au dessus de vous
Le ciel n' est plus sombre
Il dénoue le silence des astres
Alors on marche sur l' eau avec quelques seaux
Doux
Il sera le nouveau breuvage

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ZORHA MRIMI

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espoir

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