EMMILA GITANA

lundi 20 août 2018

JOE DASSIN...HOMMAGE

Joe Dassin nous quittait le 20 août 1980 suite à une crise cardiaque. Il avait 41 ans ...Il fut le prince de ma jeune adolescence, puis continua, malgré sa disparition, à " enchanter " ma vie...Il berça mon grand Amour avec " l'été indien " en 1975...J'avais dix sept ans...Trente huit années se sont écoulées , et l'un des chanteurs favoris du public français est loin d'être oublié. Régulièrement les magazines reviennent sur sa carrière, les radios rediffusent ses plus grands hits, des compilations sont mises en vente ...

Beau garçon, cultivé, sympathique, Joe Dassin avait beaucoup d'amis. Sans doute trop à son goût d'homme discret car il avait le sentiment que tout le monde le connaissait par le biais du petit écran et aurait bien aimé passer incognito de temps en temps.
D'un naturel angoissé, s'estimant redevable envers ses fans , Joe se devait de justifier son succès et ne jamais décevoir. Et de fait, avec plus de 100 hits à son actif, Joe Dassin n'a jamais déçu.
Joe et ses chansons, qu'elles soient humoristiques, entraînantes ou sentimentales ont fait le tour du monde et touché tous les cœurs; des chansons par lesquelles on comprend combien les événements heureux et malheureux de la vie peuvent marquer le cœur des hommes...

 

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JEAN LAVOUE...Extrait

Ce temps de métissage et de chansons mêlées,
Ce temps de tisserands et de vies accordées,
Ce temps que nous appelons sur nous-mêmes
Comme une supplique du fond de nos détresses, 
Comment nous sera-t-il donné
Tandis que nous allons
Si loin de nos récits perdus,
De nos chants disparus,
De nos sources oubliées ?

Comment nous sera-t-il arbre de vie
Si nous ne visitons nos racines,
Si nous n'étendons pas nos branches aux frontières,
Si nous ne nous approchons pas avec tendresse
De ceux qui glissent inexorablement vers les ravins de la nuit, 
De ces hommes et de ces femmes de l’errance, 
De ces pauvres d’aujourd’hui
Qui ne croient pas un avenir encore possible ?

Comment pourrions-nous être à l’abri entre nous,
Comment serions-nous en paix avec leurs cris 
Si nous nous contentons de protéger nos cités
De lois aveugles à ce qui les menace,
De temples à nos valeurs, sans oreilles et sans yeux, 
Sans portes ouvertes sur le monde,
Ignorant tout des périls où ils cheminent ?

Comment nous sentirions-nous proches les uns des autres
Si nous restons indifférents à leurs rêves brisés,
Les yeux rivés sur l’écran de leurs ruines,
Insensibles aux humiliations jetées sur leurs épaules,
Au manteau en lambeau de notre commune fraternité ?

Nous tisserons la paix dans les chaos du monde,
Nous serons avec eux ses artisans aux mains nues,
Nous repriserons patiemment ses guenilles usées,
Nous apprendrons à dire en tout temps son fragile secret,
Nous serons les uns pour les autres son hospitalité bienveillante et démunie.

Nous ferons venir à nous des fils et des filles de justice
De qui naîtront, avec les nôtres, des enfants de la paix,
Des affranchis qu’aucun signe ne distinguera,
Sinon celui d'être chacun, l’un pour l’autre, de simples humains donnés.

Nous mangerons dans leurs maisons, 
Nous serons hôtes en leurs demeures :
Ainsi ceux qui succombent aujourd’hui
Sauront qu’il s’est approché de nous ce printemps vulnérable
Où s’accomplit la promesse que leurs mains espéraient.

 

 

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JEAN LAVOUE
www.enfancedesarbres.com

 

 

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Oeuvre Montserrat Gudiol

dimanche 19 août 2018

VRAIE LUMIERE NEE DE VRAIE NUIT

Âme soeur
Entends-tu ce qui
Vient de l’heure, ce qui
Vient du coeur,
à l’heure
De l’abandon, à l’heure
Du crève-coeur,
Ce battement
depuis
La naissance
Les entrailles maternelles,
Déchirant
l’écorce
Terrestre, ce battement
Qui cherche à se dire,
Qui cherche
à se faire
Entendre, entends-tu
Âme sœur
Ce cri d’avant- vie, plein

D’une étrangère nostalgie
De ce qui avait été
Rêvé et comme à
jamais
Vécu, matin de brume
D’un fleuve, nuage
Se découvrant
feuillage,
Midi de feu d’un pré, pierre
Se dévoilant pivoine, toute

La terre embrasée, tout
Le ciel incandescent
En une seule promesse,

En une seule invite
Ne rate pas le divin
Ne rate pas le destin,

Entends-tu ce qui
Vient de la flamme

Du cœur, à l’heure
Du crève
cœur, ce cri
Surgi un jour, à ton
Insu, en toi-même,

Le transparent,
le transportant,
Le transfigurant, seul cri
Fidèle à l’âme en attente,

 Âme sœur.

