EMMILA GITANA

samedi 1 juin 2019

ECLIPSE D'ETOILE...Extrait

En mémoire d'Esteban...

 

 

Tu jouais bien
Avec rien
Que des bulles d'eau
Qui sans bruit éclatent dans l'air.

Mais la lumière au sept couleurs
Donnait à chacune son visage

Juste un battement de coeur
Comme contrée d'ange.

Or, son ultime aventure -
Silence ; une âme est sortie du feu.

 

 

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NELLY SACHS

Traduction Mireille Gansel, Éd Verdier.

 

 

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esteban3,

 

 


samedi 27 avril 2019

SUICIDE LA CHRONIQUE

Prévenez si ça les intéresse,

de prés de loin, et ce qu'il reste des miens

car ce soir cahin caha

je chemine vers des sentes interdites...

Ce soir mon cœur est si plein et gonflé

que l'idée fait chemin et vient me hanter.

Pourquoi poursuivre, pourquoi rester...?

SEUL au milieu de tant d'immensité,

de vide, sans gaieté, le projet fait rage.

Pourquoi, pour qui continuer ?

Des ombres se déploient, sur moi tombe leur froid !

Il y a eu erreur, rendez-vous manqués,

aucune voie ne parait meilleure j'ai beaucoup essayé !

Un Amour idéal, absolu, passionné, irremplaçable et inespéré .

M'a pris et m'a laissé.

Suis-je alors cet être ignoble ou bâtard

à ne susciter qu’indifférence et vil rejet ?

J'arrive au bout de cette Solitude, au feu le tout dernier ...

Ce soir, je voudrais finir la danse et retourner au charnier de l'humanité.

Comment mettre un point final à cette absurdité.

Trouver l'outil qui trouera mon corps pour ce soir enfin,

S'EFFACER à jamais ?

 

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JACQUES CEAUX

 

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MORT

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UN MUR POUR PLEURER

Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On ne pleure plus, paraît-il
En un vol, tout, c'est facile
On ne dit plus rien
Lorsqu'on vous crache dessus
On reste serein, la colère
C'est mal vu
On est poli, poli
On tend son cul, merci merci
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On ne s'aime plus, paraît-il
On dit que l'amour est fragile
On est très moderne,
On laisse sa liberté
Mais on fait les poches
Aussitôt le dos tourné
On est copain, copain
On ne se raconte rien, plus rien
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On connaît tout par le journal
Mais les mots, ça ne fait pas mal
On est toujours plus ému
Par ce qui est loin
Mais on oublie la détresse
De son voisin
On est bistrot, bistrot
On ne se connaît pas trop, pas trop
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On mélange les accidents,
Les princesses et leurs prétendants
On ne dit plus rien
Lorsque des enfants ont faim
Mais on ouvre sa bourse
Pour sauver des chiens
On est toutou, toutou
On a bon cœur, c'est tout, c'est tout
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On ne pleure plus, paraît-il
On rigole, c'est plus facile
On n'écoute plus
Les poètes, les errants
On leur dit "Taisez-vous,
Vous n'êtes pas marrants."
On est télé, télé
On est si fatigué de penser
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On va à la messe, au caté
Ou bien on bouffe du curé
Mais on chante en chœur
Il est né le divin enfant
On va tous ensemble au muguet
Quand il est blanc
On est païen, païen
Dieu reconnaîtra les siens, c'est bien
Je cherche un mur pour pleurer
Je cherche un mur pour pleurer
On est toujours comme on n'est pas
Un jour c'est triste, un jour ça va
On essaye bien
Mais on n'a jamais le temps
On croit tenir la fleur
Mais on meurt mécontent
On est paumé, paumé
Et si on pouvait s'aimer, s'aimer
Etre ensemble pour pleurer
Avoir le temps de pleurer...

 

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ANNE SYLVESTRE

 

 

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BALLADE EN NOVEMBRE

 

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LE POEME PULVERISE...Extrait

Ne te courbe
que pour
aimer. Si tu meurs, tu 
aimes encore.

 

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RENE CHAR

 

 

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ANA PAULA3

 

Photographie Ana Paula

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vendredi 26 avril 2019

JE VOUDRAIS QUE MON CRÂNE...

