EMMILA GITANA

jeudi 18 janvier 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Veille le vent 
à naufrager le ciel 
gris délavé de tous les yeux 
en offrande

S'est désancrée la voix
d'entre les branches en croix

Tout est cassure

Et je suis venue là 
parler avec la mer -- le vent
la tourmentait -- le vent serpent de rage

Parfois

Car il semblait s'amuser de la déchirure
comme un enfant sadique -- mais 
c'était le vent -- le vent ne s'amuse pas

Et le sable de la dune 
a déchiré mes yeux.

 

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI

18.01.2018

 

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hengki_koentjoro_

 

Photographie Hengki Koentjoro

 

 

 

 

 

 

 

 


lundi 15 janvier 2018

RANDRIANARIVELO RUFIN...Extrait

Tous mes rêves si fragiles
Finissent par tomber par terre
Mais une partie de mes songes
Toute se trouve tomber
Dans le lac bordé d'espoir

Car...
Ses ailes n'arrivent plus à se battre
Son corps demeure inerte pareil à l'ancre
Mais comme un éclair filant
L'oiseau a pu se filer dans son coin....
L'espace bleu demeure son piste de vol
Les écueils de nuages
Il les a passes à gué
Son bec long et pointu s'est brisé
Siffle et entonne sa force stridente...
Une guerre affamée
Un incendie-cyclone
Tonnerre dévastateur
Et ses ailes incendiées
Déchirées
Entraînent
La chute infernale de son corps
Dans ce lac bordé d'espoir.

 

 

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RANDRIANARIVELO RUFIN

 

 

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Frédéric Bacuez 2

Photographie Frédéric Bacuez

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DANS L'OBSCURITE EBLOUISSANTE...Extrait

Nuit

Dans l’obscurité éblouissante

mon visage est un charbon en fleurs

dans la blessure de la mémoire

et ma mémoire

est faite des villes qui meurent

effacées

par le déversement du temps dans un autre temps

Dans l’obscurité éblouissante

ma main droite est un pont formé des têtes de mes amis

et ma main gauche de forêts de bras coupés

qui continuent à réclamer la paix

dans l’obscurité éblouissante

Mon dernier souffle comme la chute de l’argent sur les villes

de cendres endormies brûlant

de Rome à la Palestine

d’Hitler à Daech

...

 

 

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FADWA SOULEIMANE

 

 

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Eyad Sabbah GAZA2

Sculptures Eyad Sabbah ( Gaza )

 

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TROISIEME DESSOUS, MATIERE DE RÊVE III...Extrait

Dans les touffes de baisers, le palais des coquilles ; dans les plumes des pierres, la fontaine des langues ; dans l’éventail des seins, le sentier des regards.

Sur les flammes effeuillées, la paupière d’ombre ; sur les ruissellements ébahis, le mot de passe ; sur les chevelure en opéra, la pluie de sucs.

Un nuage de griffes arrache la peau du ciel ; un geyser de frelons écorche doucement le vent ; un cyclone de pétales déshabille le temps qu’il fait.

 

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MICHEL BUTOR

 

 

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sensualite

Photographie ?

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AU MIRAGE

Murmure des mots de paille sèche sur ta nuque et

Souffle à ton oreille
L’odeur de crayons de couleurs trouvée
Sur la tête du chat, tissée dans le velours,
Nous laissons, lui et moi, vieillir le monde de dehors
Se ternir les dorures des soldats enterrés les lames les médailles
Ce qui fut et ce qui sera, que nous ne savons plus
Que nous ne savons pas,
Le bruit lourd des mâchoires d’avidité, les mécaniques
Qui possèdent et mâchent, celles faites pour jeter,
Les recyclages amoureux répartis dans des bacs
Une poubelle pour Papa, une autre pour Maman,
Allez avale nom de dieu avale je te dis
La vie, en une seule goulée, encore vivante,
Qu’elle bouge sous tes côtes et dans ton ventre
Attendant la salutaire nausée le bateau qui tangue
Ressasse de la vague et les écumes sales des villes industrieuses
Ris, regardant sur le port s’agiter des mains vides,
Ris, depuis le fond de toi, 
Eclats lumineux, efface
Tout,
De ton bras qui déploie sa voile ouverte