 

 

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FRANCOIS CHENG

 

 

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montserrat gudiol

Oeuvre Montserrat Gudiol

samedi 18 août 2018

FEDERICO GARCIA LORCA - 5 JUIN 1898-18 AOÛT 1936

Les gitans, qui, comme toi, nomades
Vont où les guide le vent
Invoqueront ce soir Sarah la noire.
O taureaux messagers ailés de la mort
Portez son âme vers les pâturages éternels ;
Qu'il repose le cœur bourdonnant
Comme un vol d'abeilles des Hurdès,
Toujours plus près de la lumière et que son chant
Soit l'aurore nouvelle de notre peuple.

André Laude

 

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 Buscaban a García Lorca en una fosa común de Granada, pero lo encontraron vivo en todas las bibliotecas del mundo...

Ils cherchaient Garcia Lorca dans une fosse commune de Grenade , mais ils l'ont trouvé vivant dans toutes les bibliothèques du monde....

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Je la pris près de la rivière 
Car je la croyais sans mari 
Tandis qu’elle était adultère 
Ce fut la Saint-Jacques la nuit 
Par rendez-vous et compromis 
Quand s’éteignirent les lumières 
Et s’allumèrent les cri-cri 
Au coin des dernières enceintes 
Je touchai ses seins endormis 
Sa poitrine pour moi s’ouvrit 
Comme des branches de jacinthes 
Et dans mes oreilles l’empois 
De ses jupes amidonnées 
Crissait comme soie arrachée 
Par douze couteaux à la fois 
Les cimes d’arbres sans lumière 
Grandissaient au bord du chemin 
Et tout un horizon de chiens 
Aboyait loin de la rivière 

Quand nous avons franchi les ronces 
Les épines et les ajoncs 
Sous elle son chignon s’enfonce 
Et fait un trou dans le limon 
Quand ma cravate fût ôtée 
Elle retira son jupon 
Puis quand j’ôtai mon ceinturon 
Quatre corsages d’affilée 
Ni le nard ni les escargots 
N’eurent jamais la peau si fine 
Ni sous la lune les cristaux 
N’ont de lueur plus cristalline 
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi 
Comme des truites effrayées 
L’une moitié toute embrasée 
L’autre moitié pleine de froid 
Cette nuit me vit galoper 
De ma plus belle chevauchée 
Sur une pouliche nacrée 
Sans bride et sans étriers 

Je suis homme et ne peux redire 
Les choses qu’elle me disait 
Le clair entendement m’inspire 
De me montrer fort circonspect 
Sale de baisers et de sable 
Du bord de l’eau je la sortis 
Les iris balançaient leur sabre 
Contre les brises de la nuit 
Pour agir en pleine droiture 
Comme fait un loyal gitan 
Je lui fis don en la quittant 
D’un beau grand panier à couture 
Mais sans vouloir en être épris 
Parce qu’elle était adultère 
Et se prétendait sans mari 
Quand nous allions vers la rivière

 

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Y que yo me la lleve al río

creyendo que era mozuela,
pero tenía marido.
Fue la noche de Santiago
y casi por compromiso.
Se apagaron los faroles
y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
toqué sus pechos dormidos,
y se me abrieron de pronto
como ramos de jacintos.
El almidón de su enagua me
sonaba en el oído,
como una pieza de seda
rasgada por diez cuchillos
Sin luz de plata en sus copas
los árboles han crecido,
y un horizonte de perros
ladra muy lejos del río.

Pasadas las zarzamoras,
los juncos y los espinos,
bajo su mata de pelo
hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
tienen el cutis tan fino,
ni los cristales con luna
relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
como peces sorprendidos,
la mitad llenos de lumbre,
la mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
el mejor de los caminos,
montado en potra de nácar
sin bridas y sin estribos.
No quiero decir, por hombre,
las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
me hace ser muy comedido.
Sucia de besos y arena,
yo me la lleve del río.
Con el aire se batían las
espadas de los lirios.

Me porté como quien soy.
Como un gitano legítimo.
La regalé un costurero
grande de raso pajizo,
y no quise enamorarme
porque teniendo marido
me dijo que era mozuela
cuando la llevaba al río.

 

 

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FEDERICO

 FEDERICO GARCIA LORCA

 La femme adultère/La casada infiel

 

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TA JOYEUSE TENDRESSE

Ta joyeuse tendresse

M’a troublé et surpris.

À quoi bon les discours,

Leur tristesse,

Quand les yeux comme des bougies

Brûlent en plein jour ?

 

Au beau milieu du jour …

Et une larme reste

– Souvenir de la rencontre –

Suspendue au loin;

Et les épaules qui tombent

Sont relevés par la tendresse.

 

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OSSIP MANDELSTAM

 

 

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Goxwa Borg,,

Oeuvre Goxwa Borg


QASIDA DE LA FEMME ETENDUE/ CASIDA DE LA MUJER TENDIDA

Te voir nue c'est se rappeler la terre.
La terre lisse, dégagée de chevaux,
la terre sans roseaux, forme pure
fermée à l'avenir : confins d'argent.

