EMMILA GITANA


mardi 21 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Un grand silence
en brise l'âme pousse vers l'oubli
toujours à ses mots ravalés
la douleur obtuse.
Au-delà sur l'arc bleu des glaciers
Il y a cette étincelle qui rosit l'amour
et le ciel et le froid et l'effroi.
En dérive vers le sud une voile
balbutie
Quel sera son chant neuf ?

Parmi les herbes déjà mortes
dans le vent tranchant des dunes
ne me laisse pas mourir

si tu m'aimes.

 

.

 

ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

.

 

RAOUL UBAC

Photographie Raoul Ubac

 

dimanche 19 novembre 2017

CAROLE DAWSON

J'écris sur une peau de brume
Pour effleurer l'instant
Comme on apprivoise le vent

Un soupir
Me glisse entre les doigts
Et me ravit un peu de moi

J'erre sur le chemin
Où silence est roi
Sans bruit, je me dessine un destin

Mais je marcherai toujours avec espoir
Jusqu'aux froissements des petits matins
Pour déposer des bouquets d'aurores
Dans la paume de tes mains

Et ainsi entrevoir
Ta lumière
Cousue de bleu et d'or
Avant que ne s'effacent les mémoires
De ces jours éphémères

 

.

 

 

© CAROLE  DAWSON

 

 

.

 

15056389_869377963199267_4124412801019859038_n

 

 

 

 

Posté par emmila à 19:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

samedi 18 novembre 2017

CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN...Extrait

“La difficulté, avec l'homme c'est de retrouver son vrai visage, celui qui gît aujourd'hui sous des milliers de masques, des vernis innombrables, derrière des myriades de soleils aveuglants ou au plus profond de la nuit la plus noire”

 

.

 


CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN

.

 

 

modigliani6

Oeuvre Amédéo Modigliani

 

 

Posté par emmila à 20:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

LE VISAGE SECRET...Extrait

Entre deux silences, entre deux ténèbres
ils reviennent
ils ont hanté le seuil invisible
de ta conscience
et les voilà
presque sans poids, presque
effacés dans les lambeaux
de ta mémoire
comme pour donner sens
à la présence insignifiable
à l’instant sans retour
à la vraie parole des fantômes.

 

 

.

 

ALAIN SUIED

 

.

 

 

RAOUL UBAC2

Photographie Raoul Ubac


jeudi 16 novembre 2017

AGNES SCHNELL...Extrait

Des ponts pour ceux qui partent
des ponts ou une impulsion
hors des nœuds de la nuit…

Ce que tu crois stable
n’est que province abandonnée
dévastée lapidée
sans refuges pour les crues
étranglée
tels des souvenirs serrés dans un mouchoir…

.

 

 

AGNES SCHNELL

 

 

.

 

DEVASTATION

Posté par emmila à 21:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mercredi 15 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Aligner des mots comme un souffle
attise retenu respiré par la bouche
un feu entretenu sinon comment
le rallumer dans la pluie où rien
ne brûle
Les yeux brûlent -- allumer des mots
de phosphore et d'ébène
des mots noirs et rouges tapissent l'espace de l'estomac à la bouche --
une brûlure de mots --
un incendie
sous une pelletée de cendres froides.

 

.

 

 

ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

 

.

 

anne

 

POEMES INEDITS...Extrait

Dur moment dans la voie
quand les jours s'obscurcissent
quand le chemin se creuse
pareil à une tombe
Où sont les jours heureux
le murmure des voix
dans le jardin discret
Les visages de ceux
qu'on aimait voir à table
Où sont les jours heureux
où on l'était soi-même
sans même le savoir
Dur moment dans la voie
quand le miroir se brise
laissant au fond de nous
mille morceaux épars
que garde la mémoire
Mais sans aucune chance
pour nous de se revoir

 

.

 

GEORGES HALDAS

 

.

 

auteur_inconnu

Oeuvre ?

 

Posté par emmila à 15:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mardi 14 novembre 2017

LA FIN SE LEVE

La fin se lève.
 Qui a parlé.
Moi, un inconnu, un fantôme.
Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme »
 sont au mieux notre misérable butin.
 Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broient
victimes et bourreaux, pêle-mêle.
Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.
La lumière a rétréci dans notre regard
 jusqu’à épouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.
La fin se lève ?
Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné  notre  accord.
 Égarés,  déchirés d’amour, d’un désir d’amour surgi le premier jour
avec nos os, nos vertèbres, nous tentons parfois de nous redresser
hors de la bauge de fatalité et d’ennui.
Nous contemplons les étoiles glacées sans signification.
Nous questionnons la bête morte, putride, abandonnée au bord du chemin,
et le caillou muet.
Nos poings se serrent, se souvenant toujours des antiques rébellions,
des songes plus anciens que la mousse au pied des arbres.
La foi a déserté nos cœurs.
Elle a fait place à la terrifiante lucidité.
Mais la lucidité est plus amère que le plus pauvre pain.
Nous nous tenons au bord de l’aube, au bord de la nuit,
nous écoutons les voix sourdes des camarades
qui agonisent dans les prisons bâties par des mains d’hommes.
 Et nous creusons des labyrinthes pour parvenir jusqu’à eux,
dénouer les haillons, déchirer les chaînes.
Nous tendons à travers les ténèbres l’oreille des désespérés.
Le feu s’est refroidi dans nos muscles.
Devenu matière dure, infracassable,
 il nous maintient debout, irrémédiables dissidents

 

.

 



ANDRE LAUDE

 

.

 

Sarolta-Ban

Photographie Sarolta Ban

NOTA BENE

Je peins
Un tableau noir, très noir,
Profond,
Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,
Pour qu’on y voie mieux
Le contraste
Et je laisse pendue au bout d’une ficelle
Une craie blanche pour écrire
Bonjour ! Ou bien Va t’en !
Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,
Que vous êtes naïfs à me croire mélancolique
Une pensive statue plongée dans le regret
Résignée qui s’afflige,
Si je penche la tête et si je serre mes bras c’est
Pour serrer plus étroit ce feu que je préserve
Et même s’il me dévore
J’attends, dans ce désordre, une seule parole vraie
A lui offrir, pour qu’il éclaire le tableau
Ébloui.

 

 

.



ALEXO XENIDIS


.

 

ALEXO