EMMILA GITANA

dimanche 15 décembre 2019

BELLA VISTA ...Extrait

"C'est folie de croire que les périodes vides d'amour sont les "blancs" d'une existence de femme. Bien au contraire. Que demeure-t-il, à le raconter, d'un attachement passionné ? L'amour parfait se raconte en trois lignes : Il m'aima, je L'aimai, Sa présence supprima toutes les autres présences ; nous fûmes heureux, puis Il cessa de m'aimer et je souffris...
Honnêtement, le reste est éloquence, ou verbiage. L'amour parti, vient une bonace qui ressuscite des amis, des passants, autant d'épisodes qu'en comporte un songe bien peuplé, des sentiments normaux comme la peur, la gaîté, l'ennui, la conscience du temps et de sa fuite."

 

 

 ! DIAMON~11

 

 

COLETTE

1937

 

 

 

! DIAMON~11

 

 

COEUR BRISE3

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mercredi 11 décembre 2019

STRASBOURG, 11 DECEMBRE 2018...

J'ai écrit ce court texte peu de temps avant Noël, à la demande du Père Vincent, prêtre de mon établissement, à qui je venais de raconter cette expérience. Il fut très touché par mon compte-rendu des évènements et heureux que je lui en fasse part personnellement. Le texte était destiné à être lu durant la messe de Noël à l'église de Sainte Marthe et c'est ma collègue Sylvie, également au cœur des évènements de Strasbourg, qui s'acquitta de la tache avec beaucoup d'émotion. Je n'assistais pas à cette Messe mais je sais que l'assemblée présente fit un bon accueil à mon témoignage et fut sensible à ce qui en émanait: un mélange d'espoir et de désarroi de la part de quelqu'un qui, simplement, cherche son chemin. N'est ce pas aussi et surtout cela le véritable dialogue interreligieux ?.
Malgré nos différences, nos doutes, nos convictions et nos certitudes, c'est finalement ce chemin que nous cherchons tous et aspirons à trouver même si la tache est peut-être impossible car comme l'ont toujours su les Boudhistes Zen, " Cest le chemin qui est etnon le voyageur "
 
 
! DIAMON~11
 
Strasbourg, mardi 11 décembre, 19h 45
 
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Le froid saisissant est à peine tempéré par les lumières douces de la Cathédrale... La fatigue s'est emparée de nous depuis des heures mais nous continuons à déambuler au hasard des cabanes colorées... ma seule motivation est de trouver, enfin, un joli Saint-Nicolas à ramener à ma bien-aimée.
Je passe devant l'avant dernier chalet et mon regard est attiré par cette petite vierge en bois sculpté... Une vierge sobre et stylisée comme certains santons modernes... malgré la pureté de ses lignes , quelque chose de chaleureux de réconfortant, semble émaner de ce petit objet... Je souhaite immédiatement l'acheter et le rapporter.  Mais mes collègues semblent plus pressées que moi alors je vais patienter un peu puisque nous reviendrons demain matin même si je n'aime pas attendre: un lendemain est toujours incertain. Une de mes collègues, finalement, souhaite prendre un vin chaud et nous rebroussons légèrement chemin, du moins c'est mon impression... En réalité, nous restons sur place dans ce petit périmètre calme et attrayant... Comme une bulle close qui nous protège du froid et de l'agitation des grandes places décorées... Et surtout j'ai maintenant le temps de retourner revoir et acheter la petite vierge en bois... Quelques minutes plus tard, je retouve mes collègues avec un nouveau paquet... heureux de mon acquisition...Une photo est prise: il est 19 h 53... Sur une autre photo, prise quelques instants plus tard, des néons sembleront former comme des auréoles au dessus de nos têtes... Hélas, les anges ne seront pas partout...
Cela doit faire maintenant une dizaine de minutes que le tueur sème la terreur, l'effroi et la
mort dans les rues adjacentes... Mais son périple a pris une autre direction que la nôtre...Ces quelques minutes ont sans doute décidé de notre destin..Est ce pour cela que la petite vierge en bois a été sur ma route ce soir là ?.. J'aime à le croire car j'ai envie de donner un sens à tout cela... Comment racheter le bruit, la fureur et les larmes... si proches de nous... absentes pour nous... A chacun de donner à de tels moments une signification qui lui est propre... Pour ma part et, comme avant, j'apprécie la beauté du symbole...J'ignore toujours le chemin à emprunter... Je sais simplement, encore mieux qu'avant, là et où il convient d'aller.
 