Te voir nue c'est comprendre l'envie
de la pluie à la recherche d'une taille fragile,
ou de la fièvre de la mer à l'immense visage
sans trouver la lumière de sa joue.

Le sang sonnera dans les alcôves,
et viendra avec l'épée flamboyante,
mais tu ne sauras où se cache
le cœur du crapaud ou la violette.

Ton ventre est une bataille de racines,
tes lèvres sont une aube sans contour,
sous les roses tièdes du lit,
les morts gémissent, attendant leur tour.

 

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Verte desnuda es recordar la tierra. 
La tierra lisa, limpia de caballos. 
La tierra sin un junco, forma pura 
cerrada al porvenir: confín de plata. 
Verte desnuda es comprender el ansia 
de la lluvia que busca débil talle, 
o la fiebre del mar de inmenso rostro 
sin encontrar la luz de su mejilla. 
La sangre sonará por las alcobas 
y vendrá con espada fulgurante, 
pero tú no sabrás dónde se ocultan 
el corazón de sapo o la violeta. 
Tu vientre es una lucha de raíces, 
tus labios son un alba sin contorno, 
bajo las rosas tibias de la cama 
los muertos gimen esperando turno.

 

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FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

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igor bitman

Oeuvre Igor Bitman

POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Enfermé dans l'être, il faudra toujours en sortir. À peine sorti de l'être, il faudra toujours y rentrer. Ainsi dans l'être, tout est circuit, tout est détour, retour, discours.

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Ainsi, l'être spiralé, qui se désigne extérieurement comme un centre bien investi jamais n'atteindra son centre. L'être de l'homme est un être defixé.

 

 

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GASTON BACHELARD

 

 

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BITMAN_03

Oeuvre Igor Bitman

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vendredi 17 août 2018

C'ETAIT DEMAIN...

 

J’aime le temps d’avant
Et même un peu plus tôt… 
Quand l’attente s’éveille…
Quand le regard se croise 
Et que se tend l’oreille sur un sourire naissant…
Un mouvement de tête, timide, sur le coté penché, complice du sourire avant de s’en aller sans penser à plus tard.. 
Et puis qui se retourne à l’angle de nulle part…
Ici, là-bas, plus loin, ailleurs…
Au détour du chemin, de la ruelle étroite, de la terrasse du Bar, pour semer un espoir, fixer un au revoir, un frêle espoir promis en guise de pourboire…
Un battement de cil…furtif… qui se voudrait…caché, mais… qui se laisse voir. 
Juste à peine entrevoir..
Des cheveux qu’on relève… d’un geste de la main…
Juste une mèche fine…petit un accroche-cœur… pour accrocher l’instant.
Un tout léger soupir…
Une idée qui rougit…
Une main qui trahit, petit frémissement, léger, qui laisse tomber les clés. 
Le cœur se précipite… 
Pour…vite… les ramasser.
Pour effleurer la main juste au bout des longs doigts.
Les caresser à peine. Juste du bout d’un doigt.
Un parfum capturé.
Une ombre qui s’en va. 
Et le pas qui revient pour traverser le temps
Pour le suspendre un peu 
Puis, l’ombre qui s’envole.et s’évade, .en promesse… 
Partie…
Un tout petit zéphire, tombé d’un alizé, ramène, folâtrant… le parfum échappé…
Il effleure les narines… 
Le rêve prend racine et…se met en attente… 
Il reste suspendu à l’ aurore naissante d’un sentiment naissant..
Une éternité passe
L’étoile du berger agite un fin mouchoir
L’aube fraiche, à l’orée de l’aurore qui pointe… vient éclairer le temps…et,
réchauffer les mains justes à l’instant présents….
Une perle de rosée ose mouiller les pas… du jour qui, lentement, s’avance… 
Oui ! J’aime l’instant présent patiné par le temps.
Le temps aux pieds mouillés.
Juste le temps d’avant la perle de rosée.
Juste avant…
Juste un temps….

Après, avec le temps, la perle s’évapore.
J’ose dire s’évapleure et..
Nait… un autre temps.

ET CE TEMPS EST TOMBÉ. ..NET..COMME TOMBE LA FOUDRE.

 

 

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GHJISEPPU MAESTRACCI

CATENA

 

 

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Dean-James-East-of-Eden

A l'est d'Eden

ECLATS ET BRECHES...Extrait

Est-ce bien nous

ce tremblement fragile du ciel

ce rire évanoui ?



Nous sommes brèches, éclats ,

explosions éphémères 

Les creux laissés par nos corps

sur la plage

se sont remplis de sable

plus d'une fois



Nos cris ont la fragilité de la craie,

la vitesse du goéland 

Nos tendresses sont torturées 

Nos mots s'ėcaillent

Nos rêves n'ont pas toujours le temps

de nous parvenir



Et c'est dans cette incertitude

que nous nous plaisons à vivre.



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COLETTE GIBELIN

 

 

 

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Max Gasparini-www

Oeuvre Max Gasparini