 

Je voudrais que mon crâne soit comme une chapelle
Abandonnée perdue au fond d'un val touffu
On entend bourdonner une mouche une abeille
Et l'on croît deviner des sourires aux statues
 
Je voudrais que mon cœur soit comme un feu dans l'âtre
Qui rougeoie dans la nuit avec sa bonne odeur
Dans les tisons l'on voit un mystérieux théâtre
De masques de chevaux de rires et de fleurs
 
Je voudrais que mon corps soit une goélette
Qui danse en s'amusant sur la crête des flots
A la proue le beaupré se moque des tempêtes
Tous les vents sont amis de ce fringant rafiot
 
Je voudrais que mes mains sachent guérir les peines
De tous ces fronts brûlants les enfants affolés
Ce pauvre homme qui pleure et cette bohémienne
Au milieu des bagnoles et comme hallucinée
 
Je voudrais que mes yeux comprennent la lumière
Qui dore toutes choses du long manteau de Dieu
Les paupières fermées plus loin que la prière
Embrasser d'un regard le profond puits des cieux
 
Je voudrais que mon âme demeure la fidèle
De ce chant lumineux en enfance jailli
Qu'au silence épanoui elle file comme une aile
Vers le grand rendez-vous du soleil de la Nuit
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PHILIPPE FORCIOLI

2015

 

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Kelly-Tan-

Photographie Kelly Tan

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LA GREVE DES FLEURS

D’un coup comme ça
C’est arrivé
Les fleurs ont dit : 
ASSEZ
Assez des pieds dessus nos têtes
Assez des roues voitures charrettes
Les amoureux les amoureuses les enterrements
D’un coup comme ça
C’est arrivé
Les fleurs n’ont plus poussé !
Ce sont les marchands qui ont fait la gueule
Parce que les promeneurs les paysans disaient :
« C’est encore un coup des saisons
Y’a trop d’usines
Y’a trop d’avions
Y’a trop de saleté dans l’air ! »
Z’avaient pas tort
Mais pour ce qui est de cette affaire
C’était plutôt un coup d’en dessous
Mais ni les engrais
Ni pesticides
Ni toutes ces nécessités acides
Qu’on ingurgite à bonne terre pour l’exploiter
Non c’était que
D’un coup comme ça
C’est arrivé
Les fleurs n’ont plus poussé !
Les marguerites et les dahlias
Les gueules de loup les pétunias
Les patati les patata
Toute la fine fleur de la flore
A laissé seule ce matin se lever
L’aurore
Et pourquoi ?
… Je sais pas…enfin…peut-être
Peut-être un gros chagrin d’amour
Les fleurs sont amoureuses du jour c’est bien connu
Et le jour se lève
De plus en plus gris de plus en plus lourd
La terre est trop lourde elle va craquer
On le sait bien mais à la télé couleur
Sur le petit écran magique
Les fleurs en plastique ça ressort bien
Et puis nos narines ne sentent plus grand-chose
Si ce n’est toutefois le doux parfum des roses
Parce que la rose voyez-vous
C’est la reine des fleurs
Eh bien la reine et ses sujettes
Fleuri fleura fleuron fleurette
D’un coup comme ça 
C’est arrivé
Les fleurs n’ont plus poussé
Nous sommes faites pour la fête
Nous sommes faites pour la terre
Et la terre plus rien du tout alors
Adieu les hommes adieu les femmes
Le soleil la lune les étoiles
Adieu le feu adieu le vent
Adieu l’automne et le printemps
Adieu les pieds adieu les têtes
Adieu les roues voitures charrettes
Les amoureuses les amoureux 
Les enterrements les p’tits enfants 
D’un coup comme ça
C’est arrivé
Les fleurs ont décrété
C’est pas du badinage

GREVE ILLIMITEE
GREVE DU PAYSAGE

Signé : les fleurs.

 

 

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PHILIPPE FORCIOLI

 

 

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JEAN PIERRE MARIELLE - HOMMAGE

Je peux me perdre des heures entières dans une strophe de Baudelaire, y nager inlassablement. Si nous sommes tous nostalgiques du ventre maternel, eh bien, j'ai retrouvé ce confort originel dans les poèmes.

 

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Jean-Pierre Marielle

 

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MARIELLE

Jean pierre Marielle

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Au bleu des rives tes rêves dérivent 
entrelacés de nuits blanches.
Parfois leurs ailes se ferment, 
deux petits pieds d'enfants se posent
sur le sable brûlant du passé --
à petits pas rapaces
le silencieux ravage du souvenir.
D'autres fois, c'est l'oubli : 
une déchirure rouge au visage du ciel --

rire claquant de mouette
sur la vague.

 

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

 

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MEMOIRE

 

jeudi 18 avril 2019

OTIS REDDING - FOR YOUR PRECIOUS LOVE

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