Il était plus facile d'écrire avec la plume d'un oiseau que de suivre l'appel qui la faisait voler.
Son âme effilée pouvait s'habiller de vent pour voyager dans l'harmonie.
L'air venait lisser la voix des plaines et des montagnes, détournait vers le nord le duvet du printemps.
L'espace apprenait que la distance des hommes nourrit le bon plaisir du chant.
Comme une voile offrant l'étrave aux jetées accueillantes, la plume venait naguère ancrer la sienne dans l'imaginaire.
Les notes reviennent encore sur une aile, nous dire en brindilles accordées le climat des nids lointains où les images passent l'hiver quand les poètes sont endormis.
Je ne peux que jeter l'encre dans le rebond des ondes qui vont écrire la page.
Je me console en creusant chaque soir de ma tête la vie légère des plumes dans mon oreiller, en survolant chaque nuit le pays des mots qui se dérobent.

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MAURICE  COUQUIAUD

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