 

 

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ALEXO XENIDIS

 

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gerald Bloncourt

 Photographie Gérald Bloncourt

http://www.bloncourtblog.net/2014/06/un-demi-siecle-de-memoire-ouvriere.html

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IL SUFFIT D'UN MOT

Nomme si tu peux ton ombre, ta peur

et montre-lui le tour de sa tête,
le tour de ton monde et si tu peux
prononce-le, le mot des catastrophes,
si tu oses rompre ce silence
tissé de rires muets, — si tu oses
sans complices casser la boule,
déchirer la trame,
tout seul, tout seul, et plante là tes yeux
et viens aveugle vers la nuit,
viens vers ta mort qui ne te voit pas,
seul si tu oses rompre la nuit
pavée de prunelles mortes,
sans complices si tu oses
seul venir nu vers la mère des morts

 

dans le cœur de son cœur ta prunelle repose

 

écoute-la t’appeler : mon enfant,
écoute-la t’appeler par ton nom.

 

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RENE DAUMAL

 

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nath2

 Photographie Nathalie Magrez

 

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samedi 13 janvier 2018

NAGER A LA RECHERCHE DU COMMENCEMENT DES TEMPS ...Extrait

Quelles profondeurs nous atteignons parfois

Dans une conversation banale,

Dans une caresse ordinaire

Quand on sonde des vérités logées plus profond qu’on ne sait

Doucement, sans rien déranger

Comme des gens qui se parlent depuis des siècles.

 

Si je ferme les yeux je peux sentir mon souffle

Tandis que la douleur s’atténue,

Les mots venant plus aisément,

Hésitant, poissons nageant de nuit ;

Doucement, sans rien déranger,

Des phrases rejoignent le banc d’une pensée inattendue ;

 

Dans le lac Baïkal il y a des poissons sans arêtes

Ils se dissolvent là où c’est peu profond

Ils se dissolvent dans l’air.

Quelles vies doivent-ils mener là dans les ténèbres,

Doucement, sans rien déranger,

Des vies à une profondeur inattendue comme la nôtre ce soir.

 

 

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THEO DORGAN

traduction de l’anglais  Anne Bernard-Kearney et Nicole Laurent-Catrice

 

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Brooks Shane Salzwedel8

Photographie Brooks Shane Salzwedel

 

 

 

BERNARD PERROY...Extrait

...

Et si nos peines

ont du mal à se taire,

il me reste tout de même ce sang

qui court dans tous les canaux de ma vie,

cette pauvre démarche en moi

qui ne suis qu'un homme de peu,

si fragile,

 


mais qui sait combien

toutes ses boiteries

sont sa seule façon de danser

vers la lumière,

 

vers cet immense cadeau

qui se pelotonne

dans le fond de son cœur,

 

ce halo, cette pointe,

ce regard

dont la tendresse

n'a pas de fin…

 

 

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BERNARD PERROY

 

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Deedra Ludwig

Oeuvre Deedra Ludwig

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vendredi 12 janvier 2018

FRANCE GALL ET JOHNNY HALLYDAY...

 

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mercredi 10 janvier 2018

LA TRISTESSE DU FIGUIER...Extrait

 Il y a tout au fond de la fatigue

Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner :

Son courage peut-être,
Sa sueur perlée, sa respiration difficile
Et ses blessures déjà anciennes.

Et au sommet de la colline,
Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie,

Il y a aussi ce secret bien gardé

Que seule
La Nature est prête à partager avec lui.

 

...

 

Un silence
Qui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamber
Et passer dans l’histoire d’un autre silence,

Un silence
Qui est parfois rempli de pétales de roses
Et de tristesse,

Un silence
Qui ressemble parfois à ces choses qu’on a perdues,
Englouties par des torrents de pluie
Ou des amours déçues.

Un silence comme ça nous renverse parfois,
Comme si nous n’étions qu’un simple tas de paille
A la merci du vent.

...

 

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YVES NAMUR

 

 

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rose-

 

 

 

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