 
 
! DIAMON~11
 
 
JEAN-PAUL SEBBAN
 
 
! DIAMON~11
 
 

rene herbst2

Sculpture René Herbst

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dimanche 8 décembre 2019

JULES SUPERVIELLE...Extrait

J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières...vivant en même temps la source et l'océan...sans pouvoir me fixer même un mince moment...entre le mont, la plaine et les plages dernières...Suis-je ici? Suis-je là bas? Mes rives coutumières changent de part et d'autre et me laissent errant...Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur derrière ? Ou serai-je plutôt sans même le savoir celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource de chercher l'océan du côté de la source puisqu'est derrière lui le meilleur de l'espoir ???

 

 

 ! DIAMON~11

 

 


JULES SUPERVIELLE

 

 

! DIAMON~11

 

emilz nolde2

Oeuvre Emile Nolde

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AGNES SCHNELL...Extrait

Afin de rappeler ton jour de naissance, Agnès...

 

 

Tu marches pieds nus par déférence
pour ton exil sans fin
tu marches sur une terre
lourde de silences.

Voix égarées
d’un pays d’herbes amères
où tu t’es meurtri bien avant,
bouches agacées d’où le chant se retire
vers la nuée d’ombre
ou la canopée des oiseaux siffleurs…

Jours de sable
que dans le désordre tu égrènes
jours fiévreux
d’images craquelées
d’orages lents à mourir.

Quelque part remisés
tes mots aux courbes douces
aux balancements d’ailes
tes mots seront cet indéfini
qui glisse comme à regret
des lèvres.

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

AGNES SCHNELL

2006

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

chagall agnès

 

Oeuvre Marc Chagall

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samedi 7 décembre 2019

LE PAON ET LE PALAIS

 

Un jeune paon, imbu de son plumage
Fût pris dès son plus jeune âge
En mains par une vieille pintade
Qui laissa son vieux coq en rade.

Lors, notre jeune volatile
Qui se trouvait fort volubile
Ne fût plus satisfait de son habitat
Et se rêva en costume d’apparat.

Pourquoi, se disait-il, se contenter
D’un simple poulailler, fût-il doré,
Alors que, sans travailler,
Je puis demeurer au palais.

Il me suffit, si mes calculs sont bons,
De prendre mes congénères pour des pigeons
Et, pour les prochaines élections,
De bien jouer les trublions.

Ainsi fût fait, et contre toute attente,
Il prît la place laissée vacante
Par tous les vieux coqs déplumés
Dont tout le monde s’était lassé.

Pour constituer sa basse-cour
Il fit appel à des vautours
Aptes à tondre la laine,
A amasser toutes les graines.

Ses anciens congénères
Qu’il jugeait fort vulgaires
Virent enfin, mais un peu tard,
Qu’on les prenait pour des bâtards.

Fort de son plébiscite aux élections,
Notre dieu-paon, tel Pygmalion,
Favorisa un jeune sardouk
Dont il se servait comme bouc.

Grisé par ses nouvelles prérogatives,
Celui-ci, de manière fort hâtive,
Se crût par son maître autorisé
De jeunes oisons brutaliser.

Las, malgré la volonté manifeste
De celer ces faits funestes,
L’histoire vînt à transpirer
Hors de murs du Palais.

Devant ce gros scandale,
Notre apprenti Sardanapale
Dût rétropédaler
A son grand regret.

Il envoya ses janissaires
Désigner un bouc émissaire
Mais la sauce ne prît pas
Et l’oisillon resta sans voix.

Moralité :
Même les rois de l’enfumage,
Ceux mêmes qui se voulaient rois mages,
Tombent un jour de leur piédestal
Et devront quitter leur habit royal.

 

 

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Fable de
JEAN DE LA FONTAINE

(1621-1695)
revisitée par un auteur inconnu
que l'on félicite au passage pour son talent
et le régal de cette lecture d'actualité

 

 

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pamphlet 2


vendredi 6 décembre 2019

KAMEL YAHIAOUI...Extrait

L'art est notre armée
nos œuvres sont des grenades
nos chansons des kalachnikovs
rangez votre artillerie meurtrière
nous avons besoin de place pour danser
fêter la fin de vos crimes et régimes
rangez vos urnes sorcières
nous voterons sans vous en 2020
au printemps des bourgeons libérés
les youyous des roses sonneront
jusqu'à l'extinction du dernier sanglot

 

 

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KAMEL YAHIAOUI

 

 

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ARBRE NU2

Oeuvre ?

