Le temps humain n’existe pas plus avant. Je me pare de suicides dont je connais la mesure jusqu’aux épaisseurs des organes qu’ils visent et que je leur refuse en trichant. Je suis le centre oublié du monde. Le temps n’est plus, le vent n’est plus, l’océan n’est plus, le monde n’est plus, mon être seul connaît la mesure de sa décadence et mon cerveau ses oubliettes, précises, que butinent mes souvenirs.
Je n’ai plus le temps, plus d’avant non plus, seul ce présent, démoniaque et compatissant, la passion pour raison et l’infini pour accessoire. Ainsi ce droit inhumain de survivre, de perdurer et de porter mon temps à son terme, à cette extinction digne et résolue qui m’appelle et n’appelle que moi. Je ne suis que corps, crois-le, je ne suis que corps et ainsi je mérite la pitié de la chaleur.

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GILBERT MUSIELACK

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