Je puise mon inspiration dans vos mots mais ce ne sont pas des mots, ce sont des coulées de lave et de souffre, ce sont des marécages de tempêtes et de vents, ce sont les compagnes d’un sang trop longtemps assagi, ce sont les foulures de nuits par trop argileuses, ce sont les fascinations de la première lumière, ce sont les huiles plus soyeuses que les encres bleues, ce sont des paysages de l’absence rendus encore plus livides, ce sont vos mains qui dénouent l’amertume d’un trop long exil, ce sont les embouchures d’un rêve avorté, ce sont les trames insolentes de toute mémoire, ce sont ces peuples qui évertuent des incantations, ce sont les cataclysmes d’un joug toujours ressassé, ce sont les voilures de toute grâce à l’aube de vos dérades, ce sont les vaines puissances du blasphème et de l’inconnu, ce sont des rivages pas encore effleurés par les mers, ce sont ces étoiles plus épuisées que ne le sont vos lamentations, ce sont ces cauchemars qui fondent toute folie,
vos mots ne sont pas des mots mais ce sont les ombres qui s’insinuent dans les ampleurs sans fin des parchemins

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UMAR  TIMOL

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