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PARIS, DE MA FENÊTRE...Extrait

"On me remontrera que les jeunes gens des deux sexes sont en train de lire "n'importe quoi" ? Qu'ils lisent donc n'importe quoi. Ainsi fis-je dans mon jeune âge, à travers une bibliothèque où tout se fit pâture, et où l'on aurait rien trouvé qui convint à mes six ans, à mes dix ans, à mes quatorze ans... Livres défendus, livres trop graves, livres trop légers aussi, livres assez ennuyeux, livres éblouissants, qui au hasard s'illuminent, et referment sur l'enfant enchanté leurs portes de temple... Le désordre de la lecture lui-même est noble. Chaque livre, mal annexé d'abord, est une conquête. Sa jungle d'idées et de mots s'ouvrira, quelque jour, sur un calme paysage ami."

 

 

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MAISON DE COLETTE2

Maison de Colette...

 

COLETTE

 

 

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lundi 2 décembre 2019

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Comme un vieux navire au mouillage, hésitant à lever l’ancre pendant que ses lumières vibrent sous les eaux, mes pensées prennent le large pour accoster sur mon étoile avec l’exigence qu’elle se nomme de mes éclats antérieurs à mon départ d’Alger. Seule Alger, l’amante, la muse, connaît mes aversions et mes penchants. J’avais pris contrat, la nuit, avec ses puits de silences et avais fait de son jasmin ma clause intime. Ainsi, je combinais ma vie à des surprises délicates qui m’enjolivaient continûment d’éclats immenses et qui m’offraient le privilège de me reproduire nouveau à chaque déception, à chaque douleur, avec une semblance de moi-même à l’état sobre et pur. Ce temps est loin.

Dans la clarté crépusculaire d'Evry, je murmure seul dans un bout de jardin des réminiscences griffonnées de bières et de vin dans l’antre du plaisir en souvenir d’autrefois. L'air de la souffrance est pressant comme un hymne éclaboussé de concessions absurdes, moins dignes à l’écoute, et qui peine à retentir quand je me tais en bile à la manière d’une ramille asséchée sous le vent, pourtant gracieux et folichon d'automne. Des eaux mystérieuses ondulent dans mon âme inondant mes passions discrètes d’amant imaginé, amusé d’un cépage à la treille nue. Isolé et reculé dans l’horreur du temps, je me hasarde à renverser le fatum creux à coups de Yesterday par des plongeons dans le passé désormais révolu avec envie de décrypter mon souffle pour le décharger du grognement sourd de mon éjection hors de l’univers dialectique du bien-être. Dans ma mémoire roulent mes révoltes passées et au devenir ahanant d’impatience. Hélas, beaucoup de substances me manquent par opposition à l’action car empoignées par les tentacules de l’éloignement. Des mots et des mots tempêtent dans mes tripes puis affluent dans ma bouche comme des vagues qui se brisent contre les digues et immédiatement après retournent se vautrer dans ma poitrine. Alors, j’y pense… La poésie ne répond pas aux nostalgies, ni au spleen ni au chagrin.

Les nuits finissent en aubes prises de l’orageux aquilon
Et les jours se lèvent de soleils exaltés mais sans rayons
Chaque soir, un jour décline, morne et sans musique
Ses couleurs sans éclats, désolées, déchoient en loques
Les saisons, identiques, dépitent par manque de charme
Des réminiscences anarchiques se brouillent de vacarme
Les estimes épurées et les visages désirés sont fermés.
Ne reste sinon que l’espoir nostalgique et l’amour géminés
Quand les souvenirs se réchauffent de silence en tumulte
L’exil est le vide où la mémoire sombre avec ses tempêtes

 

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DJAFFAR BENMESBAH

 

 

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ALGER

Alger 

dimanche 1 décembre 2019

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Petite fleur de la neige,
tache pourpre ourlée d'or sous un soleil
bleu,
Petite fleur des mots murmurés,
du songe,
du son vibrant,
du chant d'oiseau...

Sur la portée du vent les feuilles virevoltent
en clef de sol,
et la rivière --
frissonne,
bourdonne,
chantonne,
et le soleil --
sonne
dans la cascade
verte
des saules.

 

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI 

(2016 -modif.2019)

 

 

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Crocus

PRISONS ET PARADIS...Extrait

"Dans ce temps lointain où j'apprenais à respecter la cendre, couvrir le feu pour la nuit, réveiller le lendemain matin son ardeur capitonnée de cendres, j'apprenais aussi que la cendre de bois cuit, savoureusement, ce qu'on lui confie. La pomme, la poire, logées dans un nid de cendre chaude, en sortent ridées, boucanées, mais molles sous leur peau comme un ventre de taupe, et si "bonne femme" que se fasse la pomme sur le fourneau de cuisine, elle reste loin de cette confiture enfermée sous sa robe originelle, congestionnée de saveur, et qui n'a exsudé - si vous savez vous y prendre ! - qu'un seul pleur de miel."

 

 

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COLETTE

 

 

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COLETTE,

 

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